30 mois de prison pour l’agresseur de Grande Allée

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Mad Giovanni Turpin est condamné à 30 mois de pénitencier pour avoir agressé sexuellement à deux reprises une jeune fêtarde complètement ivre, croisée sur Grande Allée, un soir du Carnaval, en février 2012.

L’homme de 27 ans, originaire de l’île de la Réunion, avait embarqué la jeune femme de 19 ans dans sa voiture et l’avait conduite chez lui où ils ont eu deux relations sexuelles, dont une non-protégée. L’étudiante, en état d’intoxication avancé, avait vomi à plusieurs reprises et n’avait aucun souvenir de sa soirée. Elle s’est réveillée en panique le lendemain matin dans le lit d’un inconnu. 

Turpin avait tenté d’attendrir la juge en répétant qu’il n’était pas un violeur, mais qu’il n’avait pas bien interprété la notion de consentement. Son avocat réclamait une peine de moins de six mois de prison pour lui permettre d’obtenir un permis de résidence au Canada.

La juge Christine Gosselin de la Cour du Québec n’a pas vu du tout les choses du même oeil. «Contrairement à ce qu’il a prétendu pendant le procès et qu’il semble continuer de prétendre, il n’a pas simplement eu des relations sexuelles avec une fille «un peu saoule», rappelle la juge Gosselin. Il a plutôt agressé sexuellement une jeune femme inconnue alors qu’elle était gravement intoxiquée, peinait à se tenir debout et était dans une situation d’extrême vulnérabilité.»

Vrai que Turpin, technicien en informatique sans antécédent judiciaire, a un bon potentiel de réhabilitation, note la juge.

Mais l’agression sexuelle qu’il a commise doit être qualifiée de grave, note la juge. Turpin n’a pas battu sa victime, poursuit la juge, mais son crime reste un geste violent, en ce qu’il prive la victime du choix de participer ou non à la relation sexuelle.

Une fois soustraite la détention provisoire, Turpin aura encore 23 mois et demi de pénitencier à purger. Il sera expulsé du Canada au terme de sa peine.

Soulagement

La victime, aujourd’hui âgée de 25 ans, a assisté avec soulagement au prononcé de la peine. «La page va enfin pouvoir se tourner», espérait la jeune femme, encadrée par ses parents. 

Elle sait que l’agression sexuelle va continuer de la suivre, mais elle espère pouvoir, doucement, recommencer à faire confiance, à se laisser aller dans ses rencontres amoureuses.

Les proches de Mad Giovanni Turpin ont réagi difficilement à l’annonce de la peine de deux ans et demi de pénitencier. Une cousine a même dû être transportée en ambulance après avoir eu un malaise dans la salle d’audience.

L’automne dernier, après le verdict de culpabilité, les proches de Turpin avaient mis sur pied une campagne de sociofinancement sur Facebook. Ils voulaient aider le Réunionnais à se défendre de cette condamnation qu’ils jugeaient injustifiée.