Wendy Little, Shirley Nadeau et Stacie Stanton espèrent que leur journal continuera d'être publié encore plusieurs années.

250 ans d'histoire pour le Quebec Chronicle Telegraph

On ne sait plus trop quelle forme auront nos journaux dans 10 ans, mais le 250e anniversaire du Quebec Chronicle Telegraph, «North America's Oldest Newspaper - since 1764», vient nous rappeler que ce moyen de communication a des racines profondes, qui lui permettront peut-être de survivre au raz-de-marée technologique du 21e siècle.
<p>La première édition du <em>Quebec Chronicle Telegraph</em> - anciennement la <em>Quebec Gazette</em> - du 21 juin 1764.</p>
Le Quebec Chronicle Telegraph (QCT), c'est comme une chaîne qui s'étire dans le temps, qui a changé plusieurs fois de nom, de propriétaire et de format, mais qui ne déroge pas de l'objectif que s'était fixé un certain William Brown, à une époque où le continent ne comptait qu'une poignée de journaux. La Quebec Gazette devait aider les deux communautés linguistiques à mieux se connaître et à mieux connaître le monde.
«Deux siècles et demi, quand même, ça fait beaucoup de journaux», s'émerveille encore celle qui en est aujourd'hui rédactrice, Shirley Nadeau. Le journal était bilingue dès la première édition de la Quebec Gazette, rappelle-t-elle. Et jusqu'en 1778, ce sera même le seul journal de toute la province. En 1832, la Gazette devient un quotidien, publié en anglais les lundi, mercredi et vendredi; et en français les mardi, jeudi et samedi, souligne Mme Nadeau. Le journal abandonne toutefois le français en 1842.
C'est en 1934 seulement que le QCT acquiert le nom qu'il possède aujourd'hui, issu de la Quebec Gazette, du Morning Chronicle et du Daily Telegraph. Enfin, le journal abandonne l'édition quotidienne en 1971 pour devenir un hebdomadaire.
L'équipe actuelle du Quebec Chronicle Telegraph, avec près d'une quinzaine de collaborateurs et employés, est presque entièrement féminine, à deux exceptions près.
On a souligné cet anniversaire historique par la publication d'une édition spéciale, sur papier glacé, datée du 21 juin, comme la toute première, (qu'il est possible de se procurer en écrivant à reception@qctonline.com). La Ville de Québec et la Commission de la capitale nationale ont par ailleurs apposé une plaque sur l'ancien Palais de la Presse, rue du Trésor, qui rappelle que cet édifice a abrité le Chronicle Telegraph pendant de nombreuses années
«Le meilleur travail au monde»
Depuis 2010, le QCT appartient à un couple ontarien, Ray et Stacie Stanton, qui possèdent une vingtaine de journaux locaux en Ontario et aux États-Unis. Mme Stanton est l'éditrice du journal, qui lui a ouvert une porte sur l'histoire de Québec et du Canada. «C'est le meilleur travail au monde, dit-elle. Je suis passionnée d'histoire, et peu de villes ont une histoire aussi riche que Québec.»
Les médias sont à la croisée des chemins, reconnaît-elle, «mais mon mari et moi croyons qu'il y aura toujours une place pour le journal local. Nous savons que les choses vont changer, mais nous aimons encore la forme qu'il a aujourd'hui.»
C'est elle qui a fait le choix de publier l'édition-anniversaire dans les deux langues. «Cétait une façon de revenir à nos racines, dit-elle. Nous allons toujours desservir la communauté anglophone, mais nous aimerions avoir une plus large portée, et mes séjours à Québec m'ont fait réaliser l'importance de pouvoir parler aux deux communautés.»
Shirley Nadeau constate pour sa part que les archives, sous forme de microfilms, sont fréquemment consultées à l'édifice Pamphile-Lemay. Malheureusement, il ne reste que très peu de copies papier au-delà des 10 dernières années. Le Chronicle Telegraph ne possède que trois cahiers, qui couvrent une année chacun, dont celui de 1939, année du 175e anniversaire et du début de la Seconde Guerre mondiale. Mme Nadeau voudrait bien ajouter des éléments à ce patrimoine. Si vous savez où se cacheraient d'autres exemplaires de ces pages d'histoire, faites-le-lui savoir : 418 650-1764.