Ne parlez pas de syndrome à Steve Sax

Steve Sax, lors du repêchage 2022 du baseball majeur, le 17 juillet, à Los Angeles

Ne parlez pas à Steve Sax du «Syndrome de Steve Sax». Non pas que l’ancien joueur de deuxième but des Dodgers de Los Angeles refuse de discuter des ennuis en défensive qui ont marqué sa troisième saison dans les ligues majeures, mais plutôt que l’ex-athlète de 62 ans n’aime pas cette appellation qui rappelle un état pathologique.


Après avoir été déclaré recrue de l’année dans la Ligue nationale la saison précédente, Sax, qui était toujours l’un des meilleurs frappeurs des Dodgers, s’est mis à éprouver énormément de difficulté à réaliser des lancers de routine au premier but, en 1983. 

Il a ainsi totalisé 30 erreurs défensives, un sommet en carrière, dont la plupart ont été commises en début de saison. En fait, Sax avait déjà 26 erreurs à la pause du Match des étoiles. Les balles qu’il lançait aboutissaient n’importe où, sauf dans le gant de Greg Brock, le joueur de premier but des Dodgers. À la blague, les partisans installés derrière l’abri, du côté du premier but, s’étaient mis à porter des casques protecteurs, quand les Dodgers étaient en défensive, et les journalistes ont commencé à parler du «Syndrome de Steve Sax» pour caractériser un joueur qui perdait ses repères en défensive.

«Oui, je lançais la balle n’importe où, mais ce n’était pas un “syndrome”, c’était plutôt une perte temporaire de confiance en moi qui a duré environ deux mois. Ça sonne bien quand tu dis que quelqu’un a un “syndrome”, mais ce n’était pas ça du tout », explique-t-il en entrevue avec Le Soleil

«Et je sais que des situations comme celle-là, il y a plusieurs personnes qui ne réussissent jamais à s’en sortir. Cependant, moi, j’ai réussi. En 1989, j’ai même mené la Ligue américaine pour la moyenne défensive ainsi que pour les doubles jeux complétés au deuxième but », rappelle celui qui évoluait alors avec les Yankees de New York.

Aidé par son père

La saison 1983 est également celle durant laquelle le père de Steve, John Thomas, est décédé d’une maladie cardiaque à l’âge de 47 ans. L’ancien des Dodgers a cependant toujours refusé d’utiliser ce drame pour justifier ses ennuis défensifs. Au contraire, il estime que son père lui a transmis ce dont il avait besoin pour s’en sortir.

Le père de Sax a eu raison puisque le joueur de deuxième but n’a pas commis une seule erreur défensive dans les 38 derniers matchs de la saison. Un peu plus tard cependant, sa mère lui a avoué que son père n’avait jamais traversé une situation semblable et qu’il avait dit ça seulement pour aider son fils à surmonter son problème. Le paternel avait quand même réussi à amener son fils à «changer son état d’esprit et changer son monde», le titre que Sax, maintenant devenu conférencier motivationnel, allait d’ailleurs donner à un bouquin qu’il a lancé en 2010.

Athlète multisports

Peu de gens le savent, mais Steve Sax est le seul athlète à avoir été le coéquipier de trois des plus célèbres athlètes multisports de l’histoire : les footballeurs Deion Sanders (en 1989 et 1990 avec les Yankees de New York), Bo Jackson (en 1993 avec les White Sox de Chicago) et le basketteur Michael Jordan (en 1994 avec les Barons de Birmingham, la filiale AA des White Sox de Chicago).

Pas surprenant alors qu’il fasse l’apologie de la pratique de plusieurs sports chez les jeunes. «Le baseball et le hockey ? Pas de problème ! Le baseball et le basketball ? Pourquoi pas ? Moi, je pense que tous les sports aident à développer des habiletés et des qualités différentes, mais malheureusement, aujourd’hui, on incite beaucoup les jeunes à se concentrer sur un seul sport», déplore-t-il.

Comme Jackson, Sanders et Jordan, Sax pratiquait un deuxième sport qui était les arts martiaux. Ceinture noire en karaté shotokan, il a déjà dirigé une école de kickboxing en Californie. 

«Les arts martiaux, c’est une bonne base, un entraînement qui aide aussi à amener de l’équilibre dans la vie. Ça m’a toujours aidé à avoir une autre perspective», poursuit Sax.

Trop de règles 

«On ne peut plus argumenter concernant les balles et les prises, par exemple», déplore celui qui a été cinq fois membre d’équipes d’étoiles des majeures en plus de remporter la Série mondiale en 1981 et 1988.

Selon lui, cette absence d’émotivité lors des matchs de baseball expliquerait pourquoi les foules sont en décroissance depuis plusieurs années. « Je n’aime pas la direction que ça prend. Les foules sont à la baisse et la réponse des ligues majeures, c’est d’amener de nouvelles règles. Par exemple, tenter de limiter les changements de lanceurs. Je pense qu’il y a trop de règles ! Il faudrait laisser le sport s’exprimer pour ce qu’il est », illustre celui qui n’est pas chaud non plus à l’adoption de la règle du frappeur désigné dans la Ligue nationale depuis cette année.

«Si tu veux mon avis, je préférerais qu’il n’y ait pas de frappeur désigné ni dans la Ligue nationale ni dans la Ligue américaine. Aujourd’hui, c’est beaucoup trop “la longue balle ou rien” alors que le baseball, ce n’est pas ça. Le baseball, c’est le court et frappe, l’amorti, tenter d’étirer un simple en double, lancer la balle à l’intercepteur», déclare en terminant celui qui produit quotidiennement la baladodiffusion Sax in the Morning  sur Apple Podcasts après plusieurs années passées à commenter le baseball à la radio satellite SiriusXM.

+

LE CHIFFRE 

  • 20

Nombre d’années où Jon Daniels, mis à la porte comme président des opérations baseball des Rangers du Texas cette semaine, avait occupé un poste dans l’organisation. Il avait joint l’équipe en 2002 avant de devenir le directeur général en 2005, ajoutant à son titre le poste de président des opérations baseball en 2013. Daniels avait cédé la direction générale à Chris Young en décembre 2020 et ce dernier ajoutera maintenant les anciennes tâches de Daniels aux siennes. 

+

LE GRANS CHELEM 

Le jeune voltigeur des Braves d’Atlanta Michael Harris II, après seulement deux mois et trois semaines dans les ligues majeures, a ratifié un nouveau contrat de 8 ans et 72 millions $. En 71 matchs, l’athlète de 21 ans a déjà 14 doubles,

12 circuits, 39 points produits et 13 buts volés à sa fiche en plus de présenter une moyenne de .287.

+

LE GOLDEN SOMBRERO 

Déjà que la jeune vedette des Padres de San Diego Fernando Tatis Jr. n’avait pas joué un seul match cette saison en raison d’une blessure à un poignet, c’est maintenant une bonne partie de sa saison 2023 qui sera hypothéquée après qu’il ait testé positif à un stéroïde anabolisant, le Clostebol. Les ligues majeures ont en effet annoncé que celui qui en est à la seconde saison d’un contrat de 14 ans et 340 millions $ serait suspendu pour 80 parties dès son retour au jeu...