Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon
Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

Après deux blâmes contre Fitzgibbon, Legault veut changer le code d’éthique

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Après deux blâmes adressés à son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, le gouvernement Legault demande de changer le code d’éthique des élus de l’Assemblée nationale.

Dans son rapport déposé mardi, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, a relevé des manquements dans la déclaration des intérêts du ministre dans certaines entreprises qui transigent avec le gouvernement.

Elle recommande à l’Assemblée nationale de réprimander le ministre.

M. Fitzgibbon a réussi à se départir de ses participations dans 11 des 13 entreprises où il était investisseur, mais il y en a deux qu’il n’a toujours pas vendues, parce qu’il n’y a apparemment pas d’acheteur selon sa version.

En conférence de presse au côté de son ministre et ami, François Legault a dit qu’il n’y avait pas matière à blâme.

«Il n’y a eu aucun manque à l’éthique, il faut juste que la flexibilité du code permette que les gens puissent disposer de leurs actifs dans un temps raisonnable», a plaidé M. Fitzgibbon.

Mme Mignolet note également que le ministre se serait placé en situation de conflit d’intérêts en intervenant auprès d’Investissement Québec, un organisme dont il est responsable.

En outre, la commissaire déplore le manque de collaboration du ministre dans son enquête.

«Furieux»

Mme Mignolet cite notamment des courriels que lui a envoyés M. Fitzgibbon, où il dit être «furieux» de la façon dont elle procède.

Il dit également que les échanges avec la commissaire «confirment ses vues» sur les compétences de l’organisme de Mme Mignolet «en matière de corruption et enquête de conflit d’intérêts dans les affaires économiques et commerciales au Québec».

Mme Mignolet demande au ministre de régulariser sa situation pour être en conformité avec le code d’éthique.