Alupa Clarke, député défait dans Beauport-Limoilou aux dernières élections fédérales, a fait le ménage de son bureau, lundi, aidé par Winston, son fils de deux ans et demi.

Alupa Clarke et Sylvie Boucher: même défaite, chemins opposés

Alupa Clarke se dit avide de ressauter sur la glace électorale «dès que les libéraux vont tomber», tandis que sa collègue Sylvie Boucher accroche ses patins de politicienne.

Deux des sept circonscriptions fédérales de la Rive-Nord de Québec sont passées du Parti conservateur au Bloc québécois, aux élections de la semaine dernière.

M. Clarke, dans Beauport-Limoilou, et Mme Boucher, dans Beauport–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans–Charlevoix, ont perdu leur siège de député à la Chambre des communes d’Ottawa, au soir du 21 octobre.

Depuis cette défaite électorale et après mûre réflexion, ils ont pris des chemins diamétralement opposés.

«J’étais là pour gagner et je le suis toujours», assure M. Clarke, qui n’a que 33 ans et boucle son premier mandat.

«Dès le lendemain matin, je serrais des mains au Pizza Passion, à Beauport. Je suis déjà prêt à me représenter dès que les libéraux [minoritaires] vont tomber. Je suis déjà en campagne! J’ai toujours dit que j’allais mourir à la Chambre des communes», a-t-il confié au Soleil, lundi, pendant qu’il faisait le ménage de son bureau de député pour laisser toute la place à la nouvelle venue, Julie Vignola.

Mis en «congé forcé» par les électeurs, comme il le dit, le jeune père de famille redécouvre «certaines choses de la vie» depuis quelques jours. Comme passer plus de temps avec ses enfants. Le petit Winston, âgé de deux ans et demi, accompagnait justement papa au bureau lundi parce que la garderie était fermée. Son aînée, Victoria, fréquente l’école.

Sylvie Boucher accroche ses patins

Mme Boucher aussi passera par là. Surtout jeudi soir, pour l’Halloween, alors qu’elle accompagnera de porte en porte ses petits-fils de huit ans et de deux mois, Bryan et Derek. Très longtemps qu’elle n’avait pas passé l’Halloween!

«Je vais aussi retrouver mes filles. Elles étaient avec moi durant la campagne électorale, mais là, on ne sera pas obligées de toujours parler de politique», lance celle qui se dit très sereine de quitter le métier, après une cinquième campagne et deuxième défaite électorale.

«Je ne me représenterai pas, confirme-t-elle. J’aurai 57 ans en décembre. Je vais laisser la place à la jeunesse», confirme Mme Boucher. Qui aimerait toutefois demeurer impliquée au sein du Parti conservateur du Canada, où elle milite depuis plus de 35 ans.

Ou devenir commentatrice politique dans les médias, pour profiter d’une pleine liberté de parole? «J’ai toujours été fascinée par les médias autant que parfois je les haïssais! s’esclaffe-t-elle. Mais ça m’intéresse, c’est sûr, d’analyser et de dire les vraies affaires.

«Mais on verra dans quelques mois. Pour l’instant, j’ai besoin de retrouver Sylvie. J’ai le deuil à faire de ma mère, qui est morte en décembre dernier et que je n’ai pas vraiment eu le temps de pleurer. Je dois trouver le temps qu’il faut pour prendre du recul. J’ai besoin de peindre, besoin d’écrire, de faire autre chose», explique celle qui compte se retirer dans son grand logis de Saint-Joachim, sur la Côte-de-Beaupré.

M. Clarke se donne pour sa part jusqu’en janvier avant de partir à la recherche d’un nouvel emploi. Il songe aussi à enfin s’inscrire au doctorat en science politique.

Si les directions qu’ils empruntent à partir de ce point divergent beaucoup, les deux ex-députés conservateurs assurent être en paix avec le résultat des récentes élections.

«J’ai toujours cru que dans la vie, il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous», philosophe Mme Boucher, femme aux mille métiers, certaine qu’autre chose l’attend au prochain tournant.