Depuis 2016-2017, environ 2100 demandes d’aide psychologique sont traitées annuellement par le CAE de l’Université Laval.

Accès difficile aux services d’aide en santé mentale de l’UL, dénoncent des étudiants

Difficile d’avoir accès aux services d’aide en santé mentale de l’Université Laval quand nos résultats académiques ne sont pas compromis, ont dénoncé des étudiants sur Facebook au cours des derniers jours.

Samedi soir, un message a été publié sur «Spotted : Université Laval» pour dénoncer «l’inaction» de l’établissement «face à la détresse des étudiants en résidence». «C’est pas normal qui y en ait un qui parte à l’hôpital aux trois jours», déplore-t-on, tout en demandant à l’Université de «rendre accessible la psychothérapie» sur le campus. L’Université, ajoute-t-on, ne souhaite que maintenir les notes de ses étudiants, sans se soucier de leur santé mentale. Or la réussite scolaire, «ça passe par une santé mentale équilibrée», rappelle-t-on. 

Le message a fait réagir plusieurs internautes, dont certains ont raconté avoir demandé de l’aide au Centre d’aide aux étudiants (CAE) de l’Université Laval, sans succès. Une étudiante se serait notamment fait dire que son cas n’était pas «prioritaire» parce que ses résultats scolaires n’étaient pas en danger. «Je confirme la situation. J’avais VRAIMENT besoin d’aide et vu que mes notes étaient dans le vert, on m’a dit que l’aide [était] pour les gens ayant des difficultés scolaires», lui a répondu une autre. 

Une étudiante en attente d’un suivi «psychiatrique/psychologique» au CHUL n’ayant pas réussi non plus à obtenir de l’aide du CAE a confié avoir «l’impression d’être abandonnée avec ton cerveau».

L’Université «pas inactive»

Invitée par Le Soleil à répondre à ces critiques, la porte-parole de l’Université Laval, Andrée-Anne Stewart, nous a assuré par courriel lundi que l’Université Laval n’était «pas inactive». «Elle se préoccupe de la santé mentale de ses étudiants. Elle met en place des actions de prévention, de sensibilisation et d’intervention» par l’entremise du CAE, du Réseau Sentinelle et du Comité institutionnel pour la santé mentale des étudiants de l’Université Laval, a précisé Mme Stewart.

Selon elle, toutes les demandes d’aide psychologique qui sont acheminées au CAE sont traitées, sans exception. «Chacune des demandes est traitée au cas par cas par des professionnels en relations d’aide [et non par des secrétaires], qui analysent les besoins lors d’un entretien téléphonique ou en personne. Tous les étudiants et les étudiantes qui déposent une demande d’aide au CAE reçoivent une offre de service en fonction des besoins propres à chacun», détaille la porte-parole de l’Université Laval. 

Andrée-Anne Stewart admet cependant que la priorité pour la consultation individuelle est accordée aux étudiants dont le cheminement dans les études est compromis ou est susceptible d’être compromis. «Il va de soi que les professionnels en relations d’aide interviennent très rapidement auprès de ceux et celles qui présentent une détresse importante, et ce, peu importe la situation», ajoute-t-elle.

S’ils jugent que leur situation a évolué, les étudiants sont invités à recommuniquer avec le CAE, mentionne encore la porte-parole de l’Université Laval, qui rappelle du reste que le mandat du Centre d’aide est de «participer activement à la mise en place de conditions favorables à la persévérance et à la réussite dans le cheminement universitaire des étudiants». 

Depuis 2016-2017, environ 2100 demandes d’aide psychologique sont traitées annuellement par le CAE de l’Université Laval.