Selon le président du comité sur les aéroports régionaux de l'UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté, le succès du développement économique et touristique régional dépend de la qualité de la desserte aérienne.

Aéroports régionaux: des besoins pour 400 M$

Les aéroports régionaux ont grand besoin d'amour. Pas moins de 400 millions $ doivent y être investis d'ici les cinq prochaines années pour espérer en faire des leviers de développement des régions, plaide l'Union des municipalités du Québec (UMQ).
Sans surprise, ce sont les 43 aéroports propriétés des municipalités ou des MRC qui souffrent le plus. Leur seule liste de nécessité occupe 60 % des investissements à faire dans l'ensemble de la province avec quelque 232 millions $. «Les municipalités ont besoin d'air», tranche le président, de l'UMQ, Bernard Sévigny. 
Ce n'est pas d'hier que les aéroports régionaux réclament davantage de financement. Sauf que maintenant, la demande est chiffrée. L'Union des municipalités du Québec rendra publics lundi les résultats d'une étude commandée pour «voir plus clair» et mieux connaître les «besoins réels» en immobilisation. 
La démarche n'est pas étrangère à la tenue prochaine du Sommet sur le transport aérien régional, annoncé par Québec pour février 2018. «La volonté politique, on la sent, on veut la saisir et [...] être traité comme des partenaires du gouvernement», assure M. Sévigny. «On veut jouer à visage découvert [...] pour que Québec puisse réagir».
Dans le rapport consulté par Le Soleil, on apprend que les priorités d'investissements touchent en premier lieu les infrastructures avec 177 millions $, suivi des bâtiments pour 126,9 millions $ et des équipements pour 92,5 millions $. «[Les municipalités] ne peuvent pas payer ça juste avec l'impôt foncier», ajoute-t-il. 
L'UMQ propose déjà que Québec rétablisse son Programme d'aide au transport aérien (PATA), aboli en 2015, pour permettre aux plus petits aéroports, qui ne peuvent bénéficier du soutien du fédéral, de recevoir de l'aide. Pour l'heure, les villes font des pieds et des mains pour maintenir en vie leur aéroport sans alourdir le fardeau fiscal.
Service «collectif»
«Le paradigme, c'est qu'on perçoit le transport aérien comme un service de luxe alors qu'on devrait le percevoir comme un service collectif, comme le transport en commun», illustre le président du comité sur les aéroports régionaux de l'UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté. «Dans les régions, ce sont des services essentiels aux communautés». 
Selon lui, le succès du développement économique et touristique régional dépend de la qualité de la desserte aérienne, mais a aussi des effets sur la qualité de vie des citoyens. «Je pense aux personnes âgées, faire sept heures de route pour avoir accès à des services spécialisés dans les hôpitaux, c'est carrément impensable», poursuit-il. 
L'UMQ a aussi l'intention de sensibiliser le fédéral pour bonifier le Programme d'aide aux immobilisations aéroportuaires (PAIA) de Transports Canada. «C'est un programme qui est loin d'être parfait, mais qui donne quand même un bon coup de main», nuance Bernard Sévigny. 
C'est d'ailleurs dans cette optique que l'UMQ réclame le retour d'une enveloppe provinciale de 50 millions sur cinq ans pour «combler les lacunes et les limites» de l'offre d'Ottawa. Le PAIA dispose d'un budget annuel d'environ 40 millions $ par année pour tout le pays. «C'est loin d'être suffisant pour répondre aux besoins», soutient M. Côté. 
Sur les 136 aéroports québécois, 82 ont participé à l'étude menée par Explorer Solutions, qui a évalué les besoins de chacun. Les projections d'immobilisation ont néanmoins été projetées sur l'ensemble des aéroports pour se chiffrer à 396,4 millions $. Les données n'ont pas été ventilées par région pour des raisons de la confidentialité de certains projets.