Jean Pilote: le showbiz à la québécoise

Le lauréat

Jean Pilote: le showbiz à la québécoise

«On a amené du glamour qui n’existait pas à Québec». Retour sur les 30 ans de carrière de Jean Pilote comme propriétaire et concepteur du théâtre Capitole de Québec.

«Vous n’êtes jamais rentrée? Il faut que vous alliez à l’intérieur, vous êtes obligée. Vous ne pouvez pas faire un papier sans ça!», s’exclame Jean Pilote, devant l’établissement de la place d’Youville. C’est ainsi que notre rencontre d’une vingtaine de minutes se transforme en visite guidée d’une heure. Le 25 juin dernier, l’homme d’affaires à annoncé le rachat de ses actions par ses partenaires, une semaine après la vente de son théâtre à Québecor.

Ce bâtiment qui a 117 ans, il le connaît sous toutes ses coutures. Jean Pilote se déplace avec aisance dans ce grand labyrinthe, des cuisines jusqu’aux chambres, en passant par la grande salle de spectacle en saluant les employés au passage. Il peut dire l’histoire de chaque poutre, de chaque mur de ce lieu qui existait bien avant lui. «C’est comme si tu partais de chez tes parents et que tu t’en retournes chez vous. Tu vois tes frères, tes sœurs. C’est un sentiment qui va toujours rester, je pense», dit-il esquissant un sourire nostalgique. 

Il faut dire que le Capitole n’a pas toujours été la salle de spectacle, l’hôtel et la table qu’il est aujourd’hui. Quand Jean Pilote en fait l’acquisition en 1990 avec ses partenaires, le bâtiment était abandonné depuis une dizaine d’années. «Quand on l’a acheté, il y avait trois pieds d’eau gelée ici», explique-t-il, en montrant le hall de la salle. «Il y avait des stalactites de glaces et de jeunes punks avec leurs chiens et leurs furets». À l’époque, deux banquiers passionnés acceptent de lui prêter 9 millions de dollars pour son projet un peu fou. Quelques années plus tard, le Capitole devient le théâtre de variété le plus populaire de la province : le Broadway de Québec, comme Jean Pilote l’appelle. 

«On a fait des premières comme ça ne s’était jamais fait au Québec. On a fait des tapis rouges incroyables pour la première des Misérables, pour les multiples premières d’Elvis, de Night Fever, comme ça se fait à New York», raconte-t-il fièrement. Il se rappellera toute sa vie du spectacle d’ouverture avec Céline Dion en 1992. «Il y avait tous les artistes de partout au Québec qui était là pour la soirée d’ouverture. On s’était couché à 5h du matin».

Les grands noms

Jean Pilote a loué sa salle pour de nombreux évènements d’envergure, mais ce qu’il préfère, c’est la production. La piqûre, il l’a à 16 ans, alors qu’avec sa compagnie Production numéro 1, il organise son premier spectacle dans une salle de banquet de l’hôtel Montagnais à Chicoutimi. C’était celui du groupe rock progressif Maneige. «On a rempli la salle de 1000 places. J’avais fait 4000 $ de profit. Le lendemain, je me rappelle, je suis allé acheter pour 800 $ de vêtements au La Baie. À l’époque, j’en avais pour deux ans». 

Depuis, il a produit et reçu des spectacles d’envergure. Il se souvient évidemment de tous les grands de la chanson française comme Bécaud, Aznavour, Trenet qui sont passés au Capitole, mais la réelle locomotive de la salle pendant 20 ans reste Elvis Story. «Sans ce spectacle, on n’aurait pas pu tenir au début», indique-t-il. «On a aussi fait Paul Anka, Kenny Rogers, Ray Charles». Si Jean Pilote quitte le Capitole, il n’a pas encore rendu sa chemise de producteur. «J’aimerais encore faire Tom Jones, un artiste incroyable». 

Dans tout ce star-système, si on demande à Jean Pilote qui a le plus marqué sa carrière, c’est le nom de Martin Fontaine, son associé, son «Elvis» pendant plus de 20 ans, qui ressort en premier. «C’est lui qui a porté le spectacle sans jamais manquer un seul soir», souligne-t-il. «Tu sais, c’est une famille le Capitole».

Évoluer en affaires… même après la crise!

Affaires

Évoluer en affaires… même après la crise!

Évolution. Le titre du sixième livre d’affaires d’Alexandre Vézina fait référence à la théorie de Darwin. Car pandémie ou pas, l’auteur et entrepreneur-conseil y enjoint les entrepreneurs de s’adapter, voire d’évoluer.

«C’est dans l’adversité qu’on est en mesure de trouver de nouvelles ressources. Actuellement, chaque entrepreneur se doit d’évoluer pour ensuite faire évoluer son entreprise. C’est la suite logique», lance celui qui est également cofondateur de la Clinique d’accompagnement entrepreneurial du Québec.

Ce livre destiné aux PME, celles qui ont le plus souffert, n’était pas prévu. Mais le contexte d’urgence l’aura inspiré. En six semaines, il avait terminé sa rédaction. «C’est une situation extraordinaire qui fait en sorte que plusieurs entreprises ont dû évoluer en un court laps de temps.»

Chaque chapitre relate l’histoire d’un entrepreneur conseillé par M. Vézina pendant la crise. Différents aspects des problématiques rencontrées par ceux-ci y sont relatés, des bons coups comme des moins bons. 

La préoccupation principale de ses clients, poursuit-il, est toujours la même : l’argent. Mais une fois ce problème résolu, l’entrepreneur peut quitter le «mode survie» et évoluer, c’est-à-dire s’adapter aux nouvelles règles du jeu.

Nouvelles règles du jeu

«En général, seulement une infime partie des PME se revirent de bord en temps de crise. La majorité est plutôt réactive à ce qui se passe», se désole l’entrepreneur-conseil.

Il le réitère dans son livre : les entrepreneurs proactifs sont ceux qui s’en sont sorti le mieux. Il donne pour exemple quelques-uns de ses clients qui dès le premier mois s’étaient déjà adaptés «aux nouvelles règles du jeu».

Car un retour à la normale, M. Vézina n’y croit pas. 

«Les comportements des consommateurs ont changé. Que ce soit le travail à distance ou l’achat sur le Web. En tant qu’entrepreneur, on ne peut pas penser retourner à une normalité, il faut faire évoluer son modèle d’affaires.»

Maine: le fragile retour des touristes québécois

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Maine: le fragile retour des touristes québécois

Qui n’a jamais séjourné au moins une fois dans le Maine? Les plages à perte de vue d’Old Orchard ou d’Ogunquit font partie des souvenirs de plusieurs Québécois. Mais en temps de pandémie, l’industrie touristique du Maine est tout aussi incertaine que celle du Québec.

«C’est une saison touristique extrêmement difficile, lance Tony Cameron, le directeur général de l’Association de tourisme du Maine. C’est une des situations les plus difficiles que nous ayons jamais rencontrées.»

L’absence de touristes québécois aura certainement «un impact énorme» et «affectera le nombre de visiteurs global», poursuit-il. Aux dernières nouvelles, la frontière canado-américaine ne rouvrira pas avant le 31 juillet. Et si c’était pour se prolonger? «C’est certainement une grande préoccupation. Mais nous attendons à ce que les déplacements redeviennent sécuritaires avant de pouvoir accueillir à nouveau les touristes», dit M. Cameron. En effet, contrairement au Québec, les cas de COVID-19 ont récemment connu un rebond aux États-Unis.

La quarantaine obligatoire mise en place pour les visiteurs d’autres États américains vient pourtant d’être levée pour les États du New Hampshire, de New York, du New Jersey et du Connecticut. Lueur d’espoir? Encore trop tôt pour le dire. «L’accent est mis sur la sécurité. Les entreprises font ce qu’il faut pour que les touristes puissent séjourner en toute sécurité, mais il faut aussi protéger la communauté.»

Certes, il y a quelques touristes, confirme M. Cameron, mais c’est beaucoup plus calme qu’à l’habitude. Les restaurateurs et hôteliers sont d’ailleurs très préoccupés. En juin, le taux d’occupation dans les hôtels se situait entre 5 % et 20 %... bien en dessous du 80 % en temps normal. «On espère que la deuxième moitié de saison sera bonne», conclut-il.

Les cours d'eau dans l'oeil de nos photographes

Dans l'oeil de nos photographes

Les cours d'eau dans l'oeil de nos photographes

Les photographes des six journaux membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) se sont donné un défi: s’imposer une thématique chaque semaine, en se détachant de l’actualité. Aujourd’hui, ils vous présentent des photos mettant en vedette les fleurs, d’Ottawa-Gatineau à Saguenay, en passant par Granby, Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec et plus encore.
4 juillet: citoyens de Québec, <em>made in USA</em>

Actualités

4 juillet: citoyens de Québec, made in USA

Quitter le pays de l’Oncle Sam pour s’établir dans la cité de Sam...uel de Champlain. Le choix qu’ont fait les 2010 citoyens de Québec qui ont leurs racines chez nos voisins du sud, selon le dernier recensement de 2016, 2730 pour l’ensemble de la région. En ce 4 juillet, jour de l’Indépendance des États-Unis d’Amérique, Le Soleil vous offre quatre portraits américains pour autant de parcours fascinants ayant fait de ces Américains vos concitoyens de Québec.

PORTE-PAROLE D'UN PAYS

«On est peu nombreux, alors on se sent souvent comme le porte-parole des États-Unis auprès des gens de Québec!» affirme Hoffman Wolff, tout en ayant à l’œil le petit Adrian, qui court après son ballon.

Le natif de la Caroline du Nord habite en permanence à Québec depuis 2013. Il y a rencontré sa blonde, une sympathique Ontarienne. Ils ont un fils de 18 mois, très mignon et tout blond.

L’entrevue s’est tenue au monument La Rencontre de deux mondes, au parc Cartier-Brébeuf, dans Limoilou. Leur quartier. Les deux stèles de granit rappellent le contact entre Autochtones et Européens. Dans les circonstances, facile d’y voir la jonction entre les cultures québécoise et américaine.

La relation de M. Wolff avec Québec remonte à plus de 20 ans. Son père, Miles, a été le premier propriétaire des Capitales de Québec, l’équipe de baseball, dès 1999. Le jeune Américain a fait une année d’école secondaire ici et y a joué plusieurs étés de baseball mineur.

Sa mère, Michelle Guimond, est une Franco-Américaine. Son ancêtre Louis Guimont a été reconnu comme le premier miraculé de Sainte-Anne-de-Beaupré, en 1658.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, il est le seul de la famille encore à Québec. Sa sœur habite Saint-Louis et ses parents passent leur premier été en presque un quart de siècle à la maison familiale de Durham, près de Raleigh. La faute à la COVID.

Après avoir exploré le domaine sportif comme papa, Hoffman Wolff est maintenant consultant en gestion et en technologies de l’information chez ABna, une entreprise de Sainte-Foy.

«Le 4 juillet éveille chaque année en moi un sens de l’attachement aux États-Unis. Mais à Québec, la petite communauté américaine est absorbée dans la communauté anglophone plus large», explique celui qui préside Voice of English-speaking Québec, organisme regroupant les anglophones dans la capitale.

«Cette année, ce sera un samedi comme les autres. On n’a rien de prévu», constate-t-il. La COVID limite les rassemblements. Mais la semaine passée, sa douce est quand même sortie pour la Saint-Jean-Baptiste, pendant que les garçons sont restés à la maison. Olivier Bossé

Piscine: entretien 101 [PHOTOS]

Maison

Piscine: entretien 101 [PHOTOS]

Le confinement a fait exploser les ventes de piscines au Québec, mais les nouveaux propriétaires sont parfois pris au dépourvu lorsque vient le temps d’entretenir leur nouvel achat. Émile D. Parent, président du Groupe H2prO, nous renseigne sur les principales vérifications à effectuer pour s’assurer de passer un été sans tracas dans l’eau.

La circulation et la filtration

«Plus la circulation est bonne, mieux l’eau sera filtrée et la piscine sera belle», entame M. Parent. Ce dernier conseille d’orienter les retours d’eau de façon à produire un tourbillon et permettre ainsi aux saletés s’y trouvant d’entrer dans l’écumoire et d’améliorer le débit de filtration. Il conseille aussi de s’assurer que la pression soit optimale. On retrouve normalement un manomètre sur le filtreur, mais si celui-ci ne fonctionne pas, vous pouvez mettre votre main sur le retour d’eau afin de vérifier si la pression est adéquate.

Pour rester connectés à votre communauté

Le Soleil

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Le Soleil et les cinq autres coops d’information de notre groupe poursuivent leur transition numérique.

Vous l’avez peut-être remarqué sur lesoleil.com, dans le coin droit, tout en haut de nos pages : un icône vous invite désormais à vous connecter chez nous. Explications.

Voir et apprendre... à quatre

Actualités

Voir et apprendre... à quatre

TROIS-RIVIÈRES — «Je n’ai jamais si bien vu qu’à travers leurs yeux.» Ces mots, ils proviennent de l’enseignante en mathématiques à l’Académie les Estacades Josée Rainville. Depuis plusieurs années, elle fait équipe avec Sandra Provencher afin d’offrir une éducation privilégiée à Nathan Therrien et Odélie Boudreau, deux étudiants non voyants qui viennent tout juste de graduer du secondaire. Ensemble, ils forment «les quatre mousquetaires».

À vrai dire, affirmer qu’ils entretiennent un lien aussi fort que celui qui unit les mousquetaires serait un euphémisme. Il ne suffit que de passer quelques secondes en compagnie de ces quatre meilleurs amis pour le saisir. Entre une blague de Nathan, une parole sage d’Odélie et les savants enseignements de leurs intervenantes se cache une relation indescriptible.

Cuba: dernière du pays, La Havane entame son déconfinement, sans touristes

Monde

Cuba: dernière du pays, La Havane entame son déconfinement, sans touristes

LA HAVANE — Enfin, Lazaro a pu aller pêcher, Dayli nager et Fernando courir le long du Malecon, célèbre boulevard côtier de La Havane: la capitale cubaine a entamé vendredi son déconfinement, permettant à ses habitants de profiter de la mer, mais les touristes étrangers devront attendre.

«On est heureux, car c'est ce qu'on aime tous: la pêche», confie à l'AFP Lazaro Castillo, 55 ans, venu tenter sa chance avec sa canne à pêche.

Venu avec cinq amis qui partagent le même passe-temps, ce chauffeur professionnel a débarqué dès l'aube sur le Malecon - lieu de rendez-vous de tous les Havanais - avec son matériel, sans oublier son masque sur le visage, qui reste obligatoire, ainsi qu'une solution à base de chlore pour se désinfecter les mains.

«On est tous là, contents, mais en respectant les règles qui ont été fixées», explique-t-il.

Après trois mois de confinement où les plages étaient fermées et la pêche interdite, Lazaro se sentait nostalgique de la mer.

Après l'extension de l'ère Poutine, le risque de la «stagnation» 

Monde

Après l'extension de l'ère Poutine, le risque de la «stagnation» 

MOSCOU — Vladimir Poutine a promis aux Russes qu'en prolongeant son ère, ils laisseront une Russie meilleure à leurs enfants. Mais aux yeux d'analystes, il menace le pays de «stagnation» en refusant d'aborder la possibilité de sa succession.

Pour beaucoup de Russes, ce terme renvoie à la «période de stagnation» soviétique entre 1964 et 1985 - principalement sous Léonid Brejnev - qui a été suivie par la fin de l'Union soviétique et une décennie de chaos.

Comme alors, l'absence d'espoir de changement n'est pas sans risque.

«La faiblesse du régime [de Poutine] est qu'il n'a pas de mécanisme de passation du pouvoir», affirme à l'AFP Maxime Troudolioubov, figure du journalisme russe et rédacteur émérite du site d'informations Meduza.

Pour lui, le président russe, 67 ans, et ses proches «se méfient profondément» d'élections libres pour déterminer l'identité du prochain chef d'État. Et en l'absence d'un successeur désigné, «ils font tout simplement comme s'ils ne mourront jamais».

Annoncée à la surprise générale en janvier, menée tambour battant et rapidement adoptée par le Parlement, la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 20 ans, a été validée avec près de 78% des suffrages par un scrutin organisé du 25 juin au 1er juillet. L'opposition a dénoncé un «énorme mensonge».

Un des points clefs du texte, rajouté en mars alors qu'il n'avait jamais été évoqué, est la remise à zéro des compteurs présidentiels. En 2024, date de la fin de l'actuel mandat, Vladimir Poutine pourra donc à nouveau être candidat à deux sextennats qui le feraient théoriquement rester au Kremlin jusqu'en 2036, année de ses 84 ans.

La réforme introduit aussi dans la Constitution des amendements sociaux, comme l'indexation des retraites sur l'inflation, et des principes conservateurs chers au président tels que la foi en Dieu ou le mariage réservé aux hétérosexuels.

Pour nombre d'observateurs, ceux-ci ne servaient pas uniquement à inciter les Russes à participer au vote et Tatiana Stanovaïa, fondatrice du centre d'analyse R.Politik, estime qu'il ne faut donc pas les «sous-estimer».

«C'est un moyen de cimenter la Russie telle qu'elle est maintenant (...), d'institutionnaliser l'héritage de Poutine», précise-t-elle.

«Déclin progressif»

Si le résultat du vote ne faisait aucun doute, il arrive néanmoins à un moment délicat pour Vladimir Poutine.

Entre mai 2018 et juin 2020, son taux d'approbation mesuré par l'institut indépendant Levada est passé de 79% à 60%, sur fond d'économie au ralenti et de chute du pouvoir d'achat des Russes depuis 2014.

Des scrutins régionaux sont prévus à l'automne et des législatives en 2021. Et le parti Russie unie au pouvoir est très impopulaire.

Drame à Notre-Dame-de-Stanbridge: le bilan s’alourdit

Actualités

Drame à Notre-Dame-de-Stanbridge: le bilan s’alourdit

«Il y a environ cinq à six cas par année d’accident de la route impliquant un tracteur, comme ce qui est arrivé à Notre-Dame-de-Stanbridge», relève Sylvain Blanchard, fondateur de Ferme-Médic, un centre de formation pour accidents agricoles qui vise à prévenir des drames comme celui qui a coûté la vie à quatre personnes, dont trois jeunes enfants, mercredi dernier.

Le bilan de la tragédie s’est en effet alourdi vendredi alors qu’un des deux adultes toujours dans un état critique a finalement succombé à ses blessures. La Sûreté du Québec a annoncé avoir eu la confirmation de son décès en début de soirée.

En pleine mer des Caraïbes, confinés sur un îlot surpeuplé [PHOTOS]

Monde

En pleine mer des Caraïbes, confinés sur un îlot surpeuplé [PHOTOS]

SANTA CRUZ DEL ISLOTE — Dans la mer des Caraïbes s’élève l’un des îlots les plus densément peuplés de la planète: 500 personnes vivent sur un hectare, au large de la Colombie. La distanciation physique, vitale en ces temps de pandémie de coronavirus, y est impossible.

«Nous sommes isolés, loin du virus. Mais oui, nous avons peur [...] qu’une personne contaminée arrive sur l’île, nous infecte et que nous mourrions tous», explique à l’AFP Adrian Caraballo, un guide touristique de 22 ans.

Santa Cruz del Islote, ou el Islote (l’îlot) comme elle est communément appelée, bataille depuis des décennies avec l’absence de médecin, le manque d’eau potable et les coupures récurrentes d’électricité.

Plus entassés qu’à Manhattan, où vivent 268 personnes sur 0,01 km2, ses habitants déploient des prouesses d’ingéniosité et de solidarité pour faire face aux pénuries.

Accueillir des matchs de baseball à Toronto pourrait comporter des risques

Baseball

Accueillir des matchs de baseball à Toronto pourrait comporter des risques

Les Blue Jays de Toronto ont obtenu la permission d'amorcer leur camp estival au Rogers Centre, mais l'administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada affirme que d'accueillir des matchs de saison serait «une tout autre histoire».

Les Blue Jays, la seule équipe du Baseball majeur établie au Canada, a reçu jeudi la permission du gouvernement canadien d'utiliser son stade à Toronto afin de s'entraîner pendant la pandémie de COVID-19.

Une décision n'a toujours pas été prise à savoir si le Rogers Centre peut accueillir des matchs de saison, ce qui impliquerait du voyagement constant à travers la frontière canado-américaine.

Le médecin Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, a dit vendredi que ce plan pouvait comporter des risques.

«Nous devrions assurément examiner très attentivement quelle proposition sera mise de l'avant par le Baseball majeur. Et plus particulièrement par les Blue Jays, a exprimé Njoo. Plusieurs États ont actuellement un niveau d'activité assez élevé à la COVID-19. Je crois que c'est une question de regarder attentivement le plan qui serait proposé.»

Les camps d'entraînement devaient s'amorcer vendredi aux quatre coins de la ligue, mais les Blue Jays sont légèrement retardés, car leurs joueurs et leur personnel se soumettent au processus d'admission et de dépistage à Dunedin, en Floride, dans leur stade d'entraînement printanier.

Le président et chef de la direction des Blue Jays, Mark Shapiro, a mentionné jeudi que deux tests de dépistage négatifs à la COVID-19 seraient nécessaires avant que quiconque monte à bord d'un avion privé en direction de Toronto.

Contrairement à la LNH et à la NBA, qui prévoient de jouer des matchs dans des villes-bulles ou dans un large complexe lorsque leur saison respectivement reprendra, les équipes des Majeures devront voyager pour y disputer des matchs à l'étranger contre des rivaux de section ou des équipes qui correspondent à leur section, mais dans l'autre ligue.

Ce qui veut dire que les Blue Jays devraient voyager à Boston, New York, Baltimore, Tampa Bay, Miami, Atlanta, Philadelphie et Washington. Les équipes de ces villes devraient également venir au Canada en multiples occasions.

«Notre priorité est de protéger la santé et la sécurité de tous les Canadiens, a insisté Njoo. Certes, il y a beaucoup d'aspects que nous devons examiner. Non seulement en ce qui concerne les Blue Jays, mais aussi en matière de risques de faire des allers-retours au Rogers Centre à Toronto. Les Blue Jays sont la seule équipe canadienne des Majeures et ça doit faire partie des aspects à considérer s'ils veulent aller de l'avant avec la saison.»

La saison écourtée de 60 parties doit s'amorcer les 23 et 24 juillet et doit durer 66 jours.

Plusieurs joueurs et membres du personnel des Blue Jays ont récemment été déclarés positifs à la COVID-19. L'équipe a d'ailleurs dû fermer ses installations après qu'un joueur eut montré des symptômes du virus.

La Floride a rapporté jeudi 10 109 nouveaux cas de COVID-19, un sommet, alors que l'Ontario a rapporté 153 nouveaux cas pour le même jour.

Parce que quiconque entrant au Canada pour des motifs non essentiels doit s'isoler pendant 14 jours, le Baseball majeur a eu besoin d'une lettre d'exemption de la part du gouvernement fédéral afin de permettre une «quarantaine modifiée».

La médecin Theresa Tam, l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, a indiqué que le modèle d'une quarantaine modifiée allait réduire les risques de voir des joueurs ou des membres du personnel propager la COVID-19 à Toronto.

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Politique

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Guy Nantel, l’un des candidats à la direction du Parti québécois (PQ), a été suspendu vendredi pour deux jours en raison du non-respect des règles.

Le parti reproche à l'équipe Nantel d'avoir envoyé directement un courriel à un grand nombre de membres pour solliciter du financement, a confirmé à La Presse canadienne une source interne proche du dossier.

Les candidats doivent obligatoirement passer par la formation politique s'ils souhaitent communiquer avec les membres afin d'éviter que ceux-ci soient inondés de courriels des candidats.

Il y a eu un rappel de la règle lors d'une téléconférence jeudi matin à laquelle ont pris part des représentants de toutes les équipes et la directrice générale du parti étant donné qu'il y avait déjà des contraventions, a appris La Presse canadienne.

Peu après, l'équipe de Guy Nantel a malgré tout contrevenu au règlement d'élection. Le parti a donc imposé une sanction symbolique, mais qui fait bien plus mal sur le plan des perceptions.

«Le candidat ne sera plus affiché sur le site web du Parti Québécois pour une durée de 48 heures», a indiqué la formation politique dans un message transmis aux autres candidats à la chefferie.

«Il est toujours candidat et participe toujours à la course», a insisté Lucas Medernach, un porte-parole du PQ, tout en refusant de confirmer les motifs de la décision.

«Farfelu», s'insurge l'équipe Nantel

L'équipe de Guy Nantel affirme ne pas remettre le règlement en cause, mais plutôt l'interprétation qui en est faite. Selon eux, rien ne les empêche de communiquer avec des partisans du candidat, y compris des membres.

«Si j'écris à mes anciens collègues d'université et que j'envoie 300 courriels et que là-dessus il y en a 25 qui sont des membres, ce n'est pas interdit et c'est ce qu'on fait présentement», a illustré Martin Beaudry, un porte-parole de l'équipe du candidat.

Ils ne comprennent pas pourquoi «cette fois-ci, ce n'est plus correct», alors qu'une situation identique s'est produite avant la pandémie et que la présidente d'élection de l'époque, Agnès Maltais, qui «n'est pas une débutante», leur avait donné raison.

L'équipe Nantel soutient que la liste des membres que fournit le PQ n'inclut pas les adresses courriel et que, par conséquent, ils sont incapables d'identifier les noms à retirer de leur propre liste.

Ils affirment avoir fait plusieurs démarches pour se conformer à l'interprétation des règles faite par le parti, notamment en proposant que le parti retire de leur liste de courriels les personnes qui sont membres et même d'embaucher aux frais de leur équipe une firme externe pour faire ce travail de façon neutre. «Ça aussi, ça ne les intéressait pas», a noté M. Beaudry.

La sanction «envoie un message sur l'intégrité de notre candidat alors qu'on n'a rien fait de répréhensible», a lancé M. Beaudry en entrevue avec La Presse canadienne. «C'est de dire au monde entier que Guy Nantel ne respecte pas les règles», a-t-il ajouté.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C'est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l'intérim.

Québec insolite: la tour Martello n°4 et ses nombreux usages

Québec insolite

Québec insolite: la tour Martello n°4 et ses nombreux usages

Cet été, Le Soleil braque ses projecteurs sur certains détails inusités de la ville de Québec et de ses environs. Parce que notre belle capitale cultive sa part d’insolite, parce que derrière chacune de ces curiosités se cache une histoire qui mérite d’être racontée. Aujourd’hui: la petite histoire de la tour Martello no 4.

La tour Martello n°4 se dresse à la frontière entre la Haute-Ville et la Basse-Ville de Québec, sur la rue Lavigueur. Prise en étau entre les rangées d’appartements et la falaise abrupte, son positionnement stratégique saute aux yeux. La tour n°4 guette l’ennemi à l’horizon. Mais les murs de l’immense tour en pierre ont aussi entendu raisonner des rires d’enfants.

Les quatre tours Martello sont bien connues à Québec. Érigées entre 1808 et 1812 par les Britanniques, les tours 1, 2, 3 et 4 ont été construites en ligne droite, du Cap-Blanc, près du fleuve, jusqu’au quartier Saint-Jean-­Baptiste. On était à l’aube de la guerre anglo-américaine (1812-1814) et les tensions étaient encore bien réelles entre les États-Unis et l’Angleterre à l’époque. 

D’entrepôt à observatoire astronomique, les tours changeront plusieurs fois de vocation au cours de l’histoire, explique Luc Nicole-Labrie, historien pour la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN). C’est la tour Martello n° 4 qui a été habitée le plus longtemps. En effet, à la fin du 19e siècle, puisque le quartier Saint-Jean-Baptiste n’est alors qu’un vaste terrain vide, l’armée canadienne, propriétaire du terrain, demande au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) de poster un agent dans la tour Martello n°4 afin que ce dernier entretienne la tour et dissuade les malfaiteurs de venir sur le terrain.

Le policier William Marcoux déménage donc avec sa femme et ses enfants dans la tour de la rue Lavigueur (rue Sainte-Cécile à l’époque). Malgré les nombreuses recherches du Soleil, il reste peu de traces de cet homme et de sa famille dans les archives municipales de la Ville de Québec. M. Nicole-Labrie souligne toutefois que, grâce aux annuaires municipaux, nous sommes en mesure d’établir que M. Marcoux serait décédé au tout début des années 1900. Sa femme et ses enfants auraient habité dans la tour jusqu’en 1905. L’annuaire de 1905 est donc la dernière trace officielle que nous ayons de la famille Marcoux. Dans son édition du 19 juin 1988, Le Soleil publiait une photo d’archive de la tour Martello n°4. Dans les escaliers, on y aperçoit plusieurs personnes, dont une femme et un homme. Selon M. Nicole-Labrie, ces personnes «pourraient» très bien être la famille Marcoux.

Après avoir été habitée, la tour n°4 devient lieu public. Elle a notamment été utilisée par un club médiéval avant que le Carrefour international de théâtre en face une scène. Aujourd’hui, la tour de la rue Lavigueur est l’hôte de jeux d’évasion organisés par la CCBN. À l’instar des tours n°1 et 2, elle accueille régulièrement des groupes touristiques à des fins d’interprétation historique et est visitée par petits et grands à l’Halloween.

Ne cherchez pas la tour Martello n°3 : elle a été déconstruite au début du 20e siècle afin d’agrandir l’hôpital Jeffrey Hale qui se trouvait, à l’époque, dans le secteur du Grand Théâtre de Québec.

L’origine des tours

Dans les années 1790, l’armée anglaise affronte la France dans ce que les historiens appellent aujourd’hui «les guerres napoléoniennes», explique Luc Nicole-Labrie. Lors d’une de leurs batailles, afin de conquérir un petit village de Corse, les Anglais sont freinés par une tour érigée sur le cap Mortella. Incapable de faire tomber cette tour de garde et très amochée par la bataille, l’armée britannique se retire. Ce n’est que l’année suivante que les Anglais réussiront enfin à conquérir la fameuse tour. 

Subjugués par son design et son efficacité, les Britanniques décident de répliquer le modèle de cette tour de garde un peu partout sur l’empire. «Du cap Mortella sont donc nées les tours Martello», raconte l’historien. 

Les tours sont toutes construites sur le même modèle composé de trois étages. Le premier étage servait principalement d’entrepôt pour les artilleurs. C’est à ce niveau qu’ils gardaient poudre à canon et autres munitions. 

Le deuxième étage comprend l’accès vers l’extérieur. «Aujourd’hui quand on visite les tours Martello, il y a un escalier. Alors que, quand on les a construites, le but était qu’elles soient des tours de défense, donc il n’y a pas de structure permanente à l’extérieur qui permet d’avoir accès la tour», précise M. Nicole-Labrie. L’entrée de la tour se trouve donc à une hauteur de «deux hommes et demi». Les soldats vivaient au deuxième niveau, appelé la caserne. Ces hommes habitaient 24 heures sur 24 dans les tours en groupe de 12 à 20 soldats. 

Le troisième et dernier étage abritait les canons. 

<em>Songbird</em>, un tournage à éviter

Cinéma

Songbird, un tournage à éviter

LOS ANGELES — Le syndicat qui représente les acteurs hollywoodiens a demandé jeudi à ses membres de ne pas travailler sur le prochain thriller pandémique Songbird, affirmant que les cinéastes n’ont pas été transparents au sujet des mesures de sécurité mises en place et n’ont pas signé les accords adéquats pour le film, qui fait partie des premiers en production depuis le confinement lié à la pandémie de COVID-19.

Les acteurs auraient jusqu’ici répété à distance pour le film, produit par Michael Bay et réalisé par Adam Mason.

La fiche de préproduction du film sur le site IMDbPro.com indique qu’il met notamment en vedette Demi Moore, Peter Stormare et Craig Robinson. Sa description va comme suit : «Dans un monde post-pandémique, un virus encore plus grave continue de muter.»

Mais la Screen Actors Guild-American Federation of Television and Radio Actors (SAG-AFTRA) a rendu une ordonnance demandant à ses membres de ne pas travailler sur le film, déclarant que la société de production «n’avait pas conclu le processus de signature», et que travailler sur le film pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.

«Les producteurs n’ont pas été transparents sur leurs protocoles de sécurité et c’est quelque chose que nous prenons évidemment très au sérieux, a déclaré un porte-parole de la SAG-AFTRA dans un communiqué. De plus, comme indiqué dans l’ordonnance, les producteurs n’ont pas encore signé notre accord. Nous n’avons pas d’autre commentaire.»

Le film fait partie des premiers à tenter de reprendre la production après la longue fermeture des plateaux. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a donné le feu vert à la reprise des tournages dans l’État depuis le 12 juin, à condition que des restrictions strictes pour éviter la propagation du coronavirus soient mises en place.

Des messages demandant des commentaires des sociétés de production du film et des représentants de Michael Bay et d’Adam Mason sont demeurés jusqu’ici sans réponse.

L’une des sociétés, Invisible Narrative, a déclaré à «Deadline» : «Nous travaillons activement à résoudre ce problème de paperasse avec la guilde.»

Accusés de prostitution juvénile

Justice et faits divers

Accusés de prostitution juvénile

Deux hommes ont été accusés d’avoir amené une jeune femme de 16 ans de Québec à se prostituer en janvier dernier. Jean-Camille Léandre, 30 ans, et Pierre-Sébastien Blouin-Rock, 43 ans, ont tous deux comparu jeudi à Montréal et vendredi à Québec.

En plus du chef d’avoir amené une mineure à offrir des services sexuels, Léandre est accusé d’avoir fait la publicité des services sexuels et d’avoir été en possession de pornographie juvénile.

Blouin-Rock est aussi accusé d’avoir bénéficié d’un avantage venant de la prostitution juvénile et de trafic de drogue. L’adolescente, en fugue, aurait été sous leur emprise durant au moins une semaine. Le service de police de la Ville de Québec et l’Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme, qui ont procédé aux arrestations, n’exclut pas que d’autres suspects aient été en contact avec la jeune femme. Les deux hommes restent détenus jusqu’à la tenue de leur enquête sous remise en liberté.

La stratégie de relance du Cirque du Soleil irrite ses créanciers

Affaires

La stratégie de relance du Cirque du Soleil irrite ses créanciers

MONTRÉAL — Irrités par l'approche du Cirque du Soleil dans sa stratégie de relance, ses créanciers ont l'intention de s'opposer à la convention d'achat intervenue entre l'entreprise de divertissement et ses actionnaires actuels, qui, à leur avis, est «vouée à l'échec».

Un groupe formé de 13 institutions, dont la firme torontoise Catalyst Capital Group, qui détient la dette garantie d'environ 1 milliard $ US de la société, estime plutôt que c'est sa proposition qui devrait être privilégiée. Celle-ci ne prévoit pas le besoin d'un soutien financier l'État québécois et maintiendrait le siège social du Cirque à Montréal.

«En aucun temps les (prêteurs) vont consentir à la transaction proposée dans laquelle les créanciers garantis seraient payés en deçà du montant total de la dette qui leur est due», font-ils valoir dans une requête déposée auprès de la Cour supérieure du Québec plus tôt cette semaine.

Le document a été rédigé après que le Cirque, qui est privé de revenus depuis la mi-mars en raison de la pandémie de COVID-19, eut annoncé, lundi, sa décision de se tourner vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), une décision qui a notamment entraîné 3480 licenciements.

De l'avis des prêteurs, la proposition des propriétaires actuels - le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec - ne devrait pas être considérée comme le point de départ pour les enchères. C'est ce qu'ils feront notamment valoir lors de la prochaine audience prévue le 10 juillet.

Les créanciers désirent plutôt avoir une chance de négocier directement avec les conseillers mandatés par l'entreprise.

«Nous ne comprenons pas pourquoi le (Cirque) n'a pas voulu s'engager dans la négociation d'un accord définitif avec notre groupe en optant pour une entente avec ses actionnaires en sachant que les créanciers garantis l'avaient déjà rejetée», a fait valoir William Hardie, directeur général de la firme Houlihan Lokey, qui conseille les créanciers, dans une déclaration envoyée vendredi par courriel.

Puisque sa restructuration est désormais supervisée par les tribunaux, le Cirque n'a pas voulu commenter les arguments soulevés par ses créanciers.

Propositions différentes

Les propriétaires actuels du Cirque proposent d'injecter 300 millions $ US, notamment grâce au prêt de 200 millions $ US offert par Investissement Québec. En échange d'une restructuration de la dette, les créanciers obtiendraient 45 % du Cirque ainsi qu'une dette non garantie de 50 millions $ US, alors que les propriétaires actuels se partageraient les 55 % restants. Ils mettront sur pied deux fonds totalisant 20 millions $ US pour épauler les travailleurs du Cirque et payer les pigistes qui attendent toujours.

«L'offre valorise la compagnie à environ 420 millions $ US, ce qui représente moins de la moitié de ce qui doit être payé aux créanciers de premier rang», souligne-t-on dans la requête.

Selon des informations évoquées par divers médias, les créanciers auraient déjà proposé, le mois dernier, de convertir la dette garantie en actions pour mettre la main sur la totalité du Cirque, ce qui aurait écarté les actionnaires actuels. Le document déposé auprès de la Cour supérieure souligne que les prêteurs étaient prêts à bonifier leur mise en injectant 375 millions $ US d'argent neuf, par rapport à 300 millions $ US initialement.

«La convention intervenue avec les actionnaires semble être le résultat d'un processus injuste comportant plusieurs failles et dans lequel la compagnie et ses fiduciaires ont favorisé les intérêts de leurs actionnaires», fait valoir la requête, qui allègue que les créanciers ont appris seulement 24 heures à l'avance les intentions du Cirque de faire appel aux tribunaux.

D'après le rapport du contrôleur Ernst & Young, le Cirque a affiché des pertes nettes respectives de 10 millions $ US, 71 millions $ US et 80 millions $ US entre 2017 et 2019. Parallèlement, le Cirque s'est grandement endetté afin de réaliser plusieurs acquisitions dans le but d'accélérer sa croissance et sa diversification. Cela a contribué à faire passer ses revenus de 882 millions $ à 1,04 milliard $ US.

Le coronavirus actuel plus infectieux que la version originale

Monde

Le coronavirus actuel plus infectieux que la version originale

WASHINGTON — La variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd’hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l’origine en Chine, ce qui la rend probablement plus contagieuse entre humains bien que cela reste à confirmer, selon une étude publiée jeudi dans la revue Cell.

«Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non», a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. «Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus.»

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante, et c’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux États-Unis. La variante, nommée D614G, concerne une seule lettre de l’ADN du virus, à un endroit contrôlant la pointe avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

Les mutations génétiques du coronavirus sont traquées dans le monde entier par les chercheurs, qui séquencent le génome des virus qu’ils trouvent et les partagent sur une base de données internationale, GISAID, un trésor de plus de 30 000 séquences à ce jour.

Les chercheurs de la nouvelle étude, des universités de Sheffield et Duke et du laboratoire national de Los Alamos, ont établi en avril que D614G dominait désormais et ont alors affirmé, avec une certaine alarme, que la mutation rendait le virus «plus transmissible». Ils avaient mis leurs résultats en ligne sur un site de prépublications scientifiques.

Plus apte

Mais cette assertion avait été critiquée, car l’équipe n’avait pas prouvé que la mutation elle-même était la cause de la domination; peut-être qu’elle a bénéficié d’autres facteurs ou du hasard. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux et des expériences supplémentaires, à la demande notamment des éditeurs de Cell.

Ils ont d’abord analysé les données de 999 patients britanniques hospitalisés à cause de la COVID-19 et observé que ceux ayant la variante avaient certes plus de particules virales en eux, mais sans que cela ne change la gravité de leur maladie — une nouvelle encourageante.

D’autre part, des expériences en laboratoire ont montré que la variante était en revanche trois à six fois plus capable d’infecter des cellules humaines.

«Il semble probable que c’est un virus plus apte», dit Erica Ollmann Saphire, qui a réalisé l’une de ces expériences, au La Jolla Institute for Immunology.

La conclusion la plus stricte est que si le coronavirus qui circule actuellement est sans doute plus «infectieux», il n’est pas forcément plus «transmissible» entre humains.

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Assignation libre

Actualités

Assignation libre

«En plein été, je n’ai jamais vu ça!» Malgré une manifestation devant l’Assemblée nationale, ce jour-là, les eaux de la fontaine de Tourny, d’ordinaire tumultueuses, étaient apaisées. À l’arrêt, l’œuvre d’art offrait un miroir qu’a exploité le photographe. Et non, chers lecteurs et lectrices, il n’y a pas de message politique dans la présence d’une grenouille (frog) coassante!

Données techniques : Nikon D4, focale 58 mm, iso 1250, 1/200e seconde, f13

Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

L'Est du Québec

Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

CARLETON — Si le départ d’Air Canada de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et d’autres secteurs du Québec constitue un coup dur à court terme, l’ex-député de Gaspé Gaétan Lelièvre assure que ce désistement doit être envisagé comme une opportunité de redessiner les services aériens selon les besoins des régions rurales.

Comptant à son crédit 30 ans d’analyse des services aériens, parce qu’il a aussi été directeur des services municipaux et directeur de MRC avant d’être député, M. Lelièvre croit qu’il faut briser le modèle actuel, reposant généralement sur un unique pourvoyeur privé dans les aéroports régionaux.

«Même si Pascan Aviation remplace Air Canada à Gaspé, si le modèle privé actuel ne change pas, les gens des régions continueront de payer 1000 $, 1500 $ et jusqu’à 1900 $ pour des allers-retours entre leur aéroport et Montréal ou Québec. J’ai fait l’exercice le 30 juin et Pascan offre un billet Bonaventure-Montréal pour 1587 $ le 6 juillet, avec retour le lendemain», souligne-t-il.

«Il faut établir des partenariats avec les communautés. Elles doivent être des partenaires réels, pas dépendantes d’un exploitant comme Air Canada. Le service doit être offert à un prix accessible et ce service doit être planifié avec une vision de développement des régions. Le temps est important dans la société d’aujourd’hui. Le train aussi est primordial, mais il y a des situations où ça prend l’avion, pour des médecins par exemple, mais aussi pour des patients et pour le public en général. L’avion n’est pas un luxe. Il ne peut plus être perçu comme ça», explique Gaétan Lelièvre.

Maintenant expert-conseil en développement régional, l’ex-député de Gaspé prêche pour sa région, mais il ne prêche pas pour ses besoins. Il dit avoir horreur de prendre l’avion!

Gaétan Lelièvre concède qu’il faut un retour des services aériens à Gaspé au plus coupant, en septembre par exemple, et que ce retour se calquera vraisemblablement sur le modèle connu de pourvoyeur privé non-partenaire.

Les détaillants de vêtements devront s'ajuster à l'époque post-COVID

Affaires

Les détaillants de vêtements devront s'ajuster à l'époque post-COVID

TORONTO — La pandémie de COVID-19 a déferlé sur le secteur canadien de la mode comme un ouragan, causant de graves dommages et faisant quelques victimes dans son sillage. La fermeture généralisée des centres commerciaux et des bureaux et l'annulation de fêtes et de grands événements ont été dévastatrices, a fait valoir le patron de Harry Rosen, l'un des principaux détaillants de vêtements pour hommes du pays.

«Nous survivons», a indiqué le président et chef de la direction de la société, Larry Rosen, avant d'ajouter que les commandes en ligne avaient bondi de près de 500 %.

«(Le commerce électronique) a été très, très fort, mais cela ne compense toujours pas notre empreinte nationale de détail.»

M. Rosen a souligné que le coronavirus avait accéléré les tendances auxquelles le secteur est confronté, notamment la croissance des ventes de vêtements tout-aller pour le bureau et le commerce électronique.

«Je veux dire, les gens ne portent pas de veston lorsqu'ils travaillent à domicile», a-t-il illustré.

Même si certaines ventes de vêtements de bureau pouvaient bien ne jamais revenir, même après la réouverture des bureaux, M. Rosen pense que la plupart des gens s'y remettront, car il y aura toujours des occasions pour s'habiller plus chic au bureau, ou des occasions spéciales.

«Si les gens peuvent s'asseoir à la maison et porter des vêtements molletonnés, ils vont porter des vêtements molletonnés, mais cela va changer. Cela va revenir. À quelle rapidité, personne n'en est vraiment certain, mais cela va revenir.»

Des rues plus piétonnes et festives pour Québec cet été [VIDÉO]

La Capitale

Des rues plus piétonnes et festives pour Québec cet été [VIDÉO]

À partir de vendredi, le tronçon de la rue Raoul-Jobin situé entre les rues de l’Aqueduc et de Carillon, dans le quartier Saint-Sauveur, sera partagé. C’est-à-dire que les automobilistes devront laisser la place également aux piétons et aux cyclistes sur la chaussée.

«Nous annonçons aujourd’hui sept rues partagées, mais nous planifions en mettre sur pied jusqu’à 30 sur l’ensemble du territoire au cours de l’été», a annoncé le maire de Québec, Régis Labeaume. 

Sur ces sept nouveaux espaces, la vitesse est limitée à 20 km/h et le stationnement demeure permis selon les conditions habituelles. La signalisation a déjà été installée pour la sécurité des citoyens, mais la Ville souhaite développer des enseignes plus marquées et originales pour annoncer ces espaces en partie piétonniers. Ceux-ci seront en vigueur jusqu’au 15 octobre.

Autour du globe, 4 juillet 2020

Bilan pour la région de Québec: deux nouveaux cas et un autre décès

COVID-19

Bilan pour la région de Québec: deux nouveaux cas et un autre décès

Vendredi, la région de Québec enregistre deux cas de COVID-19 et déplore le 179e décès sur son territoire.

Jusqu’à 1851 personnes ont contracté le virus dans la Capitale-Nationale, 1429 d’entre elles sont considérées comme guéries. Vendredi, huit personnes étaient hospitalisées, aucune d’entre elles ne se trouve aux soins intensifs. 

Le décès du jour est survenu au CHSLD Jardins du Haut Saint-Laurent, à Saint-Augustin-de-Desmaures. L’endroit compte 195 cas et 32 décès depuis le début de la pandémie.

Quatre autres foyers d’éclosion sont toujours actifs dans la région : CHSLD Le Faubourg (69 cas et 13 décès), résidence Jardins d’Évangéline (135 cas et 14 décès), CHSLD Hôpital général (164 cas et 36 décès) et résidence Clairière du Boisé (16 cas et 1 décès).

Les deux nouveaux cas notés vendredi par le CIUSSS ne sont pas des résidents des foyers d’éclosion.  

«Il est impératif de continuer à respecter cet été les mesures de distanciation de deux mètres, le lavage de mains fréquent, notamment lors du retour à la maison, le port d’un couvre-visage en tout temps dans les lieux publics fermés, ainsi que l’ensemble des mesures et consignes de santé publique entourant le déconfinement dans notre région», rappelle le CIUSSS. 

Dans Chaudière-Appalaches, le nombre total de cas répertoriés s’élève à 521, sur ce nombre, 504 personnes sont guéries. La région enregistre seulement huit décès depuis le début de la pandémie. 

COVID-19: l'OMS appelle à «se réveiller» face à l'épidémie qui flambe aux Amériques 

Monde

COVID-19: l'OMS appelle à «se réveiller» face à l'épidémie qui flambe aux Amériques 

GENÈVE — L'Organisation mondiale de la santé a exhorté vendredi à sortir du déni et réellement «engager le combat» contre la pandémie de coronavirus qui est toujours en pleine flambée, notamment aux Amériques. 

L'organisation avait déjà souligné mercredi que les sept derniers jours avaient été les pires en terme de contaminations (plus de 160 000 cas quotidiens) depuis que l'épidémie de COVID-19 est partie de Chine fin 2019, et que 60% de tous les cas recensés jusqu'à présent l'avaient été au cours du mois écoulé.

Le responsable des urgences sanitaires à l'OMS, Michael Ryan, a resonné l'alarme vendredi. «Il est vraiment temps que les pays regardent les chiffres. S'il vous plaît, n'ignorez pas ce que vous disent les chiffres», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

«Les gens doivent se réveiller. Les chiffres ne mentent pas et la situation sur le terrain ne ment pas», a-t-il poursuivi. «Il n'est jamais trop tard, dans une épidémie, pour prendre le contrôle».

Les cas de COVID-19 augmentent en flèche, Trump s'envole pour le Mont Rushmore

Monde

Les cas de COVID-19 augmentent en flèche, Trump s'envole pour le Mont Rushmore

WASHINGTON —  Sous le feu des critiques pour son silence sur les chiffres alarmants de la COVID-19 aux États-Unis, Donald Trump se rend vendredi au mont Rushmore pour une soirée de feux d’artifice qu’il espère être un moment d’unité dans un pays qu’il peine à rassembler.  

À la veille de la fête nationale du 4 juillet, le président républicain s’exprimera sous le regard de quatre de ses lointains prédécesseurs — George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln — dont les têtes monumentales ont été taillées dans le granite dans cet imposant mémorial.

Le milliardaire républicain, qui laisse son vice-président Mike Pence en première ligne face au spectaculaire rebond de l’épidémie qui assombrit l’été des Américains, ne cache pas son enthousiasme pour cet évènement pour lequel quelque 7500 personnes sont attendues.

«Cela va être une soirée extraordinaire, avec des feux d’artifice comme peu de gens en ont vu», a-t-il prédit jeudi. «Cela va être magnifique!»

Opération de sécurité routière visant les véhicules tout terrain à prévoir samedi

Justice et faits divers

Opération de sécurité routière visant les véhicules tout terrain à prévoir samedi

Plusieurs sentiers privés sont utilisés par les amateurs de véhicules tout terrain à Québec, ce qui entraine un tas de plaintes de citoyens à la police de Québec.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) tient à rappeler qu’il est interdit de se promener dans les sentiers privés en VTT. Les pistes sont toutefois populaires dans l’arrondissement de Charlesbourg, dans le secteur de l’avenue Bourg-Royal et le boulevard Loiret. 

Des agents du SPVQ se tiendront près de ces pistes samedi après-midi. Ils comptent réprimander les comportements délinquants des conducteurs de VTT et rappeler l’interdiction de passage. 

«Ils n’ont simplement pas le droit de circuler là, ça prend une autorisation écrite. Ça devient complexe parce que certaines portions appartiennent à Hydro-Québec, d’autres à la Ville de Québec et à des propriétaires privés. Les citoyens se plaignent», explique le porte-parole du SPVQ, Pierre Poirier.

Les conducteurs sont attirés par les pistes puisqu’elles sont utilisées par les motoneigistes pendant l’hiver. Toutefois, ces derniers ont une entente pour y circuler, avec la supervision de la Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec.

«En hiver ils entretiennent les lieux. Mais l’été, il y en a qui font du vélo par exemple et les VTT arrivent au travers ça… Ça peut être dangereux», ajoute M. Poirier.

Même si des indications claires d’interdiction de passage sont mises en places, les conducteurs se montrent «délinquants»,

«Les gens prennent une chance, ils veulent se promener. Ils ont des sentiers prédéterminés donc ils ne devraient pas se retrouver là. L’opération de sécurité routière est beaucoup en réponse aux plaintes qu’on a reçues.»

Les citoyens se plaignent en majorité à cause du bruit. De plus, avec le confinement, plus de VTT ont été vendus, ce qui pourrait entrainer plus de conducteurs dans les sentiers interdits. Les policiers garderont l'oeil ouvert samedi entre 13h et 16h.

Les amateurs de VTT sont invités à consulter la règlementation de la Loi sur les Véhicules Hors Route.

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

Politique

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau admet trois jours plus tard qu’il est déçu de la décision d’Air Canada d’abandonner une trentaine de dessertes au pays. En même temps, il s’en remet à la compagnie aérienne pour continuer de desservir les régions une fois que l’économie le permettra.

Son homologue québécois, lui, est un peu plus pressé.

De passage en Outaouais, vendredi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit que son ministre des Transports, François Bonnardel, est déjà en discussions avec Air Canada. M. Legault soumet aussi l’idée de placer en concurrence différentes compagnies aériennes et de leur demander une fréquence et un tarif raisonnables pour pallier aux services manquants dans certaines régions.

«On est ouverts à donner une subvention à une des compagnies aériennes parce que pour moi, c’est un service essentiel d’avoir du transport dans toutes les régions du Québec. Donc, on n’exclut rien», a déclaré M. Legault, flanqué de deux élus de la région, son ministre Mathieu Lacombe et le député Robert Bussière, lors d’une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec est cependant resté prudent sur cette idée évoquée par M. Bonnardel, dans plusieurs médias, de mettre sur pied une entreprise aérienne pour les régions du Québec délaissées par Air Canada.

Lors d’une autre conférence de presse dans la région, quelques heures plus tôt, M. Trudeau n’avait pas offert de pistes de solutions concrètes pour venir en aide aux régions mises à mal par la décision d’Air Canada de suspendre 30 dessertes régionales intérieures et de fermer huit escales à des aéroports régionaux canadiens, dont quatre au Québec.

Le transporteur avait notamment évoqué l’»impact dévastateur» de la crise sanitaire sur ses activités pour expliquer sa décision, mardi dernier.

«On sait qu’Air Canada profite des liens les plus profitables aux pays, mais on s’attend aussi à ce qu’ils desservent des personnes qui vivent dans des régions plus éloignées. C’est donc quelque chose qu’on espère qu’ils vont pouvoir (se) remettre à desservir ces secteurs-là, ces régions-là au fur et à mesure que l’économie commence à reprendre», a déclaré M. Trudeau en marge de sa visite à la banque alimentaire Moisson Outaouais, vendredi matin.

À LIRE AUSSI: Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

«Je pense que (...) nous allons devoir ajuster nos façons de faire à cause de la crise actuelle, mais aussi pour l’avenir. Il y a des choses qui vont changer et on va travailler avec les autres paliers de gouvernements, avec les industries, y compris l’industrie aérienne, pour voir comment on peut remplir les besoins immédiats, mais comment on va avoir un pays plus résilient, plus fort et plus juste dans les années à venir», a-t-il ajouté.

Cette décision d’Air Canada a été condamnée par des acteurs économiques et politiques, tous paliers confondus, et force les principaux concernés à se pencher sur l’avenir du transport aérien régional.

Une «cellule de crise» a notamment été mise sur pied jeudi par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Réseau québécois des aéroports (RQA) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Elle se réunira plusieurs fois au cours des prochaines semaines pour rencontrer les transporteurs aériens qui desservent déjà les régions et pour évaluer différents modèles d’affaires.

En entrevue avec La Presse canadienne, Isabelle Dostaler, doyenne de la faculté de gestion de l’Université Memorial à Terre-Neuve et spécialiste des questions de l’aéronautique et du transport aérien, a soumis l’idée, comme M. Legault l’a fait,que des petits transporteurs puissent prendre de l’expansion.

«Est-ce que c’est de s’en aller vers un modèle où Air Canada s’occupe du transport international? Pourquoi on ne créerait pas une entreprise d’État qui transporterait les passagers canadiens dans les régions où il y aurait un arrangement avec Air Canada pour que le prix total d’un voyage de Sept-Îles vers la Chine (avec escale via Montréal) soit le même qu’avant?» se questionne-t-elle.

Or, le maintien d’un service aérien convenable passera-t-il obligatoirement par la contribution financière des gouvernements?

«Est-ce qu’on veut uniquement des centres urbains ou on veut maintenir des régions, leur permettre de s’épanouir et d’exister? Est-ce qu’on veut occuper le territoire? Si on veut ça, c’est sûr qu’il y a une part de l’argent de l’État qui doit aller aider. Il ne faut pas oublier la notion de juste prix. C’est sûr que ça ne peut pas être gratuit. C’est sûr que l’éloignement a un coût et la question à se poser est: qui doit supporter ce coût? Ce ne peut pas seulement être les contribuables», fait valoir Mme Dostaler.

Le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, est d’avis que l’argent public doit servir à maintenir l’infrastructure pour maintenir une activité économique, qui, elle, pourra rapporter aux régions. Il se demande qui, dans les faits, pourrait faire de l’argent là où la densité de population est faible.

«Il faut que l’argent public soit là de la même manière que l’argent public est là pour maintenir le métro de Montréal. Sinon il faut faire nos adieux et se dire que nous n’aurons pas de développement régional», explique M. Ebrahimi.

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