La députée libérale Marie Montpetit demande au gouvernement de «donner à la population de vrais repères basés sur de vraies données», ajoutant que la période de 28 jours lancée le 1er octobre s’étire tout simplement à 56 jours.
La députée libérale Marie Montpetit demande au gouvernement de «donner à la population de vrais repères basés sur de vraies données», ajoutant que la période de 28 jours lancée le 1er octobre s’étire tout simplement à 56 jours.

«28 jours, le “ça va bien aller” de la 2e vague»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«Les 28 jours, c’est le nouveau “ça va bien aller” de la deuxième vague», affirme la députée libérale Marie Montpetit.

Porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé à l’Assemblée nationale du Québec, Mme Montpetit estime que «la durée de 28 jours est un barème artificiel. Ce l’était la première fois que ç’a été annoncé [fin septembre], ce l’est encore aujourd’hui», dit-elle au Soleil.

Dans sa conférence de presse de lundi, le premier ministre a parlé d’une durée établie après «des discussions avec la santé publique. On croit que 28 jours, c’est raisonnable pour voir une baisse. Ç’a pris 28 jours pour stabiliser [la courbe des cas d’infection], on pense que ça va prendre 28 autres jours pour diminuer», a expliqué François Legault.

La porte-couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) demande au gouvernement de «donner à la population de vrais repères basés sur de vraies données», ajoutant que la période de 28 jours lancée le 1er octobre s’étire tout simplement à 56 jours.

Savoir où on s’en va

Depuis plusieurs semaines, le PLQ comme les autres partis d’opposition au parlement de Québec demandent davantage de transparence de la part du gouvernement Legault dans la prise de ses décisions concernant la pandémie de COVID-19. Condition sine qua non de l’adhésion populaire, insiste Mme Montpetit.

«Les gens ont besoin de savoir où on s’en va. On ne demande pas au gouvernement d’être devin ou d’avoir une boule de cristal. Mais en situation de crise, il a le devoir d’être encore plus transparent et là, ce n’est pas le cas. Conséquence de ça, on ressent l’impatience de la population», constate la députée de la circonscription montréalaise de Maurice-Richard.

Après les restaurateurs la semaine passée, au tour des propriétaires de gyms de se faire entendre cette semaine. Les milieux du tourisme et de la culture aussi piaffent de relancer leurs activités.


« Les gens ont besoin de savoir où on s’en va. On ne demande pas au gouvernement d’être devin ou d’avoir une boule de cristal. Mais en situation de crise, il a le devoir d’être encore plus transparent et là, ce n’est pas le cas. Conséquence de ça, on ressent l’impatience de la population »
La députée libérale Marie Montpetit

Alors que des entrepreneurs menacent de rouvrir jeudi leur salle de conditionnement physique malgré la prolongation de l’interdiction, Mme Montpetit et le PLQ restent opposés à toute désobéissance civile ou contravention aux règles édictées par la santé publique.

Quant à la présence à l’école une journée sur deux des élèves de cinquième, de quatrième et maintenant de troisième secondaires, à compter de lundi, l’opposition avait proposé dès la mi-août une rentrée en alternance pour tout le cycle du secondaire.

Plus d’aide aux entreprises

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) demandent pour leur part à ce que les mesures d’aide aux entreprises fournies par le gouvernement provincial en octobre soient bonifiées pour ce deuxième chemin de croix de 28 jours.

«La situation économique demeure critique pour de nombreux secteurs d’activité en zone rouge. La poursuite des programmes d’aide financière donnera un peu de répit, mais ne suffira pas pour de trop nombreux entrepreneurs», a déclaré par communiqué le président-directeur général de la FCCQ, Charles Milliard.

La FCCQ veut voir les parlementaires accélérer l’adoption du projet de loi 72, qui permettrait entre autres aux restaurateurs et aux propriétaires de bars de livrer des produits alcoolisés.

«La moitié des propriétaires de PME québécoises disent qu’ils auront du mal à survivre à une autre vague de fermetures et de restrictions. [...] Certes, l’aide aux entreprises en zone rouge sera maintenue, mais il faut en faire plus pour les PME qui ne figurent pas sur la liste officielle du gouvernement et qui souffrent tout autant que les autres», souligne de son côté le vice-président Québec à la FCEI, François Vincent.