Une fois soustraite la détention provisoire, les deux accusés auront deux ans à purger dans un pénitencier fédéral.

42 mois de prison pour un couple échangiste de Québec

Un couple échangiste de Québec coupable d’avoir impliqué des enfants dans ses ébats sexuels écope d’une peine de 42 mois de prison.

L’homme de 37 ans et la femme de 24 ans avaient connu sur Internet un autre couple échangiste de Saint-Lin dans les Laurentides.

Lors d’une soirée à Québec en 2014, les quatre adultes ont amené les deux fillettes de sept et 10 ans dans une chambre au sous-sol. Les femmes ont fait des attouchements aux fillettes et l’une a même pratiqué le sexe oral pendant que l’homme de Saint-Lin observait.

Le père de Québec a lui joué les sentinelles devant la porte, tout en sachant que sa fille était agressée sexuellement.

C’est pourquoi, estime la juge Johanne Roy de la Cour du Québec, il doit recevoir une peine aussi lourde que son ex-conjointe, soit 42 mois. 

«Si l’une accomplit l’infraction, l’autre l’a rendue possible», fait remarquer la juge Johanne Roy.

Une fois soustraite la détention provisoire, les deux accusés auront deux ans à purger dans un pénitencier fédéral. Ils seront ensuite sous probation durant trois ans, soit la durée maximale prévue au Code criminel, avec un suivi thérapeutique de longue durée.

Cette peine est bien loin de ce que réclamait la Couronne, soit de six à huit ans.

Et encore plus loin de la peine imposée au couple de Saint-Lin, soit 13 ans pour l’homme et 11 ans pour la femme. Contrairement au couple de Québec qui a plaidé coupable, le couple de Saint-Lin a été déclaré coupable d’agressions sexuelles, de production de pornographie juvénile et de gestes de bestialité qui ont duré six ans. 

Manipulation

Le crime de l’homme et de la femme de Québec est d’autant plus grave qu’ils ont manipulé des enfants vulnérables pour qu’elles se soumettent à la soirée échangiste et pour qu’elles se taisent, tranche la juge Johanne Roy.

Les séquelles des victimes n’ont pas été explicitées à la cour, les spécialistes évaluant qu’il était préférable de ne pas faire revivre intellectuellement l’épisode aux enfants. 

«Aucune démonstration n’est nécessaire pour démontrer que les séquelles seront importantes chez les victimes», estime la juge.

Pas de cannabis... même légal

Dans sa décision sur la peine, la juge Roy a pris soin de préciser au père, fumeur de marijuana qu’il lui serait interdit durant sa probation de posséder et de consommer des stupéfiants «même en cas de légalisation du cannabis».

L’homme et la femme auront aussi l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes et leurs familles ainsi que de faire référence à elles sur tous les réseaux sociaux, a précisé la juge.

Ils ne pourront pas non plus se trouver dans les endroits publics fréquentés par les enfants ni avoir un emploi les mettant en relation de confiance avec des enfants.