Plus de 300 logements dans Saint-Sauveur seraient offerts en location de courte durée.

Airbnb inquiète dans Saint-Sauveur

Le Comité des citoyens et citoyennes de Saint-Sauveur s’inquiète de l’expansion de Airbnb vers la périphérie du cœur historique de la capitale. Plus de 300 logements du quartier seraient offerts en location de courte durée.

«Au début, ça se concentrait plus dans le Vieux-Québec et Saint-Jean-Baptiste», observe Gabriel Plante, mandaté pour effectuer une recension. La demande importante et les prix exigés en haute-ville auraient cependant favorisé l’émergence d’un marché excentré. 

En se fondant sur des sites Internet spécialisés dans les statistiques sur Airbnb, M. Plante a dénombré quelque 320 adresses du quartier Saint-Sauveur. Du lot, 175 chambres et logements sont plus populaires, sont loués plus fréquemment, selon lui.

Voilà qui permet à des habitants de la basse-ville d’arrondir leurs fins de mois, non? Gabriel Plante remarque que certains utilisateurs de la plate-forme de location en ligne louent effectivement leur logis à l’occasion. Mais que plusieurs sont disponibles pratiquement à longueur d’année. «Plus un quartier a de Airbnb, moins il y a d’habitants. […] Et ce sont les personnes les plus vulnérables qui vont être frappées en premier.»

Il a aussi remarqué que plus du tiers des annonceurs ne louent pas qu’une habitation. Ce qui brise le mythe collaboratif, évalue-t-il.

Animateur-coordonnateur au CCQSS, Éric Martin ajoute que les visiteurs ne sont pas toujours sensibles à la quiétude du voisinage. «Les propriétaires font de l’argent, mais c’est une nuisance pour les gens à côté.»

Illégal

Aussi, dans la capitale, il est toujours illégal de louer une chambre ou un logement pour de courts séjours, rappelle la conseillère en communication municipale, Audrey Perreault. La règlementation est restrictive : «L’hébergement touristique collaboratif n’est pas autorisé sur l’ensemble du territoire de la ville de Québec».

D’ailleurs, les inspecteurs distribueraient encore des amendes : «Du 1er janvier 2019 à aujourd’hui, 51 avis et 74 constats d’infraction ont été remis concernant de l’hébergement touristique illégal».

Mais l’administration voulait ouvrir la porte. En gros, le propriétaire ou le locataire d’un appartement aurait eu le droit de louer son «lieu de résidence principale» pour des périodes de moins de 31 jours consécutifs totalisant moins de 90 nuitées par année.

C’était avant que le gouvernement québécois annonce à son tour son intention de légiférer en la matière cet automne. La Ville a donc suspendu son règlement en attendant. Voilà pourquoi il est toujours illégal d’offrir son chez-soi sur Airbnb dans la capitale.

Préoccupé, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur organise une assemblée publique le 25 septembre, 19h, dans ses locaux de la rue Carillon. On veut discuter des risques et des opportunités du développement de la location touristique.