a vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation Eugénie Brouillet, la vice-première ministre Geneviève Guilbault et le maire Régis Labeaume, vendredi, lors de l’annonce concernant la transformation du secteur industriel Beauport-Maizerets-D’Estimauville.

Ambitions réduites pour le Littoral Est

La Ville de Québec révise ses plans pour la transformation du secteur industriel Beauport-Maizerets-D’Estimauville. Il n’est plus question d’exproprier les grandes entreprises AIM, Glassine et White Birch; plutôt de développer autour d’elles une «zone d’innovation du Littoral Est» de plusieurs milliards de dollars d’ici 15 ans.

Il y a «en masse de place» pour implanter un nouveau quartier sans avoir à déplacer des usines, juge aujourd’hui le directeur du Service du développement économique et des grands projets, Charles Marceau. Les trois compagnies ne seront donc pas invitées à déménager. «À l’heure actuelle, on veut qu’elles participent au projet.»

Voilà qui contraste avec la position exprimée en début d’année quand le maire Régis Labeaume évoquait d’éventuelles procédures judiciaires pour que toutes les industries quittent les lieux. Incluant AIM, Glassine et Papiers White Birch.

Ces éventuels conflits mis de côté, les autorités municipales concentreront maintenant leurs efforts sur les autres terrains disponibles. Et lanceront dès le printemps les premiers travaux de décontamination.

Bien que l’arrivée des premiers ouvriers soit imminente, Charles Marceau convient que l’échéancier de 2035 pour la transformation radicale des vastes étendues industrielles est «ambitieux». Mais compte sur le financement étatique et la reconnaissance en tant que «zone d’innovation» pour réussir la métamorphose. 

Cet appui gouvernemental semble presque acquis. Geneviève Guilbault était à l’hôtel de ville vendredi pour vanter le Littoral Est. La vice-première ministre souligne que la mutation projetée dans la capitale pourrait servir d’exemple pour l’implantation de «zones d’innovation» ailleurs au Québec.

Deux phases

Dans le cadre de la première phase, la mairie entreprendra la décontamination des lots de son garage municipal, le long du boulevard Henri-Bourassa, au début de 2020. Elle s’attaquera ensuite à un ancien dépôt à neige du secteur D’Estimauville.

Quelque 52,5 millions $ seront dépensés là dans l’espoir d’attirer des «investissements potentiels» de 346 millions $ sur les 134 000 mètres carrés disponibles.

La phase 2 suivra sur les ruines des citernes à essence de l’usine White Birch, de l’entreprise Sico, d’anciens bâtiments de la coopérative funéraires Des deux rives. Aussi sur des parties excédentaires du lot de l’incinérateur municipal. Ici, quelque 200 000 mètres carrés seront offerts aux promoteurs.

«C’est un défi de taille, mais on est certains […] que la Ville de Québec va être capable de développer un projet de zone là qui internationalement sera reconnu», avance Charles Marceau.

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LE MAIRE AURAIT DÛ CONSULTER AVANT DE MENACER, SELON L'OPPOSITION

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, salue la renaissance annoncée des étendues industrielles de l’est de la capitale. «C’est certain que je veux que ça avance.» Mais il regrette que le maire ait évoqué des expropriations avant de se rétracter. «Le maire a voulu aller vite dans le dossier, a causé de l’inquiétude, et ça, c’est malheureux. […] On aurait dû rencontrer les entreprises concernées du secteur avant de lancer qu’on les exproprierait peut-être. Parce que mettez-vous à leur place, mettez-vous à la place des employés, des familles, des gens qui travaillent là : “Qu’est-ce qui va arriver? Où est-ce qu’on va déménager?” Ça a créé de l’inquiétude pour rien et, en plus, aujourd’hui, on dit qu’on veut que les entreprises soient partie prenante du projet. Ça aurait été une bonne chose si le maire, avant de faire son annonce, avait pris le temps d’aller rencontrer les personnes, puis les impliquer dans le projet [du Littoral Est].» Baptiste Ricard-Châtelain