C’est dans la cour de l’école Saint-Malo, et accompagné du candidat dans Taschereau Florent Tanlet, que le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a fait son annonce.

À l’école jusqu’à 18 ans, propose le PLQ

Ses militants ont rejeté l’idée lors d’un congrès il y a neuf mois, mais le Parti libéral du Québec (PLQ) revient à la charge et promet de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme.

Le ministre de l’Éducation et candidat dans Jean-Talon Sébastien Proulx dit avoir «réfléchi longuement» à la question, avant de venir à la conclusion, avec son chef Philippe Couillard, qu’il s’agit «d’une pièce nécessaire» pour que le Québec s’engage dans la voie de la réussite éducative pour tous.

«Il y a des jeunes qui ne se sentent pas à l’aise dans le système scolaire actuel. C’est malheureux. Mais il y a des façons de faire différentes qui peuvent être mises en place», a-t-il commenté lors d’un point de presse dans une cour d’école à Québec.

Ainsi, pas question pour les libéraux de répéter la même recette qui ne fonctionne pas pour ces jeunes décrocheurs — soit de faire de l’enseignement traditionnel assis dans une classe —, de 16 à 18 ans. M. Proulx croit qu’il faut leur offrir un éventail de possibilités : enseignement à la maison, en ligne, stage chez un artisan, plan d’engagement avec la commission scolaire, etc.

Au congrès libéral de novembre 2017, un vote serré tenu après un débat émotif a mené au rejet de la proposition visant à faire passer l’âge de l’instruction obligatoire de 16 à 18 ans. Le premier ministre Couillard a déjà critiqué le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, sur cette idée de «forcer» les jeunes à rester à l’école jusqu’à 18 ans. 

Malgré cela, le ministre Proulx se montre déterminé à «changer la loi» pour que les jeunes aient l’obligation d’être en situation d’apprentissage au moins jusqu’à 18 ans. L’engagement est inscrit noir sur blanc dans la plateforme électorale des libéraux et coûtera 107 millions $ par année. Un engagement semblable à celui que la CAQ a mis de l’avant. 

3 milliards $

En tout, les libéraux s’engagent à ajouter près de 3 milliards $ au budget de l’éducation sur quatre ans s’ils forment le prochain gouvernement. Philippe Couillard en a fait l’annonce lundi matin dans une école de Saint-Félicien, dans sa circonscription de Roberval.

Le PLQ veut agir tôt en enlevant la gestion des services de garde éducatifs à l’enfance au ministère de la Famille pour la confier au ministère de l’Éducation. Le parti dit vouloir «maximiser la coordination entre les deux réseaux et favoriser la réussite des enfants». 

Il s’engage à ajouter une deuxième personne aux classes préscolaires et en première année du primaire pour donner un coup de pouce à l’enseignant, que ce soit un orthopédagogue, un deuxième enseignant, un technicien en éducation spécialisée, etc. Cette mesure a déjà commencé à être déployée.

Le PLQ a réitéré son engagement de rendre tous les services éducatifs pour les enfants de 4 ans gratuits, qu’ils soient à la maternelle 4 ans ou en service de garde.

Également, les libéraux veulent implanter plus rapidement le cours d’anglais intensif en cinquième et sixième année, mais aucune cible précise n’est fixée, en nombre d’écoles. En 2016-2017, 285 écoles primaires offraient des programmes d’anglais intensif, sur plus de 1640.  Avec La Presse canadienne

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PROULX N'A PAS EXIGÉ DE RESTER MINISTRE

Même s’il souhaite continuer à «défendre les enfants du Québec» comme ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx n’a pas demandé au premier ministre Philippe Couillard de lui garantir qu’il pourrait conserver son poste, s’il est réélu et que les libéraux forment le gouvernement. M. Couillard a pourtant déjà garanti le poste de ministre de la Santé à Gertrude Bourdon, candidate dans Jean-Lesage et ex-pdg du CHU de Québec. 

«Mme Bourdon est une candidature d’exception», a justifié M. Proulx, qui n’attendait pas les mêmes garanties à son égard. «M. Couillard connaît la vision que je porte en éducation, il en a dévoilé un grand bout encore ce matin», a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’il appartiendra à son chef de «faire des choix» lorsqu’il aura «toutes les cartes en main».  Patricia Cloutier