Le jeune homme de 18 ans gravement blessé par balle mercredi au palais de justice de Maniwaki lors d’une altercation avec un constable spécial reposait dans le coma dans un état stable aux soins intensifs à l’Hôpital de Hull, jeudi.

Altercation à Maniwaki: un événement «évitable»

Le constable spécial impliqué dans une violente altercation avec un prévenu de 18 ans au palais de justice de Maniwaki mercredi était le seul de son organisation au moment des événements. Des gardiens de sécurité ont observé la bagarre sans intervenir, malgré les appels à l’aide du constable.

« Selon nous, ça aurait pu être évitable », a déclaré Franck Perales, président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ).

L’événement malheureux renforce le besoin d’avoir davantage de constables spéciaux dans les palais de justice, selon le SCSGQ.

« Ce n’est pas la première fois qu’on fait des arrestations au niveau des incarcérations. On en fait tous les jours. C’est juste que là, ça a mal viré. Et puisqu’il était seul, ça n’a pas aidé. Dans la chaîne des événements, le fait qu’il était seul n’a pas aidé à résoudre le problème », a continué M. Perales.

D’après le syndicat, il est fréquent qu’un constable spécial se retrouve seul dans un palais de justice, mettant en péril la sécurité du public, des officiers de justice et des constables spéciaux. Le SCSGQ demande au gouvernement depuis plusieurs années que la situation soit rectifiée.

« C’est malheureux. Est-ce qu’on est obligé d’en arriver là pour que les choses changent ? », a déploré M. Perales.

Selon les premiers éléments de l’enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), le prévenu se serait emparé du bâton télescopique du constable spécial et lui aurait asséné un coup à la tête. C’est par la suite que le constable a tiré un coup de feu, atteignant l’homme de 18 ans à la tête.

« S’il y avait eu suffisamment d’effectifs mercredi à Maniwaki, ne serait-ce qu’un deuxième constable pour aider son collègue, peut-être qu’aujourd’hui on ne se parlerait pas au téléphone, a expliqué M. Perales au Droit. Le monsieur aurait été immobilisé à deux, on lui aurait passé les menottes, et c’est tout ».

La ministre

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a indiqué qu’il y a 300 constables dans les palais de justice, et que 24 sont en formation. 

Le ministère de la Sécurité publique est en discussion avec le syndicat sur l’amélioration des choses, a-t-elle aussi indiqué.

« Pour ce qui est de la situation à Maniwaki, il y a une enquête du BEI en cours, et il y aura des constats », a précisé la ministre Vallée, qui a travaillé pendant douze ans au palais de justice de Maniwaki.

« Dans les palais de justice, oui parfois il y a des débordements. Oui, parfois, les gens réagissent de façon émotive et sont parfois bouleversés. De là à en venir à une situation comme celle qu’on a vue mercredi, ce n’est pas quelque chose qui est régulier », a expliqué Mme Vallée, tout en ajoutant que des constables spéciaux ont été ajoutés au cours des deux dernières années dans les palais de justice.