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Actualités

Vingt pompiers forestiers du Québec partent combattre les feux en Australie

MONTRÉAL — Vingt pompiers forestiers du Québec s’envoleront dimanche pour l’Australie afin de contribuer à la lutte contre les incendies gigantesques qui ravagent le pays depuis septembre et qui ont fait au moins 27 morts, selon les médias australiens.

Nicolas Ouellet est l’un d’eux. Ce Sherbrookois, qui travaille depuis 12 ans pour la SOPFEU, est rattaché à la base de Duchesnay, près de Québec.

Comme 68 autres collègues canadiens, M. Ouellet va d’abord converger vers Vancouver d’où cette deuxième vague de pompiers forestiers canadiens s’envolera à destination de l’Australie.

«Je n’ai jamais eu de mandat à l’extérieur, donc c’est mon premier», reconnaît d’emblée Nicolas Ouellet en entrevue à La Presse canadienne avant son départ.

«Ça demande une bonne discussion familiale et une bonne organisation pour partir quasiment 40 jours», raconte ce père de famille qui laisse derrière lui son fils de trois ans et sa conjointe, non sans préciser que sa décision est acceptée par la famille.

«Oui, absolument! Je vous dirais même qu’il y a une petite partie de fierté qui apparaît, dit-il en référence à ses proches.»

«Si des gens sont capables de s’impliquer, je pense que ça vaut la peine, souligne le pompier. Les gens ont beaucoup perdu là-bas. Ils vivent l’enfer. Le petit geste qu’on peut faire fera peut-être une grosse différence.»

Les Québécois nombreux

À la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), le coordonnateur à la prévention et aux communications Stéphane Caron souligne à quel point on était agréablement surpris par le nombre de pompiers forestiers qui se sont portés volontaires pour cette mission de 31 jours, d’autant plus que la plupart des pompiers forestiers du Québec occupent un autre emploi durant l’hiver.

«Dès la fin novembre, la SOPFEU a commencé à faire le tour de ses pompiers qui ne sont pas en ce moment à l’emploi, parce que notre saison de feux, c’est l’été, affirme M. Caron. On a fait le tour de tout le monde pour savoir qui était prêt à aller en Australie si l’on avait besoin d’aide et après ça, la demande est venue réellement et le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC) a coordonné l’aide en faisant le lien avec les différentes provinces.»

Par ailleurs, 28 spécialistes canadiens en gestion des feux sont déjà arrivés à Melbourne, ce week-end, selon ce qu’a indiqué le CIFFC sur son compte Twitter. Parmi eux, il y a les Québécois Garry Pearson de la base de Maniwaki, Hugo Bergeron de la base de Duchesnay et Alain Lajeunesse, gestionnaire des équipes de feux majeurs de la SOPFEU.

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Actualités

Le virage vers l’électricité du Salon de l’auto ne suffit pas, disent des écolos

MONTRÉAL — Le Salon de l’auto de Montréal consacre une section de plus en plus importante aux véhicules électriques et aux technologies permettant de se déplacer sans énergie fossile. Cette approche se veut en accord avec les transformations sociales actuelles quoique des écologistes ne le voient pas du même oeil.

Tout le «niveau 7» du salon organisé au Palais des congrès de Montréal est consacré à la «Zone électrique». On y trouve une vingtaine de modèles de véhicules électriques de divers constructeurs, les nouvelles technologies de bornes de recharge ou de moteurs disponibles pour convertir des véhicules lourds.

En milieu de journée samedi, la zone réservée à ces véhicules zéro émission de gaz à effet de serre était bondée. Selon le porte-parole Denis Talbot, la clientèle réclame cette offre.

«Les clients ne veulent pas juste voir de gros camions qui consomment beaucoup d’essence. Ce sont de jeunes familles, avec des enfants, et ils veulent faire le virage écologique, mentionne l’animateur et producteur de télévision spécialisé en nouvelles technologies.

D’après des données contenues dans le rapport sur l’État de l’énergie au Québec 2020, produit par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, on comptait 31 864 véhicules entièrement électriques en circulation au Québec, en 2018, et environ le même nombre de véhicules hybrides.

«Les gens ont déjà fait le virage à la maison avec le recyclage, le compost, ils changent leurs habitudes. Là, on est tanné de mettre de l’essence dans le véhicule», ajoute M. Talbot.

Cette année, on fait même un pas de plus en direction de la mobilité durable en offrant une place aux vélos et aux trottinettes électriques. Des modes de transport que l’on pourrait s’étonner de voir dans un salon de l’auto.

«C’est une façon de se déplacer aussi! Quelqu’un qui a un condo à Montréal n’a peut-être même pas besoin d’un véhicule, concède Denis Talbot. On a de petits véhicules, mais on a aussi des trottinettes, des vélos qui nous donnent autant de mobilité et qui permettent de profiter des infrastructures de la ville.»

Selon le porte-parole, la volonté des organisateurs est de répondre à tous les besoins de mobilité des visiteurs.

Contre la «culture du char»

La tenue de l’événement annuel vantant les vertus de la voiture a donné l’occasion aux manifestants écologistes d’Extinction rébellion (XR) d’identifier une nouvelle cible. Une quinzaine de militants se sont réunis à la Place Jean-Paul Riopelle, tout près du Palais des congrès avant d’entrer pour scander leurs slogans.

Pour les membres de l’organisation qui lutte contre les changements climatiques, ce salon glorifie la «culture du char» et cela représente «un obstacle majeur à l’établissement de structures de mobilité durable», peut-on lire sur la page Facebook du groupe.

La porte-parole désignée par XR Québec, Coralie Laperrière, a parlé d’une manifestation «contre la dépendance à la voiture» qu’encourage le Salon de l’auto de Montréal.

Elle s’est par ailleurs défendue de viser les automobilistes eux-mêmes qui sont trop souvent automobilistes malgré eux.

«C’est dommage que les gens pensent qu’on en a contre les automobilistes. Au contraire, on pense qu’il faudrait avoir plus de solutions pour les automobilistes. Ce n’est pas normal qu’au Québec on entende la phrase : «On est obligé d’avoir une voiture pour se déplacer»», explique la manifestante.

Selon elle, c’est aux gouvernements de mettre en place des structures de mobilité durable pour que les gens puissent véritablement faire le choix de ne pas avoir de voiture.

«C’est le deuxième poids sur les finances personnelles après l’habitation. On est obligé de se loger, mais on ne devrait pas être obligé d’avoir une voiture», dénonce-t-elle.

Selon les données du rapport sur l’État de l’énergie au Québec 2020, les ventes d’essence ont fracassé un record dans la province en 2018. Pour la première fois de l’histoire, les Québécois ont consommé plus de dix milliards de litres d’essence, plus précisément 10,6 milliards.

En réponse aux efforts des organisateurs du Salon de l’auto de Montréal de mettre en valeur les véhicules électriques, Coralie Laperrière estime que l’on ne s’attaque pas au bon problème.

«Il faut vraiment s’éloigner du modèle auto-solo. Si l’on changeait toutes les voitures à essence, demain matin, pour des voitures électriques, ça ne règlerait pas le problème de la congestion et de l’étalement urbain», observe-t-elle.

Pour XR, le véritable enjeu est le transport en commun, le transport durable, partout au Québec.

Actualités

Classe-E: un nouveau concept d'entraînement [VIDÉO]

Le Classe-E Entraînement hybride, vous connaissez? La kinésiologue Sarah Beausoleil explique le nouveau concept qu’elle propose, dont l’objectif est d’«optimiser la santé mentale des jeunes professionnelles et mères de famille».

Des cours gratuits en périnatalité sont d’ailleurs proposés depuis le 15 janvier et jusqu’au 19 février au Décathlon Sainte-Foy.

Santé

Comment revenir au travail ou aux études après un cancer ?

MONTRÉAL — Un nouveau dossier thématique mis en ligne par la Fondation québécoise du cancer donne quelques pistes aux adolescents et aux jeunes adultes qui doivent reprendre les études ou le travail après une longue absence pour maladie.

Le dossier «Retour au travail ou aux études» est le sixième à être mis en ligne sur le portail du Programme à Félix, cancer15-39.com. Les autres traitent de questions comme la sexualité, la grossesse, la parentalité et les émotions.

«Dans le Portail à Félix, en général on s'attarde à donner le plus d'information possible aux jeunes qui sont atteints de cancer, et l'aspect retour au travail, retour aux études revient souvent, a expliqué Anne-Marie Drolet, qui est technicienne en documentation à la Fondation québécoise du cancer. Évidemment, ce sont des jeunes qui sont en début de carrière, ou aux études, qui vivent plein de difficultés et de remises en question. Alors ce dossier-là du retour aux études ou au travail est vraiment quelque chose qui est important à leurs yeux.»

Composée d'infirmières en oncologie et de documentalistes, l'équipe Info-cancer de la Fondation québécoise du cancer tente de répondre à quelques-unes des principales questions que se posent des jeunes qui doivent reprendre une vie active au terme d'une expérience qui aura très certainement complètement chamboulé leur existence.

Les réponses qu'on y retrouve concernent notamment ce qu'on doit (ou ne doit pas) divulguer aux collègues ou au patron, le sentiment de culpabilité qu'on peut ressentir d'avoir besoin d'un congé de maladie aussi jeune, la fatigue qui accompagne souvent les traitements et le soutien dont on pourra avoir besoin pour reprendre le cours normal des choses.

D'autres réponses s'ajouteront prochainement.

«C'est général dans la population qui a été atteinte de cancer, tout ce qui est retour au travail, retour à une certaine normalité, mais c'est particulièrement vrai chez les jeunes adultes, a dit Mme Drolet. Les données scientifiques probantes tendent aussi à souligner ce besoin-là chez les jeunes, de plus de formation.»

Un jeune de 15 ou 16 ans pourra devoir réviser son choix de carrière si jamais ses capacités cognitives ou physiques ont été touchées à long terme, ou encore si sa façon de se percevoir ou son identité ont été changées. Pour un adulte, il pourra s'agir d'enjeux financiers ou professionnels: certains pourront devoir revenir chez leurs parents, d'autres se demanderont comment expliquer ce «trou» dans leur curriculum vitae.

«Parfois la gêne. Parfois un sentiment de culpabilité. Une nervosité. La peur de ne pas être capable d'effectuer le travail qu'on faisait avant, la peur d'être jugé par les collègues, a résumé Mme Drolet. Pour plusieurs c'est créateur d'anxiété, de là l'importance de se préparer au retour le plus possible.»

Règle générale, donc, jeunes et vieux se sentent mal outillés quand vient le temps de reprendre leur vie après leur traitement.

«Le retour à la normalité quand la vie a changé, la façon de se réadapter, de reprendre contact dans cette société de performance, c'est vraiment quelque chose qui ressort, a souligné Mme Drolet. On a l'impression, très très fausse, qu'au dernier traitement (contre le cancer) voilà, on tourne la page et c'est fini. Mais ça continue, et là on est moins pris en charge aussi par le système de santé. Alors ces questions-là se posent, absolument.»

Le portail du Programme à Félix, cancer15-39.com, a été créé en 2016. Plus de 20 000 l'ont consulté en 2019, dont une majorité qui avait entre 25 et 34 ans. On estime qu'un Québécois sur deux sera confronté au cancer.

Environnement

Des secteurs de Terre-Neuve ont reçu plus de 70 centimètres de neige [PHOTOS]

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Environnement Canada a mis fin samedi matin à l'avertissement de blizzard lancé pour la région de Saint-Jean, sur l'île de Terre-Neuve, mais la population n'est pas encore au bout de ses peines.

L’état d’urgence demeurait en vigueur. Par ailleurs, des avertissements de tempête ont été lancés pour d’autres régions de l’est de Terre-Neuve, notamment la péninsule de Bonavista, Bonavista North et la baie des Exploits.

Des chutes de neige intenses ont immobilisé vendredi Saint-Jean et plusieurs autres localités de la province. Les précipitations ont dépassé les 70 centimètres de neige dans certains secteurs.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a officiellement demandé une demande d’assistance au gouvernement fédéral. Il a notamment demandé le déploiement de troupes militaires.

Le gouvernement fédéral a accepté la demande de la province. En fin d’après-midi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué sur Twitter que «l’aide est en route.»

«Les ministres Bill Blair, Harjit Sajjan et Seamus ORegan travaillent avec le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador pour s’assurer que les gens de T.-N.-L. reçoivent le soutien dont ils ont besoin. Nous nous en sortirons ensemble», a-t-il écrit.

Éducation

Les prêts aux étudiants fédéraux sous la loupe du vérificateur général

OTTAWA — Le programme fédéral des prêts aux étudiants est sous la loupe du vérificateur général qui cherche notamment à savoir s'il aide les étudiants à prendre des décisions financières mieux éclairées, selon de nouveaux documents.

La vérification, prévue d'ici avril, examinera l'efficacité avec laquelle deux agences fédérales participant au programme — Emploi et Développement social Canada (EDSC) et l'Agence du revenu du Canada — ont géré les «risques pour le Trésor public» en distribuant de l'argent aux étudiants.

Un autre élément de la vérification portera sur les «activités de recouvrement des prêts étudiants» des ministères, et une troisième piste d'enquête évaluera dans quelle mesure l'Agence de la consommation en matière financière du Canada a travaillé pour améliorer la littératie financière des étudiants.

Bien que le rapport du vérificateur général ne soit pas publié avant des semaines, les détails de haut niveau de la vérification figurent dans une note d'information obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le document préparé pour le plus haut fonctionnaire d'Emploi et Développement social Canada note que les travaux de vérification sont en cours depuis mai 2019.

Le bureau du vérificateur général ne commente généralement pas les examens avant qu'ils ne soient rendus publics et a refusé d'en discuter, le qualifiant de «prématuré» de le faire.

De même, EDSC a déclaré dans un communiqué qu'il n'était pas «libre de divulguer des informations relatives à une vérification en cours», tandis que l'Agence de la consommation en matière financière du Canada a énuméré ses efforts, y compris les ressources offertes aux enseignants et aux bureaux d'aide financière, lorsqu'on lui a demandé toutes les données sur la performance de l'agence.

Les prêts étudiants fédéraux en cours totalisent environ 17 milliards $, et le gouvernement fédéral abandonne régulièrement le remboursement de certains d'entre eux parce que le débiteur a fait une faillite personnelle ou est disparu.

L'enseignement de la littératie financière doit avoir lieu bien avant l'arrivée des étudiants dans les collèges et universités, mais ce n'est pas la seule solution pour aider les personnes endettées, soutient Trina James, trésorière nationale de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants.

Mme James espère que le prochain budget fédéral permettra de réduire directement les coûts de l'éducation.

«Lorsque nous cherchons à savoir pourquoi de nombreux étudiants sont en défaut de paiement, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas en mesure de gérer leur argent, c'est principalement parce qu'une grande partie des coûts associés à l'accès aux études postsecondaires continuent d'augmenter», soutient-elle.

Les bourses et prêts d'études canadiens ne sont pas offerts aux étudiants québécois puisque le Québec a son propre programme d'aide.

Politique

Les ministres fédéraux se rencontrent pendant trois jours à Winnipeg

OTTAWA — Le gouvernement fédéral renoue avec ses rencontres périodiques à l'extérieur de la capitale nationale.

À compter de dimanche, le premier ministre Justin Trudeau et ses 36 ministres seront réunis pendant trois jours à Winnipeg pour discuter des priorités du gouvernement et, surtout, de stratégie parlementaire puisque les libéraux ne sont pas majoritaires à la Chambre des communes.

Cette retraite ministérielle sera suivie d'une autre rencontre de trois jours à laquelle seront conviés l'ensemble des députés libéraux à Ottawa en vue de préparer la reprise parlementaire du 27 janvier. Il s'agira de la première séance de travail prolongée du caucus depuis les élections d'octobre.

Parmi les sujets qui seront à l'ordre du jour figurent «les défis d'un monde incertain», selon l'expression du gouvernement. Ce thème tombe à point à la suite de l'écrasement d'un avion, abattu par erreur par l'Iran, qui a coûté la vie à 176 personnes, dont 57 citoyens canadiens et 29 résidents permanents.

Le choix de Winnipeg est une marque de reconnaissance de la division entre l'est et l'ouest du pays. Les libéraux ont totalement été éliminés par les électeurs albertains et saskatchewanais irrités par les politiques environnementales du gouvernement qui, selon eux, ont grandement nui au secteur des ressources naturelles.

Le Manitoba, où les libéraux ont perdu trois des six sièges qu'ils détenaient, est un territoire un peu plus convivial. Le premier ministre de la province, Brian Pallister, a déjà indiqué sa volonté d'essayer de combler le fossé entre le gouvernement fédéral et ses collègues conservateurs des Prairies.

Justin Trudeau doit rencontrer séparément M. Pallister ainsi que le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

«En octobre, les Canadiens ont fait savoir qu'ils voulaient un gouvernement qui trouve des terrains d'entente et fait en sorte que les gens à travers le pays profitent d'une économie moderne, solide, et en pleine croissance. C'est exactement ce que notre gouvernement fera», a déclaré M. Trudeau, dans un communiqué de presse diffusé plus tôt cette semaine.

Au cours de son premier mandat, le gouvernement Trudeau avait tenu huit rencontres de travail prolongées à l'extérieur d'Ottawa, dont deux en Alberta.

Avant même le début de la rencontre, la leader de l'opposition à la Chambre des communes, Candice Bergen, qui représente une circonscription du Manitoba, l'a jugé futile, accusant le gouvernement de ne pas vouloir modifier ses «politiques ratées» comme la taxe sur les émissions de carbone rejetée par les électeurs des Prairies.

«Si c'est un effort sincère, les libéraux de Trudeau devraient rencontrer directement les Manitobains afin de comprendre comment leurs politiques rendent la vie plus difficile», a-t-elle lancé vendredi dans un communiqué de presse.

La rencontre portera aussi sur des questions plus prosaïques comme l'état de l'économie, la préparation du prochain budget, les promesses électorales à réaliser, la lutte contre les changements climatiques, le renforcement du contrôle des armes et la réconciliation avec les peuples autochtones.

Une séance sera réservée pour discuter des stratégies à adopter dans le cadre d'un parlement minoritaire.

Différentes personnalités ont été invitées pour renseigner les ministres comme les économistes Armine Yalnizyan, Kevin Milligan et Andrew Leach ainsi que la climatologue Katherine Hayhoe ou le statisticien en chef du Canada, Anil Arora.

Le président de Trans Mountain, Bill Downe, et Linda Coady, qui dirige un comité conseillant le gouvernement sur les consultations à mener avec les communautés autochtones réclamant une part du gâteau, viendront présenter une mise à jour du projet d'oléoduc.

Politique

Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction au PQ

MONTRÉAL — L’avocat Paul St-Pierre Plamondon a annoncé samedi qu’il se lançait dans la course à la succession à Jean-François Lisée au Parti québécois (PQ).

M. St-Pierre Plamondon en a fait l’annonce sur sa page Facebook.

«Je suis très content de vous annoncer que ma réflexion est terminée et que je serai candidat à la direction du Parti québécois», a-t-il écrit.

D'hier à aujourd'hui

La rue de la Croix-Rouge en 1971

Le croisement des rues de la Croix-Rouge et de la Pointe-aux-Lièvres, en janvier 1971. Pour la petite histoire, notons que l’entreprise Dorchester Radio Télévision se spécialise dans les radios d’autos.

Quelques mois plus tard, la Ville de Québec fait démolir ses bâtiments, jugés «vétustes et disgracieux». On veut compléter le réaménagement de ce qu’on appelle alors le «boulevard Laurentien». 

La passerelle Adrien-Pouliot est inaugurée en 1984 afin de permettre aux malheureux piétons de survivre à la traversée de la voie rapide. Aujourd’hui, d’autres changements sont annoncés. 

L’autoroute Laurentienne doit être transformée en «boulevard urbain». La passerelle pourrait être démolie. On prévoit aussi l’installation d’un des quatre «pôles d’échanges» (terminus) du nouveau système de transport en commun. 

Source : monsaintroch.com

Justice et faits divers

Des tarifs «insultants» pour la défense en Cour d’appel

Quel avocat sain d’esprit travaillerait pour l’équivalent de 2,86 $ de l’heure?

C’est la question que l’avocat de la défense Me Sébastien St-Laurent pose à la Cour d’appel, en dénonçant les tarifs d’aide juridique qui, dit-il, violent le droit de son client Bryan Demers-Thibeault, 34 ans, d’être représenté par l’avocat de son choix en procédures d’appel.

En mai 2017, Demers-Thibeault, a été acquitté d’un meurtre au premier degré. La Couronne affirmait qu’il avait tué Stéphane Cormier en 2011 à Drummondville. C’est Me St-Laurent qui a représenté Demers-Thibault durant les cinq semaines de procès devant jury, avec un tarif d’aide juridique d’environ 800 $ par jour.

La Couronne réclame un nouveau procès contre Demers-Thibeault, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie adulte derrière les barreaux. Il purge d’ailleurs une peine de prison à perpétuité pour le meurtre de son co-chambreur Robert Lepage à Québec en 2014.

L’audition en Cour d’appel est prévue pour le 31 mars prochain.

Demers-Thibeault est toujours admissible à l’aide juridique. Mais les tarifs, en Cour d’appel, n’ont rien à voir avec ceux prévus au règlement gouvernemental pour les procès pour meurtre en première instance.

Au total, Me St-Laurent touchera 800 $ pour la rédaction d’un mémoire afin de répondre aux arguments du ministère public qui tiennent sur... 2317 pages.

L’avocat de défense, qui a fait une trentaine de procès devant jury en 20 ans de pratique, évalue qu’il aura besoin de 280 heures de travail pour faire le mémoire. D’où le taux horaire de 2,86 $. 

À la toute fin d’un dossier, un avocat peut réclamer une bonification du montant en raison de considérations spéciales. Il n’a toutefois aucune garantie de l’obtenir.

L’avocat est convaincu que les tarifs «dérisoires et insultants» violent l’article 7 de la Charte des droits et libertés du Canada qui protège l’autonomie et les droits juridiques personnels d’un individu contre les actions du gouvernement.»

«Le Gouvernement du Québec, avec l’aide du Barreau du Québec qui ratifie l’Entente depuis de très nombreuses années, a institutionnalisé le travail bâclé et négligé en ne payant pas les avocats acceptant des mandats d’aide juridique de façon décente, écrit Me St-Laurent dans sa requête en Cour d’appel. Les avocats acceptant l’aide juridique, comme tout travailleur, fournissent une prestation de services équivalant à la rémunération reçue : la qualité du travail effectué est le reflet des honoraires payés. Ce système permet certainement au Gouvernement du Québec d’économiser des sommes d’argent importantes, mais au détriment de la protection du public et des droits constitutionnels des accusés.»

L’avocat de la défense a donc refusé de prendre le mandat d’aide juridique pour Demers-Thibeault. En raison de la complexité du dossier et de la gravité de l’enjeu, il demande à la Cour d’appel de le désigner comme avocat dans la cause et d’ordonner à l’État de payer ses honoraires. L’avocat réclamera 400 $ par période de préparation et d’audition pour un maximum de 70 périodes.

Un permanent de l’aide juridique

La Commission des services juridiques est intervenue au dossier parce qu’elle a une autre solution; elle peut désigner un avocat permanent de l’aide juridique à Sherbrooke pour défendre Bryan Demers-Thibeault en Cour d’appel.

C’est ajouter l’injure à l’insulte, rétorque Me St-Laurent. La Commission des services juridiques, qui ne veut pas payer des tarifs décents à l’avocat choisi par le justiciable, imposera son propre avocat, résume-t-il. «Je vous soumets que ça touche l’intégrité du système judiciaire», plaide Me St-Laurent, dans une salle d’audience remplie d’avocats de la défense.

Assis au bout d’une grande table de réunion, dans une salle du pénitencier, Bryan Demers-Thibeault écoute le débat par le truchement de la visioconférence.

Les juges de la Cour d’appel ont pris la requête en délibéré.

Environnement

Inondations de 2019 en Beauce: le moral aussi a bu la tasse

Julie Cliche est directrice générale de Vallée-Jonction, municipalité frappée par les inondations du printemps 2019. Vendredi, elle nous a appelés ; elle voulait parler du ressac qui secoue encore les sinistrés.

Cette semaine, Mme Cliche a lu dans Le Soleil le bilan provisoire de l’événement météo qui a particulièrement déstabilisé la Beauce. Elle corrobore le triste constat : les centaines de maisons démolies ou en voie de l’être, dont 22 dans son village ; les chèques d’aide gouvernementale totalisant 100 millions $ dans sa seule région, témoignages de l’ampleur du drame ; les sinistrés qui s’exilent pour refaire leur vie ailleurs…

À LIRE AUSSI: Inondations du printemps 2019 en Beauce: des centaines de maisons démolies

En appelant Le Soleil, Julie Cliche ne voulait toutefois pas seulement confirmer que les stigmates des inondations du printemps défigurent la Beauce.

Mme Cliche voulait aussi parler de l’invisible, de l’intangible douleur. Des âmes en peine. Et de l’abandon ressenti face à l’État québécois.

«Émotivement, c’est difficile»

Quand les flots ont submergé les berges, quand la Chaudière s’est acharnée sur les riverains, le moral de plusieurs a bu la tasse, observe-t-elle, d’une voix douce. «Émotivement, c’est difficile […] Ça bouge plein de choses, c’est vraiment quelque chose.»

Julie Cliche évoque les visites des sinistrés à la mairie pour vendre leur propriété après la démolition de leur maison, après avoir reçu le chèque d’indemnisation gouvernemental. «Encore hier, on a signé une cession de terrain à 1$, parce que c’est la municipalité qui ramasse les terrains à 1$...»

Que lui disent-ils ? «Ils ne dorment pas, ils sont victimes d’insomnie. Ils consultent tous des psychologues. Je leur demande à chaque fois. Tout le monde consulte […] C’est bien beau de recevoir la compensation financière, mais quand tu as tout perdu…»

Plus grosse en 100 ans

Le moral collectif a également été brassé, selon elle. «Les contemporains, on n’a pas vécu la grosse [inondation] de 1917. Ça faisait 100 ans qu’on n’en avait pas eu une grosse. Ça fait que tous les gens qui sont vivants n’avaient jamais vu ça cette hauteur d’eau là. Je pense que tout le monde a subi un choc.»

Et il y a les lots vides, où trônaient jadis des demeures, pour rappeler sans cesse les tragédies. «Il y a plein de trous dans le village. C’est démoralisant, tout le monde est dépassé par les événements. Sur la rue principale, entre autres — c’est quand même notre petit centre-ville —, il y des gros trous.»

Des bâtiments vénérables n’ont pas pu être rescapés. D’autres sont toujours debout, quoique déjà condamnés. «Le vieux bureau de poste que tout le monde a connu, qui était là depuis les débuts ; après ça, le moulin à scie qui est plus vieux que le village ; la maison Chabot qui était juste à côté de la gare… Il y a beaucoup de patrimoine dans ça.»

Le récit de Mme Cliche bifurque ensuite vers le rail. Elle raconte, l’importance du chemin de fer dans l’histoire de Vallée-­Jonction. Elle raconte le tourment des citoyens quand la rivière a gonflé : le ministère des Transports avait stationné des wagons remplis de pierres sur le vieux pont ferroviaire pour qu’il résiste. «L’eau a passé par-dessus. Il grinçait, c’était sinistre, entendre ça. On était certain qu’il partait.» 

Il a finalement tenu le coup. «Mais là, il est tout défait et il y a encore plein de troncs d’arbre coincés dedans.»

Inondable ou pas?

Plusieurs vivent, en outre, dans l’incertitude, déplore la gestionnaire municipale. Le gouvernement a dessiné une Zone d’intervention spéciale (ZIS) sur les cartes. En attendant un plan gouvernemental final, les résidents de cette zone jugée à risque d’inondation ne peuvent pas faire de grands travaux sur leur maison. «La ZIS, ça a été fait par on sait pas qui, mais ce sont des gens qui n’ont jamais mis les pieds ici. On a eu beau les inviter à venir, à voir que leur ligne n’était pas correcte, que ça incluait des maisons qui n’avaient jamais été inondées, ils n’ont jamais bougé de leurs bureaux, ils ne sont jamais venus sur place. […] C’est quelque chose. Ils ne nous ont pas demandé notre avis ; nous on le sait jusqu’où l’eau monte. Mais non, ils nous ont imposé cette zone-là.» 

Une maison dans la ZIS perd de la valeur, même si elle n’a pas été envahie par la Chaudière, regrette-t-elle. 

Le citoyen perd. La mairie perd des taxes. 

La suite?

Julie Cliche évoque maintenant l’avenir : «On essaie de penser au printemps, comment on va réaménager les terrains, pour ne pas les laisser comme ça. Pour essayer de remonter le moral de tout le monde.»

«Aménager des parcs, mettre des bancs, des fleurs… On ne sait pas trop comment on va gérer ça, mais on veut utiliser ça positivement, essayer d’enlever ces trous-là. Pour pas que chacun déprime chaque fois qu’il les voit.»

Et il faut fourbir les armes en prévision de la prochaine crue printanière. «On essaie de rester positifs en se disant que c’est une centenaire, qu’on n’en reverra pas de notre vivant… mais ça regarde mal encore.» La municipalité vient de recevoir des nouvelles inquiétantes au sujet du couvert de glace sur la rivière.


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Santé

La saison grippale est inhabituelle au Québec: trois souches circulent

MONTRÉAL — Au moins trois souches différentes de la grippe circulent actuellement au Québec, ce qui fait de cette saison grippale une saison très inhabituelle et signifie que l’efficacité du vaccin disponible sera fort probablement inférieure à celle de l’an dernier.

Deux souches d’influenza A, les souches H1N1 et H3N2, et une souche d’influenza B sont ainsi en circulation.

«À mon souvenir, et ça fait 20 ou 25 ans que je travaille là-dedans, comme infectiologue et virologue, c’est la première fois que je vois ça, a commenté le docteur Guy Boivin, du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec. Et si on veut aller encore plus dans les détails, il y a plus qu’une souche de H3N2 qui circule, donc ça va plus loin que trois souches qui circulent.»

Cinquante-cinq pour cent des souches actuellement en circulation au Québec sont les souches d’influenza A, contre 45 % d’influenza B. Et au sein de l’influenza A, la souche H3N2 est légèrement plus prévalente que la souche H1N1.

«C’est rare qu’on voie des B en grande quantité si précocement dans la saison grippale, a dit le docteur Boivin. Habituellement, l’épidémie de B [...] on voit ça plus au printemps. Là, l’épidémie de B est arrivée concomitamment avec l’épidémie d’influenza A, et ça, c’est inhabituel, avec un grand nombre de cas également.»

Cette situation a des conséquences bien concrètes, prévient le docteur Boivin : si le vaccin disponible correspond bien à la souche H1N1 qui circule, il n’en est pas de même pour la souche H3N2 (qui est plus répandue) et pour l’influenza B.

«Il y a un mismatch pour deux des trois souches, l’influenza B et l’influenza A H3N2, a-t-il résumé. Le match est bon seulement pour l’influenza A H1N1. On peut penser que l’efficacité vaccinale cette année pour le H3N2 ne sera pas très bonne. Et on sait que la souche H3N2 est celle qui touche particulièrement les personnes âgées, qui sont aux prises avec des pneumonies et parfois malheureusement des décès. Donc ça, c’est un peu problématique.»

Efficacité du vaccin

Les calculs de mi-saison concernant l’efficacité du vaccin seront rendus publics vers la fin du mois de janvier. Le docteur Boivin prédit toutefois qu’on sera loin de l’efficacité de 60 % vue l’an dernier, quand la saison grippale a été dominée par l’influenza A H1N1 contre laquelle le vaccin offrait une protection efficace.

«Je n’ai pas d’explication scientifique, mis à part le fait que l’influenza est un virus qui nous donne toujours des surprises et du fil à retordre, a-t-il admis. Il y a encore beaucoup de choses qu’on ne comprend pas au niveau de l’éclosion de certaines souches de l’influenza, que ce soit du A ou du B.»

Les experts de l’Organisation mondiale de la Santé responsables de la sélection des souches devant être utilisées pour produire le vaccin étaient si divisés en février et en mars derniers que leur choix a été retardé de deux semaines, une situation rarement vue. Force est maintenant de constater que la souche choisie pour l’influenza A H3N2 n’était pas la bonne, a dit le docteur Boivin.

La question qui se pose maintenant est de savoir si ceux qui n’ont pas encore été vaccinés contre la grippe devraient y voir.

«Bonne question, a répondu le spécialiste. Il commence à être tard. Et avec le taux d’efficacité du vaccin prévu, je ne suis pas certain que ce soit encore le temps de vacciner. Même ceux qui sont vaccinés ne devraient pas penser qu’ils sont protégés.»

Éducation

Réforme des sciences pures au cégep: des profs dénoncent un sévère recul de la biologie

Craignant de voir le peu de place accordé à leur discipline être réduit encore plus, des professeurs de biologie au cégep dénoncent les conclusions d’un comité d’experts dans une lettre ouverte. «Nous croyons qu’en ce début de 21e siècle, le Québec ne peut pas prétendre former adéquatement sa jeunesse dans les différents domaines scientifiques en marginalisant ainsi certaines disciplines», écrivent-ils.

Ce comité d’experts ne recommande pas de couper dans les cours de bio obligatoires, qui représenteraient 14 % des heures de cours (contre 11 % en ce moment), mais il éliminerait une grande partie des «cours au choix», avec lesquels les étudiants qui se destinent à une formation universitaire en biologie ou dans les sciences de la santé peuvent adapter la formation à leurs besoins. Le résultat final serait qu’une bonne partie de l’offre de cours en biologie disparaîtrait.

Or «une majorité d’étudiants inscrits en Sciences de la nature se dirigent vers les Sciences de la santé et de la vie [après le cégep]», souligne la lettre ouverte.

«Aurions-nous accepté, collectivement, que des étudiants se dirigeant vers [des disciplines comme le génie ou l’informatique] soient obligés de suivre 60 % de leurs heures de cours de sciences en chimie et en biologie et seulement 30 % de leurs heures de sciences en physique et mathématiques?», poursuit le texte.

«Alors on ne fait pas cette sortie-là contre nos collègues des autres départements, parce que toutes les disciplines sont importantes, mais là on se questionne sur la qualité de la formation qu’on va pouvoir offrir à ces étudiants-là», a expliqué au Soleil Frédéric Demers, un des cosignataires et professeur de biologie au Cégep de Sainte-Foy. La lettre ouverte est signée par 25 profs de biologie, tous du Cégep de Sainte-Foy — mais ils tiennent à spécifier qu’ils l’ont fait à titre personnel et sans engager ni leur département, ni leur cégep. S’ils proviennent tous du même cégep, «c’est qu’on arrive vraiment à la fin du processus de révision du programme, alors il a fallu faire vite», explique une autre signataire, Jacinthe Fréchette.

M. Demers et Mme Fréchette reconnaissent qu’il y a une certaine hétérogénéité dans la formation collégiale en science, dont plusieurs universités se sont plaint par le passé — d’où l’idée de couper dans les cours au choix —, mais ils estiment que la biologie n’a pas être sacrifiée de la sorte.

Santé

Chu Saint-Justine: une chirurgie novatrice permet à un jeune de marcher

MONTRÉAL — Une intervention de pointe, et vraisemblablement sans précédent en chirurgie orthopédique pédiatrique, devrait permettre à un jeune patient du CHU Sainte-Justine de recommencer à marcher.

Lors de la chirurgie réalisée en mai 2019, le Dr Panagiotis Glavas et son équipe, en collaboration avec une entreprise spécialisée en solutions orthopédiques, ont utilisé un guide de coupe imprimé en trois dimensions pour contourner un grave problème de déviation de l’os des tibias.

Les membres inférieurs de leur patient, Charlie, avaient dû être amputés au milieu du tibia en janvier 2005, alors qu’il n’avait que 18 mois, des suites d’une infection à la bactérie mangeuse de chair. L’intervention a sauvé la vie de l’enfant, mais la bactérie avait eu le temps d’infecter d’autres cellules, notamment celles qui sont responsables de la croissance de certains os.

Les os des jambes amputées du petit ont ensuite grandi de travers, avec un angle anormal qui rendait la fixation de prothèse difficile et très douloureuse. Charlie était de plus en plus confiné à son fauteuil roulant et avait pratiquement abandonné tout espoir de pouvoir remarcher un jour.

«Il y avait une déformation tridimensionnelle au niveau de ce qui reste de sa jambe et qu’on n’arrivait pas à reconstruire et à réaligner avec des méthodes traditionnelles, a expliqué en entrevue le Dr Glavas. Donc on a fait appel à toute la technologie qu’on peut avoir maintenant.»

Les chirurgiens ont ainsi eu recours à une imprimante en trois dimensions pour créer un guide de coupe — un implant fixé directement au tibia pendant la chirurgie — pour reproduire avec précision et exactitude la correction déterminée lors d’une simulation préopératoire.

«On remonte la pente»

On avait également imprimé une plaque en titane qui allait relier les deux portions du tibia gauche, puisqu’aucune plaque préfabriquée n’aurait pu s’ajuster à l’anatomie particulière de Charlie.

«Pour espérer lui redonner cette capacité de marcher avec une prothèse, il fallait qu’on fasse quelque chose pour réaligner son membre inférieur, a précisé le Dr Glavas. Compte tenu qu’on n’avait pas réussi avec les méthodes conventionnelles, on s’est tournés vers cette nouvelle technologie.» Dans la foulée du succès de la première intervention, la jambe droite de Charlie sera opérée le 21 janvier. Cette technique offre aussi de toutes nouvelles possibilités aux chirurgiens.

«Je commence à l’utiliser un petit peu plus maintenant, compte tenu qu’on a une précision, pour la correction des déformations angulaires, a dit le Dr Glavas. Je pense que ça va devenir de plus en plus courant pour faire des implants sur mesure, surtout en mode pédiatrique parce que les enfants viennent dans tous les formats. Ça va nous aider à faire du sur-mesure pour les enfants.»

«Je le connais depuis au moins sept ou huit ans, a ajouté le médecin au sujet de Charlie. Et depuis sept ou huit ans, je pense qu’on a vu les hauts et les bas, et là on remonte la pente.»

Politique

Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer

OTTAWA — Jean Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui le vise, alors qu'il songe à revenir en politique active.

Son avocat, Michel Massicotte, a offert une entrevue à la télévision de Radio-Canada vendredi pour clamer l’innocence de son client et réclamer la fin de cette enquête qui colle à l’ancien premier ministre du Québec depuis des années.

«Écoutez, ça fait six ans. Six ans! Et on n’a toujours pas encore réussi à trouver quoi que ce soit», a-t-il déclaré.

Cette sortie de M. Massicotte survient au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Ces documents rendus publics jeudi ont levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y est mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

M. Massicotte est catégorique : il n’y a «strictement rien qui relie M. Charest à quelque acte illégal» et il est temps que Mâchurer prenne fin, près de six ans plus tard.

«Cessez cette enquête. Nous avons coopéré. Arrêtez de dire qu’on se cache ou quoi que ce soit. Nous avons offert notre coopération, mais cette coopération ne semble pas être réciproque», a-t-il soutenu.

Lettre morte

M. Massicotte soutient que des policiers de l’UPAC ont demandé à deux reprises — en 2013 et en 2014 — à rencontrer M. Charest, qui a accepté. Mais chaque fois, l’offre est demeurée lettre morte, a-t-il déploré.

Il a aussi rappelé que M. Charest avait rencontré en 2014 la procureure de la commission Charbonneau — l’actuelle ministre québécoise de la Justice, Sonia LeBel — ainsi que deux policiers qui, plus tard, ont été rattachés à l’UPAC.

M. Charest avait également soumis une déclaration de 300 pages dans laquelle il s’expliquait sur la question du financement politique et sa relation avec M. Bibeau, précise son avocat.

M. Charest n’a finalement jamais été invité à témoigner à la commission Charbonneau et le rapport final ne lui adresse aucun blâme.

M. Massicotte va même jusqu’à dire que son client n’était pas au fait des pratiques de financement de M. Bibeau.

«Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique», a fait valoir l’avocat, ajoutant au passage qu’à l’arrivée de M. Charest à la tête du PLQ en 1998, il y avait déjà un système de financement organisé et des objectifs à atteindre.

Le fait qu’il soit toujours visé par l’enquête Mâchurer serait un boulet au pied de M. Charest s’il confirme qu’il se présente à la direction du Parti conservateur du Canada.

S’il décide d’y aller, il devra divulguer qu’il fait l’objet d’une enquête dans le questionnaire des candidats et ses adversaires ne manqueront pas de le lui rappeler. «Évidemment, dans un contexte où M. Charest a des velléités de se présenter pour un parti politique, bien écoutez, ça prend d’autant d’importance», a lancé Massicotte, ajoutant qu’il n’est «pas mêlé à ça».

M. Massicotte a refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Justice et faits divers

Eau contaminée à Shannon: des indemnisations cinq fois plus importantes

Les citoyens de Shannon victimes de la contamination de leur eau potable par le TCE, un solvant utilisé sur la base militaire de Valcartier, remportent une victoire en Cour d’appel; les indemnisations seront cinq fois plus importantes.

Le costaud arrêt de 185 pages rendu de façon unanime par les juges Claude C. Gagnon, Lorne Giroux et Nicholas Kasirer condamne les défendeurs, le Procureur général du Canada, GD-OTS et Société Immobilière Valcartier à verser des indemnisations à environ 3000 résidents, divisés en différents sous-groupes, sur une période de cinq ans, de l’année 1995 jusqu’en 2000.

Le juge de la Cour supérieure avait limité les indemnisations, pour ce qu’il avait ciblé comme un trouble de voisinage, à un groupe restreint de citoyens alimentés par le réseau d’aqueduc sur une période d’une année, entre 2000 et 2001. L’indemnisation pouvait atteindre environ 12 000 $.

Les trois juges de la Cour d’appel estiment que le juge de première instance a été trop restrictif. «La preuve a révélé que des déversements de TCE ont eu lieu sur une très longue période et encore aujourd’hui, les gens de Shannon ignorent pendant combien de temps de l’eau contaminée s’écoulait de leur robinet à leur insu», rappellent les juges.

Les citoyens vivant dans la zone la plus fortement contaminée auront droit à un montant de 750 $ par mois d’occupation. Certains pourraient obtenir jusqu’à 60 000 $. Un montant forfaitaire de 3000 $ sera octroyé pour les familles avec des enfants. Cette mesure était déjà prévue dans le jugement de la Cour supérieure.

Période élargie

La Cour d’appel a décidé d’élargir la période couverte par l’indemnisation car, à ses yeux, l’ensemble de la preuve hydrogéologique permet de conclure, au minimum, que la période d’exposition des résidents de Shannon dont les puits ont été contaminés peut, aux fins de l’octroi de dommages moraux, être fixée à cinq ans, soit de janvier 1996 à décembre 2000.

Les résidents de 700 unités d’habitation connectées au réseau d’aqueduc contaminé de la base militaire seront aussi indemnisés pour une période de 60 mois.

La «poursuite consciente d’une pratique polluante inadmissible pendant une longue période» et «l’indifférence des autorités responsables aux conséquences de cette pratique» convainquent la Cour d’appel d’imposer des dommages punitifs au Procureur général du Canada. Chaque citoyen qui a subi des dommages moraux recevra donc en plus, en dommages punitifs, 250 $ par mois d’occupation au cours de la période d’exposition de cinq ans.

L’avocat qui défend les citoyens de Shannon, Me Charles Veilleux, était évidemment heureux de cet arrêt qui change la donne complètement, dit-il.

«Ce jugement, très attendu par les citoyens de Shannon, permettra peut-être à ceux-ci de tourner la page sur une saga au cœur de laquelle ils se trouvent depuis plus de 20 ans», écrit l’avocat des citoyens, Me Charles Veilleux, occupé à faire l’analyse de la décision.

Une faute civile

Au procès en recours collectif devant la Cour supérieure, la preuve a démontré que les travailleurs de l’usine de fabrication de munitions des Industries Valcartier utilisaient le solvant industriel TCE en grande quantité pour nettoyer les équipements. Après utilisation, la substance chimique était simplement déversée au sol. C’est ainsi que la nappe phréatique et les puits d’eau potable d’une partie de la municipalité de Shannon ont été contaminés. Le réseau d’aqueduc de la base militaire, qui alimente une partie de Shannon, l’a aussi été.

Les citoyens reprochaient au juge de première instance d’avoir été muet sur la faute et les responsabilités des instances fédérales gérant la base militaire. La Cour d’appel convient que le juge de première instance aurait dû trancher la question de la faute.

Le tribunal supérieur a donc réanalysé la preuve documentaire et les témoignages pour déterminer si les autorités fédérales ont commis une faute dans la manipulation du TCE au fil des années. 

La Cour d’appel constate que dès les années 1950, les autorités de la Défense à Valcartier avaient été mises au courant des risques de la contamination de l’eau souterraine par des déchets chimiques. Aucune mesure pour écarter les risques n’a été mise en place. À la fin des années 1970, d’autres experts sonneront la cloche d’alarme. Les rejets dans la nature vont perdurer. 

«Les utilisateurs du TCE savaient qu’il s’agissait d’un solvant puisqu’ils s’en servaient à cette fin. Ces utilisateurs, scientifiques souvent détenteurs de doctorat et ingénieurs, avaient été avertis par d’autres ingénieurs qualifiés des risques pour l’eau potable susceptibles de résulter des rejets de telles substances chimiques dans une nappe phréatique dans laquelle on puisait de l’eau destinée à la consommation humaine. Puisqu’il s’agissait de gens compétents et instruits, connaissaient très bien les risques encourus par de telles pratiques et c’est en pleine connaissance de cause qu’ils les ont continuées ou laissé continuer pendant 30 ans», écrit la Cour d’appel.

Il ne s’agit pas d’un simple trouble de voisinage, mais bien d’une faute, tranche la Cour d’appel, faute qui doit aussi en partie être attribuée aux responsables du ministère fédéral de la Santé nationale de l’époque et qui engage la responsabilité du Procureur général du Canada.

La Cour conclut aussi que le défaut d’aviser la municipalité de Shannon de la découverte de TCE dans l’eau de l’aqueduc avant l’an 2000 constitue une faute civile de la part du gouvernement fédéral.

L’incurie des autorités de la Base de Valcartier qui ont ignoré des signes évidents de contamination généralisée de l’eau potable au TCE a eu pour effet de retarder d’au moins deux années la prise de mesure destinées à mettre les utilisateurs de l’aqueduc de la base militaire, dont des gens de Shannon, à l’abri de l’exposition au TCE, ajoute la Cour d’appel.

Pas d’excès de cancer

Tout comme la Cour supérieure avant elle, la Cour d’appel écarte les prétentions des citoyens à savoir que l’exposition au TCE a causé des cancers à Shannon.

«La preuve ne supporte tout simplement pas les prétentions de l’appelante sur l’existence d’un excès de cancer dans la population de Shannon», écrivent les trois juges de la Cour d’appel, ajoutant que les expertises invoquées par l’appelante sont «fortement biaisées, parfois difficilement compréhensibles et elles présentent des erreurs méthodologiques nombreuses et flagrantes».

L’INSPQ et la DSP ont elles fait un suivi attentif de la population de Shannon et réalisé plusieurs analyses fondées sur des bases de données provinciales, écrit la Cour d’appel.

«L’établissement d’un lien de causalité entre l’exposition au TCE et les cancers observés à Shannon requérait la preuve d’un excès statistique qui était plus probablement attribuable au TCE qu’au hasard. Cette preuve n’a jamais été faite», concluent les trois juges.

La Capitale

Le troisième lien «incohérent» selon les tendances démographiques

Avec les tendances démographiques annoncées pour la région de Québec, entre autres une plus grande quantité de personnes aînées, le projet de troisième lien entre les deux rives deviendrait «contre-intuitif».

Le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-­Nationale (CRE) estime que les enjeux démographiques représentent un aspect important dans la réflexion de l’aménagement du territoire, et donc de la construction d’un tel projet d’infrastructure qu’est le tunnel Québec-Lévis.

Le CRE souhaite mettre en lumière des chiffres qui semblent être mis de côté dans ce projet qui envahit les médias et l’opinion publique depuis son annonce. Il a publié vendredi une analyse détaillée sur la question de la démographie, un groupe travaille sur le document depuis le mois de novembre. 

«Les chiffres démontrent qu’on n’a absolument pas besoin d’un troisième lien à l’est. On a souvent entendu qu’il fallait prévoir pour les générations futures... Et je savais qu’on avait un problème de vieillissement, mais je ne savais pas que c’était aussi important que ça», exprime Alexandre Turgeon, directeur général CRE Capitale-Nationale.

Selon des chiffres dévoilés par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la population de la Rive-Sud de Québec se verrait perdre environ 8000 personnes entre 20 et 64 ans alors qu’elle gagne 24 000 personnes de 65 ans et plus, pour une croissance totale de 12 400 personnes, entre 2016 et 2041. Quant à la Rive-Nord, elle accueillera environ 70 000 aînés en plus et quelque 550 personnes chez les 20-64 ans, sur une croissance totale de 80 000 personnes. 

«Sachant que les 20-64 ans composent la majeure partie des travailleurs et étudiants, qui eux-mêmes sont les principaux responsables du trafic sur les ponts aux heures de pointe, la baisse de cette population sur la Rive-Sud, qui est d’ailleurs déjà entamée, laisse présager une atténuation des pics de circulation. Cela même sans compter sur toutes les autres alternatives qui pourraient y contribuer plus efficacement qu’un troisième lien», indique le CRE, dans un communiqué.

Experts unanimes

Le scénario de l’ISQ suppose aussi une forte augmentation de l’immigration et un rehaussement de la fécondité, mais «il permettrait à peine à la population des 20-64 ans de se maintenir d’ici 2030».

Le CRE rappelle aussi que les habitudes de déplacements seront décidément différentes dans les années à venir.

«Plusieurs éléments nous permettent également de présager que les jeunes générations seront moins attirées par le mode de vie tout-à-l’auto, proposé par les promoteurs du troisième lien.»

M. Turgeon est d’avis que les villes de la région «surévaluent» les besoins en demande de logement résidentiels. «À force de trop construire ce type d’habitation, pour des familles, il va commencer à manquer d’acheteurs quand les personnes âgées vont vendre leur maison», insiste-t-il.

L’organisation appelle donc le gouvernement du Québec et les autres promoteurs du troisième lien à dévoiler les chiffres justifiant l’infrastructure. 

«Tous les experts qui se sont penchés sur la question démentent les arguments un après l’autre, il faut faire connaître les chiffres, et surtout ramener un peu de raison dans le débat. Ce n’est juste pas raisonnable, la population n’est pas stupide, les Québécois n’accepteront pas un investissement démesuré pour un non-besoin. Il faut prendre les chiffres pour ce qu’ils sont», termine M. Turgeon. 

Analyse détaillée du CRE > ici

Justice et faits divers

Un Québécois accusé de menaces envers Justin Trudeau et la communauté musulmane

MONTRÉAL — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) indique qu'un homme de Boucherville a été accusé en lien avec des menaces qui auraient été proférées en ligne contre le premier ministre Justin Trudeau et la communauté musulmane.

André Audet, âgé de 62 ans, a comparu au palais de justice de Longueuil le 9 janvier; il a été accusé d'incitation publique à la haine et d'avoir fomenté volontairement la haine. Selon les actes d'accusations déposées au palais de justice, les crimes se seraient produits entre le 1er janvier et le 22 octobre 2019 - le lendemain des dernières élections fédérales.

La porte-parole de la GRC Mélanie Cappiello-Stebenne indique dans un courriel que c'est l'Équipe intégrée de la sécurité nationale qui avait enquêté dans cette affaire. Elle rappelle que la police fédérale prend toutes les menaces au sérieux et que les commentaires violents ne sont pas tolérés.

«Les personnes qui rédigent de tels commentaires sont passibles de sanctions graves, écrit la caporale Cappiello-Stebenne. Bien que ceux qui fassent l'objet de l'enquête n'aient peut-être pas été en contact direct avec les personnes ou les groupes ciblés, leurs commentaires sont tout aussi inquiétants et pourraient conduire à des actes de violence.»

À Ottawa, le cabinet de Justin Trudeau a rappelé qu'il refuse de commenter «les questions relatives à la sécurité du premier ministre».

M. Audet doit revenir devant le tribunal le 24 mars.

Justice et faits divers

Une fuite de gaz naturel serait à l’origine du grave incendie de Lévis [PHOTOS]

Une fuite de gaz naturel enflammée serait à l’origine du grave incendie ayant — presque — tout rasé le bâtiment commercial de Saint-Romuald, du moins il s’agit de la cause la plus plausible.

«Compte tenu de la présence d’explosions et de l’amplitude de l’incendie quand on est arrivés sur les lieux, il s’agirait d’une accumulation de gaz improbable, une fuite de gaz naturel, par exemple, à l’intérieur du bâtiment. Plusieurs sources d’émissions potentielles peuvent avoir provoqué l’inflammation. À partir des observations et des témoignages, c’est l’hypothèse la plus probante, mais on observe toute autre source potentielle», explique le directeur adjoint du Service incendie de la Ville de Lévis, Richard Amnotte.

La cause directe de l’incendie demeure «nébuleuse». Il est difficile pour les ingénieurs et les pompiers de déterminer le point d’origine du feu étant donné qu’il y a eu effondrement de la toiture et des structures. Les circonstances exactes de l’incendie restent donc à être déterminées.

Le feu s’est déclaré mercredi vers 22h au 2269, 5e Rue, dans le parc industriel de Saint-Romuald. Le travail des pompiers aura duré toute la nuit.

Politique

Écrasement d’avion en Iran: des compensations pour les familles des victimes

Ottawa accordera des compensations pour aider les familles et les proches des victimes canadiennes décédées dans l’écrasement d’avion en Iran, la semaine dernière.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que le gouvernement versera 25 000 $ par victime dans l’immédiat afin d’aider les proches à faire des arrangements funéraires ou à payer pour des frais de déplacement, par exemple.

«Mais ce n’est qu’une assistance immédiate. Nous nous attendons à ce que l’Iran compense ces familles de façon adéquate dans le moyen terme», a-t-il ajouté.

Environ 20 familles de citoyens canadiens décédés dans la tragédie ont demandé à ce que les dépouilles de leurs êtres chers soient retournées au Canada. D’autres souhaitent les enterrer en Iran, a précisé M. Trudeau.

Les premières dépouilles des victimes sont attendues dans les jours à venir, a-t-il dit.

La question de l’indemnisation, entre autres, a été abordée lors d’une rencontre plus tôt vendredi entre le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et son homologue iranien, Javad Zarif, à Oman.

Un compte rendu de cette rencontre précise que les deux hommes ont discuté de la nécessité d’un «accès complet à l’Iran» pour le Canada ainsi que les autres pays en deuil afin de fournir des services consulaires, identifier les victimes et participer à une enquête «approfondie et transparente».

«On a énormément de questions, encore, sur comment ça s’est passé», a soutenu M. Trudeau, en conférence de presse, vendredi.

Boîtes noires endommagées

L’Iran a consenti à une «analyse transparente» des données des boîtes noires, qui auraient été gravement endommagées, selon M. Trudeau. Il n’a pas précisé si ou quand les enquêteurs canadiens allaient pouvoir y accéder, mais a réitéré que l’analyse devait se faire le plus rapidement possible. La France, qui a les capacités techniques de mener cette analyse, s’est déjà offerte pour la faire.

Cette rencontre entre MM. Champagne et Zarif survient le jour après que le Canada et quatre autres pays qui avaient des ressortissants à bord de l’avion abattu eurent établi une liste de demandes qu’ils prévoyaient présenter à l’Iran.

Il y a un peu plus d’une semaine qu’un missile sol-air iranien — et peut-être un second — a abattu l’avion d’Ukraine International Airlines quelques minutes après le décollage de l’aéroport international de Téhéran.

Les 176 personnes à bord ont été tuées, incluant 57 Canadiens et 29 résidents permanents.

La Presse canadienne a confirmé indépendamment au moins 90 victimes ayant des liens avec le Canada, dont beaucoup d’étudiants et de professeurs revenant au pays après avoir passé la semaine de relâche en décembre à visiter des parents en Iran.

Dans les derniers jours, le gouvernement canadien a mis en place une ligne téléphonique et une boîte de courriels pour répondre aux questions des familles des victimes. Un site Web est également en ligne sur le soutien offert à ceux qui ont perdu un proche.

Les demandes de visas et d’autres documents nécessaires sont aussi traitées beaucoup plus rapidement — en quelques heures au lieu de semaines — pour les familles affectées par cette tragédie.

Le Canada pourrait se tourner vers les Nations Unies afin d’accentuer la pression internationale sur l’Iran pour la tenue d’une enquête approfondie et indépendante et éviter qu’une telle situation ne se reproduise, a déclaré M. Trudeau.

Dans un rare sermon lors des prières du vendredi, le chef suprême de l’Iran a qualifié la chute de l’avion d’accident amer qui a attristé l’Iran et rendu ses ennemis heureux.

Actualités

Thérèse Dion, mère de Céline, s’éteint à 92 ans

MONTRÉAL — Céline Dion a perdu sa maman.

Thérèse Dion, mieux connue sous le surnom affectueux de «Maman Dion», est décédée à l’âge de 92 ans.

Les Productions Feelings ont confirmé par communiqué que Thérèse Dion s’est éteinte «paisiblement chez elle», dans la nuit de jeudi à vendredi, entourée des siens.

«Maman, nous t’aimons tellement... Nous te dédions le spectacle de ce soir et je chanterai pour toi avec tout mon coeur», a écrit Céline Dion sur les réseaux sociaux, vendredi après-midi.

Environnement

De l’amiante à l’usine d’eau potable de Sainte-Foy

C’est un paquet de soucis d’enlever de l’amiante dans un bâtiment «ordinaire». Imaginez quand il faut retirer le contaminant de l’usine de traitement de l’eau potable du secteur Sainte-Foy.

Depuis quelques années, la Ville retape cette installation qui purifie l’eau avant de l’envoyer dans l’aqueduc municipal. De 2018 au printemps 2020, un débours de 41,4 millions $ avait été annoncé pour la rénover. 

En plus, dans son plus récent Plan d’investissement quinquennal, la mairie prévoit décaisser 25,6 millions $ d’ici 2024 afin de «maintenir la fiabilité des équipements» de l’usine construite il y a «plus de 40 ans». Aussi pour s’assurer qu’elle sera en mesure de prendre le relais si celle de Québec connait des ratés.

Et sur la longue liste de besognes à abattre, figure l’enlèvement de l’amiante. 

«Des travaux de réfection et de mise aux normes sont en cours à l’usine de traitement d’eau potable de Sainte-Foy», expose la conseillère en communication Wendy Whittom. «Nous profitons du contexte de ces travaux pour faire retirer l’amiante qui servait principalement d’isolant au bâtiment.»

Risques?

Est-ce que l’eau bue par les Québécois pourrait être souillée durant le chantier? Mme Whittom se fait rassurante : «Il n’y a pas de lien entre ces travaux et le traitement de l’eau en soi, et d’aucune façon l’eau n’a été ou ne sera en contact avec de l’amiante. Il n’y a aucun risque de contamination, ni des lieux, ni de l’air. Les travaux seront effectués par des spécialistes qui respectent les procédures particulières à suivre lors de travaux en présence d’amiante.»

Le contrat de 50 000 $ a été octroyé à une entreprise de Sherbrooke, Décontamination I.G.R.

Au fait, dans son site Web, la mairie de la capitale présente une statistique intéressante : «Chaque année, la Ville traite environ 92 millions de mètres cubes d’eau pour la rendre potable. C’est l’équivalent de deux fois le contenu du Colisée de Québec!»

Santé

Urgences: implantez les ratios infirmière-patients, dit la FIQ

Une partie de la solution au problème d’engorgement des urgences réside dans l’implantation et la généralisation des projets de ratios infirmière-patients, estime la FIQ.

La Fédération interprofessionnelle de la santé, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, croit que la situation chaotique qui prévaut présentement dans les urgences du Québec serait moins difficile si ces fameux ratios avaient déjà été implantés.

Seize projets pilotes avaient été lancés sous l’ancien ministre de la Santé, Gaëtan Barrette, afin de vérifier la pertinence et l’efficacité d’implanter de tels ratios infirmière-patients. Ces ratios variaient selon l’unité de soins : urgence, soins de longue durée, chirurgie, soutien à domicile, médecine.

La FIQ a toujours soutenu que les ratios permettent aux infirmières d’être moins épuisées, de faire moins d’heures supplémentaires obligatoires. En plus, il y a moins d’absentéisme et moins de recours à l’assurance-invalidité. Et, pour les patients, de meilleurs soins sont dispensés et un meilleur suivi peut être assuré.

Le dernier de ces 16 projets pilotes a pris fin en décembre. Interrogée à ce sujet, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, avait déjà indiqué qu’elle voulait attendre la fin de tous les projets pilotes, puis les analyser, avant d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Mais la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, estime qu’il ne faut plus attendre, qu’il y a urgence et que l’efficacité de ces ratios a été démontrée.

« L’ensemble des projets a été concluant. Il n’y a plus une minute à perdre. Les bilans sont faits ; les constats sont là ; tout est déposé. Donc, on ne comprend pas pourquoi Mme McCann se sert toujours de ce besoin final d’un autre bilan », a critiqué Mme Bédard.

Si certaines infirmières déploraient le fait que pour mener à bien ces projets ratios, il avait fallu enlever des infirmières sur les autres étages du même hôpital pour les réaffecter à l’unité de soins du projet pilote, Mme Bédard assure que ce problème a été réglé.

Mme Bédard se dit convaincue que l’implantation de ces ratios infirmière-patients bénéficierait aux urgences. « Les ratios font qu’on a du personnel pour vivre ces moments-là et donner des soins de qualité et sécuritaire à la population », soit ces périodes de pointe d’hiver, fait-elle valoir.

« Quand tu rentres travailler, que tu sais que tu as déjà fait deux’16 heures’, que le prochain quart où tu vas rentrer il manque encore huit personnes… Tu es déjà à bout de souffle ; tu vas devoir encore rester pour un autre 16 heures. Bien là, on est dans un cercle de maladie, d’absence. Un moment donné, les professionnelles en soins ne veulent plus travailler dans les urgences et s’en vont », a illustré la dirigeante syndicale.

D’après elle, si on appliquait le résultat des projets de ratios infirmière-patients, c’est 6000 professionnelles en soins de plus qu’il faudrait — qu’il s’agisse d’infirmières ou d’infirmières auxiliaires. À ceux qui lui font valoir que cela serait coûteux, elle réplique que le TSO (temps supplémentaire obligatoire) est aussi coûteux, de même que l’absentéisme et l’épuisement professionnel des infirmières. « Ça coûte des millions », dit-elle, sans compter les soins de moindre qualité.

Justice et faits divers

Boucherie Huot: une lourde amende de 32 000 $ payée à la CNESST

L’ancien propriétaire de la Boucherie Huot, Bernard Huot, en procès pour négligence criminelle causant des lésions, a dû payer 32 000 $ en amende après l’enquête de la CNESST sur l’accident de travail d’Olivier Bouchard, ce jeune travailleur qui s’est coincé la tête et un bras dans un hachoir à viande.

Le directeur général de Viandex, l’entreprise qui a acheté Boucherie Huot le 1er octobre 2016, a expliqué à la cour jeudi le suivi du grave accident de travail.

Pierre-Benoît Lessard a indiqué que Viandex avait confié à Bernard Huot la gestion de l’entreprise durant la transition, à l’automne 2016.

C’est seulement au moment de l’accident de travail que les patrons de Viandex ont appris que certains équipements de leur nouvelle boucherie étaient non conformes. Depuis deux ans, le hachoir industriel n’avait plus le relais de sécurité qui faisait que la machine s’arrête lorsqu’on soulève le couvercle.

Viandex a mis fin à son entente de gestion avec Bernard Huot après l’accident de travail. L’entreprise a embauché un conseiller en santé et sécurité et a fait les réparations qui s’imposaient, dit M. Lessard.

Au terme de son enquête, la CNESST a réclamé une amende de 55 000 $ au propriétaire de Boucherie Huot. Après négociations, Bernard Huot a plaidé coupable à une infraction pénale d’avoir causé des blessures à un travail et a dû payer environ 32 000 $ d’amende.

Plusieurs employés étaient au courant des déficiences dans la sécurité, a soutenu Karlain Huard, boucher chez Boucherie Huot de 2012 à 2016. Mais personne n’osait en parler aux inspecteurs de la CNESST qui visitaient l’entreprise. «Dans une entreprise où on n’est pas protégé, ça peut être mal vu, disait M. Huard. On ne mord pas la main qui nous nourrit.»

Politique

Geneviève Guilbault a accouché de son deuxième enfant

La députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, n’a pas seulement célébré Noël et le Nouvel An durant la période des Fêtes. Elle a aussi donné naissance à son deuxième enfant le 4 janvier.

Dans une publication Facebook, elle a présenté son fils Christophe.

«Déjà 12 jours que notre petit Christophe nous garde bien éveillés... et surtout comblés. Merci à la chaleureuse équipe d’obstétrique de l’Hôpital Saint-François d’Assise pour l’excellent service. La famille est maintenant complète!», peut-on lire sur sa page Facebook.

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Santé

En pleine pénurie de main-d’œuvre, le CIUSSS investit dans la réadaptation

En arrêt de travail pendant plusieurs mois après s’être sérieusement blessée à un genou, Micheline Giguère n’avait plus de qualité de vie, tant la douleur la faisait souffrir. La préposée aux bénéficiaires a participé au nouveau programme de son employeur, le CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui a mis l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) au service de ses employés blessés afin de favoriser des retours au travail rapides et durables. «Un succès», à en croire Micheline Giguère, qui a pu retourner graduellement auprès des bénéficiaires de l’Hôpital général au bout de seulement sept semaines.

En septembre 2018, Micheline Giguère a fait une chute dans sa salle de bains qui lui a valu une déchirure d’une partie du ménisque de son genou droit. Fini le travail de préposée en CHSLD, fini les promenades avec le chien, fini le magasinage… Des gestes simples comme marcher, s’asseoir et se lever étaient devenus un supplice pour l’énergique femme de 52 ans, qui a payé de sa poche 1000 $ de traitements de physiothérapie, en vain. 

Mme Giguère a tenté un retour au travail au début de l’année 2019, mais elle a dû réarrêter, même si elle était affectée à des tâches administratives. En septembre 2019, alors qu’elle venait de reprendre des tâches de bureau, on lui a proposé de participer au projet-pilote mis en place à l’IRDPQ afin qu’elle puisse retrouver son travail auprès des bénéficiaires du CHSLD, un travail qu’elle aimait et qu’elle aime toujours, raconte la volubile quinquagénaire en entrevue au Soleil.

Physiothérapeute, kinésiologue et ergothérapeute ont été mis au service de Mme Giguère, qui a notamment appris à renforcer ses muscles à l’aide de différents exercices. Au bout de sept semaines de réadaptation intensive, la préposée a recommencé graduellement à travailler auprès de ses bénéficiaires en compagnie de l’ergothérapeute, qui lui a montré à mettre en pratique les «bons mouvements». 

«Je travaille de nuit, et l’ergo est venue avec moi de nuit! Elle se déplace dans notre milieu de travail et dans notre quart de travail, c’est merveilleux!» applaudit Mme Giguère, qui a aussi pu compter sur une psychologue de l’IRDPQ qui l’aurait «beaucoup motivée» dans sa réadaptation.

Depuis décembre 2019, la préposée aux bénéficiaires est de retour à temps plein à l’Hôpital général, a recommencé à faire de longues promenades avec son chien et s’est même mise aux cours de mise en forme et de danse. «J’ai zéro douleur. Ce programme-là m’a vraiment ramené une qualité de vie que je n’avais plus», témoigne Micheline Giguère, reconnaissante.

De projet-pilote à programme permanent

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on explique que le programme a été mis sur pied en mai 2019 sous la forme d’un projet-pilote. Quelque 270 000 $ ont jusqu’ici été investis par le CIUSSS dans ce programme volontaire, qui deviendra permanent à partir du 1er avril, vu son succès et compte tenu de la pénurie main-d’œuvre qui sévit actuellement dans le réseau. Le CIUSSS veut «prendre soin de [son] monde», explique-t-on. 

L’établissement prévoit consacrer un demi-million $ par année à ce programme de réadaptation spécialisé et intensif, qui privilégie une approche «globale» pour améliorer la condition des employés blessés et favoriser des retours au travail rapides et durables. En moyenne, les employés qui participent au programme reprennent le travail à temps complet en trois mois, précise Annie Plamondon, chef en réadaptation au CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

«Quand on les évalue la première fois, le pronostic est en moyenne 39 semaines d’absence [additionnelles]. En 12 à 14 semaines, ils sont tous retournés à leur poste», compare Mme Plamondon, précisant que le programme de l’IRDPQ s’adresse seulement aux employés pour qui les traitements de première ligne n’ont pas permis de se réhabiliter, ceux dont la condition «stagne» ou ne s’améliore plus.

Jusqu’ici, 18 employés ont participé au programme; 12 l’ont terminé «avec succès», c’est-à-dire qu’ils ont tous réussi leur retour au travail à temps complet, et six sont toujours en processus de réadaptation. Annie Plamondon prévoit que 25 employés se seront prévalus du programme d’ici le 1er avril. «Notre objectif, c’est une cinquantaine d’employés par année», précise Mme Plamondon, selon qui le programme connaît «un vif succès» grâce au bouche-à-oreille à l’interne. 

«Bonne» réponse

«La réponse est très bonne. Tous ceux à qui on propose le programme embarquent. On n’a vraiment pas de problèmes de recrutement», se réjouit Mme Plamondon. «C’est sûr qu’on voit les gains potentiels sur l’assurance-salaire, mais à la base, l’idée était vraiment de mettre l’expertise de l’IRDPQ au service des ressources humaines» et d’aider les employés à retrouver leurs capacités et leur qualité de vie, dit-elle.

Selon le CIUSSS, la population n’est pas pénalisée par cette offre de réadaptation intensive destinée aux employés dans la mesure où l’établissement a prévu la création de sept nouveaux postes à l’IRDPQ à partir du budget dédié au développement des ressources humaines. «Le projet ne touche pas au budget attitré aux soins et aux services offerts à la population», assure-t-on. 

Le CIUSSS s’attend par ailleurs à ce que le programme s’autofinance grâce aux économies réalisées en assurance-salaire. 

Santé

Nouvelle chaire sur les aphasies primaires progressives à l’UL [VIDÉO]

La Faculté de médecine de l’Université Laval a annoncé jeudi la création de la Chaire de recherche sur les aphasies primaires progressives, qui aura pour mission de sensibiliser la population et les professionnels de la santé afin de permettre une identification plus rapide et un meilleur traitement de ces maladies neurodégénératives.

Les aphasies primaires progressives sont des maladies dégénératives du cerveau qui provoquent des troubles du langage et des changements cognitifs s’apparentant ou pouvant mener à l’Alzheimer, explique l’Université Laval dans un communiqué.

Malheureusement, les symptômes de ces maladies incurables, qui affectent environ 150 000 personnes au Québec, sont peu connus de la population et même de plusieurs professionnels de la santé, observe le titulaire de la Chaire, le Dr Robert Jr Laforce. 

«En conséquence, le dépistage est actuellement déficient et, trop souvent, les aphasies primaires progressives sont diagnostiquées tardivement alors que les changements au cerveau sont irréversibles», explique le Dr Laforce.

Selon lui, les activités de la Chaire permettront à la population et aux professionnels de la santé qui travaillent en première ligne de mieux reconnaître les symptômes de ces maladies et d’établir un diagnostic plus rapide. 

L’équipe du Dr Laforce créera notamment une plateforme Internet qui rassemblera tous les renseignements nécessaires à l’identification des symptômes. Le professeur Laforce a également mis au point un test cognitif pour permettre aux médecins de dépister plus rapidement les aphasies primaires progressives, et il est en processus de validation de divers biomarqueurs qui faciliteront le diagnostic précoce de ces maladies neurodégénératives, précise-t-on dans le communiqué. 

La Chaire a pu voir le jour grâce à un don de 1 million $ sur cinq ans de la Fondation de la famille Lemaire, auquel s’ajoute un montant de 500 000 $ provenant de différents partenaires.

Politique

Stephen Harper quitte ses fonctions au sein du fonds du Parti conservateur

OTTAWA — Tandis que la course à la direction du Parti conservateur se met en branle, l'ex-premier ministre Stephen Harper semble prendre un pas de recul en quittant ses fonctions au conseil d'administration du bras financier du parti.

Dans un message publié tard mercredi sur Twitter, M. Harper a remercié ses collègues pour leur travail acharné.

«Leur bilan en matière de levée de fonds et de gestion des dépenses est inégalé en politique fédérale, les problèmes étant gérés rapidement et de manière professionnelle», a-t-il souligné.

«Ce fut un plaisir de servir avec eux.»

Il a ajouté qu'il avait hâte de poursuivre sa collaboration avec les conservateurs grâce à son travail en tant que président de l'Union démocrate internationale, une alliance de partis politiques de centre droit à travers le monde.

Depuis sa propre démission à titre de chef conservateur en 2015, M. Harper a rarement abordé publiquement des questions relatives au parti. Son départ du fonds a avivé les spéculations sur ses intentions de s'impliquer dans l'actuelle course au leadership - sans devoir demeurer neutre.

Mais deux sources proches de l'ex-premier ministre ont déclaré à La Presse canadienne que sa décision remonte en fait à plusieurs mois, puisqu'il craignait jouer un rôle trop important dans les opérations du parti. Ces sources ont parlé sous le couvert de l'anonymat, car elles ne sont pas autorisées à s'exprimer au nom de Stephen Harper.

M. Harper avait lui-même créé le fonds conservateur lors de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur du Canada et l'Alliance canadienne en 2003. Le fonds avait été mis sur pied pour amasser et administrer l'argent du nouveau parti fusionné, indépendamment de l'exécutif national.

Il est devenu un poids lourd de la collecte de fonds, ses efforts dépassant régulièrement ceux des autres formations fédérales. M. Harper a rejoint son conseil d'administration en 2016.

Selon les sources proches de l'ex-premier ministre, sa présence a mis son successeur Andrew Scheer dans une position délicate, lui qui siège également au conseil d'administration, à titre de chef du parti.

La situation s'est avérée problématique quand il est apparu qu'une indemnité versée à M. Scheer avait été utilisée pour payer la scolarité de ses enfants. M. Harper ignorait que l'argent était utilisé de cette fin et il était furieux de l'apprendre. Déjà assiégé après des résultats électoraux décevants, Andrew Scheer a annoncé sa démission. Le directeur général de longue date du parti, Dustin van Vugt, a également quitté ses fonctions après avoir confirmé qu'il avait lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines de ses dépenses personnelles.

Des tensions quant à la gestion du fonds conservateur persistent depuis sa mise en place. Les efforts répétés pour le soumettre à davantage de surveillance ont échoué. Le scandale entourant M. Scheer pourrait remettre cet enjeu à l'ordre du jour du prochain congrès.

Justice et faits divers

Des proprios Airbnb en Cour supérieure

Les propriétaires Airbnb qui ont échoué à contester leurs contraventions à la cour municipale de Québec ont rassemblé de nouveaux alliés et préparent leur riposte devant la Cour supérieure.

L’avocate des propriétaires, Me Myriam Asselin, a déposé cette semaine un avis d’appel en Cour supérieure pour contester la culpabilité de François-Xavier Ratté, qui possédait un immeuble sur la rue Hermine, dans le quartier Saint-Sauveur, et avait reçu une contravention pour avoir loué illégalement un appartement à des touristes le 29 janvier 2018. 

La Ville de Québec avait accepté que le sort de cette infraction soit applicable à deux autres personnes et deux entreprises qui contestaient ensemble 18 constats d’infraction. Mais le groupe de propriétaires a subi un revers en cour municipale le 11 décembre. 

Depuis, deux autres propriétaires de la communauté Airbnb de Québec ont levé la main pour contribuer à assumer les frais d’avocat pour aller en appel. Et d’autres alliés potentiels se sont montrés intéressés à participer financièrement, indique le défendeur, François-­Xavier Ratté.

«La Ville ne devrait pas avoir le droit de réguler nos activités sur Internet», dit-il.

Jusqu’à maintenant, le groupe de propriétaires a payé plus cher en frais d’avocat que le montant des contraventions qu’il a reçu (22 000 $ au total) de la Ville de Québec. Mais les proprios ont décidé de poursuivre la contestation, car elle pourrait avoir des retombées sur de futures locations Airbnb à Québec, fait valoir M. Ratté. 

Leurs nouveaux alliés n’ont pas reçu de contraventions eux-mêmes, mais ils louent également sur Airbnb. «Ils trouvent que ç’a du bon sens ce qu’on fait», dit François-­Xavier Ratté. 

Le 11 décembre, la juge Sabrina Grand, de la cour municipale de Québec, a déclaré M. Ratté coupable d’avoir loué illégalement un logement à des touristes alors que le zonage l’interdisait. Elle a rejeté son argument principal, à savoir qu’une offre de location ne veut pas dire que des touristes ont effectivement fait usage de l’appartement. 

La juge Grand a estimé qu’en offrant sa propriété en location à des touristes, M. Ratté cherchait à louer, «cela ne fait aucun doute dans l’esprit du Tribunal», a-t-elle écrit dans son jugement. 

Me Myriam Asselin, qui représente François-Xavier Ratté, croit que la juge de la cour municipale s’est trompée. «Le jugement de première instance est empreint d’erreurs de droit. [...] La principale est vraiment le fait qu’elle ait qualifié l’offre de location comme un usage qui peut être régi par la municipalité», dit l’avocate. 

Une conférence préparatoire est prévue le 22 janvier par la Cour supérieure, qui devrait alors fixer une date de procès. 

Justice et faits divers

Les retraités des quotidiens de GCM accusés de fragiliser le plan de relance

Le montage financier de la coopérative qui a repris Groupe Capitales Médias (GCM) est un «château de cartes sur une assiette de Jell-O» qui risque de s'effondrer si les retraités du groupe portent en appel le jugement autorisant la restructuration.

L'avocat qui représente la nouvelle entité, Richard Bergeron, y est allé de cette mise en garde, jeudi, au palais de justice de Québec. Les retraités des quotidiens «Le Soleil», «Le Nouvelliste», «Le Quotidien» et «La Voix de l'Est» présentaient une requête en permission d'en appeler, qui a été prise en délibéré par le juge Jacques J. Lévesque, de la Cour d'appel.

En vertu de la décision rendue le 23 décembre par le juge Daniel Dumais, de la Cour supérieure, les retraités doivent faire une croix sur 25 à 30 pour cent de leurs rentes à compter de février en plus de renoncer à d'éventuels recours à l'égard des différents syndicats et comités de retraite.

Leur procureure, Estelle Tremblay, a essuyé jeudi un tir groupé d'une dizaine d'avocats représentant entre autres Investissement Québec, le syndic et les syndicats, dont Unifor et la CSN, qui se sont tous désolés que les retraités veuillent ainsi fragiliser le plan de relance en créant de «l'incertitude».

L'initiative des retraités met «en péril» le plan de restructuration, a martelé Jocelyn Perreault, l'avocat du syndic, car même s'il a été «mis en oeuvre», le plan n'a pas encore été «exécuté». En d'autres mots, le financement est loin d'être garanti, les prêteurs ayant signé des lettres d'intention jusqu'au 31 janvier.

Après cette date, ce sera aux partenaires financiers de décider s'ils les renouvellent pour qu'elles deviennent des lettres d'investissement, a expliqué Stéphane Lavallée, directeur général de la nouvelle entité qui porte désormais le nom de Coopérative nationale de l'information indépendante (CN2i).

«Est-ce qu'on veut prendre le risque que tout tombe après tous ces efforts consentis depuis le mois d'août?» a-t-il demandé en mêlée de presse. «Est-ce que je peux enlever la carte du milieu, même si c'est un deux de pique, sans risquer de faire effondrer cette oeuvre fragile?» a poursuivi Me Bergeron devant le juge.

Ils ont plaidé que les employés actifs subissent eux aussi des ponctions dans leur régime de retraite, qu'ils ont accepté un gel des salaires pendant deux ans et qu'ils contribuent au plan de relance. La survie des journaux, pour la plupart centenaires, dépasse par ailleurs le cadre des intérêts particuliers, selon eux.

Plus tôt, Me Tremblay avait argué que les 900 retraités n'ont jamais eu de voix au chapitre. «Est-ce que les retraités devraient tout perdre incluant le droit de demander des comptes parce que les créanciers l'exigent?» a-t-elle demandé, en disant croire à une «erreur» du juge Dumais, qui a maintenu les «quittances» protégeant les syndicats et les comités de retraite contre toute poursuite.

Elle a insisté pour dire que les retraités ne cherchent pas à «nuire» à quiconque dans cette affaire, mais demandent simplement «de ne pas être obligés de renoncer à des droits». Elle a également demandé à ce que la Cour d'appel tranche la question une fois pour toutes, à défaut de quoi elle contribuerait à embourber les instances inférieures. C'est que les retraités envisagent d'autres recours.

«Il y a aussi un recours collectif potentiel, a indiqué en mêlée de presse Pierre Pelchat, porte-parole de l'association des retraités du Soleil. On ne s'oppose pas du tout aux coopératives, d'ailleurs on a été le premier groupe à les appuyer publiquement au mois d'octobre. (...) Ce qu'on veut, c'est protéger les droits des retraités, point, c'est tout.»

Investissement Québec - qui a déjà investi 15 millions $ dans l'aventure - a fait savoir jeudi par le biais de son avocat que le plan était «malheureusement un tout». Sans les quittances, il n'y a pas de plan, sans plan, il n'y a pas de financement, et sans financement, c'est la faillite, a-t-on résumé crûment.

Les retraités avaient indiqué la semaine dernière qu'ils passaient de la parole aux actes et portaient en appel le jugement donnant le feu vert à la relance du groupe de presse. Les associations de retraités de deux quotidiens, soit «La Tribune» et «Le Droit», ne figurent pas parmi les demanderesses.

GCM, qui s'était placé à l'abri de ses créanciers en août dernier, compte quelque 350 employés permanents et publie six quotidiens régionaux. Le plan de relance - dans lequel on exigeait des quittances - avait été adopté à environ 99 pour cent par les créanciers de l'entreprise dans le cadre d'une assemblée tenue le 16 décembre dernier.

On exigeait la fin des régimes de retraite, parce qu'ils affichent un déficit de solvabilité qui était estimé à environ 65 millions $ d'après la plus récente évaluation, qui remonte toutefois à la fin de 2018. Les travailleurs actifs subiront aussi de lourdes pertes dans leur régime de retraite.

Gesca, une filiale de Power Corporation, avait vendu les six quotidiens à l'avocat et ex-ministre fédéral Martin Cauchon en 2015, qui a quitté l'entreprise lorsqu'elle s'est placée à l'abri de ses créanciers.