Députée de 1998 à 2018, Agnès Maltais, qui appuie SABSA depuis ses débuts, a accepté sans hésiter de prendre la présidence de la Fondation.

Agnès Maltais à la tête de la Fondation SABSA

La coopérative de solidarité SABSA a créé une fondation afin de «pérenniser son travail auprès des clientèles vulnérables». Et c’est l’ex-députée de Taschereau Agnès Maltais qui la présidera, a appris Le Soleil.

La Fondation SABSA aura pour objectif de «supporter les infirmières et les intervenantes de la coopérative de solidarité pour qu’elles puissent continuer d’offrir des services de soins de santé à une clientèle vulnérable qui éprouve des difficultés d’accès au système», annoncera-t-on mardi.

La clinique SABSA offre environ 3600 consultations par année à des patients qui ont pour la majorité une situation et un état de santé précaires (hépatite C, VIH, toxicomanie, problèmes de santé mentale, souvent pas de carte d’assurance maladie et sans médecin de famille dans 64 % des cas).  

Or à l’heure actuelle, l’entente entre le gouvernement du Québec et SABSA ne prévoit que le paiement des fournitures médicales et du salaire de l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu. Une travailleuse sociale est également «prêtée» par le CIUSSS de la Capitale-Nationale à la clinique trois jours par semaine. Le reste, notamment les frais d’exploitation, doit être assumé par la coopérative, qui doit organiser des campagnes de financement chaque année pour assurer sa survie.

Députée de 1998 à 2018, Agnès Maltais, qui appuie SABSA depuis ses débuts, a accepté sans hésiter de prendre la présidence de la Fondation. «J’ai vu à quel point des gens vulnérables, sans carte d’assurance-maladie, avaient de la difficulté à avoir accès aux soins. Quand SABSA est arrivée, ça a complètement changé le portrait», a témoigné Mme Maltais en entrevue au Soleil, lundi.

Mme Maltais explique que la Fondation, qui débutera officiellement ses activités mardi, aura pour mission de «stabiliser le financement» de la clinique afin que l’équipe puisse se concentrer sur sa mission de soins. 

«Idéalement, il faudra voir plusieurs années à l’avance. Il ne faut plus que SABSA vive des situations de crise comme elle en a vécu et qu’elle soit obligée de lever des fonds à toute vitesse. La Fondation aura son site Internet, sera active toute l’année, et un plus grand événement-bénéfice sera tenu à l’automne», précise l’ex-députée, qui pourra compter sur l’appui de quatre autres membres du conseil d’administration, dont Isabelle Têtu, cofondatrice de SABSA. L’objectif pour cette année est d’amasser 120 000$, mentionne Mme Maltais. 

Trop faible financement public

L’ex-politicienne entend aussi aider l’équipe de SABSA à convaincre le gouvernement d’augmenter le financement public de la clinique. «Il y a actuellement seulement 20 % de financement public, ça n’a aucun sens», estime-t-elle, tout en convenant que même en augmentant substantiellement le financement public de SABSA, «on aura toujours besoin de fonds privés». 

«Je pense qu’il y a actuellement au gouvernement une oreille favorable à SABSA et aux IPS. On verra si ça se concrétise au prochain budget», dit Agnès Maltais. Ce financement public est d’autant justifié selon elle que de plus en plus de patients se tournent vers SABSA depuis que des sans rendez-vous, dont celui du CLSC Haute-Ville, ont fermé leurs portes à la clientèle orpheline dans la capitale. «M. et Mme Tout le monde ont du mal à avoir un médecin de famille, et pour eux aussi, l’accès à SABSA est très facile», souligne-t-elle.      

Chez SABSA, on accueille la nomination de Mme Maltais au sein du conseil d’administration avec «beaucoup d’enthousiasme et de fébrilité». «Nous sommes  persuadés que son engagement aura des impacts positifs sur le rayonnement de notre fondation», a commenté Isabelle Têtu.