Le directeur de la fondation CAA-Québec, Marco Harrison, constate que les jeunes banalisent les textos au volant. Pourtant, la dangerosité de ce mauvais comportement n'est plus à prouver. 

Accidents de la route: changer le futur

Sans être devin, la Fondation CAA-Québec prédit une centaine de décès sur les routes au cours de l'été. À l'approche de la saison la plus meurtrière, elle rappelle qu'il est encore temps de changer le futur.
«Ça n'a pas d'allure qu'autant de gens et autant de jeunes décèdent pendant la période d'été.» Le directeur de la fondation, Marco Harrison, lance un cri du coeur aux automobilistes, particulièrement les 16-24 ans. Pour lui, il faut continuer à faire de la prévention pour inculquer de bonnes habitudes de conduites, surtout pendant les 75 jours compris entre la Saint-Jean-Baptiste et la fête du Travail.
Au cours de cette période, l'équivalent de quatre classes de 33 étudiants (16-24 ans) meurt ou se blesse gravement. Aussi, on dénombre 27 % des décès de toute une année chez les conducteurs de 16 à 19 ans, alors que c'est plutôt 19 % chez les conducteurs de tous âges.
Pendant l'année scolaire, l'organisme visite des écoles pour sensibiliser les jeunes. Alcool, vitesse, port de la ceinture... et maintenant les textos au volant. «C'est omniprésent, les conducteurs qui textent. Ils disent: "Oui, mais je texte juste au feu rouge". Ça ne change rien, tu es toujours en situation de conduite. Si quelqu'un te rentre dedans, tu ne pourras tenter une manoeuvre pour l'éviter», explique-t-il.
M. Harrison constate que les jeunes banalisent ce mauvais comportement. Pourtant, sa dangerosité n'est plus à prouver. 
«On fait texter les jeunes au volant d'un simulateur de conduite dans les écoles. L'expérience démontre qu'ils ne regardent pas la route 44 % du temps lorsqu'ils textent. Ta vision devient plus étroite comme si tu roulais à 100 km/h», explique-t-il.
Même si le bilan routier s'améliore chaque année au Québec, les 16-24 sont surreprésentés, se désole le directeur. 
Ces derniers sont impliqués dans autant d'accidents graves que les 25 à 34 ans, qui sont pourtant 64 % plus nombreux à détenir un permis de conduire.
Malgré les doutes de plusieurs, Marco Harrison croit à la «Vision zéro» pour zéro décès sur les routes. «Les gens disent que c'est une utopie, mais si on ne fait pas les efforts nécessaires, ça va le rester», conclut-il.
Pendant l'été
• L'équivalent de 4 classes de 33 étudiants (16-24 ans) décède ou se blesse gravement
• 27 % des décès de toute une année chez les conducteurs de 16 à 19 ans, contre 19 % chez les conducteurs de tous âges
• Le quart des décès d'une année sur les routes
• 106 jeunes de 16 à 24 ans sont décédés au cours des six dernières années
Source: Fondation CAA à partir des données de la SAAQ