Passionnée par les trouvailles sur les corsaires des XVIIe et XVIIIe siècles récupérées aux fonds des eaux, Élisabeth Veyrat (photo) livrera une chronique au 47e Colloque sur l'archéologie historique et subaquatique qui débute aujourd'hui dans la capitale.

Archéologie: la vie des corsaires revue et expliquée

Un singe, un sifflet sculpté dans un os de chien, des vivres, un étui à pipe en forme de pistolet et des lingots de fer... Les corsaires français et anglais ont pillé des marchandises fort variées alors que les puissances européennes se disputaient le Nouveau Monde et ses richesses jusqu'en face de Québec.
Ils n'étaient pas des pirates! Les corsaires des XVIIe et XVIIIe siècles travaillaient en toute légalité pour le roi, pour l'empire. C'est d'ailleurs la patrie qui les armait afin qu'ils interceptent les navires marchands ennemis. Une entreprise payante, le butin étant ensuite partagé entre le souverain et les membres de l'équipage, rapporte l'archéologue sous-marine Élisabeth Veyrat, qui a retrouvé deux frégates corsaires françaises au large de Saint-Malo.
Passionnée par ces trouvailles, par le témoignage livré par les masses d'objets récupérés, elle livrera une chronique de la vie des corsaires au cours du 47e Colloque sur l'archéologie historique et subaquatique qui débute aujourd'hui dans la capitale; une rencontre qui attirera chez nous plus de 1000 spécialistes du monde entier.
Ils étaient très actifs, ces voleurs des mers, poursuit Mme Veyrat. Ils traquaient leurs proies même en Nouvelle-France. Aussi dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, sur les eaux européennes... partout où les navires commerciaux adverses circulaient, en somme. Les deux bâtiments mis au jour par Mme Veyrat étaient moins aventuriers, attendant tout simplement que leurs rivaux britanniques rentrent des «Indes», par la Manche, chargés de leurs trouvailles.
Le Dauphine, coulé en 1704, aurait arraisonné une dizaine de navires anglais. Mis à l'eau par Louis XIV, il comptait environ 180 hommes qui dormaient dans la cale, le pont principal étant réservé aux nombreux canons. Les quelque 380 hommes de l'autre frégate, L'Aimable Grenot, abattue en 1749, avaient un palmarès d'une vingtaine de prises.
«Ces épaves sont comme des capsules temporelles», s'enthousiasme Élisabeth Veyrat. «On peut y retrouver beaucoup, beaucoup, beaucoup d'objets.» Pas de pièces d'or, malheureusement! Mais des vestiges alimentaires, des outils, des chaussures, des graines... Des indices qui nous renseignent sur les conditions de vie pénibles, le commerce, l'alimentation de certains ancêtres.
Pour en savoir plus
Vous désirez en apprendre plus sur les corsaires du Saint-Laurent? Une belle découverte que cette exposition virtuelle réalisée par le Musée maritime du Québec et le Musée naval de Québec : Pirates ou corsaires? À l'abordage du Saint-Laurent. Une visite intéressante pour toute la famille. www.privateers.ca
Pour en apprendre plus sur les recherches de l'archéologue sous-marine Élisabeth Veyrat, rendez-vous ici : epaves.corsaires.culture.fr.
Finalement, pour quelques détails au sujet des activités publiques offertes dans le cadre du congrès de la Society for Historical Archaeology, c'est par ici : www.sha2014.com. Retenez que le grand public n'est admis que ce soir pour une conférence «adulte» et samedi après-midi pour des conférences et des activités découvertes plus «familiales», souligne le président du comité organisateur et archéologue principal de la Ville de Québec, William Moss. C'est d'ailleurs samedi à 14h que vous pourrez rencontrer Élisabeth Veyrat.