Le ministre des Transports du Québec, Laurent Lessard, pourrait être celui qui lèvera l'obligation pour un apprenti motocycliste d'être accompagné par un conducteur d'expérience pendant un an.

Apprentis motocyclistes : la fin de l'accompagnement à nouveau à l'étude

Même si Laurent Lessard n'en a pas lui-même parlé depuis qu'il a été nommé à la tête du ministère des Transports il y a un an, il pourrait être le ministre qui lèvera l'obligation pour un apprenti motocycliste d'être accompagné par un conducteur d'expérience pendant un an.
Cette hypothèse figure dans les scénarios sur lesquels planche le ministère, a pu apprendre Le Soleil. Elle est dans l'air depuis plus de cinq ans, mais n'a jamais été concrétisée.
À tel point que des intéressés pensaient que cette possibilité avait été écartée en douce. Ce n'est pas le cas.
Pour ceux qui sont favorables à la fin de l'accompagnement obligatoire pour les nouveaux motocyclistes, les signaux seraient même actuellement plutôt positifs, a-t-on confié. Attention : aucune décision n'a cependant encore été prise.
Laurent Lessard doit présenter cet automne un projet de loi modernisant le Code de la sécurité routière. Jusqu'ici, le titulaire des Transports a publiquement fait savoir qu'il entendait faire en sorte que les usagers vulnérables de la route, les cyclistes, mais aussi les piétons, soient mieux protégés. En 2016, 63 piétons sont décédés, soit beaucoup plus que l'année précédente. Huit cyclistes ont également péri.
Le ministre a aussi déjà indiqué que les «distractions» au volant sont dans sa ligne de mire. Son projet de loi devrait contenir des mesures susceptibles de convaincre encore davantage de récalcitrants à renoncer à «texter» sur la route - une habitude devenue un fléau, malgré les pénalités pendant au bout du nez des fautifs.
C'est dans ce même projet de loi que «la fin de l'accompagnement obligatoire» pour les motocyclistes pourrait apparaître.
Un rapport favorable
Un rapport piloté par la Société de l'assurance automobile du Québec et daté de 2011 recommandait au gouvernement de mettre fin à l'accompagnement obligatoire auquel doivent se soumettre les apprentis motocyclistes durant la phase d'apprentissage. Ils doivent être accompagnés par un autre motocycliste d'expérience - qui, lui, roule sur sa propre moto.
En contrepartie, le rapport recommandait que les apprentis motocyclistes soient astreints à une règle de «zéro alcool», ainsi qu'à une interdiction d'enfourcher une moto entre le coucher et le lever du soleil.
Les auteurs du rapport estimaient que l'efficacité de l'obligation «n'a pas été démontrée». Dans les faits, nombreux sont ceux qui font fi de la règle. D'autres attendent que la phase d'apprentissage d'un an soit passée - ce qui ne leur permet pas de mettre à profit au bon moment «les connaissances et habiletés acquises lors du cours de conduite».
Pour ceux qui veulent respecter la règle, trouver un bon tuteur n'est pas chose aisée, faisait également valoir le rapport. Le document ajoutait que cette obligation peut même compromettre «les bénéfices associés au cours de conduite» dans la mesure où «l'apprenti n'a pas l'occasion de mettre rapidement en pratique» ce qu'il a appris durant sa formation. 
Le permis de moto ne serait plus accordé aux personnes ayant accumulé quatre points d'inaptitude et plus, non plus qu'à celles ayant perdu leur autorisation de circuler au cours des deux dernières années. 
Sylvain Gaudreault avait dit oui
Alors qu'il était ministre des Transports dans le gouvernement de Pauline Marois, Sylvain Gaudreault s'était déclaré d'accord avec ces recommandations. Depuis, plus rien.
Le successeur de M. Gaudreault, Robert Poëti, voyait cet éventuel changement d'un oeil favorable, tandis que son remplaçant, Jacques Daoust, ne s'y est guère intéressé.
Aux yeux de plusieurs, retirer l'obligation que l'apprenti soit accompagné par un motocycliste d'expérience demeure toutefois une avenue controversée.
Voilà pourquoi, si la mesure est de nouveau sérieusement à l'étude, le ministre Lessard ne s'est pas encore engagé formellement à quoi que ce soit à ce sujet.
L'an dernier, 54 motocyclistes sont décédés sur les routes du Québec.