Le ministère de l'Immigration attribue ce bilan si faible au fait que les mesures de renvoi ne peuvent être exécutées que lorsqu'un demandeur d'asile a épuisé tous ses recours pour tenter de rester au Canada.

45 000 migrants entrés de façon irrégulière, moins de 900 expulsés depuis 2017

OTTAWA — De nouvelles statistiques fédérales montrent que l’Agence des services frontaliers du Canada a renvoyé un peu moins de 900 demandeurs d’asile qui étaient entrés au Canada en exploitant une faille dans les lois sur les réfugiés.

Depuis le début de 2017, plus de 45 000 migrants sont entrés au Canada de façon irrégulière en empruntant un sentier forestier entre l’État de New York et le Québec — le chemin Roxham, près de Lacolle —, évitant ainsi les points de contrôle frontaliers officiels, où ils auraient été automatiquement refoulés aux États-Unis. Or, jusqu’à présent, 866 d’entre eux ont été expulsés du Canada, après le rejet de leur demande d’asile.

Ce bilan est si faible parce que les mesures de renvoi ne peuvent être exécutées que lorsqu’un demandeur d’asile a épuisé tous ses recours pour tenter de rester au Canada, a expliqué Marie-Emmanuelle Cadieux, la porte-parole du ministre de la Sécurité frontalière, Bill Blair.

Les migrants dont la demande est rejetée peuvent faire appel de la décision; ils peuvent aussi exiger une évaluation des risques avant renvoi, pour déterminer si le retour d’un migrant dans son pays d’origine pourrait le mettre en danger.

«Toute personne condamnée à quitter le Canada a droit à une procédure régulière devant la loi et toutes les mesures de renvoi sont susceptibles d’appel à différents niveaux», a soutenu Mme Cadieux dans un communiqué.

De nombreux demandeurs d’asile sont arrivés au Canada de manière irrégulière au début de 2017, après que le président des États-Unis, Donald Trump, eut annoncé qu’il mettrait fin à un programme offrant un statut de protection temporaire aux migrants de plusieurs pays.

En évitant les passages frontaliers officiels lors de leur entrée au Canada, ces migrants tirent parti d’une faille de «l’Entente sur les tiers pays sûrs» conclue entre le Canada et les États-Unis, qui permet aux personnes déjà en sol canadien de revendiquer le statut de réfugié. En vertu de l’accord, s’ils allaient dans les passages frontaliers officiels, ils seraient renvoyés aux États-Unis, un pays que le Canada juge sûr pour eux.