10 000 fonctionnaires en congé

Les salariés de la fonction publique québécoise travaillant sur la colline Parlementaire à Québec auront congé jeudi après-midi et vendredi. Quelque 10 000 fonctionnaires sont concernés.

Cette décision a été prise par le Conseil du trésor du gouvernement du Québec, de qui relève la fonction publique.

Elle a été prise en raison des manifestations attendues en marge du G7 aux abords du Centre des congrès et de l’Assemblée nationale — en raison d’impératifs liés à la sécurité, mais également pour des questions d’accès au lieu de travail pour ces employés et des difficultés qu’ils pourraient rencontrer à retourner chez eux.

Un périmètre assez large a été déterminé. Ce congé s’étendra jusqu’au ministère de l’Agriculture, qui est situé sur le Chemin Sainte-Foy, près de la rue des Érables. Le ministère des Finances, situé dans le Vieux-Québec, est également concerné, comme tous ceux qui se trouvent près du Parlement, parmi lesquels ceux installés dans l’Édifice Marie-Guyart.

Dans la journée de mardi, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec était prêt à monter au créneau dans ce dossier. Il estimait que ses membres n’avaient pas à rentrer au travail dès lors que les députés ne seraient eux-mêmes pas à l’Assemblée nationale.

Parlement fermé

L’Assemblée nationale a confirmé mardi qu’elle ne siégerait pas jeudi après-midi et vendredi en raison du G7. Les travaux prévus sont reportés à lundi et mardi de la semaine prochaine. 

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a indiqué que la décision a été prise «afin de limiter le nombre de personnes présentes sur la Colline parlementaire et pour permettre aux forces policières de se concentrer sur la protection du périmètre extérieur et de la population». L’institution souhaite «adopter une approche préventive et responsable».

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a indiqué que le niveau de menace n’avait pas changé, qu’il était toujours de niveau modéré.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé qu’il aurait préféré continuer à siéger durant le G7, mais que les arguments de sécurité l’ont emporté. «C’est un peu regrettable dans le fond, parce qu’on introduit une notion qu’on interrompt la démocratie pendant ces manifestations-là.»

Le premier ministre soutient qu’il ne faut pas prendre à la légère le danger qui peut survenir pour les citoyens lors des manifestations annoncées. «Si mes petits-enfants étaient là [à Québec], j’espérerais que leurs parents ne les amènent pas là.»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui a l’intention de manifester contre le G7 samedi, condamne quant à lui cette décision de fermer le Parlement, une décision qui relève du «délire sécuritaire». «C’est comme si l’Assemblée nationale avait peur de son peuple.»  Avec Patricia Cloutier