Sylvie Boucher a perdu son siège aux dernières élections, était la seule femme parmi les députés conservateurs du Québec.

Andrew Scheer devra s’entourer d’une femme forte du Québec, croit Sylvie Boucher

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer devrait s’entourer d’une femme forte du Québec pour le conseiller s’il veut être en mesure de reconnecter avec les Québécois, selon l’ex-députée Sylvie Boucher.

Mme Boucher, qui a perdu son siège aux dernières élections, était la seule femme parmi les députés conservateurs du Québec. La poussière retombée, elle dit quitter le monde politique «la tête haute» et avec le sentiment du devoir accompli. Elle ne fait pas partie de ceux qui réclament la tête de son chef, mais pense qu’il devra être en mesure de «comprendre pourquoi ça n’a pas marché au Québec» s’il veut rester à la tête de sa formation politique.

L’ancienne députée pense qu’il «manque de femmes autour de lui, du Québec, pour l’aider» et pour le mettre au défi afin qu’il «comprenne bien» les sensibilités québécoises, sur l’avortement notamment.

Mme Boucher dit avoir fait part de sa recommandation peu de temps après sa défaite, lors d’une conversation avec M. Scheer.

Le chef conservateur s’est entouré lors de la plus récente campagne électorale des mêmes joueurs qui ont assuré son succès pendant la course à la direction du parti, il y a plus de deux ans.

Hamish Marshall, un ami de longue date, agissait à titre de directeur de la campagne nationale. Il y avait deux directeurs adjoints : Dustin Van Vugt, un vétéran du parti, et Marc-André Leclerc, le chef de cabinet de M. Scheer.

La secrétaire principale de M. Scheer, Kenzie Potter, à ses côtés depuis qu’il était président de la Chambre, a elle aussi suivi le chef sur la route avec son jeune bébé pendant la campagne.

Quant à l’absence de représentation féminine dans le caucus québécois actuel, Mme Boucher confie qu’il s’agit de sa «plus grande tristesse».

L’équipe québécoise, avec le lieutenant politique Alain Rayes à sa tête, avait réussi à recruter un nombre record de femmes candidates à la dernière élection. Aucune d’entre elles n’a été élue, malgré leurs efforts et ceux du parti.

Mme Boucher dit qu’elle ne cherche pas de coupables. Les candidates d’un peu partout au Québec ont travaillé très fort pour tenter de se faire élire, dit-elle, mais les électeurs en ont décidé autrement.

Dans les derniers jours, des conservateurs québécois ont commencé à exiger le départ de M. Scheer. L’ancienne ministre Josée Verner, l’ex-candidat Tom Pentefountas et le sénateur Jean-Guy Dagenais ont tous eu des mots durs à l’endroit de la campagne de M. Scheer ou du chef lui-même, qui ne passerait pas au Québec, selon eux.