En fin d’avant-midi jeudi, André Boisclair a été libéré de la centrale de police du parc Victoria avec promesse de comparaître le 15 février.

André Boisclair arrêté pour ivresse au volant

André Boisclair a été libéré par la police de Québec jeudi avant-midi après avoir été arrêté pour ivresse au volant et reviendra devant le tribunal le 15 février. «Je dois maintenant faire face à mes responsabilités», a reconnu en soirée l’ex-chef du Parti québécois.

Celui qui est maintenant pdg de l’Institut du développement urbain du Québec avait été arrêté vers 0h35 jeudi matin après que sa voiture soit entrée en collision avec un lampadaire sur la rue Saint-Joseph, à Québec.

L’agent Étienne Doyon, porte-parole de la police de Québec, n’a pas confirmé ni l’identité ni la ville d’origine de l’homme arrêté, mais a précisé que c’est un signalement fait par un citoyen qui avait mené à l’arrestation d’un homme de 51 ans dont la voiture avait embouti un lampadaire devant le restaurant Poutineville. 

Amené au poste de police, le suspect a refusé de subir l’alcootest et aurait même fait de l’intimidation, en parole, envers les policiers. «L’enquête se poursuit sur cet aspect de l’affaire», a déclaré l’agent Doyon.

Jeudi matin, l’animateur radiophonique et ex-ministre péquiste Bernard Drainville écrivait sur le site de microblogage Twitter qu’un témoin oculaire aurait aperçu Boisclair à l’urgence du Centre hospitalier de l’Université Laval à 3h20 jeudi matin. Selon ce témoin, Boisclair aurait été escorté de deux policiers, aurait été agité, aurait refusé de passer au poste d’évaluation et aurait répété à voix haute que les policiers lui avaient enlevé son portefeuille contre son gré. En fin d’avant-midi jeudi, André Boisclair a été libéré de la centrale de police du parc Victoria avec promesse de comparaître le 15 février. D’ici là, un procureur de la Couronne déterminera les accusations à porter contre l’ancien politicien.

Pour l’instant, les infractions qui lui sont reprochées par la police de Québec sont conduite avec facultés affaiblies, refus de fournir un échantillon d’haleine, intimidation d’une personne associée au système judiciaire et entrave à la justice.

Excuses sur Facebook 

En fin d’après-midi, André Boisclair est revenu sur son arrestation dans un message publié sur sa page Facebook. «Je dois maintenant faire face à mes responsabilités et assumer les conséquences de mes gestes. J’ai commis une importante erreur, j’en suis profondément désolé et je vais maintenant faire face à mes responsabilités en lien avec ce qui s’est passé», a-t-il écrit. «Ma seule consolation est que la situation que j’ai causée n’ait pas eu de conséquences sur d’autres personnes que moi-même.»

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale jeudi matin, le comportement allégué d’André Boisclair a été condamné par quelques parlementaires.

«L’alcool au volant, c’est criminel, peu importe qui est au volant. Même si c’est mon ami, même si je trouve ça extrêmement triste, il va être jugé», a commenté son ex-collègue, la députée péquiste Agnès Maltais. 

Le député de la CAQ Éric Caire dit ne pas connaître «les habitudes de vie» de M. Boisclair, mais il croit qu’il doit faire face à la justice, comme n’importe quel autre citoyen. «Aujourd’hui, en 2017, conduire sa voiture en état d’ébriété, c’est manquer de jugement, ça c’est clair.»

«C’est sûr qu’on s’attendrait à mieux de la part de quelqu’un qui a passé par l’Assemblée nationale», a quant à lui souligné Amir Khadir, de Québec solidaire.

Avec Guillaume Piedboeuf, Isabelle Mathieu et Patricia Cloutier

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CONTROVERSES PASSÉES

Il ne s’agit pas de la première controverse dans laquelle est impliqué André Boisclair. Pendant la course à la direction du Parti québécois en 2005, il avait avoué avoir consommé de la cocaïne à quelques reprises alors qu’il était ministre.

André Boisclair était devenu, à l’âge de 23 ans, le plus jeune député à l’Assemblée nationale quand il a remporté la circonscription de Gouin en septembre 1989. Il a été nommé ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration dans le cabinet de Jacques Parizeau, puis ministre de la Solidarité sociale dans celui de Lucien Bouchard et ministre de l’Environnement et des Affaires municipales dans celui de Bernard Landry.

Il a été élu chef du Parti québécois en novembre 2005, battant Pauline Marois dans une course à l’investiture, un poste qu’il quitte quelques semaines après la débandade du PQ aux élections du 26 mars 2007.

Après avoir occupé des postes au conseil d’administration de la Régie des installations olympiques, du Regroupement des événements majeurs internationaux, de la Fondation l’Actuel et de Mobilys, il a été conseiller en relations publiques chez Questerre Energy avant de devenir, à l’été 2016, pdg de l’Institut du développement urbain du Québec, un organisme sans but lucratif qui est le principal porte-parole de l’industrie immobilière commerciale au Québec.