«C’est pratiquement un miracle qu’il n’y ait pas plus de décès», considère le président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert.

Accident à Tadoussac: un «drame prévisible»

BAIE-COMEAU – L’accident de lundi au traversier à Tadoussac, qui a fait au moins une victime, représente un «drame prévisible» aux yeux du président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert.

«Ça fait plusieurs fois qu’on explique ça à tous les intervenants dans le dossier qu’un jour ou l’autre, il arriverait un désastre dans le bas d’une côte comme celle de Tadoussac ou celle de Baie-Sainte-Catherine, pleine de courbes extrêmes. C’était malheureusement un drame prévisible», a déclaré M. Gilbert en entrevue avec Le Soleil.

Le président de l’organisme souligne au passage que cette tragédie impliquant un véhicule récréatif qui n’a jamais réussi à s’arrêter au bas de la forte pente «aurait pu être bien pire» si le traversier ne venait pas de quitter le quai au moment de l’accident. La rampe d’accès au navire, qui était relevée, a plutôt servi de rampe de lancement au motorisé, qui est allé se fracasser sur le bout du pont du Jos-Deschênes II après un vol plané terrible dans les circonstances.

«Le véhicule aurait foncé dans les voitures et les gens sur le pont. C’est pratiquement un miracle qu’il n’y ait pas plus de décès», a ajouté Marc Gilbert. «Imaginez ce que ça pourrait être s’il s’agissait d’un camion d’essence», a-t-il enchaîné.

L’identité de la victime a été dévoilée. Il s’agit d’un homme de 40 ans de Laval, Éric Belec. La passagère, une femme de 40 ans de Lévis, lutte toujours pour sa vie au moment d’écrire ces lignes. «Voilà un autre élément, cette fois tragique, qui milite en faveur du pont», a signalé le porte-parole.

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L’identité de la victime a été dévoilée. Il s’agit d’un homme de 40 ans de Laval, Éric Belec.

Lit d’arrêt

Au bas de la côte du Bateau--Passeur, il y a un lit d’arrêt pour les véhicules qui ont des problèmes de freins, comme c’était visiblement le cas avec le motorisé en cause dans cette tragédie, mais «quelqu’un qui ne vient pas du coin ignore qu’il doit rester à droite pour le lit d’arrêt», de faire valoir Marc Gilbert, qui soutient que quoi que les autorités fassent, «il y aura toujours une côte à cet endroit».

Rappelons que la Société du pont sur le Saguenay milite pour la construction d’un pont afin de remplacer les traversiers actuels. Si jamais un pont est érigé sur le Saguenay à la hauteur de Tadoussac, il se trouvera plus au nord sur la rivière et non pas à l’endroit où sont présentement situées les installations d’embarquement de la Société des  traversiers du Québec.

Pour la sécurité

Pour sa part, le député Martin Ouellet partage l’opinion de Marc Gilbert. «Plus que jamais, la pertinence de la construction d’un pont sur le Saguenay afin d’accroître la sécurité sur la route 138 est démontrée encore une fois avec ce triste événement», a affirmé le député de René-Lévesque dans un communiqué, en ajoutant que «l’angle de la sécurité des usagers doit primer» dans les travaux du bureau de projet sur le pont.

Quant à la coalition Union 138, qui regroupe une foule d’élus et d’industriels de la Côte-Nord et de Charlevoix, elle réclame une enquête publique du coroner sur ce drame.

En terminant, le service de traversier a repris avec deux bateaux en début d’après-midi mardi entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Le Jos-Deschênes II a subi dans cet accident des dommages mineurs qui n’affectent pas sa navigabilité, a assuré la Société des traversiers du Québec.