Simon Gagné (à droite) a rappelé l’importance d’avoir un bon capitaine pour mener l’équipe comme l’a fait Alain Rioux au fils des ans au Pro-Am Gagné-Bergeron.

Alain Rioux: un bénévole soucieux de l’esprit d’équipe

Né dans le quartier Saint-Sauveur de Québec, ancien joueur de hockey dans les différents niveaux au Québec jusqu’à joueur professionnel en Europe, Alain Rioux a développé une mentalité de joueur d’équipe au point de vouloir s’effacer devant les honneurs pour laisser toute la place aux autres.

Pourtant, ses engagements au fil des ans dans différentes causes l’ont mené, au cours des 10 dernières années, à faire en sorte que l’organisation du Pro-Am Gagné-Bergeron atteigne ses objectifs pour venir en aide aux personnes dans le besoin.

Cette année, pour la dixième présentation de la partie amicale entre joueurs professionnels de la Ligue nationale de hockey et des amateurs de la région, le Pro-Am Gagné-Bergeron s’est déroulé dans l’amphithéâtre du Centre Vidéotron où 428 000 $ ont été amassés pour les cinq organisations bénéficiaires : Pignon Bleu, Leucan, Fondation Philippe Boucher, Fondation Maurice Tanguay et Fondation Simple Plan. En 10 ans, c’est quelque 1,5 million $ qui a été ainsi amassé.

Capitaine et bénévole

Ce fut aussi l’occasion pour Patrice Bergeron et Simon Gagné de souligner l’engagement de ce bénévole à la tête de l’organisation de l’événement. Présent lors de l’entrevue, Simon Gagné a rappelé l’importance d’avoir un bon capitaine pour mener l’équipe comme l’a fait Alain Rioux au fils des ans.

L’idée du match de hockey est venue de deux organisateurs du tournoi de golf de Simon Gagné. Au départ pour mettre l’idée en branle, il y avait Pierre Gagné, père de Simon, et Jos Faucher. Pierre Gagné demande à Alain Rioux et à son cousin Claude Rioux de travailler aussi à démarrer le projet.

Lorsque Pierre Gagné est décédé il y a quatre ans, il fallait quelqu’un pour continuer l’œuvre comme chef d’équipe. «Alain était le mieux placé pour remplacer mon père, affirme Simon Gagné. Il a étonné tout le monde, de sorte que le Pro-Am a pu continuer et s’améliorer année après année.»

D’ailleurs, peu de temps avant de mourir, Pierre Gagné avait fait promettre à Alain Rioux de poursuivre l’œuvre qu’ils avaient mise sur pied à quatre personnes. Il lui a dit : continue la mission! «Il était proche de la mort, mais il pensait à la mission, ajoute M. Rioux. J’ai beaucoup appris avec Pierre. Surtout de ne pas être gêné pour demander aux gens» de contribuer et de participer.

Aujourd’hui, l’équipe de bénévole compte une vingtaine de personnes pour les divers volets de l’événement passé du complexe sportif de L’Ancienne-Lorette au Centre Vidéotron.

Les joueurs de la ligue nationale et «les anciens joueurs comme moi, nous avons beau utiliser notre notoriété pour attirer des amateurs et des donateurs, mais il faut des gens comme Alain» pour que l’organisation fonctionne rondement, affirme M. Gagné.

Alain Rioux n’est pas à ses premiers pas dans le bénévolat et la bienveillance envers des gens dans le besoin. Avec son cousin Claude Rioux depuis 20 ans, les deux hommes sont engagés dans l’œuvre du Pignon Bleu. 

Donner au suivant

«Nous avons pris conscience que, chaque matin à Québec, il y a 5000 enfants qui arrivent en classe sans avoir mangé. Ça n’a pas de sens que cela existe encore en 2018. Depuis 20 ans, c’est encore ainsi. J’ai grandi dans Saint-Sauveur, j’ai été au Patro Laval et à l’école Cardinal-Roy. Ma mère habite toujours le quartier. Et ce qui m’étonne, c’est de voir que la pauvreté n’a pas disparu avec le temps. Même si elle a changé de visage, on dirait que c’est pire encore», exprime-t-il.

Pour lui, il y a une question d’équité. Du moins un essai d’équilibrer un peu les choses. «La vie m’a gâté, avance-t-il, et j’ai envie de redonner. Ça donne un sens à ma vie.» Il raconte alors que 1000 billets pour le Pro-Am ont été distribués au Patro Laval et aux jeunes du quartier afin qu’ils puissent participer à un événement où ils auraient du plaisir.