Le coq, roi criard de la basse-cour, sera officiellement banni de Québec dès que les élus du Conseil municipal entérineront ledit règlement.
Le coq, roi criard de la basse-cour, sera officiellement banni de Québec dès que les élus du Conseil municipal entérineront ledit règlement.

À bas les coqs de Québec!

Tolérées sur le territoire de la Ville de Québec, les poules ne jouissaient pas encore d’un encadrement réglementaire strict pour limiter leurs allées et venues. Voilà qui va changer!

Quoi de neuf? D’abord, les pondeuses régneront. Le coq, roi criard de la basse-cour, sera officiellement banni de la cité dès que les élus du Conseil municipal entérineront ledit règlement.

«Rien de nouveau», pourraient lancer quelques aficionados de l’alimentation de proximité. Ils se trompent. Ce n’était pas écrit dans la paperasse légale de la mairie.

Vrai qu’en 2017, une «fiche d’information» traitant de la possession de poules en milieu urbain avait été diffusée par les hautes instances. Mais elle n’avait pas force réglementaire. Elle n’exprimait que l’ouverture nouvelle des autorités, leur tolérance, pour cet élevage. Elle ne faisait, au surplus, aucune mention des coqs, qui seront bientôt forcés à l’exil!

Habitation encadrée

La Ville a donc décidé de donner un peu plus de tonus à l’encadrement des poules. 

Il y a le bannissement des mâles volubiles : «La garde de coqs à l’intérieur d’un poulailler est prohibée».

Et il y a l’autorisation des «poulaillers associés à une habitation», assortie de plusieurs commandements qui assureront le bien-être des pensionnaires… et le bon voisinage.

«La Ville vient préciser les normes à respecter en ajoutant un article spécifique dans le Règlement d’harmonisation sur l’urbanisme», explique au Soleil la conseillère en communication, Audrey Perreault. 

Les coqs seront bientôt forcés à l’exil à Québec!

Elle énumère: 

1. un seul poulailler est implanté par lot;

2. le poulailler est implanté dans la cour arrière;

3. le poulailler est implanté à une distance minimale de 1,5 mètre de toute ligne de lot et de 3 mètres d’une porte ou d’une fenêtre;

4. le poulailler ne peut être implanté sur un balcon;

5. le poulailler est implanté dans un enclos fermé, sauf si la cour dans laquelle est implanté le poulailler est entièrement clôturée et fermée; 

6. le poulailler ne peut excéder 2,5 mètres de hauteur et dix mètres carrés de superficie.

Loin d’être rebutés par cette coercition, vous rêvez de vous lancer dans la production d’œufs de poule? La mairie a pensé à refroidir vos ardeurs. La limite de 4 poules par maisonnée sera enchâssée dans le règlement. L’interdit de commerce aussi : «Toute activité commerciale relative à la garde de poules est prohibée.»

Le projet réglementaire de la mairie est déjà bien avancé. Durant la rencontre virtuelle du Conseil municipal, lundi, la conseillère Émilie Villeneuve a annoncé son adoption prochaine.

Il y aura cependant une présentation du projet aux citoyens avant le vote définitif, note Audrey Perreault. La date n’est toutefois pas encore connue. 

Elle ajoute : «Un guide sur les bonnes pratiques liées à la garde de poules sera disponible au moment de l’entrée en vigueur du règlement.» La brochure contiendra les informations utiles pour les fermiers dilettantes (hivernation, soins, etc.).

Saint-Augustin-de-Desmaures et Beaupré, entre autres, autorisent également les poulaillers urbains.