Air Canada a annulé deux vols vers l’Est en deux jours

CARLETON — Le transporteur Air Canada Jazz s’est distingué pour les mauvaises raisons, en annulant deux vols entre Québec, Gaspé et les Îles-de-la-Madeleine en fin de semaine, tout en démontrant des lacunes de communications et de gestion d’imprévus qui ont fait bondir les usagers, dont le député des Îles à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

Il était parmi les 50 clients ayant subi les deux annulations de vol. La collègue députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, était aussi du nombre. Les éléments de dysfonction de services à Air Canada Jazz sont multiples, et ils vont dans toutes les directions, précise M. Arseneau.

«Nous étions assis dans l’appareil depuis 25 minutes vendredi soir quand on nous a informés qu’il fallait descendre. “Le dégivreur ne fonctionne pas et on se dirige vers le givre.” C’était le message. On débarque. On nous annonce dans l’aérogare que le vol est annulé. Il y a 50 personnes qui tentent de réserver un billet pour le vol suivant au comptoir et ça a pris 15 minutes pour régler le premier client», précise le député.

Voyant que le règlement de la situation risque de prendre la nuit et que la ligne téléphonique d’Air Canada n’est pas fiable, il réussit à obtenir une réservation pour le vol du samedi matin en ligne, avec son téléphone mobile.

Samedi, il se présente comme d’autres usagers, dont la députée Perry Mélançon pour une seconde tentative. Cette fois, c’est la tempête de vent aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie qui annule du vol.

«Sur mon téléphone, on m’informe que je pourrai prendre un vol lundi soir pour les Îles-de-la-Madeleine. Mais lundi soir, je suis supposé être de retour à Québec! […] D’autres passagers se sont fait dire qu’ils ne partiront que mardi!» souligne M. Arseneau.

Il réussit finalement à prendre un vol samedi soir pour l’archipel madelinot.

«Je ne m’apitoierai pas sur mon sort. Je suis un gars qui n’était pas en urgence et je suis resté calme dans la situation. Je suis habitué aux lacunes d’Air Canada. Mais il y a des gens qui se rendaient voir des proches, mourants. Il y a des gens sans grands moyens qui se rendent en taxi à l’aéroport, à 35 $ la fois parce qu’ils n’ont pas le choix, des gens voyageant pour des raisons de santé. Il y a 4300 transferts médicaux par an aux Îles. Ces conditions sont pires que dans les années 1960», déplore le député.

Aucun plan de contingence

Il dénonce l’absence de plan de contingence, ou d’imprévus, de la part d’Air Canada, alors que la firme utilise des Dash 8-300, un modèle lancé en 1983.

«J’étais maire en 2005 et Air Canada parlait de les remplacer. Un vol sur quatre d’Air Canada à destination des Îles-de-la-Madeleine est annulé ou détourné vers une autre destination. Pascan, avec la même météo, annule seulement 5 % de ses vols», note le député. 

Les Dash 8-300 ne sont pas équipés du système d’approche LPV, un système de guidage permettant de réduire considérablement la limite inférieure du plafond nuageux pour atterrir.

Joël Arseneau dénonce aussi la faiblesse des communications d’Air Canada avec ses clients, les défaillances du système informatique, l’impossibilité à de joindre un préposé téléphonique lors d’annulation de vols et le manque de personnel, qui a entraîné des retards systématiques au cours de l’été.

«Air Canada ne répond plus. Si c’était beau 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ce serait différent, mais l’hiver ne fait que commencer», dit le député.

Il a parlé dimanche au ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, qui devrait parler à son homologue fédéral Marc Garneau jeudi.

«Le transport aérien, pour les Madelinots et de plus en plus pour les Gaspésiens, est un transport collectif. Ce n’est pas vrai qu’on peut être à la merci des décisions intempestives d’Air Canada», conclut M. Arseneau.

Air Canada n’a pas retourné le message du Soleil pour donner sa version de l’affaire.