La tradition toujours savoureuse des Contes à passer le temps

Ariane Bellavance-Fafard interprète une jeune miraculée dans <em>Les contes à passer le temps</em>.

CRITIQUE / Après deux années plus tranquilles marquées par la pandémie, Les contes à passer le temps retrouvent leurs droits rassembleurs dans les voûtes de la Maison Chevalier jusqu’au 30 décembre. Réels ou symboliques, les ponts de la capitale ont inspiré de belle manière les auteurs, qui racontent la ville en cinq histoires inédites.


Loin de s’essouffler, la formule gourmande en mots et en gâteaux — le traditionnel bar à desserts est de nouveau au rendez-vous! — s’impose toujours comme le spectacle chouchou du temps des Fêtes à Québec.

À une époque où le troisième lien fait beaucoup jaser, Marie Gignac parle du tout premier dans un texte signé par Maxime Robin et Sophie Thibeault de la compagnie La vierge folle, qui chapeaute Les contes à passer le temps depuis une douzaine d’années. 

Les ingénieurs du pont de Québec, qu’on aura l’occasion de revoir plus tard dans la soirée, y sont à l’honneur.

En travailleur de la construction dégourdi et prêt à tout pour mener son projet à bien, Éric Leblanc porte les mots de Chantal Dupuis dans Briller comme l’or, où un simple boulon aura un grand rôle à jouer.

Éric Leblanc, Sophie Thibeault, Pierre-Olivier Grondin et Marie Gignac dans <em>Les contes à passer le temps</em>.

Petit détour dans Saint-Roch, où un Jésus rappeur campé par Pierre-Olivier Grondin parle d’indifférence et d’itinérance dans un conte signé par Dominique Sacy. La troupe nous offre en bonus un chouette clin d’œil à Coolio, qui nous a quittés cet automne. Bon flash!

Des lucioles en hiver de Sophie Grenier-Héroux nous fait passer de poétique manière du pont de glace de l’Île verte aux rues de Limoilou. Ariane Bellavance-Fafard y interprète une jeune miraculée, avec la pression qui vient avec son statut.

Comme dessert à cette soirée pour le moins diversifiée, Sophie Thibeault mord à belles dents dans un récit de Fabien Cloutier. Elle y incarne une promotrice immobilière de Saint-Sauveur déterminée à raser un bloc à logements «de pauvres» pour s’en mettre plein les poches avec un stationnement. Un texte savoureux, servi avec panache.

Les contes à passer le temps sont présentés jusqu’au 30 décembre. La majorité des représentations affichent complet, mais quelques supplémentaires ont été ajoutées.