1re Avenue à Limoilou: 40 à 50 logis projetés sur le trou d’eau

Voici qui devrait soulager le voisinage du pont Drouin dans Limoilou : un immeuble de plus de 40 logements pourrait pousser dès cet automne sur la rive de la Saint-Charles, au-dessus de la piscine de boue stagnante du 445, 1re Avenue.

Excavé, puis laissé en plan, le lot où l’eau s’accumule a suscité la grogne de résidents : «La Ville a reçu quelques plaintes concernant cette situation», indique une conseillère en communication municipale, Cindy Demontigny. «En juillet 2018 et mai 2019, la Ville a demandé au propriétaire du terrain de pomper l’eau stagnante dans le trou, ce qui a été fait.»

Il paraît toutefois que la performance de la fameuse pompe laisse à désirer… «[Elle] ne semble pas très efficace puisque l’eau n’a pas toute été évacuée. Un rappel sera fait au propriétaire afin d’évacuer toute l’eau.»

La mairie ne sort pas les crocs, ne donne pas de constat d’infraction parce que la construction d’un immeuble de logements serait imminente.

«Le promoteur a récemment déposé un projet auprès de la Commission d’urbanisme. Des recommandations ont été formulées et les travaux devraient débuter d’ici le 1er octobre 2019. Dans ce contexte, la Ville ne peut exiger le remplissage du terrain, mais surveille de près la situation.»

«Rassurer les résidents»

Architecte et président chez Synchro immobilier, George Blouin espère régler le problème au cours des prochains mois : «Vous pouvez rassurer les résidents autour : le projet s’en vient et on a très hâte.»

Les plans sont à l’étude à la Ville, dit-il. «On a un projet en demande de permis et notre objectif serait de [le] réaliser cet automne.» Le promoteur aimerait ériger entre 40 et 50 logements sur quatre ou cinq étages. Reste à choisir s’ils seront vendus en copropriété ou loués.

M. Blouin explique qu’il aurait été contreproductif de combler la cavité alors qu’il faudra éventuellement couler les fondations. «C’était un site contaminé et l’excavation a été faite pour le décontaminer. […] Il n’y a pas d’intérêt à remblayer un site quand on va le réexcaver tout de suite après. C’est pour ça qu’il y a un trou ouvert.»

En attendant l’arrivée des ouvriers, le niveau d’eau grimpe. «On a un système de pompage en place», souligne George Blouin. «Ce que les gens, il faut qu’ils comprennent aussi, c’est qu’on est voisin immédiat de la rivière. Donc l’eau à l’intérieur du trou va varier avec le lit d’eau de la rivière.»

Rivière et nappe phréatique

Lorsque la rivière et la nappe phréatique sont gonflées, il serait ardu de le vider. «Il faudrait utiliser des pompes de fort débit, des pompes qui fonctionnent avec des moteurs. Donc, là, on créerait vraiment une nuisance à la population immédiate. C’est pour ça qu’on utilise des pompes électriques qui sont sans bruit.»

Selon un document du ministère de l’Environnement, ce terrain accueillait autrefois l’entreprise Audet Soudure.

Il avait été récupéré par la Ville qui l’a vendu au début 2017.

Le prix de vente de 900 000 $ a toutefois été réduit à 260 000 $ après découverte de l’ampleur de la contamination.

Synchro est devenu propriétaire en 2018. Selon le rôle d’évaluation municipal, le terrain vaut à lui seul plus de 1 million $.

Au fait, Synchro a un autre projet résidentiel en face, sur le terrain du garage faisant le coin de la 1re Avenue et de la 4e Rue. Des copropriétés y sont en vente.