Le ministre fédéral de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos

18 000 dossiers d’immigration: Duclos appelle à la prudence [VIDÉO]

Le ministre fédéral de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a invité à la prudence dans le dossier des 18 000 dossiers d’immigration que le gouvernement provincial souhaite jeter au panier.

Même s’il a insisté sur le fait que c’était au gouvernement du Québec de s’occuper de la question des 18 000 dossiers d’immigration en attente de traitement, M. Duclos a tout de même appelé à la prudence, en marge du Rendez-vous annuel des gens d’affaires dont le thème était justement les enjeux de main-d’oeuvre et d’immigration.

À lire aussi: 18 000 dossiers éliminés : le REMDUS dénonce le projet de loi 9

«Ça relève du gouvernement du Québec, à chacun ses responsabilités. Mais il faut être prudent : le Québec a toujours été reconnu pour offrir un bon accueil, mais il est en concurrence avec les autres pays et les autres provinces pour accueillir les immigrants», a déclaré le ministre, qui estime tout de même que la communication demeure bonne entre Québec et Ottawa dans le dossier de l’immigration.

«Les relations vont bien et elles vont aller encore mieux au cours des prochaines semaines», a-t-il affirmé, confiant d’en arriver à une entente dans ce dossier avec le gouvernement de François Legault.

«Il faut reconnaître qu’il y a un gros enjeu à Québec, qui est plus gros qu’ailleurs au Québec et plus gros encore qu’ailleurs au Canada (en ce qui a trait à la pénurie de main-d’oeuvre). Parmi les solutions, il y a le volet temporaire et le volet permanent et nous, on appuie le volet permanent. On veut que des gens viennent au Québec de façon permanente», a-t-il ajouté.

Quelques minutes plus tôt, le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, avait prononcé un discours en ouverture du Rendez-vous annuel des gens d’affaires dans lequel il avait défendu son projet de loi 9.

«Ce projet de loi modernise le système d’immigration en l’arrimant avec les besoins du marché du travail. L’idée, c’est que les gens qu’on accueille répondent à un besoin. Avant, il y avait une grille de pointage qui valorisait entre autres l’éducation, mais pas nécessairement les domaines où il y avait des besoins de main-d’oeuvre», a-t-il expliqué, citant le taux de chômage des immigrants qui serait le double de celui de la population native du Québec.

+

SCHEER MANQUE DE JUGEMENT, SELON DUCLOS

En demandant la démission du premier ministre Justin Trudeau dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin, le chef conservateur Andrew Scheer a manqué de jugement. C’est du moins l’opinion du ministre fédéral de la Famille et député libéral de Québec Jean-Yves Duclos, qui continue d’appuyer son chef.

«L’attaque de M. Scheer ne fait que démontrer son manque de jugement», a déclaré M. Duclos en point de presse jeudi matin, en marge du Rendez-vous annuel des gens d’affaires. Il a ensuite commenté brièvement les déclarations faites par l’ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

«Je connais bien Mme Wilson-Raybould, j’ai souvent travaillé avec elle. Mais il y a un désaccord entre sa version et notre version. Pour nous, ce qui est important, c’est de respecter l’indépendance judiciaire, mais aussi le fait que ce dossier mettait en péril 9000 emplois», a-t-il plaidé. «Le premier ministre est dans l’obligation de tenir compte de l’impact (qu’aurait pu avoir une mise en accusation de Lavalin) sur des personnes innocentes comme les travailleurs et les pensionnés de l’entreprise. Le premier ministre doit prendre ses responsabilités et ses responsabilités sont de prendre la défense de ceux qui sont innocents.»

«On a été transparents, on a laissé à Mme Wilson-Raybould la possibilité de donner sa version. Maintenant, ce sera au commissaire à l’éthique de donner sa version, mais Mme Wilson-Raybould a dit elle-même que l’intervention de Justin Trudeau était légale», a-t-il conclu.