Cette Toyota Camry 2005 rouge était chaussée des meilleures gommes sur les roues arrière. Jamais elle n’a dérapé durant la démonstration, malgré la vitesse (90 km/h) à laquelle elle roulait.
Cette Toyota Camry 2005 rouge était chaussée des meilleures gommes sur les roues arrière. Jamais elle n’a dérapé durant la démonstration, malgré la vitesse (90 km/h) à laquelle elle roulait.

Les pneus plus neufs, à l’arrière!

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Ce texte a été originalement publié le 24 mai 2005, mais reste toujours d'actualité. Bien qu’il s’agisse d’une situation peu fréquente au Québec, il est possible qu’un automobiliste ait à installer une paire de pneus plus neufs sur son véhicule lorsque, par exemple, il a subi une crevaison. Où faut-il installer cette paire de pneus? La croyance populaire veut qu’elle soit placée sur les roues avant.

Rien n’est plus faux que ce mythe, car les roues avant portent sur elles les deux tiers de la masse du véhicule, l’autre tiers étant supporté par les roues arrière.

Si des pneus plus usés sont installés sur les roues arrière, celles-ci perdent tout leur mordant lorsque survient une situation d’aquaplanage ou de dérapage sur une surface glissante. Résultat: une perte de maîtrise et, la plupart du temps, un tête-à-queue.

Les roues arrière assurent au véhicule la stabilité qu’il lui faut pour l’empêcher de déraper. Donc, si elles n’ont plus de mordant, elles ne peuvent éviter au conducteur la perte de maîtrise son véhicule.

Ceci vaut autant pour une traction que pour une propulsion. La croyance populaire citée plus tôt tient ses origines du temps où les premières tractions ont fait leur apparition. Certains croyaient et croient toujours qu’une paire de pneus moins usés à l’avant leur assure une meilleure traction.

Toutefois, si on veut réduire de façon substantielle les risques de dérapage, il est toujours préférable d’avoir sous son véhicule quatre pneus d’usure égale.

Permutation régulière

«Il importe de faire une permutation des pneus chaque 10 000 milles (16 000 km) afin que ceux-ci s’usent de façon égale», indique Mac Demere, pilote d’essai pour Michelin. Contrairement aux régions plus chaudes des États-Unis, la majorité des automobilistes du Québec font une permutation «par défaut», chaque automne et chaque printemps, lorsque vient le temps de passer des pneus quatre saisons aux pneus d’hiver, vice et versa.

Aucun des journalistes qui ont subi la démonstration n’a été capable de reprendre le contrôle de cette Camry grise équipée des meilleures gommes sur les roues avant. Résultat: un tête-à-queue à tout coup.                                                            

Essais sur piste mouillée                       

Le Soleil a eu l’occasion de constater la différence entre des pneus plus neufs à l’arrière ou à l’avant d’un véhicule. Sur les pistes d’essais de Michelin, à Laurens, en Caroline du Sud, il a été possible d’essayer deux Toyota Camry, avec les différentes configurations de pneus: moins usés à l’arrière ou à l’avant.

Ces essais ont été faits sur une piste circulaire mouillée, à une vitesse constante de 90 km/h. Le premier véhicule, ayant les meilleures gommes à l’arrière, a toujours tenu la route. Lorsque le conducteur sentait qu’il allait perdre la maîtrise de la voiture, il lui suffisait de lâcher l’accélérateur pour éviter le dérapage.

Le second véhicule, avec les meilleurs pneus à l’avant, devenait tout à coup hors de contrôle dès qu’il franchissait une flaque d’eau moindrement profonde. La seule solution qui reste à la portée de la plupart des conducteurs dans cette situation est de mettre la transmission au neutre et de freiner.

«Si vous essayez de reprendre le contrôle, votre premier réflexe sera d’essayer de compenser en faisant du survirage avec votre volant et vous aggraverez votre situation, affirme M. Demere. Seul un pilote expérimenté pourra s’en sortir, et, la plupart du temps, celui-ci aura l’expérience nécessaire pour anticiper la situation.

«Sur les plus de 5000 personnes qui ont fait le test que vous allez faire, seulement une trentaine ont réussi à garder le contrôle du véhicule, disait M. Demere afin de rassurer le groupe de journalistes qui s’apprêtaient à subir cette démonstration. Et, dans ce groupe de conducteurs, tous étaient des pilotes de rallye ou de course très expérimentés.»

++                      

Le Soleil était alors invité à visiter les installations du manufacturier de pneus Michelin, en Caroline du Sud.