Gilles Lehouillier, maire de Lévis, a dévoilé mercredi les résultats d’un sondage Léger Marketing portant sur le projet d’un troisième lien. Le «oui» a reçu un appui sans équivoque de 78 %.

78 % des citoyens de Québec et de Lévis appuient le troisième lien

Les gens de Québec et de Lévis appuient massivement le troisième lien routier entre les deux rives. 78 % d'entre eux se disent en faveur du projet, selon un sondage Léger Marketing. «Un vent de solidarité pointe autour du troisième lien», a déclaré le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lors du dévoilement des résultats mercredi.

Le pourcentage global d’appui au projet atteint le seuil de 90 % pour Lévis et 76 % pour Québec. «On parle ici d’un large consensus, c’est ce que nous a dit le groupe Léger, ce ne sont pas nos mots», tranche le maire à ce sujet. 

Autre fait saillant important de l’étude : seulement 18 % des gens sondés verraient l’implantation du troisième lien à l’ouest, alors que 57 % d’entre eux préféraient que l’infrastructure soit implantée à l’est, près du pont de l’île d’Orléans. Enfin, 24 % de l’échantillon n’a pas de préférence.

De plus, 86 % des résidents de Québec et de Lévis estiment «important» que le nouveau réseau de transport structurant soit interconnecté entre les deux rives. La proportion atteint 95 % chez les usagers hebdomadaires du transport en commun contre 81 % pour les non-utilisateurs. 

Tous les groupes d’âge semblent appuyer le projet, selon le maire Lehouillier. «On disait que ce n’était que les boomers qui le voulaient. C’est ce qui a de nouveau dans ce sondage-là.» Chez les 18-34 ans, l’appui au troisième lien atteint les 75 %. Le chiffre est de 83 % pour les 35-54 ans et de 77 % pour les 55 ans et plus.

Des secteurs-clés

Pour certains arrondissements même à Québec, le taux d’appui atteint «des sommets», selon le maire Lehouillier. L’appui est de 84 % dans Les Rivières, de 86 % dans Beauport, de 77 % dans Charlesbourg et de 78 % dans la Haute-Saint-Charles, selon le sondage. Les pourcentages sont plus faibles dans Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge (70 %) et La Cité-Limoilou (64 %).

À la lumière des résultats, la conclusion du maire de Lévis est simple : «Malgré les tentatives répétées de la part de certains politiciens visant à diviser les communautés, à discréditer et à ralentir le projet, on a la preuve aujourd’hui que les populations de Québec et de Lévis sont solidaires pour propulser le développement de nos régions, dont l’avenir est intimement lié.» Son collègue de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA), Luc Provençal, abonde dans le même sens. Le résultat du sondage démontre, selon lui, «que la population de Québec reconnaît la vision de la Ville de Lévis et des élus de Chaudière-Appalaches» sur le troisième lien.

Même son de cloche pour le préfet de la MRC de la Côte-de-Beaupré, Pierre Lefrançois, et le préfet de la MRC de Bellechasse, Clément Filion, qui saluent tous deux l’initiative, se réjouissant au passage d’un aussi fort appui. «La construction de ce lien va grandement contribuer au développement de Bellechasse, et on l’appuie», a déclaré à ce sujet M. Filion. 

Priorité troisième lien

Aux yeux de Gilles Lehouillier, «il faut dès maintenant accélérer le processus de développement autour d’un nouveau lien», plus prioritaire selon lui que le tramway du maire Régis Labeaume, à Québec. «La population, elle est prête à assumer, et elle ne se laisse pas duper. Ça fait deux ou trois ans qu’on essaie de mettre les priorités ailleurs.»

Le maire de Lévis s’explique mal, sur le tramway, que personne n’ait parlé de l’infrastructure en campagne électorale, à l’exception d’Anne Guérette, et qu’on ait ensuite «allongé des milliards» pour aller de l’avant. 

L’option à privilégier, selon lui, serait plutôt un tunnel souterrain qui servirait de nouveau lien entre les deux rives. «On se rend à l’argumentaire du premier ministre, argue-t-il. C’est définitivement le meilleur choix.»

À Québec et à Lévis, le milieu des affaires devra commencer à s’exprimer sur le projet interrives, ajoute Lehouillier, qui voit dans le sondage une occasion «immanquable» de stimuler la prise de position et d’expression. «Il faut en parler, ce sera le premier enjeu de la campagne électorale», dit-il. 

La CAQ se réjouit

Mercredi, le député caquiste Éric Caire a lui aussi louangé l’initiative, estimant que le nouveau sondage expose l’importance, pour de nombreux citoyens, «d’avoir un troisième lien à l’est». «Un gouvernement de la CAQ va resserrer le mandat du bureau de projet pour un troisième lien à l’est, note le politicien. Depuis 2014, le Parti libéral gagne du temps et n’avance pas. Il n’est pas sérieux dans sa volonté de faire un troisième lien à l’est.» Il estime que Philippe Couillard et son caucus libéral «n’y croient tout simplement pas». 

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MÉTHODOLOGIE

L’étude Léger a été réalisée par un sondage hybride, combinant les méthodes web et téléphonique. L’échantillon représentatif est de 1602 personnes, dont 1000 résidents de Québec et 602 de Lévis. La marge d’erreur maximale est de +/- 2,4%, dans un intervalle de confiance de 95% (19 fois sur 20), peut-on lire dans le rapport en question. 

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VÉRONYQUE TREMBLAY OUVERTE À LA SUGGESTION DE LEHOUILLIER

La ministre déléguée aux Transports du Québec, Véronyque Tremblay, s’est dite ouverte mercredi à sonder l’avis de tous les maires et autres préfets impliqués dans le projet de troisième lien inter-rives, entre Québec et Lévis.

En point de presse, la politicienne a ainsi fait écho à la suggestion du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui a dit mardi vouloir profiter de la rencontre de vendredi sur le troisième lien pour proposer d’inclure les homologues de la Chaudière-Appalaches et de Bellechasse au sein du comité consultatif.

«On aimerait que les gens de Bellechasse et de la région de Chaudière-Appalaches puissent être invités à participer à ce comité. Le projet du troisième lien, ce n’est pas juste un projet Québec-Lévis», avait-il dit là-dessus.

Mme Tremblay dit qu’elle étudiera la proposition d’inclusion, mais que ces élus en question ne participeront pas à la rencontre pour l’instant, à deux jours de préavis seulement. 

«Ceci dit, quel sera le meilleur forum pour consulter l’ensemble des élus, on va en discuter lors de la rencontre qui aura lieu vendredi», tranche-t-elle. Pour l’instant, ce qui est à l’horaire restera le même, assure la ministre, malgré la volonté d’avancer du maire de Lévis. 

«Ce qui est prévu, c’est la présence des maires de Québec et de Lévis, de la ministre responsable de la région Chaudière-Appalaches, du ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale et moi-même», se contente de laisser entendre Véronyque Tremblay.  Mercredi en fin d’après-midi, alors qu’il y présentait les résultats d’un sondage sur le troisième lien, le maire Lehouillier en a rajouté. «Ouvrez vos horizons, Mme Tremblay», a-t-il argué, pointant directement la ministre du doigt. «Il y aurait pas moyen d’adopter un projet ensemble, on est une communauté non? Je veux qu’on élargisse le cercle de consultation.»

Vendredi, lors de la rencontre spéciale sur le troisième lien, le maire a l’intention de poser des questions très précises à ses collègues.

«Je vais notamment leur demander pourquoi on travaille sur plusieurs familles d’options, quand le premier ministre est déjà venu dire devant la Chambre des commerces qu’on va réaliser un troisième lien», lance-t-il aux journalistes réunis sur place pour l’occasion.  Avec Gilbert Leduc