Katak, le brave béluga : de courage et de fierté

Katak, le brave béluga

CRITIQUE / Le Québec n’a pas à rougir de son cinéma d’animation. Ou plutôt oui, il devrait rougir de fierté. Cinquième long métrage de 10e Ave Productions, Katak, le brave béluga nous fait honneur à bien des égards. À nos paysages, à notre fleuve, à notre faune, à nos voix.


À ceux qui voudraient prendre la direction du Sud pour la relâche, Katak lance à l’inverse une invitation vers le Nord. Et elle vaut le voyage.

Mignon petit béluga, Katak ne manque pas de courage et ne se laisse pas ralentir par sa différence, lui qui souffre d’un retard de croissance. À un âge où il aurait dû perdre sa couleur grise et aller vivre auprès des mâles de sa communauté, voilà qu’il tarde à blanchir et qu’il est encore couvé par sa mère.



Mais le jeune héros a soif d’indépendance. La disparition prochaine de sa Mamie le poussera à se lancer dans une aventure sur les traces de son grand-père, qui a migré vers le Nord et qu’il ne connaît que de réputation.

Le temps presse s’il espère réunir pour une dernière fois les amoureux de jadis.

Entre Tadoussac et l’Arctique, Katak aura l’occasion de montrer qu’il a bien hérité de la bravoure de son aïeul… et de son tout aussi légendaire adversaire, le sanguinaire épaulard Jack-Knife.

Au fil du fleuve, il rencontrera surtout plusieurs complices fort sympathiques : l’éperlan Cyrano qui le suivra dans sa quête dans des eaux de plus en plus froides, quitte à s’enrhumer; une épaularde végane qui refuse la voie choisie par son père carnivore; des phoques curieux; des bernaches bien au fait de tout ce qui se passe.



Mignon petit béluga, Katak (à gauche) ne manque pas de courage et ne se laisse pas ralentir par sa différence, lui qui souffre d’un retard de croissance et aurait déjà dû perdre sa couleur grise.

L’équipe derrière Katak livre un récit attendrissant et inspirant, sur la forme comme sur le fond. Ce jeune personnage incarne une fierté qui se reflète dans tout ce qui l’entoure.

Cette histoire se déroule chez nous. Elle célèbre notre nature et nos panoramas avec un œil doux, mais précis.

La facture visuelle garde un aspect soyeux dans son portrait d’images de cartes postales, comme ces vues de la baie de Tadoussac ou de l’archipel de Mingan.

Elle pose également un regard intriguant dans l’eau du Saint-Laurent : la couleur qui n’est pas d’un turquoise limpide (on n’est pas chez Nemo, ici!), la lumière a visiblement été traitée avec un soin particulier.

La signature sonore porte aussi une griffe exportable, mais bien québécoise. Alexandre Bacon interprète un jeune Katak pimpant et attendrissant.

Ginette Reno nous offre une grand-maman béluga généreuse, chaleureuse. Une immense voix de la chanson qui nous arrive doucement au creux de l’oreille.



Katak, le brave béluga, est présenté au cinéma.

Au générique

Cote : 8/10

Titre : Katak, le brave béluga

Genre : Aventure familiale animée

Réalisation : Christine Dallaire-Dupont et Nicola Lemay

Voix : Alexandre Bacon, Ludivine Reding, Ginette Reno, Yves Jacques

Durée : 1h22