À l’hôpital, une pédiatre a conclu que le garçonnet de deux ans avait été blessé dans un contexte abusif.

60 jours de prison pour avoir frappé un poupon à la garderie

Le petit Lucas*, huit mois, a été frappé à la tête par son éducatrice en garderie. Pour son geste, toujours inexpliqué, Karina Medina Marques purgera 60 jours de prison.

Toute menue dans son gros parka d’hiver à col de fourrure, Medina Marquez, 36 ans, a été déclarée coupable lundi de voies de fait ayant causé des lésions, au terme d’un procès par admission. 

Le procureur de la Couronne Me François Godin n’a fait entendre aucun témoin. Il a lu une série d’allégations, convenues avec l’avocate de défense Me Marie-Kim Harvey. L’accusée a admis que la Couronne pourrait prouver chacune des allégations hors de tout doute raisonnable. Elle a ensuite fait valoir qu’elle n’avait aucune défense à présenter.

Le juge Hubert Couture de la Cour du Québec n’avait d’autre choix que de la déclarer coupable, même si Karina Medina Marquez ne reconnaît pas le geste d’avoir frappé le bébé et n’explique pas les raisons.

Le 7 mars 2017, la maman de Lucas va porter son garçonnet de huit mois à La Petite école aztèque à Sainte-Foy, la garderie qu’il fréquente depuis deux semaines seulement.

L’intégration de Lucas est difficile. Le petit pleure beaucoup à chaque fois que son père ou sa mère le laisse le matin. 

La responsable de la garderie, Karina Medina Marquez, a déjà indiqué aux parents que si la situation ne s’améliore pas, elle devra rompre le contrat de garde.

Quelques heures après avoir confié Lucas à la gardienne, la maman lui écrit un courriel pour prendre des nouvelles. Contrairement à sa diligence habituelle, Karina Medina Marquez ne lui répond qu’en fin d’après-midi, en disant que le bébé vient de se cogner la tête contre une table à langer. La version de l’éducatrice changera en cours de route pour parler de tricycle. 

Les policiers trouveront dans le téléphone cellulaire de l’éducatrice une photo des blessures prises une heure avant l’appel à la mère.

Lorsque la mère arrive à la garderie, Karina Media Marquez tient Lucas dans ses bras en appuyant de la glace sur la tête du bébé. La maman voit une grosse ecchymose sur le front de son enfant, une marque à la joue et une autre derrière l’oreille.

Contexte abusif

À l’hôpital, une pédiatre conclut que les blessures ont été causées dans un contexte abusif.

Aucun des objets évoqués par la gardienne n’est compatible avec les marques sur le front du bébé.

Le Directeur de la protection de la jeunesse fait fermer la garderie, au grand désarroi des autres parents. Les policiers fouillent la garderie, mais ne parviennent pas à identifier avec certitude l’objet, probablement un jouet, utilisé par la gardienne pour frapper l’enfant.

L’éducatrice a été arrêtée, accusée et remise en liberté sous conditions. Elle a depuis abandonné sa garderie et travaille maintenant dans un centre-jardin.

Lucas, qui a maintenant deux ans et demi, ne garde heureusement aucune séquelle du coup reçu.

Ses parents étaient présents lundi, assis complètement au fond de la salle d’audience, se tenant par la main. Ils n’ont pas souhaité s’adresser au juge.

Les parties ont suggéré d’imposer à l’accusée, sans antécédent judiciaire, une peine de 60 jours à purger les fins de semaine. L’emprisonnement est justifié, estime le procureur de la Couronne, pour dénoncer des gestes commis par une personne chargée de protéger un enfant.

Me Marie-Kim Harvey se disait convaincue qu’elle ne reverrait jamais plus sa cliente à la cour. La femme a été durement ébranlée par son arrestation, affirme l’avocate.

Karina Medina Marquez sera aussi en probation durant trois ans et il lui sera interdit d’occuper un emploi la mettant en relation avec des mineurs.

* Prénom fictif