«C'est terminé le SRB si le gouvernement nous exige 25 %», a affirmé le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, mardi soir, lors du conseil municipal qui visait à adopter le budget de 2017.

À 25 % des coûts, Lévis laisse tomber le SRB

Si le gouvernement exige que les villes de Québec et de Lévis paient 25 % des coûts du service rapide par bus (SRB), le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, est prêt à abandonner le projet.
«C'est terminé le SRB si le gouvernement nous exige 25 %», a affirmé M. Lehouillier mardi soir, lors du conseil municipal qui visait à adopter le budget de 2017. Il répondait à Gaston Cadrin, un citoyen qui s'inquiétait de l'endettement de la Ville, surtout si le SRB venait s'ajouter dans la colonne des dépenses à l'avenir. 
«On n'embarquera pas dans un SRB qui va devenir quelque chose qu'on ne peut pas se payer», a ajouté M. Lehouillier. À la fin novembre, M. Lehouillier s'est inquiété publiquement de «rumeurs» voulant que le gouvernement exige que les villes paient entre 10 % et 25 % du coût du projet, ce qui représente une facture de 100 à 250 millions $ que Québec et Lévis devraient se partager. 
Pourtant, les villes soutiennent qu'en choisissant le SRB au lieu du tramway, elles font déjà économiser 1 milliard $ au gouvernement. Elles s'attendent donc à voir le projet financé par le gouvernement québécois à 100 %. 
«Si le gouvernement ne livre pas la marchandise, nous, à Lévis, on ne sera pas là», a soutenu M. Lehouillier, toujours en réponse à l'intervention de M. Cadrin. 
Cette déclaration s'ajoute aux nombreux signaux d'alarme envoyés par le maire de Lévis ces derniers temps. La semaine dernière, un sondage commandé par la Ville de Lévis révélait que 54 % des Lévisiens appuient le projet de SRB, alors qu'ils étaient 68 % l'an dernier. 
À ce moment, la maire disait vouloir «garder le cap» avec le projet, quitte à mieux l'expliquer à la population. Par contre, il soutenait déjà que payer 25 % des coûts serait «dur à avaler». 
Le lendemain, dans une entrevue à Radio X, le maire a déclaré qu'il n'aurait «aucun problème» à voir le projet de SRB soumis à un référendum. 
Le ministre des Transports, Laurent Lessard, et le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, ont indiqué dernièrement que les discussions autour du montage financier du SRB se poursuivaient. Selon M. Blais, la participation du gouvernement fédéral serait déterminante pour la suite des choses.
Des minibus pour les quartiers résidentiels de l'ouest
La Société de transport de Lévis (STLévis) a renouvelé son contrat avec Autocars des Chutes pour la desserte du secteur ouest de Lévis. Neuf minibus feront leur apparition sur les routes moins achalandées avec, à la clé, une réduction de la consommation d'essence et de la pollution.
La STLévis sous-traite depuis 2002 une partie de ses parcours au groupe lévisien Autobus Auger, qui chapeaute Autocars des Chutes. Le contrat en cours vient à échéance le 31 décembre prochain.
Comme le permet la Loi sur les sociétés de transport en commun, une nouvelle entente a été négociée de gré à gré ces derniers mois. Elle sera effective jusqu'au 30 juin 2022, avec une option pour trois années supplémentaires, et prévoit le versement de 3,2 millions $ par année pour un service clé en main, incluant notamment les véhicules, l'essence et la main-d'oeuvre. 
Le calcul se fait sur une base kilométrique, a spécifié Jean-François Carrier, directeur général de la STLévis. Selon lui, le transporteur public ne pourrait jamais offrir le même service pour moins cher, mais le calcul n'a jamais été fait comme tel. 
Les autobus d'Auger circulent dans l'ouest de la ville de Lévis, plus précisément sur cinq trajets desservant les quartiers de Breakeyville, Bernières, Saint-Nicolas, Saint-Rédempteur et la municipalité de Saint-Lambert-de-Lauzon. La STLévis continue d'offrir ses parcours à haut niveau de service de type lévisien dans le secteur. 
Des autobus standards seront toujours affectés aux parcours express dans l'ouest, mais le reste de la journée, des minibus de 19 places assises feront la tournée. Les neuf véhicules Micro Bird G5, assemblés par Girardin à Drummondville, ont coûté environ 150 000 $ chacun au sous-traitant. 
Mardi, le président de la STLévis s'est dit très fier de cette «innovation». Il a fait ressortir des économies annuelles de 122 000 litres d'essence et de 325 tonnes de gaz à effet de serre, en plus de la réduction du bruit dans les quartiers résidentiels. «C'est fort intéressant pour la planète et pour nous autres aussi», a souligné Michel Patry en conférence de presse. 
Celui-ci ne prévoit toutefois pas d'achat de minibus ou de midibus (un peu plus gros) à court terme parce que les modèles sur le marché fonctionnent au diesel et que la tendance gouvernementale est à la conversion à l'électricité. 
Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a bien acheté 32 midibus hybrides, mais il a fallu obtenir une dérogation à l'obligation de contenu canadien et le prix unitaire frôle les 800 000 $. Une telle dépense n'est pas envisageable à Lévis malgré les subventions, a prévenu M. Carrier, qui espère de nouveaux produits plus abordables et la formation de groupes d'achat pour les plus petites sociétés de transport. 
Une hausse de 3 % du tarif du laissez-passer régulier de la STLévis a par ailleurs été entérinée lundi, ce qui le portera à 88,20 $ par mois à partir du 1er mars. Le prix d'un billet individuel reste le même à 3,25 $. 
Annie Morin