Le 100e anniversaire du pont de Québec sera célébré le 23 septembre dans le cadre d'une grande «fête populaire» organisée par les chambres de commerce de Québec et de Lévis.

100e du pont de Québec: une fête populaire, pas politique

Les chambres de commerce de Québec et de Lévis organisent le samedi 23 septembre une grande «fête populaire» pour souligner les 100 ans du pont de Québec. Il n'est pas question ici de militer en faveur du projet de peinture du pont, sauf que...
Jacques Desbois
«La fête ne se veut pas un événement politique. Ça se veut pas une manifestation politique», a souligné Jacques Desbois, responsable des festivités du 100e anniversaire du pont de Québec, en conférence de presse mardi.
L'ex-directeur de l'hôtel de glace de Québec, qui a accepté ce nouveau mandat il y a quelques semaines, est toutefois conscient des impacts potentiels. «Ça serait faire de l'aveuglement volontaire de dire que, une fête du 100e qui connaît un succès d'achalandage, qui connaît un succès en termes de plaisir que les gens vont avoir à la vivre, ça puisse pas avoir de retombées. On se cachera pas qu'on souhaite que ça puisse avoir des retombées.»
M. Desbois soutient que, comme la plupart des gens de la région, il ressent un grand attachement envers ce pont. Il se souvient que son père et son frère monopolisaient le salon pour reconstituer le pont de Québec avec un jeu de mécano.
Alain Aubut, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, croit qu'il faut bien faire la distinction entre la célébration des 100 ans du pont et les demandes pour qu'il soit repeint et mieux entretenu. «Il faut dissocier les deux choses.»
Selon lui, les 100 ans du pont méritent d'être soulignés, peu importe le contexte. «C'est comme une personne âgée. La personne a 100 ans, elle est pas tout à fait neuve, il y a peut-être des problèmes, mais il faut la célébrer quand même. C'est dans cet esprit-là qu'on a l'intention de célébrer.»
Reste qu'un dénouement dans le dossier du pont et un déblocage des fonds nécessaires pour le repeindre d'ici 3 mois, «ce serait un très beau cadeau», indique M. Aubut.
81 % des gens intéressés
Constatant en avril que les villes de Québec et de Lévis se dirigeaient vers l'installation d'un mémorial et une commémoration simple, la CCIQ a mené un sondage auprès de la population. Ce sondage Léger révélait que 81 % des répondants étaient intéressés à souligner les 100 ans du pont en septembre. C'est pourquoi son président Alain Aubut a travaillé avec quelques partenaires à créer la Société de valorisation du pont de Québec, un organisme à but non lucratif qui était préconisé par l'étude Mallette sur l'avenir du pont, rendue publique l'hiver dernier. Les fêtes du centenaire sont la première activité de cette société.
La CCIQ et la Chambre de commerce de Lévis ont décidé de confier les rênes de cette journée à M. Dubois. Celui qui a développé une expertise en tourisme international dit avoir un squelette de programmation en marche. Ouvrir le pont aux piétons, l'animer et produire des souvenirs du centenaire : tout est sur la table en ce moment. La programmation complète devrait être dévoilée à la mi-août.
M. Desbois est convaincu que «le pont de Québec, c'est un potentiel qui dort» et «un écrin qui peut être valorisé» dans la grande région de Québec.
Les villes de Québec et de Lévis continuent à travailler en parallèle sur leur propre fête, mais les deux événements pourraient également s'unir pour offrir à
la population une semaine du pont de Québec, a évoqué M. Desbois.
À pied sur le tablier?
La grande fête populaire du 100e anniversaire, qui devra être créée de toutes pièces en moins de trois mois, peut déjà compter sur l'appui unanime des partenaires qui gravitent autour du pont de Québec, soit le Canadien National (CN), les gouvernements fédéral et provincial, de même que des villes de Québec et de Lévis. Aucun appui financier n'est toutefois encore confirmé.
«C'est quand même un événement important pour nous autres, alors on veut être associés aux célébrations», a commenté Olivier Chouc, vice-président aux affaires juridiques pour le CN. La compagnie ferroviaire juge toujours qu'elle n'est pas la responsable de la mise en valeur patrimoniale du pont, mais elle reconnaît qu'il s'agit «d'un actif important au niveau patrimonial et au niveau des transports». M. Chouc précise toutefois qu'il ne faut pas mêler le dossier du 100e anniversaire et celui de l'entretien du pont.
Les pourparlers avec la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) sont toujours en cours, mais il est très probable que le CN autorise la population à marcher sur le tablier du pont. «Dans la mesure où c'est sécuritaire, on va permettre l'accès», indique M. Chouc.
Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos a quant à lui qualifié l'initiative de la CCIQ de «très bonne nouvelle». «Elle démontre, encore une fois, son leadership dans la communauté sur un dossier qui est important pour beaucoup de nos citoyens», s'est-il réjoui. M. Duclos a confirmé que le gouvernement fédéral sera présent à la fête du 23 septembre et qu'il sera ouvert à étudier les demandes de financement de la CCIQ.
François Blais, ministre provincial responsable de la Capitale-Nationale, soutient lui aussi cette initiative, a confirmé son attaché de presse Simon Laboissonnière mardi. «En ce qui a trait à une participation financière, une demande est présentement en analyse au ministère», ajoute-t-il.
Labeaume ne commente pas
Le maire de Québec Régis Labeaume n'a pas souhaité commenter l'annonce de la fête populaire. Il a toutefois donné son appui au téléphone à Alain Aubut, président de la CCIQ, quelques minutes avant le début de la conférence de presse mardi. «On a de l'intérêt là-dedans, on sera là. Mais M. Labeaume veut attendre la rencontre qu'il aura avec M. Aubut cette semaine avant de commenter», a souligné son attaché de presse Paul-Christian Nolin.
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier avait quant à lui déjà donné son appui au projet en marge du conseil municipal lundi. Avec Gilbert Leduc
Comme la marche bleue
Le comptable Mario Bédard croit qu'un grand rassemblement populaire autour du pont de Québec peut influencer son avenir, tout comme la Marche bleue a moussé le projet de construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec.
«Rappelez-vous le «J'ai ma place», quand on a fait la Marche bleue. À chaque fois que tu fais un événement, ça donne de l'eau au moulin et ça fait avancer le projet. Moi, je pense que si la population s'approprie le projet, si le pont de Québec est plein de monde le 23 septembre, je crois que c'est un plus. Tous les paliers de gouvernement vont entendre la population», souligne celui qui a fondé le groupe J'ai ma place.
Rappelons que la Marche bleue s'est déroulée en octobre 2010 sur les plaines d'Abraham. Environ 60 000 personnes se sont déplacées pour appuyer la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec, mais surtout pour demander le retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey, les Nordiques. Mario Bédard estime que les choses ont évolué très positivement depuis quelques mois dans le dossier de la peinture du pont de Québec. «Ça va bien. Le fait que tout le monde veule fêter ensemble, c'est signe qu'il y a des tractations, des choses qui avancent.»