Justice et faits divers

«Là c’est assez, c’est le dernier»

Michel LeRoux, le père du jeune policier mort en service à Lac-Simon en 2016, interpelle les politiciens : pour que son fils soit le dernier à tomber sous les balles tirées par un individu instable, Québec et Ottawa doivent restreindre l’accès aux armes à feu.

Joint à Baie-Comeau où il s’est déplacé pour le travail, Michel Leroux ne cache pas sa colère. Les rapports produits au sujet du meurtre de son garçon par un jeune homme suicidaire insistent sur les ratés de l’intervention policière. Mais pas sur la possession de fusils par cette âme en peine connue pour s’intoxiquer.

«Je ne peux pas laisser ça là», décoche l’ingénieur qui habite Chicoutimi. «Ce n’est pas de même que ça va régler les choses. Si moi je le fais pas, c’est qui qui va le faire.»

«Là c’est assez, c’est le dernier, il n’y en aura pas d’autres. Mon but c’est qu’il n’y en aille plus d’autres, que Thierry soit le dernier.»

Il vient donc d’écrire au ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale. Au premier ministre Justin Trudeau aussi. Tout comme à leurs vis-à-vis à Québec. Une lettre pour raconter le drame, la peine, les plaies encore vives : «Il y a un énorme trou béant qui ne sera jamais comblé, comme une grave blessure qui ne sera jamais guérie.»

Une lettre aussi pour parler contrôle : «Il faut empêcher la possession d’armes par ceux qui manifestent ou qui ont manifesté des comportements suicidaires, violents, menaçants ou associés à une maladie mentale, peu importe la nature de cette dernière.»

Notre conversation reprend. Michel LeRoux souligne que Thierry n’est pas le seul, que d’autres policiers sont morts : «C’est arrivé à Laval, c’est arrivé à Kuujjuaq, c’est arrivé à Lévis pour ne nommer que ceux-là… C’est tous des gens qui ont été tués par balle dans l’exercice de leurs fonctions. Et les personnes qui étaient au bout du canon, qui ont tiré sur eux, souffraient toutes de détresse mentale.»

Parfois, des civils tombent également : «La tuerie à la mosquée de Québec, ça en est un autre. La tuerie de Polytechnique, ça en est un autre. Et la tuerie de Dawson, ça en est un autre. On va attendre à combien avant qu’on fasse de quoi? Combien ça va nous prendre de morts et de familles déchirées pour qu’on puisse réagir?»

Ressac

Avant d’interpeler les politiciens, avant de solliciter l’appui populaire, Michel LeRoux a réfléchi aux conséquences. Il sait que le débat est sensible, polarisant.

«Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre les armes à feu. Mais je suis contre que n’importe qui utilise ça n’importe quand et n’importe comment. Je n’ai rien contre les chasseurs. Par contre, les gens qui ne sont pas aptes à en avoir au niveau psychologique ne devraient pas en avoir.»

«Mon garçon s’est fait tuer par un individu qui souffrait d’antécédents suicidaires», répète-t-il. 

Michel LeRoux est prêt au débat. Une façon de donner un sens, d’avancer. «Et si au bout de la ligne, la société ne veut pas virer, ben au moins j’aurais fait diligence.»

Politique

La ministre Charlebois a subi un malaise dans un resto du Vieux-Québec

La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a subi un malaise lundi soir alors qu'elle était attablée au Bello situé sur la rue Saint-Louis.

La députée de Soulages a été transportée à l'hôpital où sa vie n'est pas en danger, a indiqué son attachée de presse, Bianca Boutin.

Selon des témoins de la scène, Mme Charlebois n'a pas touché à son repas puisqu'elle s'est sentie mal en point. Quelques instants plus tard, elle perdait connaissance. La scène s'est déroulée aux alentours de 20h.

Lucie Charlebois est âgée de 58 ans et siège à l'Assemblée nationale depuis 2003. 

Le monde

#MoiAussi : la parole mondiale libérée sur Twitter

WASHINGTON - #MoiAussi, #balancetonporc, #quellavoltache (cette fois où)... La parole se libère dans le monde entier à coups de mots-dièse sur Twitter pour dénoncer les agressions sexuelles.

L'actrice américaine Alyssa Milano ("Madame est servie", "Charmed") a posté samedi un message incitant les femmes victimes de harcèlement sexuel à témoigner sur Twitter en utilisant le mot-dièse " #MeToo" ( #MoiAussi) dans le contexte de l'affaire Harvey Weinstein. Le célèbre producteur est accusé de viol, d'agression ou de harcèlement sexuel par de nombreuses comédiennes qui ont brisé le silence sur un comportement qui dure depuis des années. M. Weinstein a nié toutes les accusations de relations sexuelles non consenties.

"Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez +moi aussi+ dans votre réponse à ce Tweet", a lancé Alyssa Milano depuis son compte @Alyssa—Milano, qui n'a pas porté d'accusations contre le producteur déchu.

Honte à l'agresseur

L'initiative a rencontré un fort écho mondial auprès de femmes, anonymes ou non, qui semblent évoquer pour la première fois leur expérience en public.

En Grande-Bretagne, le mot-dièse a notamment été utilisé par la député travailliste Stella Creasy. "J'ai été harcelée comme des millions de femmes et de filles dans le monde. La honte est sur les agresseurs, pas sur moi", a-t-elle écrit dimanche.

Traduit en arabe, il est utilisé en Tunisie ( #???—????) pour décrire les incidents subies par les femmes au travail ou dans l'espace public, ou pour dénoncer une "culture du viol" banalisée. En Egypte ( #???—????), les femmes partagent leurs expériences de harcèlement sexuel, un fléau dans le plus grand pays du monde arabe. Selon l'ONU, 99,3% des Egyptiennes affirmaient en 2013 avoir été victime d'au moins une forme de harcèlement. A Dubaï, le mot-clé #??—????? a fait son apparition lundi.

En France, un appel semblable à dénoncer le harcèlement sexuel au travail est lui aussi devenu viral ces derniers jours sur Twitter. Sous le mot-clef #balancetonporc, la journaliste Sandra Muller invite à raconter, "en donnant le nom et les détails, un harceleur sexuel que tu as connu dans ton boulot". Beaucoup de femmes racontent les attouchements dans les transports, les injures.

L'actrice et réalisatrice italienne Asia Argento, qui accuse M. Weinstein de l'avoir violé en 1997, a repris dimanche soir le mot-dièse #balancetonporc, en lançant sa version anglaise: #denounceallpigs. Elle a aussi utilisé le mot-dièse en italien #quellavoltache pour accuser "un grand réalisateur d'Hollywood avec un complexe de Napoléon" de l'avoir drogué pour ensuite abuser d'elle alors qu'elle avait 26 ans et "un réalisateur/acteur italien" d'avoir "sorti son pénis devant moi quand j'avais 16 ans".

Lancé par la journaliste italienne Julia Blasi, #quellavoltache accompagne une série de récits courts ou longs, pratiquement jamais sans aucun nom, dénonçant des mots glaçants, des gestes déplacés, des agressions, des viols. Christiana Stradella évoque notamment "cette fois où un homme a tenté de me traîner dans le vestibule d'un immeuble. +C'est ta faute, tu es trop mignonne+. J'avais 10 ans".

Briser un tabou

Le mouvement lancé par Alyssa Milano n'est pas le premier. La mannequin new-yorkaise Cameron Russell, 30 ans, a invité la semaine dernière ses homologues à partager leurs expériences d'agressions sexuelles sous le mot-dièse #MyJobShouldNotIncludeAbuse ("mon métier ne devrait pas inclure d'abus"). Sa page Instagram a déjà récolté plus de 800 témoignages.

En octobre 2016, le mot-clé #NotOkay avait été lancé après la diffusion d'une vidéo de 2005 dans laquelle Donald Trump, alors candidat républicain à la Maison Blanche, est enregistré parlant en termes grossiers des femmes qu'il convoite. Il avait enflammé la toile et le futur président américain s'était défendu en qualifiant ses déclarations de "plaisanteries de vestiaires".

La même année, l'Ukrainienne Anastasia Melnytchenko #Jen'aipaspeurdeparler en ukrainien et en russe. La militante pour les droits de la femme a inspiré plusieurs centaines de femmes russes, ukrainiennes, mais aussi arméniennes ou azerbaidjanaises, qui ont évoqué des traumatismes aggravés par le tabou qui règne dans leurs sociétés face aux victimes de violences sexuelles.

En 2014, la campagne #YesAllWomen ( #OuiToutesLesFemmes) avait été lancée après qu'un homme jugé pour des meurtres en Californie avait motivé ses actes par sa haine envers les femmes. En 2012, la militante féministe britannique Laura Bates avait lancé le projet internet EverydaySexism (SexismeQuotidien) qui permettait aux femmes de dénoncer les actes sexistes subies dans leur vie de tous les jours.

En France, le gouvernement veut présenter l'an prochain au Parlement un projet de loi "contre les violences sexistes et sexuelles", et notamment harcèlement de rue. Le président Emmanuel Macron a promis dimanche une "procédure de verbalisation plus simple" des actes de harcèlement "pour qu'il y ait une réponse immédiate", en déplorant que les femmes n'osent actuellement pas porter plainte.

Monde

Deux dirigeants séparatistes catalans emprisonnés

MADRID - Une juge d’instruction a placé lundi soir en détention les deux dirigeants des principales associations indépendantistes de Catalogne, ayant une très forte capacité de mobilisation, ce qui risque d’envenimer encore la crise entre Madrid et la région.

Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, inculpés pour sédition par l’Audience nationale, un tribunal chargé notamment des affaires de sécurité nationale, ont été écroués à la prison de Soto del Real, non loin de Madrid, en début de soirée.

L’annonce de leur placement en détention a entraîné dans toute la Catalogne des concerts de casseroles, en signe de protestation, alors que l’Espagne s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise politique sans précédent depuis qu’elle a retrouvé la démocratie.

Cette crise oppose Madrid aux séparatistes catalans qui menacent de déclarer l’indépendance de manière unilatérale sur le fondement d’un référendum d’autodétermination organisé le 1er octobre, malgré son interdiction par la justice et qu’ils estiment avoir remporté avec 90 % des voix et 43 % de participation.

Jordi Cuixart et Jordi Sanchez sont soupçonnés d’avoir encouragé des centaines de personnes le 20 septembre à Barcelone à bloquer la sortie d’un bâtiment où des gardes civils menaient des perquisitions, en lien, justement, avec l’organisation du référendum.

Les associations de Jordi Cuixart et de Jordi Sanchez, Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC), sont les fers de lance de l’indépendantisme en Catalogne, divisée presque à parts égales entre les partisans du maintien au sein de l’Espagne et ceux de la sécession.

Le porte-parole du gouvernement séparatiste catalan a qualifié lundi soir de «provocation» le placement en détention des deux hommes inculpés pour sédition, appelant cependant leurs sympathisants à rester pacifiques.

«Nous avons à nouveau, tristement, des prisonniers politiques [en Espagne]», a de son côté estimé le président indépendantiste de Catalogne, Carles Puigdemont, dans un message posté en anglais sur son compte Twitter.

«Liberté aux Jordis», lisait-on sur l’affiche d’un des manifestants, environ 400, massés sur une place du centre de Barcelone.

Justice et faits divers

L’homme accusé d’avoir tenu en otage une journaliste dit y avoir été contraint

OTTAWA - Un homme accusé d’avoir tenu en otage une journaliste canadienne dit avoir été contraint de le faire parce qu’il avait été menacé de mort par l’organisation criminelle qui l’a enlevée il y a neuf ans.

Ali Omar Ader témoignait devant la Cour supérieure de l’Ontario, lundi, et il a assuré qu’il n’avait tenu aucun rôle dans le plan élaboré pour kidnapper Amanda Lindhout qui travaillait comme journaliste près de Mogadiscio, la capitale somalienne, en 2008.

Il a livré son témoignage en somali et était traduit par un interprète.

Alors qu’il était interrogé par l’un de ses avocats, M. Ader a raconté qu’il était à un marché lorsque des hommes se sont brusquement approchés de lui en tirant des coups de feu près de ses pieds.

Selon le récit de M. Ader, ils lui auraient alors demandé de se lever et de les suivre, sans quoi ils le tueraient.

Il aurait été ensuite été transporté vers une maison située à l’extérieur de la ville - celle où Mme Lindhout, originaire de Red Deer en Alberta, et le photographe australien Nigel Brennan ont été tenus en otage.

M. Ader, un Somalien de 40 ans qui parlait un anglais rudimentaire, a plaidé non coupable à un chef d’accusation de prise d’otage pour son rôle présumé de négociateur et de traducteur.

La Couronne a présenté une vidéo filmée secrètement qui montre M. Ader affirmant à deux agents doubles de la GRC avoir reçu 10 000 $ pour son rôle dans l’enlèvement.

Une victime lui-même

Dans son témoignage, M. Ader s’est présenté comme une victime qui a été forcée d’aider trois membres d’une organisation criminelle pendant des mois. Il dit avoir subi des menaces, avoir été battu, et les assaillants auraient aussi attaqué sa famille.

Selon ses dires, le groupe l’aurait fait questionner les otages peu de temps après leur capture, et appeler la mère de Mme Lindhout, Lorinda Stewart, au Canada.

Des enregistrements diffusés au procès montrent que M. Ader a parlé fréquemment avec Mme Stewart, lui disant que son groupe réclamait pas moins de 2 millions $ pour la libération des deux otages.

«Je ne l’ai pas fait volontairement, je ne pouvais pas me sauver. Je devais faire un appel quand on me l’ordonnait», a-t-il déclaré.

M. Ader prétend avoir été battu avec une canne et atteint d’une balle qui a blessé son bras.

Il aurait réussi à «s’échapper» à un certain point, se réfugiant chez sa sœur, avant de retourner à la maison avec sa femme et ses enfants.

Les assaillants auraient aussi tenté d’enlever son fils, en plus d’avoir poignardé sa femme.

La Couronne a conclu sa plaidoirie plus tôt dans la journée après avoir diffusé la dernière partie de la vidéo.

Un agent de la GRC s’est présenté comme un magnat des médias intéressé à l’idée de tourner un documentaire sur la prise d’otage afin d’obtenir des détails de la part de M. Ader.

Il présente cette idée à la fin d’une longue rencontre qui s’est tenue en janvier 2015 à Ottawa, lors de laquelle M. Ader avait déjà signé un contrat pour écrire un livre sur la Somalie.

Ce sont lors des négociations pour le livre qu’il admet avoir reçu 10 000 $.

JUSTICE

Une hausse significative des trains de pétrole brut à Lac-Mégantic

Michael Horan avait remarqué une augmentation significative de la fréquence des trains de pétrole brut qui circulaient sur la voie ferrée de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA).

Le témoignage de l’homme de 51 ans se poursuivait pour une troisième journée, lundi, au palais de justice de Sherbrooke au procès devant jury de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie.

Les trois hommes sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes lors du déraillement de train de la MMA le 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Michael Horan confirme que le nombre de convois de pétrole brut qui passait par Lac-Mégantic avait augmenté de façon importante au cours des mois précédents la tragédie du 6 juillet 2013.

« Il y avait effectivement une augmentation du trafic de pétrole brut. Tout dépendant des semaines, nous sommes passés de trois à sept convois par semaine. Le poids des trains avait augmenté (...) Tout dépassement de poids par train ou par wagon devait être autorisé par Bangor. Il y avait sûrement des dépassements. Mais ils étaient approuvés par Bangor », soutient le témoin Horan.

Une bonne partie de l’avant-midi a été consacrée au contre-interrogatoire de Michael Horan par les avocats chargés de la défense de Thomas Harding, Me Thomas Walsh et Me Charles Shearson.

Stationnement sécuritaire

Me Shearson a résumé la façon sécuritaire de stationner un train sur une pente descendante, ce à quoi le témoin a acquiescé.

Plus tard lors de son témoignage, Michael Horan a répété que l’inclinaison, la température extérieure et le poids du train étaient trois facteurs qui pouvaient influencer le nombre de freins à main à appliquer lorsqu’un train était laissé sans surveillance.

« Il y avait un minimum en fonction de la charte, mais on pouvait en ajouter », a indiqué Michael Horan.

Ce dernier a témoigné qu’il n’y avait pas de formulaire à remplir concernant le nombre de freins à main appliqués sur un convoi ferroviaire laissé à Nantes.

« Nous n’avons pas eu de rapport qu’il n’y avait pas suffisamment de freins à main à Nantes », a précisé le témoin.

L’avocat de Jean Demaître, Me Gaétan Bourassa, a poursuivi le contre-interrogatoire du témoin Horan en lui faisant compléter l’organigramme de la MMA tel qu’il était en juillet 2013.

Michael Horan a ajouté les noms de plusieurs cadres de la compagnie ferroviaire sous leur titre en expliquant sommairement les fonctions de certains d’entre eux.

Il a aussi signalé le nom des trois mécaniciens de locomotive chargés de transporter les convois de pétrole brut de Farnham à Lac-Mégantic, soit Thomas Harding, Luc Ruel et François Daigle.

Le procès présidé par le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure se poursuit, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.


Politique

La caquiste Geneviève Guilbault assermentée

La nouvelle députée caquiste de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, a officiellement fait son entrée à l’Assemblée nationale lundi après-midi où elle sera porte-parole en matière de Famille.

La jeune élue été assermentée lors d’une cérémonie officielle qui s’est tenue au Salon Rouge en début d’après-midi. 

«Aujourd’hui est un grand jour, sûrement le plus important pour moi depuis que je suis née», a déclaré Mme Guilbault, émotive lorsqu’elle a remercié ses proches pour leur appui lors de la campagne menant à son élection le 2 octobre dernier. 

Celle-ci s’est dite ravie de son nouveau rôle de porte-parole de la Famille qui rejoint, a-t-elle souligné, les raisons pour lesquelles est s’est impliquée en politique soit d’améliorer le sort des familles. 

Le chef François Legault a vanté la fougue et l’intelligence de la nouvelle membre de son équipe, rappelant qu’elle a ravi la circonscription de Louis-Hebert aux libéraux avec 51% des voix. Il a également souligné qu’elle représentait «l’avenir» Et le «changement». 

L'arrivée de Geneviève Guilbault dans le caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) en tant que porte-parole de la Famille amène  la députée de Mirabel, qui occupait ce rôle, à reprendre le dossier de l'agriculture en plus de celui du tourisme. 

Plus de détails à suivre...

 


Politique

Trudeau annonce une baisse d’impôts pour les PME

OTTAWA - Le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME) sera réduit à neuf pour cent, une mesure que le gouvernement libéral avait promise, puis abandonnée.

Justin Trudeau s’est ainsi ravisé et il instaurera cette baisse d’impôts en deux temps. Le taux d’imposition des PME passera à 10 pour cent dès le 1er janvier prochain, puis à neuf pour cent en janvier 2019.

Le premier ministre en a fait l’annonce, peu après midi, lundi, à Stouffville, en Ontario.

La mesure doit servir à dorer la pilule de la réforme fiscale, mal accueillie par plusieurs.

En annonçant la baisse d’impôts pour les PME, le gouvernement a également fait savoir que sa réforme sera rajustée. Dans le communiqué de presse expliquant les changements, on dit «simplifier la proposition».

Le gouvernement entend toujours limiter la possibilité pour les propriétaires de sociétés privées de réduire leurs impôts en versant une partie de leur revenu à des membres de leur famille qui ne contribuent pas aux activités de leur entreprise.

Mais dorénavant, on détaille clairement quels critères «raisonnables» seront utilisés pour évaluer si les membres de la famille contribuent ou pas à l’entreprise. On offre quatre principes de base: les apports en main-d’oeuvre, les apports en capitaux, la participation aux risques financiers et les apports antérieurs relativement à la main-d’oeuvre, aux capitaux et aux risques.

De plus, le gouvernement abandonne complètement son intention de restreindre l’accès à l’exonération cumulative des gains en capital.

M. Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, se sont rendus aux arguments de ceux qui craignaient que pareille restriction ne nuise aux transferts intergénérationnels d’une entreprise familiale comme une ferme.

«Aucune mère, ni aucun père, ou grand-mère, ou grand-père ne devrait avoir à choisir entre prendre leur retraite dans la dignité ou garder l’entreprise dans la famille. C’est pour cette raison que nous ne modifierons pas les règles relatives à l’exonération cumulative des gains en capital», a expliqué M. Trudeau en entamant sa conférence de presse.

Et avant de répondre aux questions de journalistes, il a voulu répondre aux critiques de sa réforme.

«Nos adversaires politiques nous accusent de monter les gens les uns contre les autres lorsque nous adoptons des réformes dont le pays a grandement besoin, a-t-il rappelé. Alors, permettez-moi d’être très clair: le problème, ce n’est pas les gens, c’est le système. Le système que nous avons en ce moment est injuste. Le système que nous avons en ce moment encourage les riches à payer moins d’impôts et réclame plus d’impôts de la classe moyenne.»

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il aura attendu trois ans avant de livrer sa promesse de baisse d’impôts aux PME à neuf pour cent, il a répondu qu’il lui fallait d’abord s’assurer que les contribuables les plus riches et qui se prétendaient, faussement, à la tête d’une PME ne profitent d’une autre baisse d’impôts qui ne devrait pas leur revenir.

Au départ, le plan de réforme fiscale du gouvernement Trudeau citait les cas d’avocats et de médecins qui saupoudraient une partie de leurs revenus aux membres de leurs familles, même si ceux-ci ne travaillaient pas pour eux, afin de payer moins d’impôts.

Avant d’aller à Stouffvile, M. Trudeau avait réuni son caucus au parlement pour mettre les élus au parfum.

En arrivant à la réunion, certains critiques de la réforme ne semblaient pas prêts à se laisser convaincre.

«Il y a des clarifications qui doivent quand même être apportées sur ce qui va être dit», a dit Nicola Di Iorio. Le député montréalais savait d’avance ce que son premier ministre et son ministre des Finances se préparaient à présenter à l’ensemble des députés.

«On va avoir des énoncés somme toute assez généraux encore ce matin. Étant donné que c’est une loi fiscale, faut voir comment ça va se transposer au niveau des textes», a insisté M. Di Iorio.

À sa sortie de réunion, le député était plus conciliant.

«Je pense que les Canadiens et Canadiennes vont être contents d’apprendre ce que le gouvernement va faire», a-t-il déclaré. Le député Di Iorio a révélé qu’en plus de l’annonce de lundi, son gouvernement annoncera d’autres mesures mercredi et d’autres encore jeudi afin de «répondre aux préoccupations que les gens ont exprimées».

Son collègue Wayne Long est de ceux qui se sont exprimés le plus bruyamment. En votant contre son gouvernement pour une motion conservatrice qui réclamait plus de consultation sur la réforme fiscale, le député du Nouveau-Brunswick a été puni.

À sa sortie de la réunion de lundi matin, il se disait «très, très prudemment optimiste», d’un «optimisme que je n’ai pas eu depuis longtemps». «Les choses vont s’arranger», a encore assuré M. Long.

Plus emballé, le député manitobain Dan Vandal a promis «une semaine extraordinaire».

Annoncée à la mi-juillet, la réforme fiscale se proposait de faire disparaître certaines échappatoires. Les détracteurs de la réforme estimaient que les changements proposés nuiraient injustement aux fermiers et aux propriétaires de PME.

«Le problème qu’il y avait avec le plan, c’est qu’il n’y avait pas de nuances. C’était un filet qui était lancé. Et tout ce qui tombait dans le filet, on le ramassait», a illustré le député Di Iorio, qui semble croire que maintenant, ces nuances ont été apportées.

La Capitale

Un lieu fixe pour le service d’injection supervisée

EXCLUSIF / Une adresse fixe au centre-ville, dans les quartiers Saint-Roch ou Saint-Sauveur, davantage qu’une unité mobile. Un site avec des infirmières, des intervenants et des pairs aidants, plus près du communautaire que de l’établissement de santé. Le projet de service d’injection supervisée (SIS) à Québec prend forme. Et il répondra aux besoins des utilisateurs de drogues injectables (UDI), tout en respectant l’incontournable critère d’acceptabilité sociale.

L’organisateur communautaire Marc De Koninck et la médecin conseil à la Direction régionale de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale Nathanaëlle Thériault ont accepté cette semaine de livrer au Soleil les grandes lignes du projet de SIS, dont quelques ficelles restent encore à attacher. Le projet fera l’objet d’une ou deux séances de consultation publique qui devraient vraisemblablement avoir lieu en novembre, une fois les élections municipales passées.

M. De Koninck et la Dre Thériault ne nous diront d’ailleurs pas tout en entrevue, non seulement parce que tout n’est pas encore arrêté, que l’étape de la consultation n’a pas encore eu lieu et qu’ils veulent d’abord échanger avec la population concernée, mais aussi pour éviter toute récupération politique pendant la campagne électorale.

Ce qui est clair, c’est qu’il y aura bel et bien un SIS à Québec en 2018. La preuve n’est plus à faire qu’il y a un réel besoin pour ce genre de services à Québec, soulignent M. De Koninck et la Dre Thériault. Réduction des méfaits et des nuisances, diminution des surdoses, risques moindres de contracter et de transmettre l’hépatite C et le VIH : les bénéfices d’un SIS pour les UDI et la communauté sont indéniables. Et avec la crise des opioïdes qui menace le Québec, un tel service dans la capitale s’impose plus que jamais, observent nos deux interlocuteurs.

Groupes de discussion

Pour s’assurer que ce service réponde réellement aux besoins des utilisateurs de drogues injectables, trois groupes de discussion ont été formés avec 22 d’entre eux cet hiver. «Ce qui est ressorti de ces discussions, c’est que les utilisateurs souhaitent avoir un site situé à proximité d’où ils sont, dans Saint-Roch ou Saint-Sauveur, parce qu’ils n’ont pas de moyen de transport et se déplacent à pied. Comme ils ont eu de mauvaises expériences dans le réseau de la santé, ils veulent un endroit où ils se sentiront bien accueillis, avec des services infirmiers, oui, mais aussi avec des intervenants communautaires et des pairs aidants. Ils ont besoin d’avoir des gens avec qui ils peuvent échanger et développer des liens de confiance», résume Marc De Koninck.

Selon la Dre Thériault, les UDI interrogés n’ont pas vraiment exprimé le besoin d’avoir une unité mobile. «Certains en ont parlé un peu, mais ce qu’ils veulent d’abord et avant tout, c’est un site fixe», témoigne la médecin, ajoutant que le SIS ne pourrait donc pas être seulement une unité mobile (comme le souhaitait la Société de développement commercial du centre-ville).

De même, il est beaucoup plus plausible que ce SIS soit situé au sein d’un organisme communautaire ou dans un nouveau local entièrement consacré à cette mission que dans un établissement de santé (le maire Régis Labeaume avait déjà fait part de sa préférence pour qu’il soit situé près ou à l’intérieur d’un établissement de santé). 

«La méfiance [envers le réseau de la santé] est là», dit Marc De Koninck, précisant que peu importe le lieu choisi, l’entrée devra être exclusive et bien identifiée, tout comme les salles d’accueil, d’injection et de répit.

«Il y a une hypothèse très sérieuse que ce soit des locaux opérés par un organisme communautaire [Point de repères, pour ne pas le nommer], mais que ce ne soit pas nécessairement dans les locaux actuels», mentionne M. De Koninck, tout en insistant sur le fait que d’autres organismes communautaires, dont MIELS-Québec et le PIPQ, et le milieu de la santé seront, dans tous les cas de figure, mis à contribution.

«Notre mandat, ce n’est pas de développer une offre de services pour servir les intérêts d’un organisme, mais pour répondre aux besoins des UDI. Le SIS, ce n’est pas juste une adresse civique, c’est une opportunité de développer un corridor de services, de permettre aux UDI d’avoir accès à d’autres services de santé ou psychosociaux», insiste M. De Koninck.

Selon lui, outre les infirmières, des professionnels de la santé (médecins, psychiatres, ergothérapeutes, dentistes et travailleurs sociaux, par exemple), pourraient éventuellement offrir des services sur place. La clinique SABSA, dont les patients sont pour la plupart des personnes vulnérables, pourrait aussi être appelée à jouer un rôle, avance-t-il. «Le projet sera évolutif. On veut se concentrer sur une première offre de services et la bonifier selon les besoins. On va se mettre en mode veille, regarder les impacts pour les UDI et la communauté, et s’ajuster au besoin», explique M. De Koninck.

Déclaration d’empathie

Au cours des discussions avec les UDI, un aspect a particulièrement marqué Marc De Koninck. «Ils ont vraiment une préoccupation vis-à-vis la population. Ils sont conscients que leur façon de consommer peut déranger et poser des risques pour elle, et ils ne souhaitent pas ça. On peut le voir comme une déclaration d’empathie pour le reste de la population», dit l’organisateur communautaire. 

Le CIUSSS assure que le SIS ne sera pas situé à côté d’une école, comme celui de Spectre de rue, à Montréal, qui soulève l’inquiétude chez les parents des élèves. «Notre projet ne sera pas un copié-collé de ce qu’il y a à Montréal ou ailleurs. Il sera développé en fonction de la réalité et de l’environnement de Québec», souligne une porte-parole du CIUSSS, Catherine Chagnon.

Au terme de la consultation comprenant assemblées publiques, rencontres avec la Ville et les commerçants et rencontres «de proximité» avec les voisins du futur SIS, le projet sera présenté au ministère québécois de la Santé. «On vise toujours le 31 décembre comme date d’échéance», précise Mme Chagnon. Le projet sera ensuite transmis à Santé Canada pour approbation, de sorte que le SIS pourrait voir le jour quelque part en 2018. «C’est une priorité au CIUSSS, et le plus tôt sera le mieux. Mais il faut prendre le temps de bien faire les choses», souligne la porte-parole. 

+

La Capitale

La tradition des sacrements s’étiole

À peine le quart des jeunes nés et baptisés dans le diocèse de Québec en 2008 ont fait leur première communion en 2016. Une situation qui n’inquiète cependant pas l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Il estime toutefois qu’il faut amener l’Église à changer ses méthodes et à être plus présente dans la communauté.

Des 7272 bébés nés et baptisés en 2008 dans le diocèse de Québec, seulement 1876 faisaient leur première communion huit ans plus tard. Le nombre total de premières communions dans le diocèse a chuté de plus de 50 % en huit ans.

Pour ce qui est des confirmations, il y en avait eu 3765 en 2008, un nombre qui est passé à 2430 l’an dernier. Même les funérailles religieuses sont passées de 5372 en 2008 à 2430 seulement en 2016.

«Auparavant, les sacrements, c’était quasiment automatique. C’était supporté par la société et le système scolaire. Tout ça a changé avec la déconfessionalisation des écoles», explique le cardinal Lacroix. «Pour beaucoup de jeunes familles, il n’y a pas tant que ça de contact avec l’Église. Elles ne la connaissent pas et ce n’est pas un réflexe de demander les sacrements pour leurs enfants», ajoute la coordonnatrice de la pastorale, Marie Chrétien.

Mgr Lacroix ajoute également que l’Église fait de plus en plus face à des parents qui, eux-mêmes, n’ont jamais fait leur première communion. Il note cependant que le nombre de confirmations d’adultes a augmenté de 87 à 406 en huit ans. «On peut dire que l’éveil de la foi est plus tardif car de plus en plus de gens n’ont jamais été exposés à la foi, ni dans leur famille, ni à l’école. Pour nous, le défi est de proposer ou de renouveler la rencontre avec Jésus Christ», commente-t-il.