«En attendant qu’on ait un BAPE [sur un éventuel troisième lien], les gens sont inquiets!» constate Christiane Gagnon, qui rencontre nombre de citoyens chaque jour de la campagne.

À ce point-ci, Christiane Gagnon est contre le 3e lien

«Dans un contexte où on n’en sait pas plus et où le BAPE ne s’est pas encore prononcé, si aujourd’hui on me le demande, oui, je voterais contre.»

Après s’être affirmée contre la construction d’un troisième lien, vendredi sur les ondes de la radio publique, Christiane Gagnon a détaillé sa position auprès du Soleil.

La candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Québec, dont elle a été députée de 1993 à 2011, fait un important pas en avant par rapport à la position initiale de son parti et de son chef. Il y a une semaine, en conférence de presse à Québec, Yves-François Blanchet s’était dit «pas contre» un futur troisième lien routier sous-fluvial.

En gros, Mme Gagnon s’en remet entièrement aux compétences du futur Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur la question. Mais d’ici là, pour elle, c’est non.

Même si le Bloc se dit premier porteur des volontés des Québécois et que le gouvernement provincial de la Coalition avenir Québec (CAQ), élu depuis un an, tient beaucoup à réaliser ce projet.

«En attendant qu’on ait un BAPE, les gens sont inquiets!» constate Mme Gagnon, qui rencontre nombre de citoyens chaque jour de la campagne. «J’ai parlé à beaucoup de personnes et certains trouvent ça trop cher, d’autres c’est pour l’environnement, d’autres questionnent la faisabilité. Alors c’est dans ce contexte-là que j’ai dit que moi, je voterais contre», explique-t-elle.

«Mais pour ou contre, le Bloc va respecter la décision qui va se prendre au Québec, poursuit Mme Gagnon. Si le BAPE dit non, la CAQ va être obligée de considérer la décision du BAPE. Et si le BAPE dit oui, je vais être obligée moi aussi d’écouter le BAPE, parce qu’on est au fédéral et on a dit qu’on appuierait les consensus [au Québec]. Mais pour le moment, le consensus, je ne le sens pas sur le terrain.»

Quant à l’apparente divergence d’avec son chef, Mme Gagnon assure que M. Blanchet et elle «parlent de la même voix». «On n’est pas contre un lien pour un lien, mais le lien qui nous est proposé, qui va bousculer le fleuve, c’est sûr que ça nous interpelle au plus haut point», conclut-elle.

Les conservateurs jubilent

Avec le Parti libéral qui reste neutre jusqu’à nouvel ordre, Justin Trudeau ayant dit vendredi ne pas vouloir «prendre une position sérieuse sur un projet qui n’existe pas, même pas sur papier encore», le Parti conservateur a sauté sur l’occasion pour rappeler qu’il est dorénavant le seul à déjà appuyer à 100 % la construction d’un troisième lien.

«Seuls les conservateurs ont clairement exprimé leur soutien à ce projet. Notre chef a réitéré son appui et désigné le troisième lien comme un dossier prioritaire pour un futur gouvernement conservateur. Les libéraux de Justin Trudeau et le Bloc ne comprennent pas la réalité de Québec», ont réagi les candidats conservateurs locaux, par communiqué.

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