La comparaison des débits journaliers moyens annuels de 2011 et 2015 confirme notamment une hausse importante de la circulation sur l'autoroute Félix-Leclerc dans le secteur de Cap-Rouge.

À 20 km/h aux heures de pointe

Le recensement des vitesses pratiquées sur les principales routes de la région de Québec révèle que les automobilistes rongent leur frein sur la rive sud le matin et sur la rive nord en fin d'après-midi, essentiellement autour des ponts.
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a dévoilé vendredi son analyse des données de circulation préparée pour le comité de coordination politique du troisième lien routier Québec-Lévis.
Le document État de la circulation Lévis et Québec a été coulé mercredi, jour où le ministre des Transports devait le présenter aux maires de Québec et de Lévis ainsi qu'aux ministres responsables de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. La rencontre a toutefois été annulée à la dernière minute. 
L'information devait être diffusée auprès du grand public après la reprise de la réunion, mais une erreur l'a fait atterrir vendredi matin sur le site Web du MTQ. Le tout est disparu peu de temps après, puis est réapparu en après-midi. Difficile à suivre, mais qu'importe, Le Soleil avait sa copie. 
Les fonctionnaires ont travaillé à partir des données de l'enquête origine-destination de 2011, des comptages effectués sur le réseau jusqu'en 2015 et des relevés de vitesses réelles de 2014. 
Des cartes des vitesses pratiquées aux heures de pointe du matin et de fin de journée élaborées par le MTQ - et jamais publiées auparavant - font ressortir les zones de ralentissement sur le réseau routier. 
Sur la rive sud, les automobilistes roulent à moins de 20 km/h sur des tronçons des autoroutes Jean-Lesage (20) et Robert-Cliche (73), de la route Marie-Victorin et de la route des Rivières entre 7h30 et 8h30. Sur la rive nord, c'est aussi le cas à l'entrée du boulevard Laurier, dans la partie boulevard urbain de Robert-Bourassa ainsi que dans la bretelle menant de l'autoroute Félix-Leclerc ouest à l'autoroute Henri-IV sud.
Sainte-Foy, pôle d'emploi
Entre 16h30 et 17h30, les choses se corsent sur la rive nord. On avance à peine sur Henri-IV en direction sud et Robert-Bourassa nord, Duplessis près des ponts et les boulevards Laurier et Champlain. C'est difficile aussi sur l'autoroute Laurentienne nord, mais vivable sur la rive sud. 
Sur les ponts de Québec et Pierre-Laporte, dans le sens du trafic, les vitesses pratiquées varient entre 20 et 80 km/h. 
Pour le reste, l'analyse du MTQ confirme ce que la Ville de Québec a déjà fait ressortir en octobre avec sa propre étude de la dynamique de la circulation routière: le secteur centre de Sainte-Foy (Université Laval, centres commerciaux, complexe Jules-Dallaire, etc.) est celui qui génère chaque jour le plus de déplacements. Près de la moitié des déplacements de la rive sud vers la rive nord aboutissent dans ce pôle d'emplois. Le secteur de la colline Parlementaire arrive deuxième. 
Le nombre de véhicules circulant quotidiennement sur les ponts demeure, lui, assez comparable entre 2007 et 2015.
Plus fortes hausses 
La comparaison des débits journaliers moyens annuels (DJMA) de 2011 et 2015 confirme quant à elle une hausse importante de la circulation à deux endroits, soit l'autoroute Félix-Leclerc (40) dans le secteur de Cap-Rouge (+ 15% aux heures de pointe) et l'autoroute Jean-Lesage (20) dans le secteur de Saint-Étienne (+ 9% aux heures de pointe). 
Résident de Thetford Mines, le ministre Lessard donne toujours en exemple ce bout de la 20, qu'il parcourt régulièrement, pour prouver l'augmentation du trafic dans la région de Québec. 
Ailleurs sur le réseau, on parle plutôt de variations de quelques points de pourcentages en plus ou en moins. Toutefois, les données tendent à confirmer une intensification des déplacements aux heures de pointe. 
Les fonctionnaires avancent quelques «facteurs généraux de congestion»: perte ou fusion de voies sur les autoroutes, entrecroisements courts, feux de circulation à la fin d'une autoroute ou à une bretelle de sortie et «utilisation importante du mode de transport auto solo».
Plusieurs questions de la mairie de Québec
Si le parc automobile de la région de Québec croît sans cesse, comment les débits de circulation peuvent-ils demeurer stables sur le réseau autoroutier? Considérant le développement immobilier dans la couronne nord de Québec, comment se fait-il que les débits de circulation sur l'autoroute Laurentienne aient diminué de 1 % entre 2011 et 2015?
Voilà quelques-unes des questions posées par le maire de Québec, Régis Labeaume, dans une lettre transmise au ministre des Transports le 24 janvier, trois jours seulement après réception de l'analyse de données dévoilée dans la confusion vendredi.
M. Labeaume demande également au MTQ s'il prévoit «faire des simulations informatiques afin d'évaluer la pertinence de construire un troisième lien à l'est de la région et de mesurer les impacts de cette intervention sur les flux de circulation existants de l'autoroute Félix-Leclerc et de l'autoroute Dufferin-Montmorency».
La Ville de Québec plaide pour que le prochain pont ou tunnel soit construit à l'ouest, où se concentre la circulation automobile.
Le ministère des Transports n'avait pas de réponses à fournir à la Ville de Québec vendredi.