Agnès Maltais souhaite la réélection de Régis Labeaume en 2021 pour qu’il puisse porter son projet de tramway jusqu’au bout.
Agnès Maltais souhaite la réélection de Régis Labeaume en 2021 pour qu’il puisse porter son projet de tramway jusqu’au bout.

Agnès Maltais dit non à la mairie et souhaite la réélection de Labeaume

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Agnès Maltais ne veut pas briguer la mairie de Québec, l’an prochain. Plus que ça, l’ancienne ministre souhaite la réélection de Régis Labeaume en 2021 pour qu’il puisse porter son projet de tramway jusqu’au bout.

«Non.» La réponse est courte. Tranchée. Le mot sort vite et sans hésitation. Celle qui a été pendant 20 ans députée de la circonscription provinciale de Taschereau, au centre-ville de Québec, n’a pas l’intention de se représenter à des élections.

Pas pour retrouver un poste de députée, encore moins devenir mairesse.

«Heille, j’ai fait 20 ans! Je récupère un peu de ma vie, c’est très agréable», affirme au Soleil celle qui a œuvré comme élue de 1998 à 2018. Alors représentante du Parti québécois, elle a été ministre au sein des gouvernements de Lucien Bouchard et Pauline Marois.

À l’écouter, une candidature municipale s’avère encore moins envisageable que sur la scène provinciale, porte qu’elle ferme déjà à double tour. «Je ne suis tellement pas là! Je n’ai jamais fait de municipal», laisse-t-elle tomber.

«Mais ce que je surveille comme bien du monde à Québec, c’est le tramway», enchaîne Mme Maltais, qui continue à suivre la politique de près.

«Je pense que Régis Labeaume va... Je souhaite qu’il demeure pour régler le problème. Je souhaite que M. Labeaume se présente aux élections et dise : “Je vais me rendre au bout de ce projet-là.” C’est ce que je pense être l’idéal pour la région», dit-elle.

«Jamais» elle ne se présenterait contre M. Labeaume, jure Mme Maltais.

Agnès Maltais aura 64 ans en novembre, six mois après Régis Labeaume.

Troisième lien: «engagement farfelu»

L’ex-députée garde à l’œil les faits et gestes du gouvernement québécois de la Coalition avenir Québec (CAQ), surtout en ce qui a trait à la région de Québec. Elle a été ministre responsable de la Capitale-Nationale durant les 19 mois de pouvoir du PQ de 2012 à 2014.

Après deux années à «régler des problèmes, ce qu’ils ont bien fait dans l’ensemble, va falloir savoir où ils veulent amener le Québec», analyse-t-elle, à propos du gouvernement en place.

«Le danger, on le voit dans la région de Québec, c’est s’ils s’entêtent trop dans les engagements politiques que je vais nommer comme farfelus, comme le troisième lien», commente Mme Maltais, à propos du futur tunnel routier promis entre Québec et Lévis.

«C’est farfelu, complètement! poursuit-elle sans dévier. Ce n’est fondé sur aucune étude sérieuse de circulation, fondé sur aucune étude économique, aucune étude de coûts. On n’a rien sur la table encore! Il faut absolument qu’ils modifient le projet tellement profondément ou qu’ils cherchent autre chose.

«J’espère que leur entêtement à réaliser leur promesse électorale ne nous coûtera pas trop cher et qu’ils vont finir par trouver une voie de passage. Parce que ça coûte cher, ce qu’ils avaient annoncé.»

Selon elle, y aura-t-il un coût politique à payer pour la CAQ, en plus du coût financier?

«Je ne sais pas, mais d’autres affaires peuvent leur coûter cher. Le Salon de jeux, par exemple, qui sort de Vanier pour aller dans Beauport. Ça coûte cher financièrement et ça ne rapporte rien. On se demande pourquoi! Des petites choses comme ça, des fois, vont coûter un comté. Je ne dis pas qu’ils vont perdre Vanier, où la CAQ est assez solide. Mais les effets [du déménagement du Salon de jeux] restent à voir», conclut l’ex-politicienne, en fine observatrice.