Actualités

Cocktail du Québec: la SAQ «incohérente»

Récemment couronné cocktail par excellence de la province par la SAQ, le Royal Québec, un kir réinventé, est en dégustation partout au Québec. Or, certaines succursales auraient remplacé la liqueur de cassis locale de la recette par un produit français. Une situation qui dérange une productrice de l’île d’Orléans.

Pour Catherine Monna, copropriétaire de Cassis Monna et Filles, c’est une question de cohérence. En septembre, la SAQ a fait appel au public afin de trouver «le cocktail emblématique du Québec». 

L’heureux élu est un kir qu’a créé le mixologue Jean-René Lebel avec des pommes, du sirop d’érable et différents alcools locaux, dont la crème de cassis de Cassis Monna et Filles. Le Royal Québec est maintenant en dégustation dans les succursales de la province. 

«On n’avait rien à voir dans le concours, mais on était super contentes qu’il y ait des dégustations», lance Catherine Monna. 

Le problème, explique-t-elle, c’est que les succursales ont la liberté d’utiliser les alcools des producteurs de leur choix, tant qu’il respecte la recette générique. Ainsi, Mme Monna affirme avoir été informée par plusieurs clients qu’une liqueur de cassis française, moins dispendieuse, est utilisée dans plusieurs SAQ lors des dégustations. 

«On ne demande pas nécessairement que ce soit notre crème de cassis qui soit utilisée, mais au moins que ce soit un produit québécois. Les gens ont voté pour un cocktail emblématique du Québec. On estime que la SAQ a une responsabilité éthique de promouvoir les produits de la province avec ça.» 

«Super initiative»

C’est qu’à la base, le concours de la SAQ est une «super initiative», assure Catherine Monna. Elle reconnaît également que la société d’État a fait des efforts ces dernières années afin de davantage promouvoir les produits locaux. «Mais il faut aller jusqu’au bout», lance la copropriétaire de Cassis Monna & Filles, qui gère l’entreprise avec sa sœur Anne. 

«J’espère que c’est une erreur de bonne foi, mais c’est venu nous chercher de manière plus intime et je pense que ça méritait d’être dit. La SAQ doit faire preuve de leadership. Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir», conclut la productrice. 

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de Sur Le radar se penche sur la question.

Lundi occupé pour Martin Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, connaîtra un lundi fort occupé. En matinée, il fera une annonce au sujet du partage des produits de la criminalité. Plus tard, en après-midi, lui et son collègue de l’Éducation, Sébastien Proulx, tiendront une conférence de presse sur la lutte à l’exploitation sexuelle.

Propriété étrangère et marché de l’habitation

La Société canadienne d’hypothèques et de logements dévoile mardi son plus récent rapport portant sur la propriété étrangère dans les marchés canadiens de l’habitation. Selon elle, la part de propriété étrangère atteignait en 2016 3,2 % à Vancouver, 4,4 % à Toronto et 2 % à Montréal.

Rex Tillerson à Ottawa

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson sera mardi à Ottawa pour y rencontrer la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. Il s’entretiendra aussi avec le comité ministériel sur les relations canado-américaines créé pour superviser notamment les négociations en vue du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Le Tricolore dans l’Ouest canadien

Le Canadien, qui en arrache en ce moment, se rend dans l’Ouest canadien pour disputer trois matchs. La troupe de Claude Julien affronte mardi les Canucks de Vancouver avant d’aller visiter les deux villes albertaines, Calgary (vendredi) et Edmonton (samedi).

Cour suprême

Le nouveau juge en chef de la Cour suprême Richard Wagner sera assermenté lundi matin au cours d’une cérémonie à Rideau Hall.

Bombardier c. Boeing

La Commission américaine internationale pour le commerce (USITC) tiendra lundi des audiences au cours desquelles Boeing expliquera pourquoi elle juge qu’elle a souffert — ou pourrait souffrir — de l’entente qui a vu Bombardier vendre des avions de la CSeries au transporteur aérien américain Delta Air Lines.

Actualités

Assignation libre

À l’occasion de la première tempête de neige de la saison, la semaine dernière, notre photographe a surpris le père Noël à se la couler douce, assis sur une corde de bois, pendant qu’il déneigeait l’entrée de sa demeure de Cap-Rouge.

«J’aurais aimé qu’il vienne m’aider. Ça lui aurait permis de se réchauffer», témoigne Jean-Marie Villeneuve avec son cœur d’enfant...  Données techniques : Nikon D4. Focale 31mm, ISO 1000, ouverture f7.1, vitesse 1/1250e seconde

Actualités

Fausses informations sur les mosquées: Valérie Plante appelle à la vigilance

MONTRÉAL - Plusieurs jours après l'éclatement d'une controverse sur une fausse information voulant que des mosquées montréalaises aient demandé aux femmes de ne pas se présenter sur un chantier de construction, la mairesse de Montréal a fait un appel à la vigilance auprès de citoyens, de politiciens et de journalistes pour ne pas qu'ils réagissent à des rumeurs «qui font mal» aux communautés culturelles de la métropole.

Dans un message transmis sur les réseaux sociaux, dimanche après-midi, Valérie Plante a écrit que de tels propos erronés heurtaient les communautés et Montréal, «une ville inclusive».

Elle a ajouté qu'il allait de la «responsabilité» des intervenants publics d'être «solidaires et vigilants».

Dans un reportage présenté mardi soir, le réseau TVA a erronément allégué que des mosquées du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, avaient demandé l'exclusion de femmes sur un chantier de construction lors de la prière du vendredi.

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et des groupes identitaires proches de l'extrême droite avaient promis une manifestation devant l'une des mosquées lors de la prière.

Excuses

La Commission de la construction du Québec avait mené une vérification pour finalement conclure, après de multiples rencontres avec tous les intervenants, incluant les femmes oeuvrant sur le chantier, que l'information n'était pas véridique.

Le réseau TVA a présenté ses excuses, vendredi, précisant que «le reportage était fondé sur les témoignages rapportés à la caméra» de deux entrepreneurs et que les versions recueillies auprès de ces intervenants «ont changé» depuis.

«Rappelons qu'aucune femme n'a jamais été exclue du chantier de construction. En tant que première mairesse de Montréal, je tiens également à assurer que toutes les femmes ont leur place dans tous les milieux de travail. Ceci est d'autant plus vrai avec le plafond de verre que nous venons de briser», a ajouté Valérie Plante.

Justice et faits divers

Barry Sherman et sa femme morts étranglés

MONTRÉAL - La police de Toronto a annoncé dimanche que le milliardaire canadien Barry Sherman, fondateur du groupe pharmaceutique Apotex, et son épouse Honey étaient morts par étranglement, sans éclaircir le mystère qui entoure ces «décès suspects».

Le médecin légiste, à l'issue des autopsies, a conclu que la mort des deux victimes avait été causée par «strangulation au niveau du cou», a indiqué la police.

Dans un communiqué laconique, la police de la plus grande ville canadienne se borne à indiquer que c'est «le service homicides de la police de Toronto qui est chargée de l'enquête sur les décès suspects».

Aucune hypothèse n'est donc écartée par les enquêteurs sur la mort de ce couple de septuagénaires philanthropes, dont la mémoire a été saluée par les plus hauts responsables politiques, les organismes généralement bénéficiaires de leurs dons ou encore le laboratoire Apotex.

À la suite d'un appel vendredi à 11h44 donné depuis le domicile des victimes, dans un quartier cossu de Toronto, la police a découvert sur place les corps identifiés comme étant «Barry Sherman, 75 ans, et Honey Sherman, 70 ans».

Selon des médias locaux, c'est l'agent immobilier chargé depuis un mois de la vente à près de 7 millions $ de la grande maison des Sherman qui a donné l'alerte en découvrant les époux, pendus à une balustrade au bord de la piscine intérieure.

Aucune effraction n'a été constatée dans cette maison, avait assuré à des journaux une source policière. Selon elle, après avoir tué son épouse et avoir suspendu le corps, Barry Sherman se serait pendu à ses côtés.

Ce scénario semblait privilégié vendredi par la police qui avait alors indiqué ne rechercher «aucun suspect».

Colère de la famille

Mais la thèse du meurtre suivi d'un suicide a été fustigée samedi par les enfants Sherman : «nous sommes choqués» par «une théorie que ni leur famille, ni leurs amis, ni leurs collègues ne croient».

Déplorant les rumeurs non étayées, les descendants ont réclamé de la police une enquête «approfondie» pour faire la lumière sur «ces décès tragiques».

«Nos parents partageaient un enthousiasme pour la vie et un engagement envers leur famille et leur communauté totalement incompatibles» avec les rumeurs sur «les circonstances entourant leur mort», selon le communiqué des enfants.

Un descriptif qui cadre mal avec un geste prémédité ou le passage à l'acte d'un individu dépressif, d'autant que, selon les médias locaux, le couple avait donné il y a quelques jours rendez-vous à des amis en Floride pour les fêtes de fin d'année.

Barry Sherman avait créé en 1974 la société Apotex, spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques, et en était toujours le président du conseil d'administration. Cette entreprise emploie plus de 11 000 personnes dans le monde, dont plus de la moitié au Canada sur une vingtaine de sites.

«Avec une profonde tristesse», la direction d'Apotex a salué la mémoire de son fondateur et de son épouse qui, à travers leur fondation, ont fait des dons de «plus de 50 millions $ au cours des 10 dernières années».

Ces dons étaient en grande partie destinés aux universités et à la formation de scientifiques. La présidente de l'université York de Toronto, Rhonda Lenton, a salué la mémoire de Honey Sherman, longtemps membre du conseil d'administration de York, et de son mari.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, «attristé» par la mort des Sherman, avait rendu hommage à «leur vision et leur esprit».

D'après le magazine Forbes, Barry Sherman était parmi les 20 personnes les plus riches du Canada, avec une fortune évaluée à 4,7 milliards $.

Monde

Le conservateur Piñera remporte la présidentielle au Chili

SANTIAGO DU CHILI — L’ex-chef d’État conservateur Sebastian Piñera a remporté dimanche l’élection présidentielle au Chili et va succéder à la socialiste Michelle Bachelet, un résultat qui confirme le virage à droite de l’Amérique latine.

Selon des estimations diffusées par l’autorité électorale chilienne (Servel), basées sur le dépouillement de plus de 99 % des votes, M. Piñera a obtenu 54,57 % des voix, contre 45,43 % pour son adversaire.

«Nous avons subi une défaite douloureuse», a reconnu M. Guillier, 64 ans, moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote.

Annoncé comme très serré, le scrutin a finalement tourné très nettement à la faveur de l’ancien président (2010-2014) et milliardaire, âgé de 68 ans.

«Au premier tour, nous avons obtenu moins de votes qu’attendu et au second tour plus que prévu», s’est réjoui Sebastian Piñera, dans une allocution prononcée au côté de son rival qui a promis de diriger «une opposition constructive».

Sebastian Piñera, l’un des hommes les plus riches du pays, gouvernera le Chili de 2018 à 2022. Ses partisans ont commencé à descendre dans les rues de la capitale, Santiago.

Passionné d’histoire et grand lecteur, Sebastian Pineira a reçu le soutien de son ami le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa.

«Celui qui a gagné est celui qui veut que les Chiliens travaillent et ne vivent pas de l’État. Je suis heureux, à présent, nous allons aller de l’avant», a déclaré Carlos Vargas, 39 ans, qui agitait un drapeau chilien au côté de centaines de compatriotes.

Le Chili, une des principales économies d’Amérique latine, a été dirigé ces quatre dernières années par la socialiste Michelle Bachelet, qui a bouleversé cette société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l’adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l’avortement, auparavant interdit. La loi ne lui permettait pas de se représenter.

Justice et faits divers

Libération conditionnelle: une disposition du Code criminel dénoncée

CALGARY — Des spécialistes du droit estiment qu’une disposition du Code criminel pouvant entraîner l’emprisonnement à vie de personnes coupables de meurtre se rendra probablement jusque devant la Cour suprême du Canada.

En 2011, le gouvernement fédéral a promulgué une loi qui permet aux juges de condamner les individus ayant commis plus d’un meurtre à plusieurs périodes d’inadmissibilité à la libération conditionnelle consécutives, soit une pour chaque crime.

Cette disposition a seulement été appliquée six fois.

Le plus récent cas est celui de Derek Saretzky, qui a été condamné en août pour les meurtres au premier degré d’un homme et de sa fille de deux ans ainsi que d’une sexagénaire dans le sud-ouest de l’Alberta.

Saretzky a reçu une peine d’emprisonnement à vie, qui est la sentence obligatoire pour ce type de crime. Mais au lieu de la période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de 25 ans habituelle, le juge a ordonné au meurtrier de passer trois fois plus de temps, soit 75 ans, derrière les barreaux avant de pouvoir faire une demande pour être libéré.

Aux yeux de l’avocat de Derek Saretzky, Me Balfour Der, cette sentence montre la dure réalité qui attend les personnes concernées par la disposition.

«On parle d’un jeune homme de 22 ans qui ne pourra pas obtenir de libération conditionnelle avant l’âge de 97 ans», a souligné Me Der, qui a porté la condamnation et la peine de son client en appel.

«Si on voit les choses de cette façon, on devrait peut-être lui donner une chance. En même temps, c’est un crime très grave. C’est très délicat en raison des circonstances entourant les décès et de l’identité des victimes.»

Échelle mobile

Selon l’avocat, il s’agit d’un sujet où il est difficile de trancher.

«L’une des raisons qui pourront être invoquées en appel, c’est probablement le fait que ces peines consécutives de 25 ans minimum constituent une punition cruelle et inhabituelle, et que cela rend donc cette disposition inconstitutionnelle», a-t-il expliqué.

MBalfour Der propose plutôt l’adoption d’une échelle mobile pour les périodes d’inadmissibilité à la libération conditionnelle consécutives qui pourrait tout de même tenir compte de la gravité de certains cas.

Une professeure de droit de l’Université de Calgary a pour sa part confié qu’elle ne serait pas étonnée de voir le débat se retrouver devant le plus haut tribunal du pays.

«Je ne sais pas comment ou de quelle manière la Cour suprême traitera cette affaire, mais j’ai l’impression que cela va se produire», a indiqué Lisa Silver.

Elle a dit comprendre pourquoi la disposition soulevait des questions puisque son adoption était relativement récente.

«Cela veut dire que quelqu’un pourrait passer une très longue période en prison, ce qui ne s’était jamais produit auparavant, a ajouté Mme Silver. C’est quelque chose que la Cour suprême du Canada doit examiner afin de déterminer une bonne fois pour toutes si c’est véritablement constitutionnel.»

Justice et faits divers

Un motoneigiste décédé après avoir sombré dans la rivière Sainte-Anne

L’empressement de certains d’enfourcher leur motoneige en ce début de saison ne se fait pas sans risque. En l’espace de quelques heures, dimanche après-midi, dans la région de Québec, un homme est décédé après que la glace de la rivière Sainte-Anne ait cédé sous sa motoneige, alors qu’un autre a subi de graves blessures lors d’un accident sur un sentier qui n’était pas encore ouvert.

Le motoneigiste qui a perdu la vie, un homme de 69 ans, circulait en duo sur la rivière Sainte-Anne, à Saint-Gilbert, dans Portneuf. La Sûreté du Québec (SQ) a reçu un appel vers 14h15 d’un citoyen signalant que la glace avait cédé sous la motoneige où prenaient place les deux hommes, les plongeant dans l’eau glacée. 

Selon la SQ, l’homme qui prenait place comme passager aurait réussi à s’agripper à la glace et s’extirper lui-même de l’eau, avant d’être secouru par des résidents du secteur, près de la route 354. 

Le conducteur de la motoneige a cependant sombré dans les eaux de la rivière avec le véhicule, demeurant introuvable durant plus d’une heure. Des plongeurs de la SQ étaient en route vers le lieu de l’accident lorsque les pompiers de Saint-Gilbert ont finalement localisé puis rescapé le sexagénaire coincé sous la glace. Ce dernier était en arrêt respiratoire et des manœuvres de réanimation ont été tentées en vain. Le décès de la victime a été confirmé en début de soirée par la Sûreté du Québec.

Le passager de la motoneige a pour sa part été conduit en ambulance vers un centre hospitalier pour traiter des blessures, mais on ne craignait pas pour sa vie.

Blessé grave dans Lotbinière 

Moins d’une heure plus tôt, la SQ avait été appelée pour un autre accident de motoneige, celui-là à Sainte-Croix, dans Lotbinière. C’est un passant qui aurait aperçu un homme gisant dans un champ qui a alerté le 9-1-1. 

Selon la SQ, le motoneigiste circulait sur un sentier fédéral qui n’était pas encore ouvert, toute la signalisation n’ayant pas encore été installée. Le conducteur aurait perdu la maîtrise de son véhicule dans une courbe, étant violemment éjecté durant la sortie de route. 

L’homme était grièvement blessé à l’arrivée des secours et il a été conduit d’urgence en ambulance au centre hospitalier le plus près. On ne craignait toutefois pas pour sa vie. 

Monde

Déportation des États-Unis: des familles haïtiennes rongées par l'inquiétude

PORT-AU-PRINCE — Des milliers de familles en Haïti qui dépendent de l'aide financière de proches ayant le statut de protection temporaire aux États-Unis sont sur les dents, alors que ces travailleurs risquent la déportation vers leur pays d'origine, déjà grandement affligé par le chômage.

«Beaucoup de gens n'ont pas d'emploi ici et arrivent à survivre avec les transferts d'argent de leurs proches aux États-Unis. [Les ressortissants] mènent un train de vie différent et cette décision pourrait affecter les familles en Haïti», estime Géralda Sainville, porte-parole du Groupe d'appui aux réfugiés et rapatriés (GARR), organisation basée à Port-au-Prince.

En novembre, l'administration Trump a mis fin au programme de résidence temporaire de 58 000 Haïtiens qui leur permettait de vivre et travailler aux États-Unis depuis le tremblement de terre survenu en 2010. Une véritable catastrophe pour Micheline Chery, dont la soeur s'est installée au pays de l'Oncle Sam il y a bientôt huit ans.

Depuis le séisme, cette mère monoparentale vit toujours dans une habitation de fortune construite dans les hauteurs de la capitale haïtienne. Une seule petite pièce où elle dort avec ses trois garçons, sa grande soeur et son filleul. «Mon mari m'a abandonnée, alors c'est moi qui dois nourrir mes garçons et payer l'école, affirme Mme Chery. Parfois, quand ça devient trop dur, j'appelle ma petite soeur pour qu'elle m'envoie 20 $». Une mince somme qui lui permet de scolariser ses enfants pour au moins un mois.

Il est inconcevable pour Mme Chery que sa soeur revienne en Haïti, alors qu'elle peine déjà à joindre les deux bouts aux États-Unis malgré son emploi. «Où va-t-elle vivre? Sa maison aussi a été détruite», s'interroge celle qui, malgré tout, tente d'obtenir un visa de séjour américain. Même si elle admet ne pas connaître les règles d'immigration au Canada, Mme Chery n'hésiterait pas à convaincre sa soeur d'y tenter sa chance si elle ne réussit pas à régulariser son statut aux États-Unis d'ici juillet 2019.

Projets de vie en suspens

Jean Bertrand Larame peut étudier en génie civil dans une université privée en Haïti seulement grâce à l'appui de sa mère, qui vit aux États-Unis. «Depuis l'annonce de l'administration américaine, elle est stressée. J'ai peur de ne plus pouvoir continuer. En attendant, je m'en remets à Dieu. Je vais continuer à prier», laisse-t-il tomber.

Le jeune trentenaire aborde rarement ce sujet délicat avec sa mère, tout comme l'emploi de ménagère qu'elle occuperait actuellement. Qu'a-t-elle l'intention de faire? Pour M. Larame, ce ne serait pas souhaitable qu'elle revienne en Haïti. Par ailleurs, elle ne lui a jamais parlé de l'intention de faire la traversée vers le Canada, comme ce fut le cas de milliers d'Haïtiens depuis cet été. «On n'a pas de proches là-bas, ce ne serait pas une bonne idée», considère l'étudiant.

Une option qu'écarte aussi Elizabeth Fabien, qui bénéficie du statut de protection temporaire aux États-Unis depuis l'expiration de son visa d'études. «Je suis planificatrice financière et je veux poursuivre mes rêves ici», explique-t-elle.

Sa mère, qui vit à Port-au-Prince, n'a qu'un seul espoir pour elle. «L'administration américaine pourrait accorder la résidence permanente à tous les Haïtiens qui ont ce statut. C'est un pays organisé. Ensuite, on mettra des balises pour empêcher les arrivées clandestines», suggère Marie-Claude Fabien, qui opère un restaurant et un petit hôtel dans la capitale. Cette dernière reconnaît que leur situation est loin d'être aussi «grave» que celle de nombreuses familles qui risquent d'être plongées dans la misère.

Haïti dépend de sa diaspora

Selon un récent rapport de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, Haïti est le deuxième plus grand bénéficiaire des transferts d'argent de la diaspora, en pourcentage du produit intérieur brut. Depuis le début de l'année, ce montant est évalué à 2,4 milliards $, soit 31,2 % du PIB.

Environ 60 % de cette somme provient uniquement des États-Unis. Toutefois, sur le million d'Haïtiens vivant aux États-Unis, seulement 6 % d'entre eux sont visés par la décision de l'administration Trump, souligne l'économiste Etzer Emile, auteur du nouvel essai «Haïti a choisi de devenir un pays pauvre».

«La diaspora, c'est le pays», lance le politologue Fernando Estimé. Selon lui, ce drame économique pèse sur le faible budget de l'état haïtien, dont une grande partie est allouée à son propre fonctionnement. D'après le Forum économique du secteur privé, pas moins de 70 % de la population apte à travailler est au chômage.  Avec la collaboration de Jean Daniel Sénat

Justice et faits divers

Familles jetées à la rue par un incendie: la solidarité dans l’épreuve

SAINT-FABIEN – Dans l’épreuve, la solidarité s’est très rapidement organisée dans la communauté de Saint-Fabien, située près de Rimouski. À 48 heures d’un accident impliquant un camion-citerne de propane qui a nécessité une dizaine d’évacuations et qui aurait pu avoir des conséquences tragiques, la communauté de 1900 habitants est éprouvée à nouveau, alors qu’un incendie majeur a jeté à la rue trois familles, à une semaine de Noël.

Jane Lefebvre et Marie Morneau, de l’organisme Notre maison de répit et d’entraide, avaient décidé d’organiser pour la première fois un grand bazar au Centre des loisirs du village, dimanche, question pour les gens de partager gratuitement leurs surplus. «Je voulais aider le plus de gens possible, explique Mme Lefebvre. Ce n’est pas juste pour les gens dans le besoin. C’est une façon écologique de récupérer les vêtements, les jouets et autres choses dont on ne se sert plus. C’est uniquement des dons.» Puis, le hasard a voulu que l’événement se tienne à quelques heures du terrible sinistre, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. 

Immédiatement, les deux bénévoles ont décidé de donner priorité aux sinistrés et de lancer un cri du coeur auprès de toutes les personnes qui peuvent donner des vêtements, de la vaisselle et tout ce qu’il faut pour les six personnes qui ont tout perdu dans l’incendie. L’appel a vite été entendu et les deux bonnes samaritaines ont immédiatement vu la générosité des leurs. Des gens sont venus faire des dons en argent et en certificats-cadeaux. 

Les deux femmes continuent à recevoir des dons en matériel ou en argent pour les prochains jours, voire les prochaines semaines. «On mobilise la communauté pour apporter le plus de choses possible parce qu’il ne leur reste plus rien, tout est parti en cendres», s’attriste Jane Lefebvre, qui n’avait dormi que 40 minutes parce que sa maison était dans le secteur.

Après avoir été recueillis par la Croix-Rouge, des sinistrés se sont rendus à la rencontre des bénévoles au grand coeur. «On les a rencontrés et on leur a parlé, raconte Marie Morneau. On se connaît.» «On leur a offert du soutien et de l’aide, ajoute Jane Lefebvre. On voulait faire notre part.»

Heureusement, le brasier n’a fait aucune victime. Mais, cela n’empêchait pas pour autant les sinistrés d’être désemparés. «On voyait, dans leur visage, beaucoup de tristesse, mais avec un petit brin d’humour parce que je pense que ça fait partie de leur personnalité», décrit Mme Lefebvre.