«Pour nous, ça démontre une improvisation, un manque de sérieux qu'on juge inapproprié dans le cadre d'un projet aussi structurant pour la ville de Québec», a réagi jeudi Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, qui a toujours été l'un des plus ardents défenseurs de cette option. 

Abandon du tramway: juste une question d'argent

C'est vraiment le manque d'argent qui a plombé le projet de tramway à Québec, a insisté vendredi le maire Régis Labeaume, qui continue de penser que c'est «le meilleur moyen de transport dans un milieu urbain».
«Le meilleur moyen de transport dans un milieu urbain, c'est le tramway. Le meilleur moyen pour effectuer et provoquer un transfert modal entre la voiture et le transport en commun, c'est le tramway. Le seul problème, c'est que le gouvernement n'a pas les moyens de se payer un tramway. C'est à nous autres à être assez intelligents et créatifs pour trouver un autre moyen qui coûte moins cher. C'est pour ça qu'on met un X sur le tramway, c'est parce que le tramway, il est trop cher», a expliqué vendredi M. Labeaume.
Celui-ci a confirmé jeudi qu'il n'était plus question d'un tramway pour relier Québec et Lévis et favoriser l'adoption du transport en commun. L'étude de faisabilité enclenchée en 2011 a aussi évalué l'option d'un service rapide par bus. Les résultats sont attendus dans le prochain mois.
Ce rapport ne sera pas le seul à atterrir dans l'espace public, a confié le maire vendredi. Dans l'ordre, il a promis la présentation du gratte-ciel projeté par Cominar sur le boulevard Laurier, puis l'étude de faisabilité sur le tramway et ses options et enfin la publication des plans de réaménagement de la tête des ponts.
Ce projet, qui date aussi de 2011, a traîné en longueur, victime des changements de ministre et de gouvernement. Or, il semble qu'il soit maintenant complété et sur le point d'être dévoilé. «Le projet de réaménagement de la tête des ponts est prêt. Il reste plus rien qu'à le payer, pis à le faire», a lancé M. Labeaume, vendredi.
«Vous avez le projet de Cominar, vous avez le plan de mobilité et vous avez l'entrée des ponts. Tout ça est prêt. Tout ça est cohérent, concordant», a assuré le maire de Québec.
Après ces trois présentations «en cascade», «vous allez tout comprendre le plan de match», a-t-il ajouté.
Capacité financière du gouvernement
M. Labeaume est ensuite revenu sur la capacité financière du provincial. «On travaille dans une connaissance et dans la clairvoyance en sachant qu'au gouvernement, on a deux années tough à passer et que les sommes ne seront pas prêtes demain matin. Ça ne nous empêche pas de planifier et de préparer», a-t-il souligné.
Lundi, le ministre des Transports, Robert Poëti, a fait valoir que «pour la tête des ponts, on a un projet sur plusieurs années en différentes phases qui est en marche», mais il n'a pas voulu détailler ces phases.