Selon le CIUSSS, il n’y aurait personne en attente pour une place dans cinq CHSLD de la Capitale-Nationale, ni en «transitoire», ni en plus longue durée. Quelque 350 personnes sont pourtant en attente d’un lit dans un des 25 autres CHSLD de la région.

100 lits vacants dans cinq CHSLD de la Capitale-Nationale

Une centaine de lits sont actuellement vides dans cinq CHSLD de la Capitale-Nationale, a appris Le Soleil. Une situation attribuable à l’intensification des soins à domicile, affirme le CIUSSS, qui a aussi bien besoin de diminuer la pression sur le personnel des établissements.

Depuis quatre à six semaines, des lits restent vacants après le décès d’un résident dans les établissements Saint-Antoine (Vanier), Saint-Augustin (Beauport) et Notre-Dame-de-Lourdes (Saint-Roch) de même que dans les centres d’hébergement de l’Hôpital Général (Saint-Roch) et de l’Hôpital de Sainte-Anne-de-Beaupré. 

Selon le CIUSSS, il n’y aurait personne en attente pour une place dans ces CHSLD, ni en «transitoire», ni en plus longue durée. Quelque 350 personnes sont pourtant en attente d’un lit dans un des 25 autres CHSLD de la Capitale-Nationale. 

«On essaie toujours de respecter la volonté des personnes d’être hébergées dans le CHSLD qu’ils désirent. Pour ces cinq établissements, on n’a pas de demande actuellement», a indiqué en entrevue au Soleil mercredi le président-directeur général adjoint du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Guy Thibodeau, qui n’était pas en mesure d’expliquer cette absence de demande. Peut-être que les emplacements géographiques de ces cinq CHSLD ne correspondent pas aux besoins des gens, a-t-il avancé.

Selon lui, ce sont les efforts mis dans le soutien à domicile au cours des derniers mois — le CIUSSS y a investi 2 millions $ l’an dernier — qui permettraient que ces lits puissent rester vides. «Ça permet de limiter le nombre de transitions», explique M. Thibodeau, ajoutant qu’il est préférable qu’une personne puisse rester chez elle le plus longtemps possible avant d’avoir une place dans le CHSLD qu’elle désire. 

«Mais les places [dans les cinq CHSLD] ne sont pas fermées, et il n’y a pas d’objectif de les fermer à long terme. Si la personne qu’on suit à domicile a besoin d’un lit en hébergement, si sa santé se détériore, on va évidemment lui donner» un de ces lits de transition, dit le pdg adjoint du CIUSSS. 

Guy Thibodeau ne s’en cache pas : cette situation fait l’affaire du CIUSSS, qui vit, comme d’autres établissements, un problème de pénurie de personnel, notamment et surtout de préposés aux bénéficiaires. «Du point de vue de la main-d’œuvre, c’est vrai que ça nous enlève de la pression. La pénurie est un facteur à considérer», convient-il. 

«Si on arrive à maintenir les gens chez eux, on s’attend à ce qu’on ait d’autres lits qui restent vides» dans les CHSLD, prévoit M. Thibodeau.

Le numéro 2 du CIUSSS insiste : «On n’est pas dans un processus de fermeture de lits. Ce n’est pas pour faire des économies. Les sommes qu’on récupère avec les lits inoccupés sont réinvesties dans les équipes de soins à domicile».