La proportion de patients dont la durée de séjour à l’urgence était inférieure à quatre heures n’atteignait que 58 % en 2018-2019, soit 27 points de pourcentage en deçà de la cible fixée.

Accès aux soins et services: le ministère de la Santé rate ses cibles

Diminution du temps d’attente à l’urgence, augmentation du taux d’inscription à un médecin de famille, amélioration de l’accès aux services psychosociaux, réduction des délais d’attente en imagerie médicale et en chirurgie, accroissement de l’accès aux services spécialisés pour les enfants de moins de cinq ans présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)… Pour ces enjeux, et d’autres, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) n’a pas atteint l’an dernier les cibles qu’il s’était fixées dans son plan stratégique 2015-2020.

Le taux d’inscription à un médecin de famille, par exemple, n’atteignait que 81 %, soit quatre points de pourcentage en deçà de la cible fixée pour 2018-2019, révèle le dernier rapport annuel de gestion du MSSS. 

Le ministère explique que plusieurs moyens ont été mis en œuvre depuis 2015 pour favoriser l’inscription et le suivi des patients, mais que «l’inscription reste tributaire de la capacité des médecins de famille à suivre leurs patients».

Le MSSS rapporte également qu’au 31 mars 2019, seulement 62 % des premiers services de nature psychosociale avaient été donnés dans un délai de 30 jours, alors que la cible fixée pour 2018-2019 était de 72 %. Le ministère assure que d’importants travaux visant à améliorer l’accès aux services de proximité sont en cours et que ces travaux vont permettre de «soutenir les établissements dans leurs efforts pour accroître l’accès aux premiers services de nature psychosociale».

En ce qui a trait au temps d’attente à l’urgence, les résultats pour l’année 2018-2019 sont encore loin des cibles fixées. Ainsi, seulement 60 % des patients ont attendu moins de deux heures avant d’être pris en charge par un médecin, loin de la cible de 85 %. 

En ce qui a trait à la proportion de patients dont la durée de séjour à l’urgence était inférieure à quatre heures, elle n’atteignait que 58 % en 2018-2019, soit 27 points de pourcentage en deçà de la cible fixée. Au cours de la dernière année, la durée moyenne de séjour sur civière à l’urgence était de 14,2 heures, soit deux heures de plus que souhaité, et 0,5 heure de plus qu’en 2017-2018. 

Selon le ministère, «cette augmentation est attribuable à différents facteurs, dont l’affluence à l’urgence de cas particulièrement sévères d’infection respiratoire liée au virus de l’influenza et l’augmentation du nombre de personnes ayant plus de 75 ans». 

Accès aux services spécialisés

Des efforts doivent aussi être mis sur l’amélioration de l’accès aux services spécialisés, constate-t-on dans le rapport du MSSS. Pour l’année 2018-2019, le ministère souhaitait que 100 % des demandes en imagerie médicale n’attendent pas plus de trois mois; dans les faits, seulement 71 % des demandes étaient en attente depuis moins de trois mois l’an dernier (donc près de 30 % attendaient depuis plus de trois mois).  

Cet écart de 29 points de pourcentage s’expliquerait en partie par l’accroissement du volume d’examens à effectuer ainsi que par les défis liés au recrutement de la main-d’œuvre, selon le ministère. 

Le MSSS ne voulait plus voir non plus de demandes de chirurgies en attente depuis plus d’un an. En 2018-2019, 1398 demandes de chirurgies attendaient depuis plus d’un an. 

À cet égard, le MSSS explique que les problèmes d’accès à la chirurgie sont «rarement associés à un manque de capacité opératoire», ils seraient plutôt liés selon lui à un processus de planification chirurgicale «inefficace», à une gouvernance médicale et administrative des blocs opératoires «déficiente», à des règlements du bloc opératoire «désuets, non appliqués, voire inexistants» ainsi qu’au manque de suivi des listes d’attente. 

Le pourcentage de patients traités par chirurgie oncologique dans un délai de moins de 28 jours en 2018-2019 n’a pas non plus atteint la cible fixée (65 % contre 90 %). Selon le ministère, plusieurs facteurs cliniques expliquent cet écart, «que ce soit la nature de la tumeur, l’agressivité de celle-ci, l’état de santé du patient, la disponibilité des médecins, la disponibilité des blocs opératoires, la gestion des patients en attente ou la validité des listes d’attente».

Par ailleurs, l’an dernier, on attendait 178 jours en moyenne avant d’avoir accès à un service spécialisé pour un enfant de moins de cinq ans présentant un TSA, soit deux jours de plus qu’en 2017-2018, et loin de la cible de 122 jours. Selon le MSSS, «la détection précoce de même que l’amélioration de la qualité et de l’intensité des services ont eu un effet important sur l’allongement du temps d’attente».