Les futurs juristes souhaitent que le gouvernement modifie la loi afin de leur permettre de dispenser des conseils légaux et d’accompagner les citoyens lorsqu’ils remplissent la paperasse afférente.

Accès à la justice: les futurs avocats veulent en faire plus

Les étudiants en droit de six universités reviennent à la charge. Ils demandent aux avocats du Québec de lâcher du lest pour leur permettre d’aider la population à accéder à la justice.

«On trouve ça dommage, qu’ici au Québec, un étudiant en droit ne peut rien faire de plus que quelqu’un qui n’est pas dans le domaine du droit», déplore une des voix du mouvement, Alexandre Csuzdi-Vallée, lui-même inscrit au deuxième cycle à l’Université de Montréal. «[Pourtant], l’accès à la justice, c’est quelque chose qui n’est pas encore abouti. Il y a encore beaucoup de gens qui n’ont pas accès à l’aide juridique et qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat.»

Il voudrait donc que le gouvernement modifie la loi afin de permettre aux futurs juristes de dispenser des conseils légaux et d’accompagner les citoyens lorsqu’ils remplissent la paperasse afférente. Des actes réservés aux vrais avocats qui ont obtenu leur carte du Barreau.

Dans d’autres provinces, plaide M. Csuzdi-Vallée, des allègements ont été votés afin d’ouvrir la porte aux étudiants. En Ontario, notamment : toujours sous la supervision d’un avocat aguerri, les étudiants peuvent, par exemple, y soutenir les parents qui se retrouvent à la chambre de la famille pour gérer une séparation, la garde des enfants. Plusieurs s’y représentent seuls, faute de moyens suffisants pour se payer un professionnel. Les étudiants remplissent les requêtes et préparent avec eux la comparution. Les citoyens sont alors mieux outillés une fois en cour et le juge perd moins de temps.

Ailleurs, les étudiants distribuent les conseils juridiques dans des cliniques de droit universitaires. Ou dans des organismes communautaires. Toujours gratuitement, bénévolement, insiste M. Csuzdi-Vallée.

«On aimerait pouvoir aider les gens qui se représentent seuls à rédiger des documents pour la cour. […] On aimerait pouvoir leur donner des conseils juridiques de base, les orienter vers les ressources en les conseillant sur leur situation.»

Depuis le printemps

Le printemps dernier, le collectif Étudiants en droit d’aider avait lancé cette campagne. Le député caquiste Simon Jolin-Barrette avait ensuite déposé le projet de loi 697 qui ouvrait un peu la porte à la délégation de pouvoirs. 

Mais, depuis, le projet de loi est tabletté, fait valoir M. Csuzdi-Vallée. Et le gouvernement n’a pas avancé.

Le groupe reprend donc son bâton de pèlerin. «C’est le temps de faire quelque chose.»

Les présidents et présidentes des associations étudiantes en droit de six universités viennent donc de diffuser une prise de position commune — Université de Montréal, UQAM, Université de Sherbrooke, Université Laval, Université McGill et Université d’Ottawa.

«On est un petit peu déçu parce qu’on entend tellement souvent parler d’accès à la justice, de l’importance de l’implication de tous les juristes», poursuit Alexandre Csuzdi-Vallée. «D’un autre côté, on met des bâtons dans les roues aux étudiants qui veulent s’impliquer au maximum et faire une différence. On pense que c’est un bon moment pour faire un changement qui ne coûte rien et a des impacts concrets sur l’accès à la justice au Québec.»

Au moment de transmettre cet article, le Barreau du Québec ne nous avait pas recontactés afin d’indiquer s’il est favorable aux allègements proposés par ses futurs membres.