La crise du coronavirus ne s’est pas traduite par une augmentation des appels au Centre de crise de Québec.

Accalmie au Centre de crise et dans les urgences psychiatriques

La crise du coronavirus ne s’est pas traduite par une augmentation des appels au Centre de crise de Québec. Au contraire, «ça s’est même calmé dernièrement», remarque la directrice générale de l’organisme, Kathleen Giguère. Même les urgences psychiatriques, généralement en surcapacité, connaissent une accalmie, observe le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

«Je m’attendais à avoir plus d’appels» en lien avec la situation actuelle, confie en entrevue au Soleil la directrice générale du Centre de crise, qui sort d’une période «très achalandée». «Depuis novembre et jusqu’à tout récemment, on débordait. Là, ça s’est calmé», s’étonne Kathleen Giguère.

«On a eu juste un petit boum vendredi et samedi derniers. Les gens appelaient comme si on était le 8-1-1… Mais depuis, c’est calme. C’est sûr que la crise du coronavirus, ça peut entrer dans le délire des personnes qui ont des problèmes de santé mentale. Je pense à cette personne bipolaire, par exemple, qui a vécu un début de manie et qui voulait aller vivre dans le Nord avec ses enfants. Mais on n’a pas plus d’appels à cause du coronavirus», dit Mme Giguère, qui ne s’explique pas vraiment la situation.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on remarque aussi que l’achalandage dans les urgences psychiatriques est «plus tranquille». «Il est difficile d’en identifier toutes les causes. Certainement que les consignes de demeurer à domicile émises par les autorités [...] ont un certain impact», avance la porte-parole Annie Ouellet.

Mme Ouellet souligne également que depuis le début de la semaine, le CIUSSS a accentué son soutien téléphonique et ses visites auprès de cette clientèle «afin de répondre à leurs besoins et éviter des consultations à l’externe». 

Service essentiel

Le Centre de crise, comme toutes les ressources d’hébergement d’urgence, est considéré comme un service essentiel. «On n’a pas le choix de maintenir nos services, mais pour les personnes qui ont des symptômes et qui reviennent de voyage, on les réfère à l’extérieur», indique Kathleen Giguère.

Autre mesure dans le contexte de la pandémie : les personnes hébergées au Centre de crise ne peuvent plus recevoir de visite, pas plus qu’elles ne peuvent sortir, à part pour des raisons médicales ou légales. Fini aussi les chambres doubles : c’est maintenant une seule personne par chambre. La capacité d’hébergement du Centre de crise est donc passée de 27 à 17 lits.

«Pour l’hébergement, on priorise les personnes qui sont en crise aiguë. Pour le reste, on concentre nos efforts sur le service d’aide téléphonique. On fait plus d’entrevues par téléphone», explique Kathleen Giguère, précisant que l’équipe mobile est également toujours en service. 

«Mais si la personne revient de voyage et présente des symptômes, on ne se déplace pas. Si elle est en crise et qu’elle doit être prise en charge, on la réfère aux ambulanciers», détaille Mme Giguère.