Le nombre de travailleurs temporaires au Québec va continuer d’augmenter, dit Boulet

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a confirmé lundi que son gouvernement présentera en début d’année prochaine un projet de loi pour resserrer les quelques règles qui existent sur le travail des personnes mineures.

Le nombre de travailleurs temporaires au Québec a presque doublé depuis 2019 et il continuera d’augmenter, prédit le ministre du Travail Jean Boulet.


En conférence de presse à Québec mercredi, il a affirmé que le nombre de travailleurs étrangers temporaires était passé de 23 300 en 2019 à 38 500 en 2022.

Cette «augmentation importante» répond aux besoins des entreprises, qui doivent composer avec le vieillissement de la population et la pénurie de main-d’oeuvre, a-t-il expliqué.

«C’est notre anticipation que ça continue d’augmenter. (...) Est-ce que c’est une dépendance? C’est un besoin. Je ne dirais pas dépendant, mais c’est une force humaine qui répond à des besoins.»

Autrefois associés à l’agriculture, les travailleurs étrangers temporaires sont présents dans le secteur manufacturier, l’hôtellerie, l’hébergement, le commerce de détail et la transformation alimentaire.

Ils ont les mêmes droits et obligations que tout autre travailleur québécois, a tenu à rappeler le ministre, qui était interrogé sur l’entreprise Bombardier produits récréatifs, accusée de sous-payer ses travailleurs mexicains.

Ce cas fait l’objet d’une enquête, a-t-il dit. «Si les allégations s’avèrent fondées, c’est inadmissible. (...) Ce n’est pas de la main-d’oeuvre à bon marché qu’on accueille, c’est des êtres humains qui doivent être reçus avec dignité.»

Hausse marquée des accidents

M. Boulet, qui se trouvait mercredi au siège social de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), a déclaré qu’il fallait mieux protéger les travailleurs temporaires.

Il a fait savoir que le nombre de réclamations à la suite d’accidents impliquant des travailleurs temporaires est passé de 154 en 2019 à 362 en 2022. Il y voit «une tendance à la hausse».

Le ministre a annoncé que la CNESST élargira les activités de son Escouade prévention, afin de rejoindre les travailleurs et les employeurs dans un plus grand nombre de secteurs d’activité.

Une cohorte d’une dizaine d’agents de prévention s’ajoutera pendant la période estivale 2023 à l’équipe permanente, déjà composée d’une douzaine de personnes.

L’Escouade prévention offrira des ateliers d’information et de sensibilisation sur les normes, la santé et la sécurité du travail en français, en anglais et en espagnol dans toutes les régions du Québec.

La CNESST vérifiera également systématiquement les agences de placement et de recrutement afin de débusquer celles qui n’ont pas de permis. «C’est une offensive qui est vraiment large», a soutenu M. Boulet.