En 2018, autour de 1150 frênes propriétés de la Ville avaient été soignés.

Agrile du frêne: bientôt la reprise des hostilités!

Ce n’est pas tout à fait évident en regardant la neige qui n’en finit plus de nous ensevelir… mais il finira bien par faire beau. Et la guerre contre l’agrile du frêne, ravageur de canopée urbaine, reprendra de plus belle.

Avec la crue du thermomètre, les bestioles retrouvent progressivement de la vigueur. Elles relanceront donc bientôt le combat qu’elle avait abandonné à l’arrivée de la froidure : grignoter les frênes des 17 quartiers de Québec où elles ont été détectées et poursuivre leur invasion.

La mairie fourbit ses armes. Dès que Dame Météo sera plus indulgente, la Ville reprendra la traque. Parfois, l’artillerie lourde sera déployée, les scies à chaîne se feront entendre. L’an dernier, plusieurs centaines de frênes ont été éliminés, soit parce qu’infestés, soit pour être remplacés par d’autres familles d’arbres. 

Quand ce sera possible, un remède sera plutôt injecté dans les arbres. La Ville vient d’ailleurs de signer un contrat de quelque 300 000 $ pour environ 90 000 doses de TreeAzin, le remède à administrer aux deux ans dans l’espoir de repousser les conquérants.

En 2018, autour de 1150 frênes propriétés de la Ville avaient ainsi été soignés. «Environ 2000 frênes seront traités en 2019», évalue Léticia Dufresne, conseillère en communication.

Ce sera toutefois loin d’être suffisant pour crier victoire. La tâche apparaît colossale, et longue. La Ville a d’ailleurs annoncé qu’elle débourserait environ 15 millions $ sur 15 ans dans la lutte.

Il faut dire que «le frêne est abondant sur le territoire de la ville de Québec», tel qu’observé dans le Plan de lutte à la propagation de l’agrile du frêne de la municipalité. Seulement le long des voies publiques, il y aurait environ 12 000 frênes. «Dans un secteur comme Limoilou, particulièrement bien doté en arbres municipaux d’alignements, les frênes représentent un peu plus de 20 % des arbres répertoriés.»

C’est sans compter les frênes des boisés et forêts naturelles. Ni ceux des parcs, dont «plusieurs contiennent des frênaies dominées par le frêne rouge, le frêne noir ou le frêne d’Amérique».

Sur les terrains privés

«Le frêne est aussi très présent sur les parterres privés», ajoute le Plan de lutte. «Un inventaire préliminaire du territoire montre que leur quantité dépasse les 22 000. C’est dans l’ouest de la ville que l’on trouve la plus grande quantité de frênes privés. En fait, on estime que près de 25 % des frênes privés sont situés dans le seul district de Cap-Rouge–Laurentien.»

La Ville invitera donc, encore une fois, les citoyens à faire traiter leur frêne afin de ralentir l’agrile. L’an dernier, «près de 200 propriétaires» ont répondu à l’appel, indique Mme Dufresne. 

Les contribuables pourront bénéficier du tarif négocié par la Ville avec son fournisseur pour le biopesticide TreeAzin. Il faudra allonger environ 100 $ pour un arbre de 30 cm de diamètre à une hauteur de 1,3 mètre du sol. 

Vous préférez la méthode forte, l’abattage? Attention, ne jouez pas au bûcheron avec le frêne dans votre cour… C’est interdit entre le 1er avril et le 30 septembre, période d’activité de l’agrile.

Pour plus d’information, il faut composer le 3-1-1. Ou visiter le site Web de la Ville à bit.ly/2uwLd4S et à bit.ly/2D6Fvfm