300 manifestants marchent contre le racisme

«Tous ensemble et tous unis, soyons tous une grande famille!»
C'était l'appel des quelque 300 manifestants réunis devant l'Assemblée nationale samedi après-midi, à l'occasion d'une marche familiale contre le racisme, l'intolérance et la haine. 
De l'Assemblée nationale jusqu'à la place D'Youville, en passant par le Consulat général américain, les manifestants ont transmis leur message d'inclusion et d'ouverture. Plusieurs intervenants se sont aussi adressés à la foule pour «dénoncer l'impact des radios d'opinion sur la dégradation du climat social».
«Le vivre-ensemble, ça se concrétise, mais il a fallu un drame pour qu'on passe à autre chose», a déclaré lors de sa prise de parole le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, où s'est déroulé l'attentat du 29 janvier dernier. «Gardons de cet élan qu'on est une grande famille», a-t-il invité la population à faire, dans son message vantant les valeurs d'inclusion et de tolérance. 
«La période des prises de conscience contre le racisme, ça ne suffit plus, maintenant il faut poser des gestes pour qu'il y ait quelque chose qui bouge dans la société», a pour sa part indiqué le porte-parole du Regroupement d'éducation populaire de Québec et Chaudière-Appalaches, Vania Wright-Larin. Selon lui, ce rassemblement visait à ouvrir un espace pour que des gens issus de différentes communautés et groupes sociaux puissent se rencontrer et s'exprimer sur la question du racisme. 
Le gouvernement, mais aussi la société civile ont du travail à faire pour réduire les effets du racisme dans la province, estime M. Wright-Larin. «Il faut qu'on prenne la parole, qu'on aille dans le public et qu'on fasse une manifestation. Ce sera seulement un des actes que nous poserons aujourd'hui. [...] Ne pas être d'accord, ce n'est pas suffisant, il faut poser des gestes concrets.»
Déshumanisation
De l'avis de Marielle Bouchard, une manifestante, nul n'est sans ressource pour contrer le racisme ambiant dans la société. Tout serait dans l'attitude à avoir envers l'autre : «Le meilleur outil contre le racisme, c'est de se connaître. Avant de juger quelqu'un, il faudrait d'abord lui dire bonjour, le rencontrer et connaître son vécu, et on risque d'être étonné de constater de toute façon les ressemblances qu'on a.»
«Le racisme, ce n'est pas seulement une question de méconnaissance de l'autre, ce n'est pas seulement une question de peur de l'autre, c'est aussi, mais surtout une question de déshumanisation de l'autre», a avancé le porte-parole du Festival contre le racisme de Québec, Nicolas Villamarin.
Une arrestation
Même si «toutes les démarches avaient été effectuées afin que cette manifestation ait lieu dans le respect» et le bon ordre, le Service de police de Québec (SPVQ) rapporte qu'un homme a été arrêté lors de la manifestation. Par voie de communiqué, le SPVQ a indiqué qu'un «groupe s'est joint à cette manifestation pacifique et a causé une altercation avec des policiers vers 14h30 menant à une arrestation». L'homme a été arrêté pour voies de fait contre un agent de la paix, a indiqué l'agent aux communications à la Ville de Québec, David Poitras. Les autorités précisent toutefois qu'il s'agit d'un geste isolé. 
La manifestation était organisée dans le cadre du Festival contre le racisme. M. Villamarin est fier d'avoir tenu cette première présentation du festival à Québec afin de «mettre les mots sur cette réalité qui est parfois méconnue par beaucoup d'acteurs». Sur leur chemin, les manifestants se sont arrêtés devant le Consulat général des États-Unis, où un intervenant a notamment critiqué les politiques d'immigration du président Donald Trump, ainsi que le projet de loi fédéral C-23 qui prévoit octroyer aux douaniers américains en sol canadien plus de pouvoirs envers les citoyens canadiens.