L’accusé continuait de nier sa culpabilité en dépit des preuves informatiques.
L’accusé continuait de nier sa culpabilité en dépit des preuves informatiques.

30 mois pour possession de porno juvénile

Un ex-technicien en informatique pour les Forces armées canadiennes, Jean-Baptiste Abel, de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, écope d’une peine de 30 mois de prison pour possession, accession et distribution d’images de pornographie juvénile.

Abel, 31 ans, était l’un des rares accusés pour ce genre de crimes à opter pour un procès devant jury. Il a été déclaré coupable en février dernier et a depuis porté sa condamnation en appel.

La Couronne avait présenté une preuve informatique démontrant que, jusqu’à une dénonciation par le réseau social Facebook, Abel avait possédé dans ses ordinateurs durant plus d’un an et avait pu accéder à 828 photos et 210 vidéos illégaux. Il en avait aussi distribué à une occasion.

Les jurés avaient dû regarder des extraits durant le procès. «Des images dégradantes, dégoûtantes, qui dépassent l’imagination et que le tribunal aurait préféré ne pas visionner», commentait hier le juge Carl Thibault de la Cour supérieure, avant de prononcer la peine.

Les images montraient des activités et des agressions sexuelles de toutes sortes sur des enfants âgés entre un an et 17 ans.

En interrogatoire aux policiers, Jean-Baptiste Abel disait consommer de la pornographie juvénile depuis l’adolescence. Il avait tenté en vain d’arrêter.

Au procès et lors des représentations sur la peine, il continuait pourtant de nier sa culpabilité. Les spécialistes qui ont rencontré Abel n’ont pas décelé de problématique sexuelle quelconque. 

La défense contestait la peine de détention minimale d’un an prévue au Code criminel. L’avocat d’Abel suggérait que son client purge une peine de six à 12 mois dans la collectivité. La Couronne militait pour une peine de détention ferme de 24 mois de prison, à purger à partir de maintenant.

Le juge Carl Thibault n’a pas eu à trancher la question de la constitutionnalité de la peine minimale puisque, tout comme la Couronne, il évaluait que les crimes méritaient davantage que 12 mois de prison.

«En l’espèce, les principes de dénonciation et de dissuasion doivent primer, évalue le juge Thibault. L’accusé, malgré sa condamnation, vit dans le déni et continue à nier les faits. Le risque de récidive est toujours présent et la réhabilitation est loin d’être amorcée.»

Le juge impose donc une peine de 30 mois de prison à Jean-Baptiste Abel, dont il reste l’équivalent de 19 mois et 24 jours à purger en raison de la détention provisoire.

Second procès à venir

Jean-Baptiste Abel devra subir un second procès pour possession de pornographie juvénile. 

L’ex-militaire s’est fait intercepter en septembre 2018 dans le stationnement d’un restaurant Tim Hortons. Il utilisait le réseau wifi du commerce avec son ordinateur portable.

En fouillant le portable d’Abel, les policiers ont trouvé des images tirées de la populaire série télé Les Simpson qui montreraient des personnages, dont les enfants, en train d’avoir des relations sexuelles entre eux et avec des adultes.