Certains camps de vacances craignent de ne pas survivre jusqu’au printemps si l’aide financière du gouvernement tarde.  
Certains camps de vacances craignent de ne pas survivre jusqu’au printemps si l’aide financière du gouvernement tarde.  

Aide financière: les camps de vacances lancent un cri du coeur

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Les camps de vacances se considèrent en «zone rouge» depuis le 15 mars. Non seulement leur été n’a pas été à la hauteur de ceux qu’ils ont l’habitude de vivre, il n’a tout simplement pas existé en 2020. Et certains craignent de ne pas survivre jusqu’au printemps si l’aide financière du gouvernement tarde.  

Thomas Lepage-Gouin est directeur général au camp de vacances Le Manoir, dans la région de Charlevoix. Chaque été, environ 200 enfants de partout au Québec et même de l’Ontario viennent passer entre une semaine et un mois aux Éboulements. 

Cet été, la pandémie en aura décidé autrement. Les camps de vacances, contrairement aux camps de jour, n’ont pas pu opérer, entre autres en raison du volet hébergement des usagers.  

«On arrive dans une zone critique, plusieurs disaient pouvoir supporter six ou neuf mois sans revenu. On arrive au bout de nos ressources, c’est une urgence maintenant», exprime M. Lepage-Gouin.  

Au mois de mai, plusieurs camps de vacances de la région avaient déjà statué qu’ils n’opèreraient pas à l’été 2020.  

«Nos revenus sont disparus, mais pas nos dépenses», déplore-t-il. Pas d’enfants au camp, pas de revenus, mais tout de même des frais fixes, qui peuvent atteindre en moyenne jusqu’à 300 000 $ par an. Sans compter les pertes qui, selon lui, avoisinent les 13 M$ au printemps et une centaine de millions cet été.  

Question de «survie» 

L’Association des camps du Québec, qui regroupe 138 camps de jour et 93 camps de vacances, demande donc à la ministre déléguée à l'Éducation et responsable du loisir et du sport, Isabelle Charest, d’aider les camps de vacances à payer 75 % de leurs frais fixes, un peu comme l’a fait le gouvernement en soutien aux bars, restaurants et salles de spectacle. 

Les camps de jour ont pu jouir d’une aide gouvernementale de 11 M$ pour leur permettre d’opérer cet été, un «service essentiel» pour les enfants dans le contexte, estime M. Lepage-Gouin. 

Il explique toutefois qu’au camp de vacances Le Manoir, qui gère aussi des camps de jour, comme plusieurs autres établissements, le manque à gagner demeure trop important.  

«Une aide financière ne comblera jamais ce qui a été perdu en revenus, mais la prochaine fois qu’on pourra générer des revenus, ce sera en 2021 s’il y a un été et ce qui est malheureux, c’est que plusieurs pourraient ne pas s’y rendre», révèle Thomas Lepage-Gouin. 

Devant l’absence d’autorisation du gouvernement du Québec pour la reprise des activités des camps de vacances, les conseils municipaux des MRC de Charlevoix et Charlevoix Est, de la ville de Saint-Raymond ont entre autres offert leur soutien. 

Y aura-t-il un été 2021?

Après sept mois en pandémie, plusieurs se demandent s’il sera possible de vivre un été 2021 «normal».  

Du côté des camps de vacances, la confiance règne. «Si on a l’opportunité d’ouvrir, on va être en mesure de respecter les normes sanitaires qui seront en place à ce moment-là».  

C’est plutôt la zone grise de préparation de l’été qui inquiète. «Encore faut-il se rendre, car pour plusieurs, dans quelques mois, ce sera la fin.»