Un frêne de l'avenue du Parc dans Montcalm

500 frênes traités contre l’agrile à Québec

La Ville de Québec amorce sur le terrain une autre étape de la lutte à la propagation à l’agrile du frêne. Quelque 500 arbres seront traités dès cet été.

En décembre, la Ville annonçait 15 millions $ sur un minimum de 15 ans pour faire face à l’agrile du frêne, dont 800 000 $ dès cette année. La Ville a acquis récemment 140 000 $ de TreeAzin, un biopesticide qui empêche la croissance de l’insecte, et ultimement en meurt. La durée de vie de l’arbre infesté est donc prolongée de plusieurs années. 

C’est un moindre mal lorsqu’on sait déjà que la disparition du frêne est inévitable d’ici 20 ans, à moins de trouver un moyen d’éradiquer l’insecte ravageur. La somme investie permettra d’étaler la mortalité, éviter des coupes massives — déjà 150 frênes ont été abattus — et voir des quartiers dénudés de tout couvert feuillu comme dans certaines villes américaines. 

Québec compte 12 000 frênes en alignement de rues. Quelque 25 % devraient être traités d’ici la fin du programme. La Ville estime que 24 000 frênes sont plantés sur les terrains privés. 

À cela, il faut ajouter ceux dans les parcs et les boisés du territoire.

Citoyens, informez-vous

La Ville offre aussi aux citoyens qui le désirent de faire traiter leur frêne à un prix préférentiel. Le traitement au TreeAzin coûte un peu plus de 100 $ chaque deux ans pour un arbre d’un diamètre moyen de 30 centimètres. 

«Le propriétaire d’un frêne, même s’il est loin du foyer d’infestation, doit décider s’il le fait traiter de façon préventive ou s’il attend que son arbre soit atteint et le fasse éventuellement abattre. C’est propre à chacun selon le lien qu’il a avec son arbre», estime Marie-Josée Coupal, conseillère en environnement à la Ville de Québec. 

En janvier, la Ville réglementait la coupe des arbres et la disposition des résidus afin de contrer la dispersion des foyers d’infestation. Le seul foyer connu situé en haute ville est délimité à l’ouest par le chemin Saint-Louis, à l’angle du boulevard Laurier, jusqu’à la côte de la Fabrique à l’est.

Ainsi, «un propriétaire d’un frêne, situé dans un foyer d’infestation identifié qui présente des signes ou des symptômes d’infestation à l’agrile du frêne, qui est mort ou dont 30 % et plus des branches sont mortes, doit procéder à son abattage». Il est aussi possible d’abattre un arbre sain à l’intérieur comme à l’extérieur du foyer d’infestation, toujours après avoir obtenu un permis délivré gratuitement. 

Coupe interdite

Mais la coupe est interdite depuis le 1er avril, et ce, jusqu’au 30 septembre, époque de l’année où l’insecte est actif. Les contrevenants sont passibles d’un constat d’infraction de 300 $ à 4000 $. La Ville annoncera à l’automne un programme de subvention pour l’abattage et le ramassage du bois.

La conseillère responsable de l’Environnement, Suzanne Verreault, se réjouit de la mise en œuvre de ce programme pour préserver la canopée des rues de Québec. De son côté, Jérôme Picard, conseiller en environnement, incite les citoyens à s’informer pour faire le bon choix, entre le traitement et l’abattage. «Si les gens tiennent à leur arbre, ils doivent surveiller les premiers signes d’apparition de l’agrile. 

Tous les renseignements sur l’insecte et le programme de lutte sont disponibles sur le site Internet de la Ville : goo.gl/ebPrSz