Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Politique

Sylvain Barrette candidat du PQ dans Jean-Talon: faire rimer musique et politique

En vue de l’élection provinciale partielle dans la circonscription de Jean-Talon, le 2 décembre, à Québec, Le Soleil rencontre les candidats des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui : Sylvain Barrette, du Parti québécois.

Le chef de chœur espère voir les souverainistes de Jean-Talon s’exprimer d’une même voix. L’organiste, claveciniste et pianiste veut corriger la fausse note de l’an dernier. Et le prof de musique compte rétablir l’harmonie. Tout cela pour un seul et même candidat.

Aux élections générales de 2018, Sylvain Barrette et le Parti québécois (PQ) ont chuté au quatrième rang dans la circonscription. Derrière le libéral gagnant, puis démissionnaire, Sébastien Proulx, mais aussi à la traîne de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire.

Le verbomoteur de 61 ans veut cette fois saisir toutes les occasions possibles de s’exprimer. Comme toutes ces scènes où il est monté depuis près de 40 ans pour raconter de ses doigts les œuvres d’un Bach ou d’un Rameau.

«Chez nous, on a quasiment tous appris le piano», affirme le dernier de huit enfants, qui a passé son enfance dans le quartier Duberger, à Québec. «Mon père, lui, chantait. Ma grand-mère Barrette était organiste de paroisse, à Joliette, et mon grand-père était le maître-chantre. Mon père a donc perpétué ça. Pendant longtemps, la chorale de la paroisse Saint-François-Xavier de Duberger, c’était Roland Barrette.»

Le paternel n’a pourtant jamais suivi de cours de musique. Ce qui l’a laissé frustré. Quand le petit dernier a voulu aller étudier en musique, à l’étranger de surcroît, papa n’a pas été si difficile à convaincre.

«J’ai été heureux en musique», laisse tomber M. Barrette, au long d’une conversation qui nous mènera de Vienne, dans les années 1980, à Istanbul, lieu de ses dernières vacances, cet été. En passant par le conservatoire de Québec, Montréal et les écoles primaires de Gatineau.

Pour l’entrevue tenue au café Castelo de la rue Maguire, M. Barrette a même apporté son piano portatif pour agrémenter les photos prises à la Librairie Vaugeois, voisine.

Vienne, Budapest, Hull...

Ses trois années à étudier dans la capitale autrichienne ont été «passionnantes!» assure-t-il.

«Un billet pour aller à l’opéra coûtait le prix d’un café. Si tu ne le trouves pas bon, ton café, tu en laisses la moitié de la tasse et ça ne te dérange pas! Il y avait des places debout pour les étudiants. Dans ce temps-là, je pouvais rester debout durant cinq heures pour un opéra de Wagner... avec une pause quand même pour marcher un peu», se rappelle-t-il, avec bonheur.

Il se souvient de spectateurs prompts à gueuler leur admiration ou à huer en plein spectacle, beaucoup moins polis que ce qui a cours en Amérique du Nord.

Aussi de sa première visite derrière le Rideau de fer, à Budapest, en Hongrie. Surpris d’y voir les magasins remplis à craquer de produits et de clients. Puis réaliser plus tard que le 4 décembre, c’est l’avant-veille de la Saint-Nicolas, moment de la distribution des cadeaux aux enfants, plus important que Noël dans certains pays.

C’est aussi à cette époque que le jeune Barrette finit deux fois deuxième à des concours internationaux d’orgue, à Toulouse, en France, et à Payerne, en Suisse.

De retour à Québec, il est organiste à l’église Saint-Roch et devient pour un temps critique de musique classique au Soleil, pendant les vacances du vénérable Marc Samson.

Mais la trentaine approche et, tout en poursuivant sa carrière de musicien, il assure ses arrières avec un diplôme de pédagogie obtenu en Outaouais. L’amour l’a attiré à Hull et c’est là que sa femme et lui auront leurs trois garçons, aujourd’hui âgés de 27, 24 et 21 ans.

M. Barrette a adoré chacune de ses 25 années passées en classe, jusqu’à sa retraite en 2013. En plus d’avoir participé à la création de ce qui était alors le plus grand événement de chant choral au Québec, les Choralies, à Gatineau.

«Je ne me suis jamais ennuyé d’une carrière que je n’ai pas eue. J’ai pu rester actif comme musicien et j’ai un petit côté Gregory Charles! Je joue des fugues de Bach, mais tu me donnes une toune de musique populaire et je la joue à l’oreille. Avec les élèves, c’était pratique», reconnaît-il.

Jardinier des trappistes

Les parents de sa mère étaient Britanniques, chacun originaire d’une île de la Manche. Orphelins jeunes, les Arscott immigrent au Canada, lui s’enrôlant comme jardinier auprès des moines trappistes d’Oka.

Là où le père de M. Barrette a suivi son cours en agronomie sous l’égide de l’Université de Montréal. Et a rencontré la fille du jardinier, puis l’a mariée.

Le couple s’est ensuite exilé au Témiscamingue, Ville-Marie, où il a eu ses sept premiers enfants. Avant de rentrer à Montréal et que Roland décroche un emploi de reporter à l’émission Les Travaux et les jours de Radio-Canada, programme agricole ancêtre de La Semaine verte.

Mais sa carrière télé sera de courte durée. Alors que la grève des réalisateurs se dessine à l’horizon, début 1959, le couple Barrette-Arscott plie bagage pour la capitale. «Déjà en 1958, le climat de travail était exécrable. Mon père était à peine arrivé à Radio-Canada qu’il voulait en partir! Il a trouvé un emploi dans la fonction publique, à Québec, en 1960», explique M. Barrette.

Ses souvenirs de jeunesse sont les cousins qui venaient dormir à la maison, à l’automne 1969, afin de pendre part aux grandes manifestations sur la colline parlementaire contre le «Bill 63», loi consacrant le libre choix de la langue d’enseignement.

Sans oublier que la première fois qu’il a voté, c’est le 15 novembre 1976. Première élection du Parti québécois et de René Lévesque. Il avait 18 ans.

Moment fondateur pour le jeune homme, «impossible à oublier». «Pour les indépendantistes, c’est une date quasiment plus importante que le 25 décembre!» s’esclaffe-t-il, disant que même sa mère, de sang 100 % anglais, votait PQ.

La Capitale

Saint-Sacrement s’attaquera au gaspillage alimentaire [VIDÉO]

Un projet pilote pour lutter contre le gaspillage alimentaire? Pourquoi pas. Les Mange-Gardiens (ces gardiens des restes!) veilleront sur les habitudes du quartier Saint-Sacrament pour commencer leur mission.

Le comité Sauve ta bouffe des AmiEs de la Terre de Québec lance Mange-Gardiens. Le projet de lutte contre le gaspillage alimentaire se développera dans Saint-Sacrement dès janvier 2020. Dix ménages et cinq institutions, commerces et industries seront choisis. Leur objectif? Réduire leur gaspillage alimentaire de 20 % pendant 12 mois.

Justice et faits divers

Poursuite d’Yves «Colosse» Plamondon: souvenirs de 1986

Le 27 mars 1986. Le trafiquant Jean-Pierre Boudreault, 36 ans, s’avance à la barre pour témoigner contre Yves «Colosse» Plamondon. Du box de détention, l’accusé le regarde et fait le geste de tirer une balle de revolver sur sa tempe. Boudreault se met à trembler comme une feuille.

«Ça, je m’en rappelle comme si c’était hier», glisse le juge René de la Sablonnière, après avoir raconté l’anecdote. «Je pensais qu’il allait me faire un infarctus.»

Celui qui a fait condamner Plamondon pour les meurtres de trois trafiquants a oublié beaucoup de choses du procès devant jury qui s’est étiré durant un mois de la mi-mars à la mi-avril 1986. Personne ne lui en tiendra rigueur : les notes sténographiques du procès tiennent sur pas moins de 2992 pages.

Le témoignage de Jean-Pierre Boudreault, partenaire de trafic de la victime Claude Simard, avait été décidé à la dernière minute. Boudreault avait refusé de faire une déclaration écrite et le procureur de la Couronne craignait qu’il nie ce qu’il avait dit aux policiers.

Malgré sa nervosité, Boudreault a fini par dire aux jurés ce qu’il savait du trafic de Plamondon. Il a aussi expliqué à quel point il était sur ses gardes en août 1985, alors qu’il avait des dettes envers Colosse. Boudreault sait qu’il aurait pu être abattu à la place de Simard.

Pas de témoin en défense

L’avocat de Plamondon, le criminaliste réputé Léo-René Maranda, n’a fait entendre aucun témoin en défense.

Il misait plutôt sur des contre-interrogatoires poussés des témoins de la Couronne. En particulier du témoin-vedette, le délateur André «Bull» Desbiens, complice de Plamondon dans les crimes.

Me Maranda, qui a notamment représenté la braqueuse de banque «Monica-la-Mitraille», a questionné Desbiens pendant deux jours.

L’avocat de défense voulait convaincre les jurés que Desbiens, un criminel d’habitude, était le seul et unique tireur. Voyant que son véhicule, qui avait servi au crime, avait été repéré, il avait décidé de collaborer avec les policiers et d’incriminer Plamondon.

Le délateur a répété qu’il avait choisi de collaborer parce qu’il craignait d’être tué par Plamondon en raison d’une dette de 5500 $ pour du haschich.

«Il y a eu des précisions par rapport à son interrogatoire, mais pas de grandes contradictions, affirme M. de la Sablonnière. J’ai été très surpris de voir la constance de ce témoin-là.»

Le témoignage de l’ancien procureur de la Couronne se poursuit toute la semaine.

Yves Plamondon, 69 ans, accuse les policiers et procureurs d’avoir fait preuve de malveillance en lui cachant plusieurs éléments de preuve, potentiellement favorable à la défense selon lui. Il réclame 35 millions $ en dédommagement pour les 28 ans passés en détention. 

La Capitale

Un immense projet résidentiel de 750 M$ dans Lebourgneuf [PHOTOS + VIDÉO]

Présenté comme «le plus important projet de développement résidentiel de l’histoire de la Ville de Québec», le Quartier Mosaïque lèvera de terre à l’angle sud-ouest de l’autoroute Robert-Bourassa et du boulevard Lebourgneuf.

L’ensemble résidentiel de 750 millions $ comprendra 11 immeubles, totalisant 2200 unités d’habitation pour quelque 900 000 pieds carrés de superficie habitable. Les promoteurs misent sur les avantages de l’emplacement pour convaincre la population d’y résider.

«C’est une alliance entre la nature et l’accessibilité aux commerces et services. Il y a un accès direct à un boisé magnifique, un réseau de pistes cyclables à proximité, une desserte de transport, en plus des commerces de proximité, les multiples restaurants et les Galeries de La Capitale», énumère le représentant des promoteurs, René Bellerive du Groupe Kevlar, présent notamment dans le quartier Saint-Roch.

Politique

Étudiants étrangers: Legault admet la précipitation

Penaud, le gouvernement Legault a fait son «mea-culpa», mardi, multipliant les excuses et les engagements à ne plus recommencer, à la suite du cafouillage entourant le sort peu enviable qu’il réservait à quantité d’étudiants étrangers.

Ces derniers craignaient devoir quitter le Québec contre leur gré, en ayant appris que leur domaine de formation ne faisait soudainement plus partie de la nouvelle liste de 218 emplois privilégiés par le ministère de l’Immigration pour combler les pénuries de main-d’œuvre, à travers son Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

La semaine dernière, les nouvelles règles fixées par le ministre Simon Jolin-Barrette avaient fait l’unanimité contre elles, tant du côté des partis d’opposition, du milieu des affaires, que des institutions d’enseignement et des organismes voués à la défense des droits des immigrants.

Après avoir battu en retraite, imposant à son ministre un retour à la case départ dans ce dossier, vendredi dernier, le premier ministre François Legault a présenté ses excuses publiques mardi aux étudiants étrangers, admettant que son gouvernement avait agi dans la précipitation.

«On n’a pas assez consulté», a convenu le premier ministre en mêlée de presse, avouant plus tard en anglais «qu’on peut faire des erreurs quand on veut aller trop vite, et c’est ce qui est arrivé».

Coordination manquante

Il a aussi admis que son gouvernement n’avait pas assuré une nécessaire coordination entre le ministère de l’Immigration, le ministère du Travail, le ministère de l’Éducation et son cabinet, d’où la conclusion : la réforme a été suspendue et le ministre Jolin-Barrette devra refaire ses devoirs.

«J’espère qu’à l’avenir les changements vont se faire d’une meilleure façon», a dit le premier ministre, en s’excusant «pour le travail qui n’a peut-être pas été fait de façon aussi parfaite qu’on l’aurait souhaité».

Pendant ce temps, l’opposition libérale et Québec solidaire sont revenus à la charge pour réclamer la démission du ministre Jolin-Barrette, jugé inapte et insensible. Mais le premier ministre lui a renouvelé sa confiance.

En mêlée de presse, prenant l’entière responsabilité de la situation, M. Jolin-Barrette a dit ne pas avoir songé à démissionner, malgré l’ampleur de la tempête déclenchée par son projet de réforme des règles du jeu.

Prudent, il n’a pas dit quelle forme ni quelle ampleur, prendrait la consultation à venir «de l’ensemble des partenaires» pour la nouvelle mouture de sa réforme du PEQ. Cette fois, il n’a pas fixé d’échéance.

«J’ai voulu aller rapidement», a avoué le ministre, pour expliquer la raison du cafouillage, ne cachant pas que les derniers temps avaient été «difficiles» et «mouvementés».

Une telle erreur ne se reproduira pas, a-t-il promis, après s’être fait taper sur les doigts par le premier ministre.

La semaine dernière, le ministre Jolin-Barrette s’était fait rapidement une réputation d’insensibilité, restant de marbre quand des étudiants étrangers en pleurs étaient débarqués au Parlement pour le supplier de renoncer à sa réforme.

Apparemment, personne ne devra payer le prix de la crise : pas de congédiement en vue dans l’entourage du ministre ou dans l’appareil gouvernemental.

Boulet s’excuse aussi

De son côté, le ministre du Travail, Jean Boulet, a présenté lui aussi ses excuses aux étudiants étrangers.

Avec les Partenaires du marché du travail, son ministère a participé à la confection de la fameuse liste d’emplois controversée, qui contenait des métiers n’existant plus au Québec et en éliminait d’autres malgré un taux d’embauche de 100 %.

«Les excuses de mon collègue Simon sont les miennes aussi», a dit M. Boulet, en mêlée de presse.

Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) offre aux étudiants étrangers diplômés au Québec une voie rapide vers la résidence permanente.

Santé

La Cour supérieure rejette la demande du CHUM qui voulait héberger de force un itinérant de 77 ans

Le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) a échoué dans sa tentative de faire héberger de force un itinérant de 77 ans qu’il estimait inapte à consentir. La Cour supérieure a donné raison au septuagénaire, un lecteur boulimique qui a fait des études poussées et qui a passé 40 ans au service du même employeur, mais qui a fait le choix de vivre dans la rue.

Robert (prénom fictif) vit dans les rues de Montréal depuis plus de 10 ans. Été comme hiver, il dort à l’extérieur, là où il peut. À 77 ans, il n’a ni domicile fixe, ni parent connu, ni conjointe, ni enfant. Ses comportements sont «souvent à la marge de l’acceptable», note le juge Michel Yergeau. Son hygiène corporelle laisse à désirer et lui ferme des portes. La tendance du vieil homme à la «prodigalité» (ou générosité excessive) au bénéfice de personnes plus jeunes que lui n’est pas non plus sans inquiéter, mentionne encore le juge Yergeau. Robert est également atteint d’un «syndrome de thésaurisation compulsive» qui le pousse à accumuler des objets inutiles.

Le 2 mai dernier, au cours de la nuit, Robert est victime d’une brutale agression qui le laisse gisant dans la rue jusqu’à ce que des policiers le remarquent. Il est hospitalisé au CHUM pour une fracture du fémur. 

«L’âge aidant, l’homme apparaît vulnérable aux aléas que la vie dans la rue lui réserve», observe le juge.

D’un autre côté, note le magistrat, Robert est un homme instruit qui s’exprime «avec aisance et clarté». Titulaire d’un baccalauréat ès arts, il passe quelques années à voyager avant de poursuivre des études en philosophie à la maîtrise, puis au doctorat. Entre 1972 à 2012, il travaille comme manœuvre et comme cadre dans une fabrique. 

«Au cours de son témoignage, il porte attention aux questions qu’on lui pose, demande au besoin de les préciser et y répond de façon calme et ordonnée dans un français dont la qualité le démarque. Il est cohérent lorsqu’il répond, autant aux questions de son avocat qu’en contre-interrogatoire. Il ne manifeste pas de confusion même si le débit est un peu ralenti», souligne le juge Michel Yergeau, 

Lecteur boulimique

Robert mentionne avoir toujours été et être encore un lecteur boulimique, «Ce n’est pas parce qu’on est itinérant qu’on ne lit pas Le Monde diplomatique, Le Figaro, Le Devoir ou le New York Times, répond-il à une question de son avocat», rapporte le juge Yergeau. 

Le vieil homme dit bien connaître les aléas de la vie d’itinérant et refuse de se priver de la liberté que cette vie lui procure. Il n’a aucun problème de consommation et n’a recours à aucun antidépresseur, antipsychotique ou stabilisateur de l’humeur. «Il doit néanmoins prendre des médicaments reliés, entre autres, à une hernie hiatale, une hyperplasie bénigne de la prostate et à une cirrhose secondaire à une hépatite C non traitée», mentionne le juge.

Placé, mais libre

Après avoir obtenu son congé du CHUM et à la suite d’une ordonnance provisoire d’hébergement, Robert est placé dans un centre d’hébergement le 11 juillet. Il y vit encore, dit s’y plaire tant qu’il demeure libre de ses allées et venues, mais refuse qu’on l’oblige à y demeurer.

Pour la gériatre du CHUM qui a témoigné, Robert présente une déficience cognitive majeure mixte (vasculaire et Alzheimer) qui le rend inapte en raison de son absence de jugement et d’autocritique. Selon elle, le défendeur «ne prend pas la mesure des problèmes de santé qui l’affectent et ne comprend pas les risques inhérents au fait de retourner à l’itinérance plutôt que d’avoir un toit sur la tête et des préposés autour de lui pour assurer la prise des médicaments, rappeler les règles d’hygiène et préparer les repas».

Le psychiatre appelé à témoigner en défense estime pour sa part que Robert ne montre aucun signe de la maladie d’Alzheimer, pas plus qu’il ne présente de signes précurseurs d’une dégénérescence neurocognitive qui permettent de diagnostiquer un trouble neurocognitif majeur. Le médecin attribue plutôt les choix de vie particuliers de Robert «à une personnalité excentrique et marginale qui l’aura mené vers une vie solitaire».

Le juge Michel Yergeau est d’avis que le Tribunal doit rejeter la demande d’autorisation d’hébergement du CHUM. «Mais cette conclusion découle évidemment d’un instantané pris à l’intérieur d’un cas qui ne cessera pas d’évoluer, nuance-t-il. L’état général du défendeur pourrait se dégrader, ses capacités cognitives se réduire, ses forces l’abandonner. Si [Robert] demeure aujourd’hui apte à faire des choix en matière de soins et que le moment n’est pas venu de décider à sa place, la situation pourrait changer s’il devait s’avérer qu’il est atteint d’Alzheimer.»

Politique

Décorum et Catherine Dorion: François Paradis s’en lave les mains

Appelé à arbitrer la controverse vestimentaire de la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS), le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, s’en lave les mains.

Il admet son impuissance sur la définition du code vestimentaire et affirme ne pas avoir aperçu l’élue de QS quand elle a siégé avec un chandail en coton ouaté.

Dans une rare mêlée de presse mardi, M. Paradis a déclaré qu’il ne peut se référer qu’à ce qu’il voit depuis le trône et s’en remet aux partis quant à la définition des règles.

Depuis deux semaines, la présidence est éprouvée par les controverses de Catherine Dorion. La semaine dernière, des élus ont menacé d’en appeler au président en pleine séance pour rappeler à l’ordre la députée QS, qui portait un kangourou. Mme Dorion a alors préféré rebrousser chemin plutôt que de se pointer en Chambre.

Avant d’aller présider la période de questions, M. Paradis a rappelé que le décorum prévoit une «tenue de circonstance» dans les lieux de débats, et par conséquent, le t-shirt, la tenue de sport et les chandails en coton ouaté ne sont pas admissibles.

Quant à savoir pourquoi Mme Dorion avait été vue en train de siéger avec le même chandail, il a soutenu ne pas l’avoir alors remarquée.

M. Paradis a par ailleurs énoncé qu’il ne peut pas changer unilatéralement les règles de l’Assemblée nationale. Il a précisé que des échanges sont en cours entre les partis, s’il y a volonté de moderniser les règles.

Politique

Alexandre Cusson démissionne de l’UMQ et pourrait briguer la chefferie du PLQ

Le scénario qui envoyait le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) semble se confirmer.

M. Cusson — qui est également maire de Drummondville — a annoncé mardi qu’il quittait ses fonctions de président et de membre du conseil d’administration de l’UMQ.

Il pourrait briguer la direction du PLQ, selon la rumeur, persistante, qui circule à l’Assemblée nationale. «Ça semble se concrétiser», affirme une source libérale. «Il y a assurément des membres qui ont sollicité sa candidature.»

Les libéraux font valoir que la candidature de M. Cusson serait bien accueillie, puisqu’il provient des régions, un atout dans les circonstances. «De l’oxygène neuf», dit-on.

Les députés du PLQ représentent à peu près tous, en ce moment, des circonscriptions de la grande région de Montréal. Deux députés proviennent de l’Outaouais.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade, est la seule candidate en lice pour remplacer Philippe Couillard à la tête du PLQ. Deux adversaires potentiels, Marwah Rizqy (Saint-Laurent) et Gaétan Barrette (La Pinière), poursuivent leur réflexion.

Alexandre Cusson est président de l’UMQ depuis 2017. Le mois dernier, il a signé un pacte fiscal avec le gouvernement qui transfère aux municipalités un montant représentant l’équivalent de la croissance des revenus de la TVQ, un «gain historique», selon lui. 

D’ailleurs, à la cérémonie de signature, le premier ministre François Legault avait taquiné M. Cusson, en disant espérer le revoir très bientôt à l’Assemblée nationale.

«M. le premier ministre, j’ai pris note de votre invitation à revenir plus souvent», avait-il répondu, ce qui avait déclenché l’hilarité dans la salle. 

Environnement

Bordée surprenante, mais pas inhabituelle [PHOTOS + VIDÉO]

La tempête de mardi en a pris plus d’un par surprise, ce n’est pourtant pas une situation exceptionnelle pour Québec. Rouler en pneus d’été dans de telles conditions? Une question de «gros bon sens».

Si les pneus d’hiver ne sont pas encore installés, il est préférable de rester à la maison jusqu’à ce que la chaussée redevienne sèche, pour ensuite se diriger vers le garage, conseille l’organisme CAA-Québec.  

«On est à la mi-novembre et si on regarde les données de météo, c’est clair que des conditions hivernales à ce temps-ci de l’année, ça arrive. C’est vraiment le temps des pneus d’hiver, c’est bien d’y penser assez tôt», insiste Pierre-Olivier Fortin, porte-parole de CAA-Québec.  

Science

Le «Pharmachien» Olivier Bernard reçoit un prix décerné par «Nature»

MONTRÉAL - Olivier Bernard, alias «Le Pharmachien», a remporté un prestigieux prix international pour sa défense de la science.

Le blogueur et vulgarisateur québécois a plus précisément reçu le prix John-Maddox à Londres pour son travail visant à déboulonner les mythes entourant l’utilisation de la vitamine C pour traiter le cancer.

En 2018, M. Bernard a appris qu’une pétition demandait au gouvernement du Québec d’approuver l’injection de doses massives de la vitamine C pour aider les patients atteints de cancer.

La pétition demandait au gouvernement de mettre sur pied un «Registre québécois de la vitamine C par perfusion», pour autoriser les médecins à la prescrire ainsi que pour documenter l’innocuité et l’efficacité de la vitamine C à haute dose dans les cas de traitements médicaux complémentaires de cancer.

Le «Pharmachien» a alors vérifié la science derrière ces affirmations; il voyait dans cette pétition une «stratégie de lobbying politique qui contourne le processus scientifique» et qui comporte des risques pour la médecine et la santé publique.

Or, quand il a publié ses découvertes sur son blogue et les a diffusées dans son émission de télévision, lui et sa femme ont été la cible de vives réactions dans les médias sociaux - voire de menaces. Il était venu à la populaire émission «Tout le monde en parle» pour expliquer sa position et annoncé qu’il ne commenterait plus ce dossier controversé. Il avait au passage déploré le silence, ou le manque de solidarité, de la communauté scientifique.

La pétition n’a finalement pas été saisie par la commission de la santé et des services sociaux de l’Assemblée nationale. Le gouvernement du Québec a par ailleurs commencé à chercher des moyens d’aider les scientifiques qui font face à ce genre de réactions virulentes.

Le prix John-Maddox est décerné par la revue «Nature» et l’organisme «Standing Up for Science» (À la défense de la science).

Rejoint à Londres, où il devait recevoir le prix en soirée, Olivier Bernard a expliqué au téléphone que «la communication scientifique en ce moment est importante, parce que les gens n’ont jamais été aussi confus».

«On est bombardés d’informations sur la science, sur la santé, et c’est extrêmement difficile de s’y retrouver, a-t-il soutenu. Le gros défi qui vient avec ça, c’est d’être capables de différencier la bonne et la mauvaise information en ligne, dans les médias. etc.»

«Le travail des communicateurs, des vulgarisateurs scientifiques, c’est ça»: une sensibilisation à l’esprit critique, a-t-il ajouté.

Santé

Les jeunes de plus en plus accros aux calmants

Le nombre de jeunes souffrant d’une dépendance aux benzodiazépines - des médicaments comme le Xanax, l’Ativan et le Valium - est en pleine croissance, et il s’agit d’un problème médical tellement grave que de nombreux centres et spécialistes se sentent incapables de les aider.

Selon des chiffres rendus publics cet été par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, la proportion d’étudiants de fin du secondaire qui admettent utiliser des calmants ou des sédatifs à des fins euphorisantes, et non à des fins médicales, est passée de 1,5 pour cent en 2014-2015 à 2,8 pour cent en 2016-2017.

«On parle d’une hausse d’à peu près 100 pour cent en deux ans chez les étudiants de fin de secondaire, a commenté le docteur Nicholas Chadi, un pédiatre spécialisé en médecine de l’adolescence et toxicomanie au CHU Sainte-Justine. Et ce ne sont pas les dernières statistiques. (Je penserais) que c’est encore en hausse, à voir comment ça circule sur les réseaux sociaux.»

Ces médicaments sont habituellement utilisés chez les adultes pour traiter des problèmes de sommeil, d’anxiété ou encore dépressifs. Les pédiatres évitent de plus en plus de les prescrire, en raison du risque élevé de dépendance et de la complexité du sevrage qui sera ensuite nécessaire.

Malheureusement, prévient le docteur Chadi, les benzodiazépines sont très et trop facilement disponibles, que ce soit dans la pharmacie de grand-maman, sur internet ou dans les couloirs de l’école.

«Ce que je vois, ce sont des jeunes qui ont une perception de risque très basse, a-t-il dit. Ils se disent que ce sont des médicaments, c’est sécuritaire, ma grand-mère prend ça, mes parents prennent ça. Là où ça devient dangereux, un c’est quand on prend ça de façon très régulière, à tous les jours, parce qu’on devient accro. Et deux, si on le prend en combinaison avec d’autres médications sédatives ou d’autres substances comme l’alcool, par exemple, on peut avoir un effet sédatif tellement important que ça peut causer des arrêts respiratoires ou des surdoses.»

Risque de décès

Les benzodiazépines se lient à des récepteurs au niveau du cerveau. Lors d’un sevrage soudain, ces récepteurs se retrouvent vides, ce qui provoque de multiples déséquilibres à travers l’organisme; le cerveau commence alors à fonctionner de manière «aberrante» et le jeune pourra être secoué par des convulsions qui pourront éventuellement provoquer un arrêt cardiorespiratoire et même un décès.

«Étant donné que le Xanax est une substance sédative qui va avoir un effet calmant sur l’ensemble du cerveau et du corps et de toutes les fonctions, quand on coupe ça tout d’un coup, le cerveau fait une espèce de ‘rebond’ et ça cause un débalancement qu’un être humain a vraiment beaucoup de difficulté à gérer à court terme», a expliqué le docteur Chadi.

Le sevrage est tellement complexe, et potentiellement dangereux, que les centres de désintoxication, les hôpitaux périphériques et même les hôpitaux pour adultes des grands centres refusent de prendre en charge ces patients.

«On ne peut pas mourir d’un sevrage à l’héroïne. Mais on peut mourir d’un sevrage aux benzodiazépines, a prévenu le docteur Chadi, un des seuls médecins du Québec qui soit en mesure d’aider ces jeunes. Il y a seulement deux substances qu’on connaît qui peuvent mener à un sevrage mortel: l’alcool et les benzodiazépines.»

En milieu hospitalier, on remplacera le sédatif à courte action que prenait le jeune par un sédatif dont l’action sera plus progressive. La dose sera réduite au fil des jours et des semaines, «pour que ce soit de petites marches au lieu d’une grosse marche».

«Donc au bout de quelques jours à quelques semaines, on peut se rendre à zéro, et à ce moment-là on peut diriger les jeunes vers des centres de désintoxication ou des traitements à plus long terme», a dit le docteur Chadi.

Face à ce manque de ressources, poursuit-il, les jeunes sont laissés à eux-mêmes. Sans ressources et sans encadrement, plusieurs continueront tout simplement à consommer. D’autres pourront réussir à se sevrer par eux-mêmes, au fil des années, avec tous les risques que cela comporte.

«Je pense qu’il y a des problèmes au niveau de l’éducation du public, des jeunes qui ne voient vraiment pas le risque avec ces substances-là; moi, à chaque fois que je le dis à des ados qui en consomment, ils n’avaient aucune idée que ça pouvait causer une dépendance aussi dangereuse, a conclu le docteur Chadi. Et ensuite de ça, c’est une question de traitement et de soutien pour ces jeunes-là, parce qu’on ne sait vraiment pas quoi faire avec ça.»

Politique

Annonce dans Jean-Talon: Pascal Bérubé en appelle au DGEQ

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, questionne le côté partisan de l’annonce gouvernementale effectuée dimanche à Québec, dans le stationnement d’un hôpital de la circonscription de Jean-Talon. Comme une élection partielle a cours dans le comté, il compte demander au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de se pencher sur le dossier.

«La candidate [de la Coalition Avenir Québec] dans Jean-Talon était présente», comme on a entre autres pu le voir dans Le Soleil. «Il y a confusion des genres depuis octobre dernier [2018] entre la CAQ et le gouvernement», a affirmé M. Bérubé, mardi matin, lors du retour des députés au parlement.

À LIRE AUSSI : La CAQ fixe les tarifs réduits des stationnement des hôpitaux

Dimanche, la ministre de la Santé Danielle McCann était au CHUL accompagnée de quatre élus de la région, dont la vice-première ministre et ministre responsable de la région, Geneviève Guilbault, pour annoncer la réduction des frais de stationnement dans les hôpitaux. Joëlle Boutin, candidate caquiste pour la partielle du 2 décembre dans Jean-Talon, était aussi de la partie.

«Est-ce que c’était approprié de faire une annonce gouvernementale dans la circonscription de Jean-Talon, alors que c’était connu qu’il y a une élection partielle? Il y a une vérification à faire [de la part du DGEQ]. La candidate était présente, le gouvernement a choisi de faire ça dans Jean-Talon.

«Il ne faut pas confondre la Coalition Avenir Québec avec le gouvernement du Québec», poursuit le meneur du troisième parti d’opposition. «Ils ont utilisé une annonce gouvernementale, qui par ailleurs était déjà connue dans la mise à jour économique de jeudi, pour mousser la popularité de la CAQ dans Jean-Talon. Et ce n’est pas la première fois que ça arrive.»

Le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, estime aussi «qu’il y avait une opération claire en rapport avec l’élection partielle dans Jean-Talon». 

Environnement

Première tempête de neige de la saison, dégradation sur les routes du Québec [PHOTOS]

MONTRÉAL - Les régions du Québec situées le long de la vallée du Saint-Laurent et particulièrement celles plus au sud et à l’est du fleuve ont reçu ou recevaient toujours des quantités de neige appréciables, lundi en mi-journée.

Après avoir frappé le sud-ouest du Québec, la tempête s’est dirigée vers l’est.

Les accumulations atteignent généralement les 20 centimètres dans la région de Montréal, un peu moins sur la Rive-Nord et un peu plus en Montérégie.

Ce sont surtout les régions de l’Estrie, de la Beauce, du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie qui seront gâtées, où l’on parle davantage de 20 à 30 centimètres de neige et même 40 par endroits et de vents forts à venir dans les secteurs plus à l’est.

Bien qu’aucun record n’ait été battu, il s’agit tout de même d’un phénomène inhabituel, selon le météorologue Alexandre Parent, d’Environnement Canada: «Pour la grande région de Montréal, ce type de bordée arrive en moyenne vers la mi-décembre, donc on est un bon mois en avance et c’est vrai également sur les secteurs plus à l’est; on est deux à trois semaines à l’avance. Sans être extraordinaire, c’est une bordée de neige qui arrive de façon hâtive, assurément.»

Évidemment, ces précipitations ont des conséquences sur les routes et l’empressement de l’hiver à s’abattre sur nous a pris de court de nombreux automobilistes: «Plusieurs sorties de route sont liées au fait que de nombreux automobilistes n’avaient pas leurs pneus d’hiver», a expliqué Denis Arsenault, de Transport Québec, notant que l’obligation légale de poser les pneus d’hiver ne sera en vigueur que le premier décembre.

Bien que des perturbations et fermetures temporaires ont été requises ici et là en raison de sorties de routes et d’accidents, aucune route n’a été fermée à cause d’une accumulation trop importante de neige ou d’une visibilité nulle.

Cependant, une interdiction de circuler pour les véhicules lourds est en vigueur dans Charlevoix et en Haute-Côte-Nord, soit sur la route 138 entre La Malbaie et Forestville. Les mauvaises conditions météorologiques ont également forcé l’interruption de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout en raison de la houle.

Selon Transport Québec, les routes aux abords du fleuve et en terrain découvert exigent une grande prudence, notamment les routes 20, 40, 132 et 138, qui sont de partiellement enneigées à enneigées avec des lames de neige et des visibilités réduites par la poudrerie.

En Estrie également, les fortes quantités de neige reçues ont fait en sorte que les routes 55 et 10 sont enneigées avec des visibilités réduites par endroits.

Les voyageurs ou ceux qui en attendent auront intérêt à vérifier les arrivées et départs à l’aéroport international Trudeau où plusieurs vols sont retardés et certains ont même été annulés.

+

Politique

Les travaux reprendront le 5 décembre à la Chambre des communes [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau exposera les priorités de son nouveau gouvernement minoritaire le 5 décembre.

Le bureau du premier ministre a annoncé que la Chambre des communes se réunira ce jour-là pour la première fois depuis l’élection d’octobre. Le même jour, les députés éliront un président et entendront ensuite le discours du Trône du gouvernement.

M. Trudeau sera alors de retour d’une réunion de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), prévue les 3 et 4 décembre à Londres.

Les parlementaires pourraient siéger à la Chambre des communes jusqu’au 13 décembre, au plus tard, pour adopter le discours du Trône et possiblement déposer un premier projet de loi pour réduire les impôts de la classe moyenne.

Le bureau de M. Trudeau a annoncé la date de retour du Parlement mardi, avant une rencontre entre le premier ministre et le chef de l’opposition, Andrew Scheer.

M. Scheer souhaitait que la Chambre des communes commence à siéger le 25 novembre, cinq jours après que M. Trudeau doit annoncer la nomination de son nouveau cabinet.

«Nous sommes déçus que M. Trudeau ait décidé d’attendre jusqu’au 5 décembre pour le commencement de ce Parlement. Nous avons beaucoup de travail à faire et nous sommes prêts, mais il a pris sa décision», a-t-il commenté à la sortie de sa rencontre.

M. Scheer a profité de sa rencontre avec M. Trudeau pour exposer les priorités du Parti conservateur pour la prochaine session du Parlement.

Il dit avoir discuté du «besoin d’unité» pour le pays, avec un sentiment d’aliénation dans l’Ouest canadien et la montée du Bloc québécois. Il a aussi insisté sur la nécessité d’aller de l’avant avec de grands projets énergétiques, comme l’oléoduc Trans Mountain.

M. Scheer n’a pas voulu dire si son parti votera en faveur du discours du Trône du gouvernement libéral. Il a soutenu que c’est la «responsabilité» de M. Trudeau de trouver un terrain d’entente pour faire fonctionner le Parlement.

Le premier ministre a déjà annoncé ses priorités, soit de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, d’aider la classe moyenne et de lutter contre les changements climatiques.

Les conservateurs pourraient soutenir le gouvernement pour des baisses d’impôts et de taxes pour les Canadiens, a souligné M. Scheer.

Justice et faits divers

Un climatiseur chute du 8e étage et tue une fillette à Toronto

TORONTO — La mort d’une petite fille âgée de deux ans à l’extérieur d’un édifice à appartements après la chute d’un climatiseur a provoqué l’ouverture d’une enquête de la Ville de Toronto.

L’enfant est décédé à l’hôpital après avoir reçu sur elle un climatiseur tombé d’un appartement du huitième étage vers 15h30 lundi.

L’immeuble fait partie de la Société d’habitation de Toronto qui appartient à la Ville. Celle-ci a lancé une enquête afin de déterminer pourquoi le climatiseur a chuté.

«C’est une situation tragique», a déclaré le porte-parole de la société de logement communautaire, Bruce Malloch.

Alors que l’enquête de la ville est en cours, la police a achevé son enquête préliminaire, a déclaré la constable Caroline de Kloet, de la police de Toronto qui a précisé que les premiers éléments ne révélaient aucun geste criminel.

Avant sa chute, le climatiseur était fixé à une fenêtre de l’appartement de l’immeuble situé dans l’est de la ville.

Bruce Malloch a déclaré que son organisation avait un programme qui encourageait les locataires à échanger gratuitement les unités de climatisation de fenêtre pour des modèles que l’on fixe au plancher.

Il a précisé que la Société d’habitation de Toronto avait proposé aux résidents de l’immeuble en question de changer leur appareil à l’été 2018.

«C’est un enjeu de sécurité», a déclaré Bruce Malloch. «Un modèle fixé sur le plancher ne tombera pas de la fenêtre.»

La fillette était en compagnie d’autres personnes lors de la chute meurtrière du lourd appareil. Une poussette était tout près du lieu du drame.

Le maire John Tory a commenté la tragédie mardi, affirmant que la Société d’habitation de Toronto ferait une «enquête approfondie».

«Mes pensées vont à la famille impliquée et aux personnes présentes dans ce bâtiment», a déclaré John Tory aux journalistes mardi. «Je suis sûr que c’est traumatisant pour eux.»

Actualités

Bilan 2019 des banques alimentaires: les personnes seules surreprésentées

Il a beau y avoir une embellie économique depuis un certain temps déjà, au Québec, la demande reste soutenue auprès des banques alimentaires. Et les personnes seules y sont surreprésentées.

Le dernier bilan des Banques alimentaires du Québec, dévoilé mardi, révèle en effet que malgré la bonne tenue de l’économie québécoise, les demandes de repas et de paniers de provisions aux différentes banques alimentaires n’ont que légèrement diminué de 2018 à 2019.

Ainsi, 790 255 repas ont été servis; il s’agit d’une baisse de seulement 1,7 pour cent de 2018 à 2019.

La demande de paniers de provisions a connu une baisse de 5,5 pour cent de 2018 à 2019.

Le nombre de demandes d’aide alimentaire est resté à peu près le même, soit 1,9 million par mois - panier, repas ou collation.

Il en est de même pour le nombre de personnes aidées, soit 500 000 lors du mois de mars - qui sert de mois de référence pour faire des projections pour l’année, a expliqué en entrevue Annie Gauvin, directrice générale des Banques alimentaires du Québec.

«Ça représente 1 Québécois sur 17 qui fait appel aux banques alimentaires, à un moment ou à un autre durant l’année», a-t-elle illustré.

Personnes seules

Les personnes seules sont surreprésentées, puisqu’elles représentent 33 pour cent des ménages québécois, mais 49 pour cent de ceux qui ont eu recours aux paniers de provisions.

Les personnes seules «ont moins de soutien» que les familles, fait remarquer Mme Gauvin. «Il n’y a pas beaucoup de politiques publiques qui existent pour les personnes seules et célibataires. Aussi, dans ces personnes seules là, on sait qu’il y a beaucoup de personnes âgées.»

Des travailleurs

Une donnée qui fait réfléchir: 13,5 pour cent de ceux qui ont demandé des paniers de provisions avaient pourtant un emploi.

Mme Gauvin l’explique par plusieurs facteurs, dont le salaire minimum - qui est à 12,50 $ l’heure - les emplois à statut précaire et le travail saisonnier.

Ces données sur la proportion de ceux qui travaillent varient considérablement d’une région à l’autre, allant de 4,5 pour cent dans la Vallée de la Matapédia à 25,8 pour cent chez Moisson Kamouraska.

Mme Gauvin l’explique par des différences dans le portrait de l’économie régionale. «En Abitibi par exemple, à Val-d’Or, il y a de très bons salaires pour ceux qui travaillent dans les mines. Ce que ça a comme effet, c’est d’augmenter le coût des loyers. Donc, des gens qui étaient dans la pauvreté, mais qui réussissaient à joindre les deux bouts, avec cette pression-là sur le coût de leur loyer, se retrouvent à devoir déménager et se retrouvent dans des situations où ils vont devoir faire appel aux banques alimentaires.»

Dans d’autres régions, ce sont les industries saisonnières, comme la pêche et la forêt, qui engendrent une instabilité dans les revenus.

Des bonnes nouvelles

Le «Bilan-Faim 2019» recèle aussi de bonnes nouvelles. Par exemple, grâce au programme de récupération en supermarché qui a été conclu avec les grands partenaires de l’alimentation, on a pu récupérer 6,5 millions de kilos de denrées de toutes sortes, et qui sont saines.

Cela représente une somme de 43 millions $. Donc, les organismes qui ont reçu ces denrées n’auront pas à dépenser 43 millions $ pour en acheter. «On évite l’enfouissement. On évite l’émission des gaz à effet de serre. On redonne à la population et on génère des économies pour les organismes qui en sont bénéficiaires», a résumé Mme Gauvin.

«On est encore en déploiement jusqu’en 2022-2023. On veut atteindre 645 magasins; nous en sommes à 410 en ce moment. On est dans toutes les régions. À terme, on souhaite pouvoir récupérer dans tous les supermarchés de tout le Québec pour éviter ce gaspillage alimentaire», a-t-elle souligné.

Les banques continuent toutefois d’avoir besoin d’un coup de pouce gouvernemental et de la philanthropie. «Le soutien gouvernemental représente de 10 à 20 pour cent du budget total des moissons. On a beaucoup plus de travail qui a été fait jusqu’à maintenant du côté de la philanthropie et on aurait besoin d’un coup de pouce supplémentaire, juste pour mettre le programme de récupération en supermarché partout au Québec», a-t-elle résumé.

Actualités

Journée du port du coton ouaté: la Fédération des femmes du Québec propose le voile

MONTRÉAL - La présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Gabrielle Bouchard, profite de la campagne «Mon coton ouaté, mon choix» lancée récemment sur Facebook pour inviter les Québécoises à porter un voile en ce mardi.

Cet appel survient quelques jours après que la députée de Québec solidaire (QS) Catherine Dorion ait quitté l’Assemblée nationale après avoir été critiquée pour s’être présentée vêtue d’un chandail en coton ouaté, ce qui n’était pas la tenue de ville exigée par le règlement comme l’a fait remarquer la vice-présidente de l’Assemblée nationale.

«Mon coton ouaté, mon choix» explique sur Facebook que la base de l’égalité et du féminisme, c’est le contrôle d’une femme sur son corps et ses choix. L’attitude de la vice-présidente de l’Assemblée nationale, de collègues députés et des médias, qualifiée d’emportement, est jugée virulente et agressive, qui frôle l’intimidation.

L’organisation invite donc les femmes à démontrer leur solidarité et leur ras-le-bol en portant un coton ouaté mardi, de 8h00 à 18h00, et en se prenant en photo sur les réseaux sociaux.

Sur Twitter, Gabrielle Bouchard a retransmis au cours des derniers jours des textes d’appui à ce mouvement et à la députée Dorion, mais elle a aussi écrit: «le coton ouaté, c’est cute....mais le voile c’est vraiment ‘‘badass’’. Mardi prochain, portez le voile».

La Fédération des femmes du Québec est ouvertement opposée à la Loi 21 sur la laïcité de l’État adoptée par l’Assemblée nationale en juin dernier. Cette loi interdit le port de signes religieux par certains employés de l’État québécois.

La FFQ estime que cette loi ne fait que masquer, sous le couvert d’une fausse laïcité, le contrôle des corps et des vies.

À LIRE AUSSI : 

Justice et faits divers

Inspection d'un salon de massage: pas de clients, pas de soucis?

EXCLUSIF / Un inspecteur de la Ville de Québec s’est «arrangé» avec des policiers pour qu’il n’y ait pas de clients lors d’une visite dans un commerce que la Ville croit être un salon de massage érotique.

Le 16 octobre dernier, l’inspecteur en bâtiments Jonathan Lortie a expliqué à la cour municipale de Québec qu’il s’était rendu le 28 mars 2018 avec trois policiers au Salon de massage le Privé, sur le boulevard Hamel, dans une zone industrielle du quartier Duberger-Les Saules. Il allait vérifier si le salon respectait le zonage, qui interdit les commerces à caractère érotique à cet endroit. 

Répondant à une question de l’avocat de la défense, Me François Marchand, qui lui demandait s’il y avait des clients au moment de sa visite, M. Lortie a répondu : «On s’est arrangé, justement, on a fait exprès pour y aller le matin, parce qu’il y a déjà eu d’autres cas sensibles. Donc, on ne fait pas exprès pour avoir des clients à ce moment-là, lors de l’inspection.»

La déclaration de l’inspecteur Lortie suggère que les policiers ont évité de croiser des clients et de vérifier s’ils ont commis un crime en achetant des services sexuels. Depuis l’adoption de la loi C-36 en 2014, le Code criminel interdit l’achat de services sexuels au Canada, y compris auprès de prostituées adultes. 

En réponse à une question du Soleil sur les «cas sensibles» évoqués par l’inspecteur, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a répondu qu’il ne pouvait pas «interpréter les paroles de l’inspecteur Lortie, d’autant plus que le dossier est devant le tribunal».

Le SPVQ précise que lorsque les policiers accompagnent un inspecteur chargé de vérifier la conformité du zonage, ils n’y vont pas pour procéder à des arrestations en vertu du Code criminel. Le SPVQ a toutefois jugé que le Salon le Privé posait un risque suffisant à la sécurité de l’inspecteur pour envoyer trois policiers avec lui. 

«Considérant la nature du commerce visité, il est effectivement opportun d’accompagner un inspecteur de la Ville pour des mesures de sécurité et de maintien de l’ordre», ajoute le SPVQ.

Les yeux fermés

Pour le Collectif d’aide aux femmes exploitées sexuellement (CAFES), la déclaration de l’inspecteur Lortie laisse croire que les policiers préfèrent fermer les yeux sur les clients de la prostitution adulte, ignorant ainsi une partie de la loi C-36. 

«Il y a quelque chose de très absurde à s’inquiéter du respect d’une règle de zonage par un commerce dont l’activité, en soi, ne respecte probablement pas le Code criminel», dit Rose Sullivan, porte-parole du Collectif à Québec. «Ça prend trois policiers pour accompagner un inspecteur. Mais les femmes qui se font probablement exploitées sexuellement, ça, y’a pas de problème». 

À Québec, c’est un secret de Polichinelle que la prostitution est répandue dans les salons de massage érotiques, comme l’a montré une enquête du Soleil publiée fin juin. 

En se faisant passer pour un client, un de nos journalistes avait notamment appelé au Salon le Privé. Au téléphone, la réceptionniste avait détaillé les tarifs et ajouté : «À ce prix-là, ça inclut un massage érotique de la tête aux pieds» et la «finition manuelle». «Le reste, c’est discutable en salle seulement.»

Dans les salons de massage érotiques, le «reste» peut inclure une fellation, un cunnilingus, une pénétration ou d’autres services sexuels qui sont payés comme «extras» directement aux masseuses. 

Directrice du Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ), Geneviève Quinty constate que les policiers interviennent dans les salons quand les masseuses dénoncent un client abusif ou si des mineurs travaillent sur place. «Ça prend ces raisons-là, pas mal, pour qu’ils rentrent dans les salons. Je ne pense pas qu’ils veulent protéger les clients, loin de là», dit-elle. 

Selon Mme Quinty, il est par ailleurs difficile pour les policiers de rassembler une preuve qui démontre que des clients ont acheté des services sexuels. «Il est là, le bogue», dit-elle.

De fait, les clients de prostituées adultes sont très rarement arrêtés par la police de Québec. Entre novembre 2014 et novembre 2018, le SPVQ en a arrêté sept, soit moins de deux par année. 

Éducation

Loi sur l’abolition des commissions scolaires: le PQ craint la centralisation des pouvoirs

Contrairement à ce qu’il prétend, le gouvernement Legault s’apprête à s’arroger tous les pouvoirs en éducation et à centraliser à Québec la prise de décisions, selon l’opposition péquiste.

En principe, le projet de loi 40, présentement à l’étude, vise à abolir les élections scolaires et les commissions scolaires, transformées en centres de services, dans le but de donner plus de pouvoirs décisionnels aux directions d’écoles et aux parents.

Or, selon la porte-parole péquiste en éducation, la députée Véronique Hivon, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est en train de se donner l’outil légal lui permettant de centraliser tous les pouvoirs à son bureau, avec tous les risques que cela comporte.

Elle en donne pour preuve l’article 310 du projet de loi, qui stipule que le gouvernement pourra prendre, par règlement, «toute mesure utile à l’application de la présente loi ou à la réalisation efficace de son objet».

«Il centralise à outrance», a commenté la députée, lundi, en mêlée de presse, en marge de la consultation menée cette semaine sur le projet de loi 40, ce qui est «extrêmement inquiétant».

La réforme de structures présentée par le ministre Roberge peut se résumer en deux mots : centralisation et politisation, «c’est clair», selon la députée de Joliette, déplorant qu’une fois la loi adoptée le ministre pourra, par exemple, communiquer directement avec le personnel enseignant s’il le désire.

L’article 310, c’est «du jamais vu», selon la députée, qui qualifie l’approche du ministre d’«autoritaire» et d’«improvisée».

«Il veut aller trop vite», selon Mme Hivon.

Projet de loi costaud

Le projet de loi 40 est costaud et ratisse large : avec sa centaine de pages et plus de 300 articles, il modifiera 80 lois existantes.

On voit mal comment il pourra franchir toutes les étapes menant à son adoption avant l’ajournement des Fêtes, le 6 décembre.

Comme d’autres projets de loi avant lui, la loi 9 sur l’immigration et la loi 21 sur la laïcité, tout indique que le projet de loi 40 sera donc adopté sous bâillon, selon la députée de Joliette.

Après la consultation, qui se termine mercredi, le texte législatif controversé devra franchir l’étape de l’adoption du principe, puis l’étude article par article, ce qui pourrait prendre des semaines, voire des mois de travaux en commission.

Or, à compter de la semaine prochaine, il ne restera que quelques jours de travaux parlementaires, avant les deux semaines de session intensive.

Le ministre Roberge veut procéder rapidement, car le mandat des commissaires se termine le 29 février 2020.

Selon ses vœux, les futurs centres de services seraient administrés par un conseil d’administration composé de 16 membres non rémunérés : huit parents, quatre personnes issues de la collectivité et quatre membres du personnel scolaire.

Mais le ministre de l’Éducation va pouvoir garder la main haute sur cette nouvelle structure. Le projet de loi lui permettra notamment d’imposer des regroupements de services (pour la perception de la taxe scolaire, par exemple), et de déterminer des objectifs ou des cibles portant sur l’administration, l’organisation ou le fonctionnement d’un ou de l’ensemble des centres de services scolaires.

Il imposerait en outre aux membres des conseils d’administration, et à ceux des conseils d’établissement, une formation obligatoire fournie par le ministère. Les centres de services se verraient aussi imposer des normes d’éthique et de déontologie.

«Je protège mon école publique»

Le mouvement «Je protège mon école publique», constitué de parents et reconnu pour ses chaînes humaines réclamant un réinvestissement dans le réseau scolaire, est loin d’être convaincu de la pertinence du projet de loi 40, qui devrait être mis sur la touche selon lui, le temps de bien réfléchir à la question.

Lundi, deux porte-parole de cet organisme sont venues exprimer en commission parlementaire leur crainte de voir le ministre posséder trop de pouvoirs et vouloir agir dans la «précipitation». Car les futurs conseils d’administration risquent d’être réduits à de simples «courroies de transmission», a fait valoir l’une d’elles, Patricia Clermont.

Elle craint que ces nouvelles structures deviennent en fait des outils au service du ministre lui permettant de relayer ses directives, au lieu d’incarner «un sain contre-pouvoir» au ministère.

L’organisme a aussi réclamé des États généraux sur l’éducation durant le présent mandat.

Justice et faits divers

Poursuite de l’État par Yves «colosse» Plamondon: l’ancien procureur à la défense de sa preuve

L’ancien procureur de la Couronne René de la Sablonnière qui a fait condamner Yves Plamondon pour trois meurtres en 1986 était de retour dans la même salle d’audience que l’ancien caïd lundi. Avec toujours l’idée de convaincre un décideur de la culpabilité de Colosse.

Debout à la barre des témoins, René de la Sablonnière, juge à la Cour du Québec depuis 1992, répond, explique et lit des extraits du procès qui n’a pas encore eu de fin, 33 ans plus tard. 

Ce n’est pas tous les jours qu’un juge québécois témoigne en salle d’audience. L’atmosphère du procès civil n’a pas changé pour autant, si ce n’est de la présence discrète d’un constable spécial près de la porte.

Yves Plamondon poursuit l’État québécois pour 35 millions $. Il estime que les policiers et le procureur de la Couronne de l’époque ont fait preuve de malveillance, entraînant sa condamnation pour trois meurtres qu’il nie avoir commis et son incarcération pendant près de trois décennies.

René de la Sablonnière est devenu procureur de la Couronne en 1975. Dix ans plus tard, on lui confie le dossier du meurtre de Claude Simard, un trafiquant de drogue trouvé abattu dans un chemin isolé du Lac-Beauport. À ce moment, le procureur ne connaît pas Yves Plamondon.

Il sait que celui qui est surnommé Colosse est accusé dans une affaire d’extorsion. Les policiers demandent au procureur de s’opposer à sa remise en liberté durant les procédures, car, disent-ils, ils enquêtent sur «quelque chose de gros». Le procureur apprendra bientôt que Plamondon est suspect dans trois causes de meurtre.

La première tâche de René de la Sablonnière sera de conclure une entente avec André Bull Desbiens, complice de Plamondon.

Desbiens, un criminel d’habitude, va confesser sa participation dans neuf meurtres. Trois d’entre eux impliquent Plamondon, son patron dans un réseau de vente de stupéfiants.

La Couronne accepte que Desbiens plaide coupable à des homicides involontaires plutôt qu’à des meurtres. C’est un très gros avantage, signale René de la Sablonnière, car sa peine sera ainsi réduite à sept ans. 

En échange, Desbiens s’engage à témoigner pour le ministère public et à répéter ce qu’il a dit, à savoir que Plamondon a abattu Claude Simard, Denis Ouellet et Armand Sanschagrin, trois trafiquants endettés envers lui.

Tous les avantages reçus par le délateur seront divulgués à la défense et au jury.

René de la Sablonnière est d’abord hésitant à signer l’entente avec ce témoin taré. Qu’arrivera-t-il si, au procès, Desbiens retourne sa veste et dit qu’il est le seul responsable des meurtres?

Le patron du procureur lui répond qu’il doit s’assurer de tous les dires du délateur. «Si toi, tu n’as pas confiance, comment veux-tu qu’un jury ait confiance en lui?» demande le patron.

Le procureur de la Couronne se plonge alors dans la preuve policière, avec les déclarations et les transcriptions d’écoute électronique, pour valider les déclarations de Desbiens.

Ce n’est qu’à la mi-novembre que le procureur obtient toutes les confirmations souhaitées. Il dépose alors un acte d’accusation privilégié regroupant les trois meurtres. 

Avec cette procédure, la Couronne veut court-circuiter l’étape de l’enquête préliminaire et aller directement au procès. Plusieurs témoins sont sous protection policière, ce qui implique des frais.

Le procès devant jury doit se tenir le 10 février 1986 à Québec. Il commencera finalement le 17 mars 1986 à Montréal. Le juge a ordonné un changement de district judiciaire en raison de la trop grande médiatisation de la cause de Colosse et de la crainte de ne pas trouver 12 jurés impartiaux.

Le fil conducteur

La divulgation de la preuve est au cœur de la réclamation de Yves Plamondon. Il affirme notamment que l’état lui a caché deux déclarations de témoins qui auraient pu lui fournir un alibi et changer le verdict du jury.

En 1986, la Couronne avait beaucoup moins d’obligation de divulgation qu’aujourd’hui. Elle n’était tenue de divulguer que les éléments qu’elle estimait favorables à la défense.

Puisque Plamondon n’avait pas eu d’enquête préliminaire, le procureur de la Couronne René de la Sablonnière prend l’engagement de divulguer le fil conducteur de sa preuve.

Il remet à son collègue Léo-René Maranda, l’avocat de Plamondon, un document de huit pages qui résumait quels témoins la Couronne allait faire entendre et l’essentiel de ce qu’ils allaient dire.

Par la suite, le juge Jacques Ducros de la Cour supérieure ordonne que la Couronne remette à la défense chacune des déclarations des 50 témoins, mais seulement lorsqu’ils sont assermentés et commencent à témoigner. Par mesure de sécurité, la Couronne ne veut pas que des déclarations circulent et que certains témoins se fassent intimider en raison de leur contenu.

Le témoignage de René de la Sablonnière se poursuit toute la semaine.

Science

Mercure passe devant le Soleil

Les amateurs d’astronomie du Québec ont pu assister lundi à un phénomène rare, le passage de la planète Mercure devant le Soleil. La prochaine observation au Québec aura lieu en 2049.

Espace pour la vie avait convié les intéressés au Planétarium Rio Tinto Alcan, à Montréal, de 7h36 à 13h04, alors que Mercure est passée exactement entre le Soleil et la Terre. Le phénomène a pu être observé en webdiffusion avec les animateurs du Planétarium. 

La planète Mercure est la première dans l’ordre de distance à partir du Soleil. Elle circule sur une orbite plus petite que celle de la Terre. Alors que la Terre boucle une révolution autour du Soleil en un an, Mercure ne met que 88 jours à compléter la sienne. Au cours d’une période d’un siècle, on compte seulement 13 ou 14 passages de Mercure entre le Soleil et la Terre.  

Politique

Scheer demandera à Trudeau de relancer les travaux du Parlement le 25 novembre

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer appelle le premier ministre à redémarrer les travaux du Parlement le 25 novembre.

Ce moment surviendrait cinq jours après la désignation prévue par Justin Trudeau de son nouveau conseil des ministres après les élections du mois dernier.

Le porte-parole de M. Scheer, Simon Jefferies, a déclaré que le pays était plus divisé que jamais et que M. Trudeau devait immédiatement rappeler la Chambre des communes pour régler des problèmes urgents.

Cette demande de relance des travaux le 25 novembre figurera au menu de la rencontre du chef de l’opposition officielle avec M. Trudeau, mardi.

M. Jefferies a indiqué que M. Scheer exposera également des éléments particuliers que les conservateurs souhaitent voir dans le discours du Trône, en précisant qu’ils seront fondés sur les priorités du parti pour la prochaine séance législative.

Aux plus récentes élections, les libéraux ont remporté 157 sièges, leur permettant de former un gouvernement minoritaire, tandis que les conservateurs sont arrivés au deuxième rang avec 121 sièges.

Santé

Nouvelle hausse des cas déclarés de la maladie de Lyme au Québec en 2019

Le nombre de cas déclarés de la maladie de Lyme a poursuivi sa progression au Québec cette année pour atteindre un sommet annuel jusqu’ici selon de récentes données du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le bilan du nombre de cas relevés du 1er janvier au 5 novembre derniers fait état de 371 cas déclarés, considérés confirmés ou probables, comparativement à 304 pour l’ensemble de l’année 2018. La pire année jusqu’à l’année en cours avait été 2017, avec 329 cas déclarés.

Encore cette année, l’Estrie a été la région sociosanitaire du Québec la plus touchée avec 139 cas jusqu’ici, ce qui représente plus du tiers du total québécois. Les autres ont été, dans l’ordre, la Montérégie (92), Montréal (62) et l’Outaouais (19).

Depuis 2014, l’Estrie a d’ailleurs été la région du Québec la plus affectée à chaque année, à l’exception de l’an dernier.

En date du 5 novembre dernier, aucun cas de la maladie de Lyme n’avait encore été déclaré pour l’année en cours au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, de même que dans les régions du Nord-du-Québec, du Nunavik et de la Baie-James.

La maladie de Lyme est infectieuse et peut entraîner des manifestations cutanées, neurologiques, articulaires, cardiaques et oculaires. La bactérie se transmet à l’être humain par la piqûre d’une tique infectée.

Les autorités signalent que les cas de maladie de Lyme sont généralement acquis lors d’une piqûre d’une tique au stade de nymphe qui sont plus actives pendant les mois du printemps et de l’été. Toutefois, les tiques au stade adulte, qui sont de la taille d’une graine de sésame, sont plus actives à l’automne. Elles peuvent également être actives l’hiver par temps doux et lorsqu’il n’y a pas beaucoup de neige.

Santé

Formation des superinfirmières: les médecins spécialistes préoccupés

Le gouvernement caquiste traite la formation des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) avec une légèreté déconcertante, estime la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Pourtant, les nouveaux actes que ces infirmières pourront poser comportent leur lot de «risques» et de «conséquences», prévient le syndicat dirigé par Diane Francoeur.

Elle viendra présenter, mardi, son mémoire sur le projet de loi 43, qui accroît l’autonomie des IPS, dites superinfirmières. Elle recommandera entre autres de soumettre les IPS à un programme de développement continu comparable à celui des médecins.

«Le législateur semble considérer que la formation de niveau maîtrise des IPS [cinq ans d’université] suffit comme base de pratique. Cette légèreté déconcerte», relève-t-on dans le mémoire dont La Presse canadienne a obtenu copie.

«La FMSQ a de vives inquiétudes à ce sujet et estime qu’il s’agit là d’un enjeu crucial que l’on traite avec légèreté, en donnant notamment à penser que les actes qui pourront être posés par les IPS sont sans risques ni conséquences. Ce n’est pas le cas.»

Par exemple, les superinfirmières pourront bientôt diagnostiquer toutes les «maladies courantes». Or, selon les spécialistes, certaines maladies courantes, comme les maladies vasculaires, sont «très difficiles à diagnostiquer».

Justice et faits divers

Accusé de harcèlement criminel, un policier de Lévis suspendu

La police de Lévis a suspendu un de ses policiers qui a été accusé, notamment, de harcèlement criminel envers la mère de ses enfants.

Hugues Gagnon, 41 ans, est suspendu avec salaire, confirme Jean-Sébastien Levan, porte-parole du Service de police de Lévis. 

«On confirme que M. Gagnon a comparu pour des accusations criminelles en lien avec sa vie privée, sa vie personnelle. On laisse les tribunaux faire leur travail», dit M. Levan. 

Le policer a comparu le 22 août au palais de justice de Québec, où il a fait face à trois chefs d’accusation. 

M. Gagnon est accusé d’avoir harcelé la mère de ses enfants entre le 1er octobre 2018 et le 10 avril 2019. Il est aussi accusé d’avoir tenté de s’introduire par effraction dans une maison d’habitation le 3 avril 2019. 

De plus, le policier est accusé d’avoir volontairement tenté d’entraver, de détourner ou de contrecarrer le cours de la justice le 9 avril 2019. 

Les circonstances entourant ces trois accusations restent pour le moment floues. 

Afin de rester en liberté, le policier s’est engagé en avril à respecter plusieurs conditions. Il doit s’abstenir de communiquer avec la plaignante, sauf pour la garde des enfants, et uniquement par texto. Il a aussi promis de s’abstenir de communiquer avec un «ami» de la mère de ses enfants. 

Hugues Gagnon s’est aussi engagé à ne plus posséder d’armes à feu et à remettre celle qu’il portait pour son travail à un capitaine ou à un sergent au poste de police du boulevard Guillaume-Couture. 

M. Gagnon reviendra en cour le 16 décembre pour la suite des procédures judiciaires. 

Vérification faite

Vérification faite: l’immigration tire-t-elle les salaires vers le bas?

L’AFFIRMATION: «C’est un jeu d’offre et de la demande. Plus il y a de main-d’œuvre au Québec, plus on peut garder les salaires bas, plus on est capable de trouver des employés à 12-15 $ de l’heure. Il faut être prudent. Ma responsabilité, c’est de défendre les intérêts des Québécois», a déclaré le premier ministre François Legault, la semaine dernière, pour répondre aux critiques des chambres de commerce au sujet de sa réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en immigration. Cette réforme a été abandonnée depuis, mais voyons quand même si l’immigration tire vraiment les salaires vers le bas.

LES FAITS

Le raisonnement de M. Legault peut se défendre, car l’idée que plus une chose est abondante, moins elle vaut cher, est effectivement une des «lois fondamentales» des sciences économiques. Et elle vaut pour les biens comme pour le marché du travail : en théorie, quand il y a beaucoup de chômeurs (l’«offre» de travail) qui veulent combler les postes disponibles (la «demande»), on peut s’attendre à ce que les salaires déclinent.

En pratique, cependant, le marché du travail est plus compliqué que ça, entre autres parce qu’il n’y a pas «un» grand bassin de chômeurs qui se battent pour combler un bassin unique d’emplois — chaque personne a ses qualifications qui les dirigent vers certains postes plutôt que d’autres. Et le marché du travail peut s’ajuster de diverses manières à la disponibilité de la main-d’œuvre.

Si bien que quand les économistes regardent l’effet de l’immigration sur les salaires, la plupart ne trouvent rien, ou presque. Tous ceux à qui Le Soleil a soumis la question (Serge Coulombe de l’Université d’Ottawa, Nicholas Lawson de l’Université de Montréal, Pierre Fortin de l’UQAM, ainsi que Bernard Fortin et Guy Lacroix de l’Université Laval) s’entendent pour dire qu’il est difficile de mesurer l’impact de l’immigration sur les salaires, mais que les études qui l’ont fait ont généralement constaté un effet faible et à court terme. Même son de cloche dans une revue de littérature parue récemment dans Options politiques et dans un rapport de l’Institut du Québec paru au printemps.

Il semble que c’est surtout dans des cas extrêmes que l’on parvient à «voir» un effet négatif sur les salaires. Par exemple, pendant cinq mois en 1980, le régime castriste a permis à ses citoyens de quitter Cuba. Plus de 125 000 personnes ont saisi l’occasion, et la plupart sont allés s’établir à Miami. Cette grande ville floridienne a alors vu sa main-d’œuvre gonfler de 7 % en seulement quelques mois, et la majorité de ces nouveaux arrivants avaient tous le même profil «peu qualifié» — 56 % n’avaient jamais atteint l’école secondaire. Mais quand l’économiste américain David Card a regardé l’effet sur le marché du travail de Miami, il a réalisé que les salaires et les taux d’emploi des «natifs» n’ont que peu diminué comparés à d’autres villes américaines semblables, et qu’au bout de trois ans, toute apparence d’impact négatif avait disparu.

Ces conclusions ont été débattues par la suite et le sont encore, mais d’autres études sont arrivées aux mêmes conclusions. Ainsi, l’économiste Jennifer Hunt (une ancienne de l’UdeM et de McGill, maintenant à Rutgers) a trouvé que quand la France a rapatrié environ 900 000 personnes d’Algérie en l’espace d’un an en 1962, l’effet négatif sur le chômage au bout de cinq à six ans fut «au maximum de 0,3 point de pourcentage» et celui sur les salaires «au maximum de 1,3 %».

Une des raisons pour expliquer la faiblesse de cet effet — ou du moins, la difficulté à le mesurer — est que les immigrants ne font pas qu’occuper des postes, dit Nicholas Lawson, de l’UdeM. «Ils sont aussi des consommateurs, ils vont acheter des choses, et s’ils sont peu qualifiés, ils vont peut-être acheter des produits et services d’autres travailleurs non qualifiés», et leur présence va ainsi créer d’autres emplois, explique-t-il. D’autres facteurs peuvent aussi entrer en ligne de compte, comme une complémentarité entre les compétences des immigrants et des travailleurs locaux, ou encore qu’un accroissement de la population active incite parfois des employeurs à embaucher, lit-on dans le rapport de l’Institut du Québec.

En outre, il est loin d’être clair que des exemples comme celui de Miami s’appliquent bien à la réalité québécoise, puisque les immigrants qui s’installent au Canada sont en moyenne beaucoup plus instruits que l’étaient les réfugiés cubains de 1980 : les deux tiers détiennent une formation postsecondaire, et c’est même 72 % au Québec. «Alors ces gens-là ne concurrencent pas les travailleurs à faible revenu, dit Guy Lacroix, de l’UL. […] Ça prendrait vraiment un raz-de-marée pour qu’ils viennent affecter le revenu des travailleurs canadiens.»

Cela dit, «pas d’impact sur les salaires» ne signifie pas «aucun effet sur le marché du travail», nuance Serge Coulombe, de l’UO. Ses travaux ont montré qu’au Québec, les «travailleurs étrangers temporaires» ont un effet direct sur les migrations interprovinciales : plus on embauche de ces «temporaires», moins le Québec attire de travailleurs des autres provinces, possiblement parce qu’il y a alors moins de postes disponibles. M. Coulombe n’a toutefois pas trouvé le même genre d’effet pour l’immigration générale, issue du système régulier de sélection des immigrants.

M. Coulombe est aussi d’avis que «dans la conjoncture actuelle» où bien des employeurs peinent à combler leurs postes vacants, les salaires devraient s’accroître si on laissait les lois du marché agir seules — ou alors certains secteurs de l’économie réduiraient leurs activités. Prise en ce sens, dit-il, la déclaration de M. Legault serait plus vraie dans la mesure où l’immigration, en comblant en partie cette rareté de la main-d’œuvre, empêcherait les salaires d’augmenter autant que s’il y avait moins de nouveaux arrivants.

LE VERDICT

Exagéré. Il est difficile de mesurer l’impact de l’immigration sur les salaires, mais les études qui l’ont fait ont pour la plupart trouvé un effet faible et à court terme. L’immigration peut cependant avoir d’autres impacts sur le marché du travail et l’économie.

Justice et faits divers

Quatre ans de prison pour le pédophile récidiviste Karl Audet

Le pédophile récidiviste Karl Audet, qui avait plaidé coupable l’an dernier à une accusation de possession de pornographie juvénile et à une autre d’avoir fait défaut de se conformer à une ordonnance de surveillance de longue durée (OSLD), a été condamné lundi à quatre ans d’emprisonnement.

Après quelques années de criminalité anonyme, Karl Audet s’était fait connaître en 2012 lorsque, avec sa conjointe de l’époque Julie Viel, il avait tendu un piège à une enfant de 9 ans. Le couple avait réussi à attirer la petite fille chez eux et Audet avait pu toucher la vulve de l’enfant et faire une courte vidéo pornographique. Audet a plaidé coupable, mais niait toute déviance.

Pour son crime, Audet a été condamné en 2014 à une peine de cinq ans d’emprisonnement. Sa période de détention s’est toutefois allongée de six mois après qu’il se soit fait prendre, dans sa cellule du pénitencier, avec des photos de pornographie juvénile cachées dans une Bible. Encore là, Audet disait que les images étaient destinées à la vente aux codétenus, pas à assouvir ses instincts.

Karl Audet a intégré la maison de transition Marcel-Caron à Québec en septembre 2017. Déclaré délinquant à contrôler pour une période de 10 ans, Audet fait l’objet d’une OSLD qui lui interdit de posséder ou d’utiliser un ordinateur ou tout autre dispositif électronique lui permettant d’avoir accès sans surveillance à Internet. 

Au printemps 2018, Audet s’est fait prendre à utiliser un téléphone intelligent. La fouille de l’appareil permettra de récupérer 92 fichiers de pornographie juvénile et 45 images de nudité juvénile. Quelques semaines auparavant, Google avait dénoncé le téléchargement de 50 fichiers de pornographie juvénile par l’appareil de Karl Audet.

C’est cette dernière infraction qui a ramené Audet devant la cour. Il a plaidé coupable en août 2018 à un chef de possession de 137 fichiers de pornographie et de nudité juvénile, et à un autre d’avoir fait défaut de se conformer à une OSLD. 

La poursuite réclamait entre quatre et cinq ans d’emprisonnement, alors que la défense suggérait de 28 à 32 mois. 

Risque élevé de récidive

Lors des représentations sur la peine, cet été, Karl Audet s’était excusé auprès de ses victimes directes et indirectes, et avait reconnu pour la première fois être un pédophile. L’agression sexuelle subie à l’âge de cinq ans n’excuse rien, avait-il admis, mais expliquerait selon lui ses comportements déviants.

Le juge Christian Boulet a justifié la peine imposée à Audet notamment par «la problématique pédophilique ancrée de l’accusé» et par le risque élevé de récidive. «Je suis d’avis, sans mettre de côté la réhabilitation, que l’objectif de dissuasion est primordial dans les circonstances, compte tenu qu’il s’agit d’une deuxième récidive en semblable matière depuis sa condamnation en 2014», a souligné le juge Boulet. 

Il ne reste à Karl Audet que 32 mois de prison à purger compte tenu de sa détention préventive. L’homme de 37 ans sera par ailleurs inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité. Il lui sera également interdit à vie de posséder un ordinateur et de se trouver dans des endroits fréquentés par des mineurs.  Avec Isabelle Mathieu

Éducation

L’Université Laval offrira de nouveau son cours gratuit sur le TDAH

L’Université Laval revient avec son cours gratuit sur le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) pour la session d’hiver. Plus de 10 000 ont suivi le cours à l’automne.

Étant donné la popularité du sujet et la forte demande, l’UL offrira de nouveau sa formation en ligne sur le TDAH. Il s’agissait de son cinquième MOOC (massive open online course), ces cours en ligne, gratuits et ouverts à tous. 

La formation propose un tour d’horizon du trouble de l’attention, fondé sur la littérature scientifique récente. Les participants pourront mieux comprendre les symptômes et les manifestations. Diverses approches d’intervention sont aussi observées.

Deux cheminements du cours sont offerts. Le premier pour les parents d’enfants âgés de 5 à 17 ans qui présentent un TDAH, le deuxième pour le personnel scolaire de ces élèves. Les deux parcours abordent les mêmes sujets, mais suggèrent des activités plus adaptées à la réalité de chaque contexte d’intervention, soit le milieu familial ou scolaire. 

La formation se tiendra du 24 février au 13 avril 2020, et il est possible de s’inscrire jusqu’au 2 mars. Le nombre de places est illimité. 

> Pour s’inscrire

LIRE AUSSI : Un cours gratuit sur le TDAH 

Justice et faits divers

Délits sexuels sur des mineurs: l'ancien chroniqueur culinaire François Robert plaide coupable

L’ancien chef cuisiner et chroniqueur culinaire à l’émission Salut Bonjour Week-end François Robert a plaidé coupable lundi à une kyrielle de délits sexuels commis sur des mineurs et échelonnés sur une décennie.

Les quatre victimes de Robert étaient âgées de moins de 16 ans au moment des événements, qui se sont déroulés entre 2006 et 2016. L’homme dans la cinquantaine a plaidé coupable à plusieurs accusations de contacts sexuels, d’incitation à des contacts sexuels, d’obtention de services sexuels de mineurs moyennant rétribution et de leurre informatique. Il a également reconnu avoir commis une agression sexuelle sur un jeune de 14 ans en 2016. Les gestes ont été posés chez lui, à Québec, de même qu’à Saint-Jérôme.

Propos salaces

Robert communiquait avec ses victimes par l’entremise de sites de rencontres et de réseaux sociaux, dont il se servait sous le pseudonyme de «Franck James». Des propos à connotation sexuelle étaient rapidement échangés, après quoi l’accusé fixait des rendez-vous avec les adolescents. 

François Robert a obtenu de trois de ses victimes des fellations et des relations sexuelles complètes moyennant rétribution. À une occasion, il a eu une relation anale complète malgré le refus de l’adolescent, d’où l’accusation d’agression sexuelle déposée contre lui. 

Les accusations de leurre concernent notamment un policier de la SQ qui s’est fait prendre pour un jeune de 15 ans. Selon la preuve de la poursuite, le policier aurait fait croire à François Robert qu’il avait «besoin d’argent», ce à quoi l’accusé aurait répondu que ça pouvait «s’arranger». 

Arrêté dans un stationnement

Une rencontre a été fixée le 15 juin 2016 dans le stationnement d’un centre commercial de Québec, où Robert a été arrêté. En fouillant dans son téléphone, les policiers ont trouvé des échanges à connotation sexuelle avec des garçons de moins de 16 ans, ce qui a mené à d’autres accusations de leurre.

François Robert connaîtra sa peine le 4 décembre.