L'aérodrome de Neuville

Aérodrome de Neuville: travaux secondaires stoppés par l'Environnement

Le ministère de l'Environnement du Québec a expédié un avis de non-conformité à l'aérodrome de Neuville pour avoir commencé sans certificat d'autorisation les travaux de prolongement d'un chemin d'accès à la piste d'atterrissage qui touchent une tourbière.
C'est au tour du gouvernement du Québec de s'appuyer sur une circulaire de Transports Canada enjoignant aux aérodromes, de compétence fédérale, de respecter les lois provinciales et les règlements municipaux pour toute activité ou installation qui n'est pas strictement aéronautique.
La Ville de Lévis a déjà invoqué le document pour faire cesser les activités de parachutisme à l'aérodrome de Pintendre et la municipalité de Neuville s'y réfère désormais dans le différend qui l'oppose en permanence à l'aérodrome local, ouvert en 2012.
Répondant à la plainte d'un citoyen, un inspecteur du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) s'est rendu à l'aérodrome de Neuville à la mi-mai pour constater qu'il y avait effectivement des travaux en cours en milieu humide.
L'entreprise a expliqué qu'elle prolongeait un chemin d'accès pour que les pompiers puissent se rendre au bout de la piste d'atterrissage. En entrevue au Soleil, Jean-Marc Carpentier, porte-parole de Neuville Aéro, a précisé que le chemin déjà existant était «vaseux» et que le projet consistait à le réparer sur une distance d'une trentaine de mètres.
Le MDDELCC a exigé l'arrêt des travaux le temps que le promoteur demande un certificat d'autorisation, se basant sur un jugement ontarien présenté comme une référence dans la circulaire de Transports Canada.
Neuville Aéro s'est conformé et a suggéré de réaliser une étude de caractérisation des sols pour ce secteur. Celle-ci n'a pas été commandée encore. M. Carpentier souligne que la réparation pourrait être abandonnée si le projet devient trop complexe et trop coûteux. «C'est quelque chose d'accessoire dont on n'a pas absolument besoin», dit-il.
Les opposants à l'aéroport de Neuville, qui croient au contraire que le promoteur a besoin de ce chemin pour avoir accès à des hangars en construction, ont conclu à la suspension des travaux d'expansion de l'aérodrome. «Nous, c'est sûr que ça fait notre bonheur parce que plus d'expansion, ça fait plus de gens qui vivent à proximité et qui subissent des préjudices», témoigne Jean-Pierre Lorrain.
Celui-ci voit mal comment l'aérodrome pourrait obtenir son certificat d'autorisation puisqu'il faut fournir en appui de la demande un document émanant de la municipalité d'attache «attestant que la réalisation du projet ne contrevient à aucun règlement municipal».
«On ne les croit pas»
Or, la Ville de Neuville est plutôt à s'interroger si elle distribuera des constats d'infraction aux propriétaires de l'aérodrome. «Ils parlent d'un chemin de sécurité. Nous, on ne les croit pas. Ce chemin est en lien avec le projet en développement», dit Dominic Garneau, conseiller municipal responsable du dossier. Il rappelle que plusieurs autres interventions, dont l'installation d'un puits et d'une fosse septique et la construction des fameux hangars, sont contestées par la Ville.
M. Garneau a exprimé combien il était encouragé par l'intervention du provincial dans le dossier et par l'exemple de la Ville de Lévis.
Le représentant de Neuville Aéro réplique que les hangars lèveront de terre comme prévu et qu'il n'est pas question de demander des permis à la municipalité. «Quand ils disent qu'un aéroport, c'est une piste d'atterrissage, ce n'est pas vrai. C'est plus que ça, c'est les installations qui vont avec», dit M. Carpentier, s'appuyant sur les avantages conférés par le régime fédéral.